ARM 10 1 Lettre de Gabetum à Yasmah-Addu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°1); LAPO 18, 2000, p. 421-422 (n°1216) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ia-ás-m[a-ah-(d)IŠKUR] 2 qí-bí-m[a] um-ma ga-bi-a-tum 4 GEME₂-ka-a-ma a-na (d)UTU ù (d)d[a-gan] 6 ak-ta-na-r[a]-ba-k[um] (d)da-gan hi-ip ŠÀ*-[bi-ka] 8 a-nu-mi-am [l]i-s[ú-uh] ù i-na š[a]-l[i-im-tim] T.10 a-na ma-ri[(ki)] at-la-ka-am R.12 iš₈-tár ŠID*.HÉ* um-ma-ka i*-[la-at-ka] 14 pa-la-am ù [(giš)GU.ZA] li-di-na-k[um] 16 aš-šu-mi-ia da-[ri-iš] lu ba-al-ṭá*-[ta] 18 i-na ša-li-[im-tim] a-na ma-r[i(ki)] 20 al-ka-[am] a-na-ku d[a*-ri-iš] T.22 lu-uk-[ru-ub-kum-ma] lu*-uh-d[u] Traduction: Dis à Yasmah-Addu  : ainsi (parle) Gabetum, ta servante. Je ne cesse d’adresser pour toi des prières à Šamaš et Dagan. Veuille Dagan supprimer tes soucis actuels. En outre, mets-toi en route pour Mari dans un voyage sans histoire ! Veuille Ištarat, ta mère, ta déesse (personnelle), te donner règne et trône. Sois en bonne santé, pour l’amour de moi ! Va à Mari dans un voyage sans histoire ! Je veux trouver ma joie à prier pour toi, au fil des jours. Notes: Note  : Gabetum est connue désormais (cf. A.4471, édité dans MARI 6, p. 291 et, surtout, ibid., p. 295-298) pour avoir été une des deux épouses principales de Yahdun-Lim. On voit donc que son sort avait été de devenir une religieuse. 7) Le «  PA sur érasures  » est en fait un ŠÀ cursif, à la façon de Mari. Il s’agit de hîp libbim, «  brisement du cœur  », «  chagrin  », pour laquelle, cf. A.577  : 9’-11’  : am-mi-nim ka-ia-an-tam hi-pí li-ib-bi-i[m], be-lí iš-ta-na-ap-pa-ra-am, «  Pourquoi mon Seigneur ne m’écrit-il jamais que des sujets tristes  ?  » Noter à Mari l’état construit hipi’. Le CAD (H, p. 196b traduit «  panic, anxiety  ») et le AHw ne semblent connaître l’expression que comme récente. Ce hîpum est à distinguer du substantif hippum/ippum qui se trouve surtout dans l’expression hippam nasâhum. Heimpel a proposé de façon intéressante que ce substantif soit à dériver de apâpum «  s’infiltrer  ». Le (h)ippum pourrait donc être «  l’ennemi infiltré  », «  l’envahisseur  »  ; cf. NABU 98/63. 12) Ce passage est une crux interpretum. On attend ici, de fait, la grande figure religieuse caractéristique de l’époque éponymale, Ištar Irradan. Il est cependant sûr qu’il n’y a pas, comme dans l’édition d’A. F., ra-d[a(!)-…]. J'ai proposé dès MARI 4 iš₈-tár-ra-a[t]. Un nouvel examen du passage confirme cependant l'autographie de G. D. qui montre l.  12 un RA différent de celui de la l.  6 (intact sur la tablette). On pourrait dès lors lire «  ŠID.HÉ  » qui serait une écriture idéogrammatique de Radana(ki) (ce qui m'est inconnu). 17) On note la disparition de l’assyrianisme «  luballiṭ  » pour «  liballiṭ  », peu vraisemblable sous le calame de la veuve de Yahdun-Lîm. 21) Dârum, «  cycle d’existence  »  ; cf. D. Charpin, AfO 34, 1987, p. 40. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 27/07/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 2 Lettre de Lamassi-Aššur à Yasmah-Addu. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Aššur. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°2); LAPO 18, 2000, p. 270 (n°1088) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ia-ás-ma-ah-(d)[IŠK]UR* 2 qí-bí-ma um-ma (munus)la-ma-sí-(d)a-šur-ma 4 aš-šum a-di i-na-an-na la aš-pu-ru 6 (I)(munus)ma-an-na-tum MUNUS.NAR a-na ši-im-tim 8 il-li-ik-ma li-ib-bi 10 [i]m-ra-aṣ-m[a] [ma-at ma-ri(ki)] R.12 [ù ma-at aš-šur(ki)] ú-ul ru-ú-uq* 14 DINGIR-lum ma-a-tam ra-pa-áš-tam {x} [a-na] ša-pa-ri-im 16 [li-i]d-di-na-[ak]-kum [ma-at m]a*-ri*(ki)* [ù] ma-at 18 [aš-šur(ki)] ú-ul ru*-⸢ú⸣-uq [šu-lum-ka a-n]a ṣe-ri-ia 20 [lu-ú ka-ia-a]n* [iš₈-tár ra-da-na] T.22 [um-ma-ka] li-iṣ-ṣú-ur-ka Traduction: Dis à Yasmah-Addu  : ainsi (parle) Lammassi-Aššur. Si jusqu’à maintenant je n’ai pas écrit, c’est que Mannatum, la musicienne, s’en est allée à son destin et mon cœur était empli de chagrin. Mari et Aššur ne sont pas loin. Que Dieu te donne un vaste pays à commander  ! Mari et Aššur ne sont pas loin. Fais-moi porter de tes nouvelles. Que te garde Ištar de Radana, ta mère  ! Notes: Note : pour la personnalité d’Aššur-lamassi, sans doute, à l’époque, l’épouse principale d’Išme-Dagan, cf. P. M. MARI 7, p. 276, n. 7. 6) Le texte est clairement écrit (cf. le NP ma-an-na-tu-i-la, M.5304+ ii), à ne pas corriger en Mannaše. 11-13) Les l. 11-14 doivent être dupliquées aux l. 18-19, comme cela arrive souvent dans ce genre de petits billets de politesse qui se répètent beaucoup. Pour l’idée, cf. MARI 4, p. 410, n. 155, la citation de A.1248  : «  La ville de Mari n’est pas lointaine. La ville de Mari est, pour ainsi dire, les faubourgs d’Aššur (a-na a-šur(ki) ki-ma ba-ba-at a-šur(ki)). De façon étonnante, le texte continue  : « Elle est proche pour ce qui est du courrier », utilisant de même šapârum, mais avec un sens différent d’ici. 21-23) Thème parallèle à ARM 10 1 : 12-14 ? Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 27/07/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 3 Lettre de Kunšim-matum à Yasmah-Addu. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Terqa (1). Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°3); LAPO 18, 2000, p. 387-390 (n°1194) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ia-ás-ma-ah-(d)IŠKUR 2 [qí]-bí-ma um-[ma] (munus)ku-un-ši-ma-tum-ma 4 aš-šum (I)at-ta-DINGIR-[m]a ša ta-aš-pu-ra-am 6 a-[n]a-ku am-mi-nim a-ka-la-šu [LÚ ša-a]-tu at-ta-a-ma 8 [ta-ad-d]i-na-šu i-nu-ma a-na (d)EN.Z[U-t]i-ri [it-ti um-ma]-ni-šu 10 [ì-lí-(d)IŠK]UR il-li-ka-am-ma [1 TÚG ra-qa-t]a-am 1 (túg)BAR.SI hu-pu-ur-ta-am 12 [1 (giš)qa-áš]-tam a-na ì-lí-(d)IŠKUR [a-na qí-i]š-ti-šu-ma ta-ad-di-na-šu 14 [ù tu-wa]-še-⸢er⸣ i-na-an-na [iš-tu ter-q]a(?)⸢(ki)⸣ wa-ṣú-um-ma ú-ṣí 16 [am-mi-nim ar]-nam a-ia-ši-im [te-mi-id] as-sú-re-ma ki-a-am 18 [ta-qa-ab]-bi um-ma at-ta-a-ma [eb-bi É-ti] ú-ša-ha-az 20 [an-ni-ki]-a-am e-li-šu da-an-[na]-at [ṭe₄-mi r]a-šu-um ar-ši-[ma] 22 [še-am] ta-ba-ku-um i-ta-b[a-ak] [mi-im-ma] ma-ah-r[i-ia ú-ul i-ba-aš-ši] R.24 [eb-bi É]-ka [la-a tu-ša-ha-az] ú-u[l e]-le-i […] 26 a-šar pa-qa-di-k[a …] [k]a-ar-ṣú-ia im-hu-ru-nim-m[a] 28 [i]-na re-qa-ti-im-ma a-ṣa-ba-at [it-t]i [an-ni-i]t-ti-in-ma ka-ar-ṣí-i[a] 30 ú-ṭà-[h]a-ku-um iš-tu p[a-n]a a-di wa-ar-k[a] pa-ag-ri ú-ša-li-im 32 i-na-an-na ú-ul e-le-i a-na-ku ka-ri-ib-ta-ka IG[I (d)]da-gan 34 ú É-tu ša e-pí-šu ša m[a-a]n-ni-im am-mi-nim ki-a-am ma-di-iš i-na [li]-ib-bi-/ka 36 uš-te-ṣú-ni-in-ni eb-bi-ka šu-hi-iz ú bi-it-ka li-ip-qí-du 38 a-na-ku i-na É-ti-ka mi-na-am el-qé bu-u[l-l]u-ṭám na-pí-iš-ti ú-ul ti-de-⸢e⸣-am 40 an-na-tum ša IGI (d)d[a-g]an ak-ta-na-ra-ba-k[u]-um 42 um-ma-mi [ia-ás-m]a-ah-(d)IŠKUR lu ša-li-im-ma 44 ú a-na-ku i-na ṣí-il-li-šu lu-ud-mi-iq Traduction: Dis à Yasmah-Addu : ainsi (parle) Kunšim-Matum. Rapport à Atta-ilumma, sujet d’une lettre de toi, moi, pourquoi (dis-tu que) je me l’approprie ? C’est toi-même qui en as fait don, lorsque Ili-Addu est allé à Sin-teri, avec son armée, et que tu as donné à (cet) Ili-Addu, une étoffe légère, un turban (qui lui tienne lieu de) couvre-chef, un arc, en présent personnel, et que tu l’as laissé aller. Aujourd’hui, bien sûr qu’il est parti de Terqa, pourquoi m’en faire grief, à moi ? Il ne faudrait pas que tu tiennes ce langage : « Je vais faire que les prud’hommes s’occupent de ma maison ; là-bas, elle ne la ménage pas. J’ai pris une décision irrévocable. Elle dépense le grain à tort et à travers, si bien qu’il n’y a plus rien à ma disposition. » Ne fais pas que les prud’hommes s’occupent de ta maison. Je n’en puis plus… À l’endroit où tu m’as installée, le gouverneur ne m’aime pas. J’ai dû affronter des calomnies à mon égard. Même si je suis entreprise pour des riens, malgré cela, il te transmet les calomnies me concernant. En tout temps, je me suis préservée  ; aujourd’hui, je n’en puis plus. Moi, celle qui a la charge de prier pour toi devant Dagan ! Hé bien, la maison que j’ai constituée à qui appartient-elle ? Pourquoi donc m’a-t-on de la sorte tant fait sortir de ton cœur ? Confie l’affaire à tes prud’hommes et qu’ils pourvoient à l’approvisionnement de ta maison. Moi, qu’ai-je pris dans ta demeure ? Ne sais-tu pas le compte de ma vie ? Voici la constante prière que j'exprime devant Dagan : « Puisse Yasmah-Addu être en bonne santé. Quant à moi, que je bénéficie de sa protection ! » Notes: 3) À lire d'après le parallèle d'Anaku-ilam.ma, Atta-ilam.ma, NP sans doute incomplte  : «  Toi, c'est dieu que tu (dois louer / remercier)  »  ; cf. LAPO 18 texte n°1221, note c). Cet esclave dont on reprochait à Kunšim-Matum la garde illicite avait fait l’objet d’un don (oublié par son auteur) à Ili-Addu lorsque ce dernier était parti en campagne, sans doute à Šubat-Šamaš. 9) La restauration est exempli gratia. S’oppose à la lecture [be]-lí-šu de X le fait que NI est au milieu de la ligne et qu’un BE ne remplit pas suffisamment la lacune. Ummânum désignerait l’armée de Sin-teri. Ce militaire Ili-Addu est vraisemblablement mentionné conjointement à Meskinum par A.712, lors d'importants mouvements de troupes concomitants aux affaires de Qabrâ et de Nurrugum. 11) Pour le terme de hupurtum = «  perruque  », cf. NABU 91/52  ; il s’agit effectivement de quelque chose qu’hommes et femmes mettent pour voyager. 12) Pour ces livraisons d’équipements, cf. ARM 21, p. 397 sq. 19) Cette restauration s’appuie sur les l. «  14’-15’  » (en fait, l. 37-38). La politesse commande à Mari, qu’une suggestion, même faite de façon pressante au roi, soit écartée, dans la suite du discours, pour mieux souligner que toute décision doit dépendre de la seule volonté du monarque. 20) En m. à m.  : «  Elle est dure sur elle (= la maison).  » 21) «  Irrévocable  » rend l’infinitif emphatique. 22) «  Faire des réserves  » recourrait au verbe šapâkum. J’ai donc considéré tabâkum comme ayant le sens de «  verser à flot  », «  répandre  », employé dès lors avec le même sens que le courant sapâhum, «  ne pas être économe d’un bien  ». 26) La restauration «  gouverneur  » est exempli gratia. La fin de la «  l. 3’  » (en fait, l. 25) devait nommer la personne qui transmettait ponctuellement et sans complaisance les ragots., sans doute le gouverneur, désigné par son anthroponyme ou son titre. 28) Je comprends le texte  : ina reqâtim aṣṣab(b)at, à la forme IV. L’expression ina awâtim naṣbutum, «  être pris verbalement à partie  », est très bien documentée. J’ai donné à reqâtum, à la différence de ce que je proposais dans MARI 4, p. 396, n. 61, le sens de «  propos vains  », non de «  vacuité d’action  » (ce qui serait d’ailleurs un délit  !), qui se dirait reqûtum. 29) Sens adversatif de itti. 30) En m. à m.  : «  Depuis le devant jusqu’au derrière.  » 35-36) Pour la même expression désignant, cette fois, les propres problèmes de Yasmah-Addu, cf. LAPO 16, texte n°34 n. d). 39) Jeu de mots sur bulluṭum «  faire vivre  » et «  donner des comptes sur son administration  »  ; cf. MARI 3, p. 263. 40) La forme an-na-tu-um a été apparemment comprise par ARM 10 comme équivalent de annîtum, ou annêtum annonçant le discours, ce qui est possible, mais très rare à la place de ki’am. On pourrait aussi y voir un renvoi à Kunšim-Matum. Pour la morphologie, cf. à Emar, S. Seminara, L’Accadico di Emar, p. 247. 44-45) En akkadien ombre (ṣillum), au sens de «  protection  », conditionne une action réussie. Damâqum, d’autre part, représente le bonheur éprouvé à la réception d’un présent. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 21/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 5 Lettre de Šimatum à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Ilan-ṣura. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°5); LAPO 18, 2000, p. 431-434 (n°1222) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia qí-[bí-ma] 2 um-ma (munus)ši*≤-ma≥-tum GE[ME₂-k]a-a-ma aš-šum ṭe₄-mi-im ša be-lí i[š-pu-r]a-am 4 aš-šum si-ma-i-la-ha-né-e-em° LÚ nu-um-ha-a-yi-[im] (I)si-ma-i-la-ha-né-e-em° a-na šu-bat-(d)EN.LÍL(ki) 6 e-re-bi-im il-li-kam-ma (I)tu-rum-na-at-ki ù ha-ià-su-ú-mu qa-qa-da-ti-šu-nu 8 uš-te-mi-du-ma i-na ki-bi-it-e°* ṣa-bi-im iṭ-ru-du-šu (I)ha-ià-su-ú-mu ù tu-rum-na-at≤-ki≥°* 10 i-na bi-ri-šu-nu ni-iš DINGIR.MEŠ ìz-ku-ru-ma ù pu-hu-ur qa-qa-da-ti-šu-nu 12 u[š-t]e-⸢pí⸣*-šu* pa-[n]a-nu-um (I)tu-rum-na-at-ki ú-ga-al-li-/il-/ma 14 [ù i]t-ti ha-ià-su-ú-mu [it-ta-ki]-ir i-na-an-na° qa-bé-e be-lí-ia-ma 16 [ha-ià-s]u-ú-mu it-ti tu-rum-na-at-ki T. [im]-gu₅*-ur ù š[u*-nu] 18 [iš-te-ni]-iš* a*-na* KASKAL*-[n]im* [a-n]a šu-bat-(d)EN.L[ÍL]-ma*(ki) 20 [it]-ta-al-la-ku* [i-n]a-an-na ha-ià-su-ú-m[u°] R.22 [i]t-ti sa-mi-ia KÙ*.BABBAR* i[l*-qí-ma] [KA]SKAL e-ti₇-qa-am a-na šu-bat-(d)EN.L[ÍL(ki) iṭ-r]u*-/[d]am* 24 ⸢ù⸣ ša-ni-tam wu-ú-ur-ti be-lí-i[a] a-na qa-qa-ri-im ú-ul im-qú-ut° 26 ù aš-šum ṭ[e₄-e]m ma-ṣí-DINGIR° ša be-lí iš-p[u-ra-a]m um-ma-[a-mi] 28 LÚ.MEŠ a-na šu-bat-(d)EN.LÍ[L](ki) li-qé-ri-bu-šu LÚ.MEŠ ták-lu-t[um] a-na [š]u-bat-(d)EN.LÍL(ki) 30 ú-qa-ar-ri-bu-šu*-ma* LÚ* šu-ul*° i-ru-ub ù a-di-ni ú-ul ú-ṣé-[em] 32 ù ša-ni-tam ki-ma 1-šu 2-šu ṭup-p[í] be-lí-ia la-a eš-mu*-ú*-m[a* li-ib-b]i* 34 ih*-hi-id i-na-an-n[a ki]-ma* [ṭup]-pí be-lí-ia eš-mu-ú li-i[b-b]i* 36 [ma-d]i-iš ih-du ù a-na [ma-am]-ma-an T. [a-na-a]ṭ-ṭà-al ú-ul a-na b[e-l]í*-/a*-ma 38 [a-na-a]ṭ-ṭà-al [at]-ta-a-ma a-bu-um ù ŠEŠ*-ma 40 a**-ia**-ši-im Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Ši(ma)tum, ta servante. Relativement à l’objet de la lettre de mon Seigneur, à propos de Sim(m)a’ila-hanem du Numha, Sima’ilahanem étant allé pour entrer à Šubat-Enlil, Turum-natki et Haya-Sumu s’étant coalisés, l’ont réexpédié chez lui grâce au gros de l’armée. Haya-Sumu et Turum-natki avaient prêté serment entre eux, puis avaient opéré leur rassemblement. Naguère, Turum-natki avait fauté et avait été en état d’hostilité avec Haya-Sumu, mais, pour l’heure, ordre exprès de mon Seigneur  ! Haya-Sumu a fait un accord avec Turum-natki, et les voilà qui de conserve vont en campagne à Šubat-Enlil. Pour l’heure, Haya-Sumu a reçu de l’argent de Samiya et il a envoyé un corps expéditionnaire à Šubat-Enlil. En outre, autre chose  : les instructions de mon Seigneur ne sont pas tombées par terre  : à propos de Maṣi-El au sujet duquel mon Seigneur m’a écrit  : «  Des gens doivent le fassent approcher de Šubat-Enlil  », des hommes de confiance l’ont fait approcher de Šubat-Enlil. Cet homme fait l’objet de questions  : il est entré mais n’est pas encore sorti. En outre, autre chose  : du fait même qu’à deux reprises, je n’avais pas eu connaissance de tablette de mon Seigneur, mon cœur était anxieux. Maintenant que j’ai pris connaissance d’une tablette de mon Seigneur, mon cœur s’est grandement réjoui. Car, si je dois tourner mon regard vers quelqu’un, n’est-ce-point vers mon seul Seigneur  ? Toi seul es un père et un frère pour moi. Notes: Note  : cette lettre est pleine de bizarreries, à se demander si Šimatum ne l’a pas écrite elle-même. 2) Le texte porte clairement (munus)ši-tum. La correction ši≤-ma≥-tum paraît évidente, vu la place faite dans les informations à Haya-Sumu, roi d’Ilan-ṣura, époux de Šimatum. 4) Il ne peut s’agir que du roi de Kurda, capitale du Numha, Simah-ilani-ia («  Joie de mes dieux  ») qui donne normalement Simah-ilane (corriger en ce sens LAPO 16 p. 45, qui n’explique pas la longue finale). L’écriture utilisée ici est très étrange, car on attend si-ma-ah-i-la-né-e, non si-ma-i-la-ha-né-e-im, ce qui devrait signifier «  Sima-ila, le Bédouin  ». Il y à la fois un déplacement du /h/ et une mimation finale inexplicables dans un NP dont le sens devait être immédiat et évident. Il n’est pas impossible que la déformation que fait subir Šimatum au nom propre fût intentionnelle et qu’il y avait là un jeu de mots malveillant à l’encontre de l’ennemi. On pourrait ainsi penser à Simma-Ila, «  mal du dieu  », équivalent à «  fléau de dieu  ». Dans ARM 16/1, p. 180, beaucoup de variantes sont données pour le nom du roi de Kurda, lesquelles reflètent en réalité une opposition i/u bien connue par ailleurs (simah-/ sumah-, états construits de simhum/sumhum). La forme aberrante su-uh-hi-i-la-né-e (cf. FM 3, 84) est en fait à lire si!-im!-hi-i-la-né-e. 6) Roi de Šubat-Enlil, avant Haya-abum. 9) Pour ce sens propre de ṭarâdum, cf. LAPO 16 p. 523. 12) En m. à m.  : «  ils avaient fait la réunion de leurs têtes  ». L’expression, claire en elle-même, est inédite. 15) Il ne faut pas rajouter un au texte (ARM 10). Il s’agit d’une exclamative, phrase nominale. 22) Pour les exactions qu’eut à subir Šubat-Enlil, cf. Mélanges P. Garelli, p. 19. 23) Lire harrânum êtiqum, une «  expédition qui passe  »  ; une lecture etêqam (infinitif) ne serait possible que s’il y avait une forme de nadânum, «  permettre  », à la fin de la l. 24, ce qui n’est pas possible. 25) L’expression imagée ana qaqqarim maqâtum pour signifier «  être négligé  » est inédite. 30) Le texte est net  : «  LÚ šu ul  ». Une faute de UL pour Ú peut toujours être envisagée, mais représente une correction très lourde. D’un autre côté, il me paraît très peu vraisemblable que UL soit la négation qui porte sur le verbe de la l. suivante. Même si le présent texte diverge des habitudes de graphie, le sens serait contradictoire avec le récit («  il n’est pas sorti  »). Le plus simple me paraît devoir être de poser une forme šu’’ul, II de šâlum, attestée sporadiquement en paléo-babylonien. 34) Il faut comprendre kîma… ma = kîma.ma… 35-36) Cela veut, sans doute, dire que deux lettres au roi étaient restées sans réponse. 39-40) La lecture sur la tablette de ŠEŠ-ma ne fait pas de doute. Elle avait déjà été devinée par J. Sasson, AfO 27, p. 131. On voit par les lettres d’Erišti-Aya que «  père  » et «  frère  » sont les deux soutiens naturels d’une femme  ; cf. LAPO 18 n°1196. Il est certainement à en déduire que les filles de Zimri-Lim ne possédaient point de frère aîné, ou au moins de leur âge. Les trois seuls fils de Zimri-Lim que nous connaissions, sont tous jeunes et portent des noms d’aînés, en fonction des trois ascendants de référence de leur propre père  ; cf. N. Ziegler, FM 4, p. 68. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 14/02/2017: M. Béranger (lemmatisation) – 09/03/2017: M. Béranger (correction ti₇ l. 23) ARM 10 11 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°11); LAPO 18, 2000, p. 327-328 (n°1148) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 326 [trad.]. Reproduction: Bibliographie: Arkhipov Mél. Charpin, 2019, p. 71. Tablette: F. a-na be-lí-[ia] 2 [q]í-bí-ma um-ma (munus)ši-ib-tu 4 GEME₂-ka-a-ma é-kál-lum ša-lim É.HI.A DINGIR.MEŠ ù ne-pa-ra-tum 6 [š]a-al-m[u°] [a-d]i re-eš wa-ar-hi-im 8 [te]-re-tim a-na šu-lum be-lí-ia [ú-š]e-p[í-i]š-ma 10 te-r[e-tum ša] šu-lum be-lí-ia T. š[a]-a[l]-ma 12 i-na ṣe-e-tim be-lí pa-ga-ar-šu R.14 li-iṣ-ṣú-ur i-tu-ú-um ša-ki-in 16 ša pí-i i-li-i-im be-lí li-pu-úš 18 ù a-iu-um-ma i-na LUGAL.MEŠ ša it-ti be-lí-ia 20 i-ša-ri-iš i-da-ab-bu-ub i-na bi-bi-il-tim-ma 22 it-ti be-lí-ia i-da-ab-bu-u[b] Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Šibtu, ta servante. Le Palais est en bonne santé. Les temples des dieux et les ergastules-nêpârâtum sont en bonne santé. J’ai fait prendre les présages pour le salut de mon Seigneur pour jusqu’à la fin du mois et ils sont favorables. Mon Seigneur doit prendre garde à lui en ce qui concerne la fièvre-ṣêtum. Le signe est présent (dans l’oracle). Que mon Seigneur agisse conformément à ce que dit Dieu  ! En outre, quelqu’un parmi les rois qui se trouvent avec mon Seigneur, aura un discours correct, mais c’est avec des arrière-pensées qu’il parlera avec mon Seigneur. Notes: 11) Le signe MU, l. 6 est sûr, alors que ARM 10 10  : 4 montre l’accord au féminin. 12) Le signe qui présage la possibilité d’un ṣêtum a été constaté sur la surface du foie. Ce terme de ṣêtum peut signifier soit une fièvre très forte (cf. le himiṭ ṣêtim, «  brûlure de fièvre  », LAPO 18 p. 328), soit la lumière intense du soleil, ou d’un astre. C’est cette dernière qui a été choisie dans ARM 10 (danger d’insolation). Les textes médicaux se réfèrent tous cependant à une sensation de «  chaud interne  » et les exemples donnés par CAD Ṣ relativement à l’astre du jour semblent, en revanche, tous positifs et faire référence à une simple luminosité. 21) Le passage a été très discuté  : ARM 10 a compris  : «  C’est seulement lorsqu’il est abattu, qu’il parlemente avec mon seigneur  », interprétant bibiltum comme «  décimation  » (cf. ibid., p. 254)  ; W. Römer, F Br, p. 42, n. 2, interprète «  Darbietung (  ? von Geschen-ken  ?)  »  ; J. Sasson traduit  : «  Only in tribute (i-na pí bi-il-tim ) will he come to term with my lord.  » Pour le sens de bibiltum, «  prétextes, arrière-pensées  », cf. ARM 26/1, p. 120, n. 43. Il est possible que nous ayons affaire ici à une apodose de présage citée verbatim  ; pour ces procédés, cf. ARM 26/1, p. 55-56. Il est difficile de dire s’il s’agit d’un commentaire entraîné par la constatation d’un nouveau signe omineux, ou s’il y a jeu de mots sur ṣêtum/ ṣîtum («  sortie des assiégés  »)  ; cf. LAPO  18 1149. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 09/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 12 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°12); LAPO 18, 2000, p. 332-333 (n°1152) [trad.]; Charpin Mél. Veenhof, 2001, p. 13-14 [trad.]; Ziegler TUAT NF 3, 2006, p. 44 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ši-ib-tu GEME₂-ka-a-ma 4 É.GAL ša-lim be-lí ki-a-am iš-pu-ra-am um-ma-a-mi a-nu-um-ma 6 (I)ia-aṣ-ṣú-ur-(d)IŠKUR aṭ-ṭà-ar-da-ak-ki-im 8 LÚ.MEŠ eb-bi it-ti-šu ṭú-ur-di-ma a-šar ṭup-pa-tim ú-ka-al-la-mu-šu-nu-ti 10 li-il-qú-nim-ma ṭup-pa-tum ši-na a-di ka-ša-di-ia ma-ah-ri-ki 12 li-iš-ša-ak-na i-na-an-na ki-ma ša be-lí iš-pu-ra-am 14 it-ti LÚ ša-a-ti T. (I)mu-ka-an-ni-ša-am 16 (I)šu-ub-na-lu-ú ù U₄.ŠÁR.RE.EŠ₁₅.HE.TIL 18 aṭ-ru-ud-ma R. i-na ne-pa-ri-im 20 ša NÌ.ŠU e-tel-pi₄-LUGAL (I)ia-aṣ-ṣú-ur-(d)IŠKUR 22 1 É-tam LÚ eb-bi ša it-ti-šu aṭ-ru-du ú-ka-al-li-im-ma 24 ba-ab* É-tim ša ú-ka-al-li-mu≤-ma≥ [i-n]a ku-nu-uk ig-mi-li*-im 26 ša É te-er-tim ka-an-ku ip-tu-ú-ma 2 (gi)PISAN ṭup-pa-tim 28 (gi)PISAN šu-nu i-na ku-nu-uk e-tel-pi₄-LUGAL ka-an-ku il-qú{NU}-nim-ma 30 [q]a-d[u]-um ku-nu-uk-ki-šu-nu (gi)PISAN šu-nu a-di ka-ša-ad be-lí-ia 32 [m]a-ah-ri-ia ša-ak-nu T. ù ba-ab É-tim 34 [š]a* ep-tu* i-na ku-nu-uk-ki-ia ak-nu-uk Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Šibtu, ta servante. Le palais est en bonne santé. Mon Seigneur m’avait écrit ceci  : « Voilà que je t’envoie Yaṣṣur-Addu. Expédie des prud’hommes avec lui pour qu’ils prennent ce qu’il leur montrera en fait de tablettes ; que ces tablettes soient sous ta responsabilité jusqu’à mon arrivée. » Maintenant, selon le message de mon Seigneur, j’ai envoyé avec cet homme Mukannišum, Šubna-lu et Ušareš-hetil. Dans l’ergastule qui relève du service d’Etel-pi-šarrim, Yaṣṣur-Addu a montré aux prud’hommes que j’avais expédiés avec lui, une pièce. Ils ont ouvert la porte de la pièce qu’il avait montrée et qui était scellée au sceau d’Igmilum, de l’administration. Ils ont pris 2 paniers de tablettes, ces derniers scellés au sceau d’Etel-pi-šarrim. Sans qu’on touche à leurs sceaux, ces paniers de tablettes ont été mis sous ma responsabilité en attendant l’arrivée de mon Seigneur. En outre, la porte de la pièce qu’ils ont ouverte je l’ai (re)scellée à mon sceau. Notes: 9) Non pas «  là où il leur montrera des tablettes…  », mais «  ce qu’en fait de tablettes  » avec un ašar relatif  ; pour cet emploi, cf. LAPO 17 p. 242. 10-12) En m. à m. «  qu’elles soient mises devant toi.  » 17) Pour cette lecture, cf. NABU 88/13. 28-29) On observe que si les tablettes sont bien au sceau du responsable des lieux et devaient donc avoir affaire à ses activités et son personnel, l’endroit où les archives sont gardées sont sous la responsabilité générale de l’administration centrale, le bît têrtim. J’ai gardé la traduction traditionnelle de É par «  pièce  », quoiqu’elle suppose qu’il pût y avoir besoin de se faire montrer où étaient rangées les archives du nêpârâtum, et qu’il pût y avoir plusieurs pièces scellées. Une traduction par «  niche  » serait aussi envisageable. Cependant, on ne sait à quel moment du règne on se trouve. La participation de Šiptu à l’administration indique plutôt la seconde partie du règne, moment où le palais avait été pour une bonne part évacué. On peut donc envisager que sa désaffection avait pu entraîner une fermeture volontaire d’une grande série de portes de pièces désormais condamnées. Yaṣṣur-Addu aurait donc eu le souvenir précis du lieu de stockage dans un ensemble déserté et sous scellés. 30) En m. à m. «  avec leurs sceaux  ». 34) Correction déjà vue par J. Sasson, AfO 27, p. 132. Historique: – 04/02/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 13 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°13); LAPO 18, 2000, p. 333 (n°1153) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ši-ib-tu 4 GEME₂-ka-a-ma é-kál-lum ša-lim i-nu-ma ia-aṣ-ṣú-ur-(d)IŠKUR 6 [i-n]a ⸢É⸣ te-er-tim ša e-tel-pi₄-LU[GAL] [ṭup-pa-tim i]l-qé-e 8 (…) Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Šibtu, ta servante. Le Palais est en bonne santé. Lorsque Yaṣṣur-Addu prit dans les archives d’Etel-pi-šarrim des tablettes… Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 27/07/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 14 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°14); LAPO 18, 2000, p. 344-345 (n°1163) [trad.]. Reproduction: Tablette: [a-na] be-lí-[ia] 2 [qí]-bí-[ma] [um-ma (munus)]ši-ib-tu GEME₂-k[a-a-ma] 4 [é-kál-lum] ša-lim É* [DINGIR.MEŠ] [ù ne-pa-r]a*-tum ša-[lim] 6 [… š]a(?) a-li*-im m[i(?)-…] (…) R. [iq-bu-nim]-ma* um*-ma*-[a-mi] 2' sí-ni-iš-t]um qa-tam i-na wa-ba*-[lim] [ú-u]l i-ba-lu-uṭ šu-um-š[a a-ša-al-ma] 4' [(I)]aš-ta*-ak-ka MUNUS ši-i i-n[a-an-na] [i-n]a É.HI.A eš-še-tim ú-še-ši-ib-ši-[ma] 6' [KAŠ-š]a* ù NINDA-ša* pa-ar-sú a-na (giš)NÁ-ša ù (giš)GU.ZA-ša [ma-am-ma]-an ú-ul i-ṭe₄-eh-[he] 8' [b]e-lí li-ik-šu-[d]am-ma ša [e-li-šu ṭà-bu] T. li-pu-[uš] Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Šibtu, ta servante. Le Palais est en bonne santé  ; les temples des dieux et les ergastules sont en bonne santé. … de la ville… (Lacune.) … m’ont dit  : «  La femme, même si on la touche, ne vivra pas.  » J’ai demandé son nom. Cette femme est (une certaine) Aštakka. Pour l’heure, je l’ai fait habiter dans les bâtiments neufs. Elle prend sa bière et son pain séparément. Nul ne doit s’approcher de sa couche ou de son siège. Il faut que mon Seigneur arrive et fasse ce qui lui semblera bon. Notes: 2') Il devait y avoir là la fin du verdict des médecins ou des devins. La reine consciente qu’il fallait isoler la malade s’entend confirmer qu’elle est perdue et que, même en cas de soins prodigués de près (qâtam wabâlum devait indiquer le contact entre la malade et le médecin). 4') NP hourrite, signifiant «  Petite femme  ». 6') Tel est le texte où je m’arrête après réexamen en 1999. S'il s'agissait idi de «  repas  », on attendrait d’ailleurs NÌ.GUB-ša. 8')  Variante [e-pé-ši-im], «  ce qu’il y aura à faire  ». Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 27/07/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 15 Lettre de Belatum à son seigneur (= Yasmah-Addu). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°15); LAPO 18, 2000, p. 408-409 (n°1208) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 246 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)*be*-la*-tum 4 GEME₂-k[a]-a-ma u₄-u[m SI]SKUR₂.RE 6 ik-šu-[d]am ù SISKUR₂.RE ša-a-ti ša-na-as-sú-um-ma 8 [a-na]-aq-qí LÚ.TUR-di ih*-liq* T. [ú-ul] aq-qí-ma 10 [ma-na]-ah*-tum ši-i i-le-em [i-na]-an-na LÚ.TUR R.12 [l]i*-l[i*-k]am* be-lí ša ṭà-ra-di-im 14 [l]i-iṭ-[ru-u]d-ma lu-ul-[l]i-ma 16 SISKUR₂.RE [š]a-a-ti lu-uq-qí ù be-lí 18 li-wa-i-ir-ma UDU.HI.A a-na SISKUR₂.RE 20 ki-ma ša-na-as-sú-um-ma li-id-di-nu-nim T.22 UDU.HI.A ú-ul i-šu Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Belatum, ta servante. Le jour du sacrifice est arrivé et, cette année-ci, je dois offrir ce sacrifice. (Or) mon serviteur s’est enfui  ! Aussi n’ai-je pu offrir le sacrifice. La tâche excède mes forces. Un serviteur doit maintenant m’arriver. Que mon Seigneur m’envoie celui qu’il pourra m’envoyer, que je m’en sorte et que je puisse offrir ce sacrifice. D’autre part, que mon Seigneur donne des instructions afin que l’on me donne des moutons pour le sacrifice, dès cette année. Je n’ai pas de moutons. Notes: 7) Le sens de šanassum est discuté. Kraus, RA 62, p. 78, repris dans AHw, p. 1162a («  dieses Jahr, heuer  ») a proposé le sens de «  cette année-ci  »  ; CAD Š/1, p. 370a, propose au contraire, «  every year, annually  ». Les exemples de Mari me paissent donner raison assez nettement à Kraus/AHw  : cf. M.5323  : «  L’année dernière son frère est mort. Avant que son frère n’aille au destin, je l’ai saisi relativement à mon bien et il n’avait rien à me donner. Alors il m’a donné 5 sar de terrain et lui-même m’a dit  : “Je te donnerai le reste de ton bien cette année-même”. Lorsque nous avons eu cette conversation, il y avait des témoins  » (ša-da-ag-de-em a-hu-šu im-tu-ut, la-ma [a-h]u-šu [a-n]a ši-im-tim i-la-ku a-na ba-ši-ti-ia aṣ-ba-sú-ma, ša n[a-d]a-nim [ú-u]l i-ba-aš-ši-šum-ma 5 SAR GÁN id-di-nam, ù [šu-ú] i[q-bé-e]m um-ma-mi ša-pì-il₅-ti ba-ši-ti-ka, ša-n[a-s]u-u[m] ⸢a⸣-na-ad-di-na-kum i-nu-ma an-ne-tim ni-id-b[u-bu], LÚ.MEŠ ši-bu ⸢i⸣-ba-aš-šu). Un sens «  je te servirai une rente viagère, chaque année  », sans spécification de date, me paraît très peu vraisemblable. Le sens du CAD provient surtout de l’attention portée à l’expression kîma šanassumma, qu’il traduit «  just as (you do) every year  », mais, en fait, kîma šanassumma doit s’interpréter «  dès cette année-ci  », où kîma ne fait que renforcer l’expression adverbiale. 10) Mot à mot «  est haute pour moi  » (eli-am). 15) ARM 10, p. 43 traduit «  pour que je puisse monter  » (scil. au temple). Ce sens est possible, mais un sens de ullûm «  monter hors de la difficulté  », «  venir à bout d’un travail  » est aussi envisageable et a été préféré. C’est une véritable «  épreuve  » que de réaliser ce sacrifice, dont la femme doit venir à bout. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 06/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 27/07/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 16 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°16); LAPO 18, 2000, p. 337-338 (n°1158) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na be-lí]-ia 2 [qí-bí]-ma um-ma [(munus)ši]-ib-tu 4 GEME₂-ka-a-ma é-kál-lum ša-lim aš-šum ha-za-an-ni 6 be-lí ke-em iš-pu-ra-am um-ma-a-mi 10 A.GÀR ha-za-an-ni 8 it-ti ṣí-id-qé-e-pu-uh le-qé-e-ma i-na ú-ur pa-pa-hi-im 10 ub-bi-li-šu-nu-ti ki-ma ša be-lí iš-pu-ra-am 12 (I)ṣí-id-qé-e-pu-uh R. [á]s-si-i-ma 14 ke-em a-ša-al-šu um-ma a-na-ku-ma aš-šum 10 A.GÀR ha-za-an-ni 16 a-na ta-bi-li°-im° ub-bu-li-im be-lí iš-pu-ra-am 18 10 A.GÀR ha-za-an-ni id-na-am-ma lu-ub-bi-il ù šum-ma 10 A.GÀR ha-za-an-nu 20 ú-ul i-ba-aš-ši ma-li ša i-ba-aš-šu-ú id-na-am šu-ú ke-em i-pu-la-an-ni 22 [u]m-ma-a-mi ha-za-an-nu a-na NUMUN ù NÌ.GUB LUGAL ú-ul i-ba-aš-ši 24 a-ia-nu-um lu-ul-qé-em-ma ha-za-an-ni lu-ud-di-in ú-ul i-ba-aš-ši Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Šibtu, ta servante. Le Palais est en bonne santé. Au sujet de l’ail, mon Seigneur m’avait écrit ceci  : «  Prends 100 kôr d’ail d’auprès de Ṣidqepuh et fais-les sécher sur le toit du vestibule.  » Comme me l'avait écrit mon Seigneur, j’ai convoqué Ṣidqepuh et l’ai ainsi pressé  : «  Mon Seigneur m’a écrit de faire sécher 100 kôr d’ail pour en faire des condiments. Livre-moi 100 kôr d'ail pour que je le fasse sécher. Et s’il n’y en a pas 100 kôr, livre-m’en autant qu’il y en a  ». Lui m’a répondu  : «  Il n’y a pas d’ail, pour la semence et pour les repas du roi. Où pourrais-je prendre pour te le donner l’ail (que tu réclames)  ? Il n’existe pas  !  ». Notes: 7) 10 ugar représentent une quantité considérable  : 100 kôr, soit 9840 litres. La fin de la lettre montre qu’il s’agit de préparer l’assaisonnement des repas royaux. 14) Même si šâlum est repris, l. 21 par apâlum, «  répondre  », les l. 15-21 ne constituent pas de toute évidence une question. Il s’agit donc sans doute du sens dérivé de šâlum, «  demander avec insistance  », le plus souvent «  des comptes  », surtout dans le contexte de «  punir  »  ; cf. LAPO 16 p. 175. 23) La traduction de ARMT X, «  ni pour la semence ni pour le repas du roi  » est excessive et suppose un texte en ûl… ûl… Le message de Ṣidqêpuh est donc qu’il faut choisir entre semer et consommer. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 17 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°17); LAPO 18, 2000, p. 306 (n°1129) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 326 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ši-ib-tu 4 GEME₂-ka-a-ma be-lí na-ak-ri-šu 6 li-ik-šu-dam-ma [i-n]a [š]a-lim-tim ù hu-ud li-ib-bi-im R.8 [be-lí a-n]a ma-ri(ki) li-ru-ba-am ù a-nu-um-ma 10 1 TÚG ù GÚ.È.A ša e-pu-šu 12 be-lí a-na bu-di-šu li-iš-ku-un Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Šibtu, ta servante. Puisse mon Seigneur capturer ses ennemis et rentrer à Mari après un voyage sans histoire et la joie au cœur  ! En outre, voilà que mon Seigneur peut mettre sur ses épaules l’étoffe et la chemise que j’ai confectionnés. Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 09/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 18 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°18); LAPO 18, 2000, p. 307-30 (n°1132) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na] be-lí-ia 2 [qí]-bí-ma [um-m]a (munus)ši-ib-tu [GE]ME₂-ka-a-ma 4 [é-kál]-lum ša-lim ma-ri(ki) i-na ka-ša-di-ia [U]₄* 5*.KAM (d)ma-am-mi-tum-um-mi MUNUS.A.ZU 6 [1 TÚG r]a-qa-tum 1 GÚ.È.A [1 pa-t]i-in-nu ša du-uh-ši-im 8 [hi-ši-i]h-ti be-lí-ia ú-ša-bi-lam-ma [gi-ru-u]m ú-ul i-ši-ir 10 [i-na qa-a]ṭ-ṭú-na-a°(ki) ka-le-et [i-na-an-n]a 2 TÚG ra-qa-tum SAG 12 [2 GÚ].⸢È*⸣.A* ra-qa-tum 2 pa-ti-in-nu [š]a du-[u]h-ši-im [ù] 2 ša-ap-pu 14 [x MA.NA À]M a-na ṣe-er be-lí-ia [uš-ta-bi]-lam 16 [i-nu-ma i-n]a ter-qa(ki) wa-aš-ba-ku [a-na be-lí-i]a ki-a-am aq-bi 18 [um-ma a-na-ku-m]a i-nu-ma*° (…) «  6+3(?)+6 l.  » R. […] x […] 2' [a-wa-tu]m p[a-aq-da-at(?)] [ù li-i]b-bi ma-di-iš ih-du 4' [a-wa-a]t* be-lí-ia a-na qa-ti-ia ip-qí-dam [mu-ka-an-ni-š]um* il-li-kam-ma 6' [ki-a-am iq-bi] um-ma-mi KÙ.GI šu-ú [a-na ia-ši-i]m e-sí-ik 8' [ù ki-a-am] a-pu-ul-šu [um-ma-mi] a-di ṭup-pí be-lí-ia la il-li-kam 10' [KÙ.GI ú]-ul a-na-ad-di-in [i-na-an-na šu]m-ma KÙ.GI a-na mu-ka-an-ni-ši-im 12' [lu-ú e-s]í-ik [ṭup-pí be-lí]-ia* li-il-li-kam-ma 14' ⸢KÙ.GI⸣ lu-ud-di-in Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Šibtu, ta servante. Le Palais est en bonne santé. Lors de mon arrivée à Mari, le 5, j’ai fait porter à la disposition de mon Seigneur par Mammitum-ummi, la femme médecin, 1 étoffe légère, 1 chemise et 1 ceinture en cuir couleur duhšû, ce dont mon seigneur a besoin. Mais la caravane n’est pas arrivée à destination : elle a été arrêtée à Qaṭṭunan. Maintenant, j’ai fait porter à mon Seigneur 2 étoffes légères de première qualité, 2 chemises en étoffe légère, 2 ceintures en cuir de couleur duhšû, 2 écuelles-šappu de (x/6 mines) chacune. Lors de mon séjour à Terqa, j’avais dit ceci à mon Seigneur  : «  Lorsque …  » (Lacune de 16 l. au plus.) … L’affaire m’avait été confiée et mon cœur s’était grandement réjoui. Il m’avait confié l’affaire de mon Seigneur. Mukannišum est arrivé et il m’a dit ceci  : «  Cet or, c’est à moi qu’il a été assigné.  » Je lui ai répondu ceci  : « Tant qu’une tablette de mon Seigneur ne sera pas arrivée, je ne remettrai pas l’or. » L’or a-t-il été assigné à Mukannišum ? Que vienne une tablette de mon Seigneur si je dois lui remettre (cet) or. Notes: 5) Les chiffres ont été restaurés dans cette lettre sur la base que le deuxième envoi doublait le premier. [MB] 8) lecture [hi-ši-i]h-ti dans ARM 10 (p. 46) ; cf. ARM 3 22: 5 pour une expression similaire ; la lecture de LAPO 18 est peu probable car ÚŠ n'est pas utilisé devant les dentales en temps normal 4') D’une façon générale, les restaurations pour le revers de cette lettre sont trop courtes dans ARM 10 et l’espace disponible est plus considérable. 7') Pour un travail donné, ce qui avait fait l’objet d’un protocole-isiktum. 13') La formulation attendue, mehir ṭuppi-ia, serait peut-être trop longue. Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 08/03/2018: M. Béranger (note(s) ligne 8; traduction modifiée en conséquence) ARM 10 19 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°19); LAPO 18, 2000, p. 306-307 (n°1131) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ši-ib-tu 4 GEME₂-ka-a-ma É.GAL ša-lim ša-ni-tam 1 (túg)*sa-kum SAG 6 1 (túg)ú-ṭub-lu T. 1 GÚ ra-qa-tum 8 1 (túg)ha-wu R. ù 2 (giš)ILLURU 10 a-na ṣe-er be-lí-ia ú-ša-bi-lam Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Šibtu, ta servante. Le Palais est en bonne santé. Autre chose : j’ai fait porter chez mon Seigneur 1 étoffe-sakkum de première qualité, 1 étoffe de serge, 1 chemise en étoffe légère, 1 tapis et 2 arcs. Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 20 Lettre de Belet-matim à Zimri-Lim. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°20); LAPO 18, 2000, p. 379 (n°1187) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na zi-im-ri-li-[i]m 2 qí-bí-ma um-ma (munus)be-le-et-ma-tim-ma 4 aš-šum ZÌ du-um-qí-im ù ti-ik-tim 6 ta-aš-pu-ra-am ù a-nu-um-ma 1 ANŠE ZÌ sà-mi-da-tum T.8 1 ANŠE ZÌ bu-ṭù-um-t[im] R. 10 SILA₃ ti-ik-tum 10 30 SILA₃ ap-pa-⸢an⸣-nu a-na qa-at sa-ma-ra-nu ÌR-di-ka 12 uš-ta-bi-la-ak-kum [ù a]t-ta ti-de ki-ma ANŠE.HI.A GÚ 14 [i-na] qa-tim la i-ba-aš-šu-ú T. [šum-ma-an AN]ŠE.HI.A GÚ 16 [i-na É-ka] i-ba-aš-šu-ú [mi-im-m]a ša šu-bu-lim 18 [a-n]a ṣe-ri-ka ka-a-ia-an-ma-an Traduction: Dis à Zimri-Lim  : ainsi (parle) Belet-matim. Tu m’as écrit à propos de farine de luxe et de gruau. Hé bien  ! Voici que je te fais porter par Samaranu, ton serviteur, un omêr de farine finement moulue, un omêr de «  farine à la pistache  », 10 qa de grain concassé et 30 qa d’appanum. En outre, tu sais, toi, qu’il n’y a pas d’ânes de bât disponibles. S’il y en avait eu dans ta demeure, tout ce qui est à faire porter, aurait été continuellement à destination chez toi. Notes: 7-10) La farine de luxe (dumqum est un substantif, non l’adjectif «  fin  » que propose ARM 10) est reprise dans le corps de la lettre par les farines samîdâtum et la farine à la pistache, comme tiktum est complété par appannum. Samâdum est donné par les lexiques comme un synonyme de ṭênum et arârum, mais il doit signifier en fait «  moudre finement  » pour que le résultat soit considéré comme luxueux, ce qui est le propre du «  gruau  »  ; la farine à la pistache est rajoutée, sans doute pour mieux souligner la largesse du don, ou pour être mélangée à parties égales apparemment, lors de la préparation de pâtisseries. Le terme de tiktum a été étudié par D. Ch., Le Clergé d’Ur…  », p. 314-315. C’est un produit (on ne dit plus «  farine  » [ZÌ] mais «  soupe  » [UTU₂] pour le désigner) auquel divers ingrédients (comme du poisson) pouvaient être rajoutés. C’est donc une préparation de base à laquelle il fallait ajouter autre chose, comme on le constate encore dans la cuisine orientale où des pâtes fines ou des lentilles doivent être rajoutées à du blé éclaté (bourghoul). D/tiktum pourrait dès lors être une formation nominale à partir de dâkum, «  battre  », et désigner du grain concassé, auquel devait être adjoint l’appanum qui est livré en même temps. .Appânum désigne, en effet, une plante légumineuse  ; ce substantif est précédé du classificateur GÚ, «  pois  », ce qui incite à le rapprocher de l’hébreu appôn, «  pois chiche  »  ; cf. Löw, Flora 2, p. 427. 11) Le NP Samaranum est désormais bien attesté sous la forme sa-ma-ra-an  : A.3562 xii 24 (MARI 8 p. 644  ; M.15212. 16) Pour cette restauration, cf. ARM 2 117 (LAPO 18 1188) et MARI 4, p. 420, n. 25. «  Ta demeure  » signifie ici «  ma demeure qui est tienne  ». Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 27/07/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 21 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°21); LAPO 18, 2000, p. 340 (n°1159) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-[na] be-lí-[i]a 2 qí-bí-[ma] u[m-m]a (munus)[ši-ib]-tu 4 [GE]ME₂-k[a]-a-ma é-k[ál-lum] ša-lim a-[nu-u]m-ma 1 [LÚ].DUB*.SAR 6 ša [b]e-lí iš-pu-[ra]-am [a-n]a qa-at i-[…] 8 (…) R. [ša a-na ṣe-ri-ia] 2' [be-lí] ú-š[a]-bi-[lam] [an-nu]-⸢um*-ma⸣* uš-ta-[aš-ṭì-ir-ma] 4' [a-na] ṣe-er [(munus)ga-še-r]a* um-mi-ia 6' [uš-t]a-bi-il Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Šibtu, ta servante. Le Palais est en bonne santé. Voilà que le scribe, sujet de la lettre de mon Seigneur, je l’ai confié à I… (Lacune.) … que mon Seigneur m’avait fait porter chez moi, l'ayant fait recopier ici, je l’ai fait porter à ma mère Gašera. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 22 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°22); LAPO 18, 2000, p. 305 (n°1126) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-m[a] (munus)ši-ib-tu 4 GEME₂-ka-a-ma [ma-r]i(ki) R.6 [É].HI.A DINGIR.MEŠ ù é-kál-lum 8 ša-li-im Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Šibtu, ta servante. Mari, les temples des dieux et le palais, ça va. Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 23 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°23); LAPO 18, 2000, p. 305-306 (n°1127) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-n[a b]e-lí-ia 2 qí-bí-ma [u]m-ma (munus)ši-ib-tum 4 GEME₂-ka-a-ma a-lum ma-ri(ki) ša*-[li-im] 6 é-kál-la-ka T. ša-[li-im] 8 [É.HI.A ša DINGIR.MEŠ] R. [ša-al-ma] 10 [li-ib-bi be-lí-ia] lu-ú [ha-du] Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Šibtu, ta servante. La ville de Mari est en bonne santé. Ton palais est en bonne santé. Les temples des dieux vont bien. Que le cœur de mon Seigneur soit joyeux. Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 24 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°24); LAPO 18, 2000, p. 328-329 (n°1149) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 326 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na b[e-l]í-ia 2 qí-b[í]-ma [um-ma (munus)]š[i]-ib-tu 4 GE[ME₂*]-k[a*-a-ma i-na a-h]i*-⸢ti*-ia⸣* [ki-a-am eš-me um-m]a*-mi* 6 [iš-tu] ⸢a⸣*-lim(ki)* a-na LUGAL i[ṭ]*-[ṭ]e₄*-eh*-h[u]*-ni*-i[m]* 8 [e-li] šu-nu-ti [ir-ta-k]a*-ab* an-ni-tam T.10 [eš]-me-e-ma [li-ib]-bi ma-di-iš 12 [pa-l]i-ih R. [i-na-an-na] me-hi-ir 14 [ṭup-pí-ia ṭup]-pu-um* [iš-tu pa-an] be-lí-ia 16 [li-i]k*-šu-dam li-ib-bi [li-it-t]u*-uh Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Šibtu, ta servante. Voici ce que la voix publique m’a appris  : «  Depuis la ville il y a eu plusieurs attaques contre le roi. Il a triomphé d’eux.  » Voilà ce que j’ai entendu et mon cœur en a conçu beaucoup de crainte. Maintenant, en réponse à ma tablette, il faut qu’une tablette m’arrive de chez mon Seigneur afin que s’apaise mon cœur. Notes: Note  : la tablette est en très mauvais état de conservation. Si le sens général paraît en gros assuré, le détail de la transcription pourrait encore être amélioré. 8-9) Pour l’expression eli NP rakâbum, cf. J.-M. D., «  Les Anciens de Talhâyum  », RA 82, 1988, p. 107, et NABU 93/113. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 09/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 25 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°25); LAPO 18, 2000, p. 308 (n°1133) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ši-ib-tu 4 GEME₂-[k]a-a-m[a] é-kál-[l]um* [š]a-[lim] T.6 u₄-um 24.KAM ša-mu-um R.8 ki-b[i]-it-tu[m] i-na ma-ri(ki) iz-nu-un 10 i-na li-ib-bi i-gi-im ša be-lí 12 i-pu-šu mu-ú 1 GI T.14 iṣ-ṣ[é*]-nu* Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Šibtu, ta servante. Le Palais est en bonne santé. Le 24, une averse est tombée à Mari. Dans l’intérieur du réservoir que mon Seigneur a fait, l’eau a empli une canne. Notes: 7-8) Šamûm kibittum est une construction par juxtaposition  : «  pluie-lourdeur  », signifiant «  orage d’averse  ». 11) Les parallèles montrent que la forme du terme est iggum. À ce terme a été rattaché miggum (cf. «  Irrigation…  », p. 120-121) qui désigne un point d’eau (cf. CAD M/2, p. 102b «  hole, cavity  »). La racine devrait donc être YGG ou YQQ, avec le traitement courant de *Q —> G à Mari. La confection de l’iggum date de la fin de l’occupation du palais. 14) Pour ṣânum , «  emplir  », cf. MARI 3, p. 57, n. 53. La proposition de J. Sasson, AfO 27, p. 132 iš₇(!)-hu(!)-t[u(!)], excellente pour le sens, ne convient pas pour les traces. Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 26 Lettre de Šibtu à son seigneur (= Zimri-Lim). Annonce de la naissance de jumeaux: un garçon et une fille. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°26); LAPO 18, 2000, p. 306 (n°1128) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 114 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na be-lí-ia] 2 [qí]-b[í-ma] um-[ma] (munus)[ši-ib]-tum 4 GEME₂-k[a-a-m]a tu-i-mi ú-[ta-al]-li-id 6 1 DUMU ù MUNUS.TUR-tam T. be-lí lu-ú ha-di Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Šibtum, ta servante. Je viens d’enfanter des jumeaux, un garçon et une fille ; que mon Seigneur soit content  ! Notes: NOTE : pour ces deux jumeaux, cf. N. Z., FM 4, p. 69 qui les identifierait à Hadni-Addu et Šubultum, mentionnés ensemble avec leur mère à la fin de l’an ZL 10’. Šibtu étant arrivée au palais de Mari dans le courant de l’année de Kahat, cette lettre date au plus tôt de ZL 1’ et le roi a dû apprendre la bonne nouvelle au moment où il recevait la soumission des Benjaminites, ce qui expliquerait son absence du palais. Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 15/06/2011: B. Alexandrov (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 27/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 27 Lettre de Šibtu à Dariš-libur. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°27); Durand MARI 3, 1984, p. 133-135 [trad.]; LAPO 18, 2000, p. 312-314 (n°1136) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 321 [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 321 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na da-ri-iš-li-bur 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ši-ib-tu-um-ma 4 aš-šum (túg){Ú ṢÚ}NÌ*.BARA₃* ša DUMU (d)UTU-na-ṣir(!) 6 (túg)NÌ*.BARA₃* šu-ú i-na li-ib-bi [t]er-qa(ki) na-di ú ki-a-am 8 a-na (munus)hu-šu-tim aš-pu-ur um-ma a-na-ku(!)-ma 10 (túg)NÌ*.BARA₃* ša-ti a-na ša-ap-li LÚ.TUR 12 DUMU (d)UTU-na-ṣir ku-un-ki-ma šu-bi-[l]i-im 14 ù ši-i ki-⸢a⸣*-[am i-ba]-ar i-pu-ul [um-ma-a-m]i 16 an-na-[nu-um i-na-an-na] 4* DUMU.[MEŠ …] 18 i-na t[er*-qa*(ki) ba-aš-šu]-ú* la-la-[šu-nu ik-šu-du-nim] 20 ma-tum-m[a*(?) …] (túg)NÌ*.BARA₃* [ša-a-t]i 22 i-ka-al-[la] i-na-an-na a-nu-um-ma 24 šu-pu-ur-ma TÚG NÌ*.BARA₃* ša ša-ap-li 26 LÚ.TUR li-id-di-nu-nim ša-ni-tam šum-ma-an LÚ.TUR ša-a-ti 28 a-na qú-úš-šu-di-im ta-ap-qí-da-nim mi-im-ma-ma-an Traduction: Dis à Dariš-libur  : ainsi (parle) Šibtu. A propos de la couverture du fils de Šamaš-naṣir, ce textile se trouve à Terqa. Aussi ai-je écrit à Huššutum  : «  Fais-moi porter sous scellés cette couverture de dessous de l’enfant, fils de Šamaš-naṣir  !  » Or, celle-là, en désaccord, a répondu  : «  Ici, à l’heure actuelle, il y a 4 enfants qui ont atteint à Terqa leur maturité. Les gens ne vont pas vouloir donner ce tissu.  » En fait, maintenant, envoie quelqu’un afin qu’on livre cette couverture de dessous de l’enfant. Autre chose  : si vous m’aviez confié cet enfant (à moi et pas à d’autres) pour le consacrer, ç’aurait été plus efficace  ! Notes: 4) L’habit «  BUR.KAL  » n’existe pas. Le CAD Š/1 (préface de 1988  !), p. 471b, maintient cependant encore le monstre. Il s’agit en fait du TÚG NÌ.BÀR, ṣubât uṣîm, en m. à m. «  l’“habit d’ampleur”  ». On remarquera sous l'écriture idéogrammatique l’érasure de la monnaie phonétique ú-ṣú-um, l. 4  !. Cf. J.-M. D., MDBP I, s. n. 8) Pour cette prêtresse, cf. LAPO 18, p. 417-418. La formation du NP fait problème  : on note l’existence du NP masculin hu-úš-šu-ta-an (M.5579 r. ii), ce qui semble indiquer que le -t- de Huššutum est radical. Il reste possible, d’autre part, que Hussutum (fém.) et Hussutan (masc.) ne soient que des variantes, attestant un flottement phonétique s/š. 11) Pour cette expression, cf. ARM 23 23, où un TÚG NÌ.BARA₃ est livré ana šapal Yagid-Lim. La tournure ša šapli n’est cependant pas l’exact équivalent de ana šapal. CAD Š/I cit. traduit pour le présent texte  : ana šapli par «  for the disposition of…  » tandis que ša šapli est laissé sans traduction. En fait l’étoffe ša šapli est ce sur quoi on expose l’enfant. 14) La restauration [i-ta]-ar de ARM 10, p. 54, n’est bonne ni pour le sens, ni pour la forme. Il s’agit manifestement ici d’une réponse négative aux demandes de la reine. Or, le verbe bârum, traditionnellement considéré comme signifiant «  se révolter  », est aussi employé dans les textes oraculaires, dès l’époque paléo-babylonienne, avec le sens manifeste «  d’être en désaccord  », tout particulièrement dans un contexte familial. 19) Le terme de lalûm, s’il est bien restauré — mais à quoi d’autre penser  ? — doit donner la clef du texte. Lalûm signifie «  vigueur  » et devrait désigner dans le contexte actuel le moment du sevrage ou celui où l’on est sûr que l’enfant vivra. L’enfant était manifestement exposé sur la couverture qui devait avoir une décoration particulière, pour un rite de consécration (quššudum), qui devait être un moment de reconnaissance de l’enfant par le père. La lettre de Tariš-Haṭṭum, ARM 10 104 (LAPO 18 1265), pourrait faire allusion à un refus paternel d’accomplir ce rituel. 28) Le verbe a été considéré comme quššudum, la forme propre à Mari pour quddušum. Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 09/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 28 Lettre de Belet-matim à Yassi-Dagan. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°28); LAPO 18, 2000, p. 380 (n°1189) [trad.]. Reproduction: Tablette: a-na ia-ás-si-(d)da-gan 2 qí-bí-ma um-ma (munus)be-le-et-ma-tim-ma 4 (I)ha-a-ia-a-bu-um DUMU-ru-ka ša-lim ù am-mi-nim mi-im-ma 6 la tu-ša-ba-al-šu ù aš-šum (kuš)ši-nu-ni-tim 8 ú-ul ti-de-e ki-ma (kuš)ši-nu-ni-tum 10 an-ni-ki-a-am wa-aq-ru i-na-an-na (kuš)ši-nu-ni-tam 12 šu-bi-lam Traduction: Dis à Yassi-Dagan  : ainsi (parle) Belet-matim. Haya-abum, ton fils est en bonne santé. En outre pourquoi ne lui fais-tu pas apporter quelque chose  ? En outre, à propos du cuir šinûnîtum, ne sais-tu pas que ce cuir est rare ici  ? Maintenant, fais porter ici du cuir šinûnîtum. Notes: 4) M. G. me signale A.890, lettre de Sammetar à Yassi-Dagan où Haya-abum est de même dit «  fils  » de ce dernier. 7) Peut-être de la peau d’hippopotame, cf. LAPO 16 p. 344. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 26/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 30 Lettre de Gašera à Zimri-Lim. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Halab. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°30); LAPO 18, 2000, p. 382 (n°1190) [trad.]. Reproduction: Tablette: a-na zi-im-ri-li-im 2 qí-bí-ma um-ma ka-še-rum 4 1 GAL KÙ.GI 2 GAL KÙ.BABBAR 1 TÚG {1* TÚG* BAR* ÚS* 2* HU* BU* UR*} 6 LUGAL-ri ú-ša-re-em T. 1 GAL KÙ.BABBAR 2 g[u*]-lu* 8 1 TÚG 1 (túg)BAR ÚS R. 2 hu-bu-ur-ni 10 a-nu-mu*-tim* ša ú-bi-il 1 TÚG 2 hu-bu≤-ur-nu≥° 12 a-na (munus)ši-ib-tu Traduction: Dis à Zimri-Lim  : ainsi (parle) Kašerum. Mon roi a fait conduire 1 vase en or, 2 vases en argent et 1 étoffe. 1 vase en argent, 2 vases-gulu, 1 étoffe, 1 châle ordinaire, 2 flacons de parfums  : voilà ce que j’ai fait porter. Le coupon d’étoffe et les flacons sont pour Šibtu. Notes: Note  : on remarquera l’écriture extrêmement négligée de ce petit billet, avec ratures, interversion de signes, séquence incomplète. 3) = Gašera. À la perte du voisement s’ajoute celle de la marque du féminin, 2 traits qui s’expliqueraient plus en domaine hourrite que sémitique  ; il est possible que cela soit l’indice d’une origine étrangère (nordique  ?) de la reine d’Alep. 6) Cette expression «  mon roi  », au lieu du NP (Yarim-Lim) ou du simple titre, est exceptionnelle. 5) Il y avait ici l’anticipation des l. 8 et 9. 10) Le démonstratif anummûm ne se retrouve dans le corpus de Mari que dans une lettre en provenance de Qaṭna (ARM 5 20  : 19). Son emploi ensuite dans les textes de Hattuša, à l’époque hittite, montre bien son caractère « occidental ». Ses diverses occurrences à l’époque paléo-babylonienne dans des textes épistolaires devraient marquer leurs utilisateurs comme des Occidentaux. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 26/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 31 Lettre de Kiru à Zimri-Lim (ana kakkabim, abiya u bêliya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Ilan-ṣura. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°31); LAPO 18, 2000, p. 434-436 (n°1223) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ka-ka-bi a-bi-i[a ù] be-[l]í-ia 2 [q]í-bí-ma [u]m-ma (munus)ki-ru-um 4 [DUMU.MU]NUS-ka-a-ma [lu]-ú it-tum i-nu-ma i-na ki-sa-al° 6 [o]-iB*-tim ki-a-am aq-bi-kum [um-m]a a-na-ku-ma ta-at-ta-la-ak 8 [ù mi-i]m-ma ma-a-tam ú-ul tu-uš-te-še-er [wa]-ar-ki-ka-a-ma ma-a-tum 10 [i-n]a-ak-ki-ir an-ni-tam a-na a-bi-ia ù be-lí-ia aq-bi-ma ú-ul ìš-me-en-ni 12 ù ki-a-am ta-pu-la-an-ni um-ma at-ta-a-ma i-na li-ib-bi 14 ma-a-tim (lú)HA.NA.[MEŠ] še-em i-ša-ab-bi ki-i m[a-tam] 16 lu*-ga-al-li-[il] [e]-le-e ma-li e-ep-[pé-šu] 18 [a-ša-ap-pa]-ar an-ni-tam a-bi [ù be-lí] [iq-bé-e]-em [a-tu-ur-ma] 20 [a-na-ku] ki-a-[am] [aq-bi u]m-ma a-na-k[u-ma] 22 (…) «  3 l. + 2 l.  » R. [ni-še]-šu* a-na ma-a-at m[a*-r]i*(ki)*-[ma] 2' [i]s-sú-ha-am-ma ša-al-la-tam š[a x x(ki)] ka-ha-at(ki) ù til-la-a[(ki)] 4' i-ka-al ù ṣa-bu-šu* še-em i-[ša-ab-bi] ù (lú)HA.NA.MEŠ a-na še₂₀-i-im° 6' [i]s-sà-hu-ur-ma ú-ul i-ba-aš-ši [i-n]a-an-na ù šum-ma a-na-ku sí-ni-ša-ku 8' [a-b]i ù be-lí a-na a-wa-ti-ia [l]i-qú-ul a-wa-at DINGIR.MEŠ a-na ṣe-er 10' a-bi-ia aš-ta-na-ap-pa-ar e-le-em-ma i-na na-hu-ur(ki) 12' ši-ib-ma ù ma-li DINGIR.MEŠ ú-ka-la-mu-ka e-pu-úš 14' ša-ni-tam a-nu-um-ma 32 LÚ.LÚ.MEŠ ša i-na É ma-ri(ki) wa-aš-bu 16' iš-tu i-na-an-na a-na e-pé-eš É-tim ša-a-ti qa-ti aš-ku(!)-un T.18' u₄-um a-bi a-na a-la-ki-im pa-na-am i{na}-ša-ka-na-am 20' a-na ṣe-ri-ia li-iš-pu-ra-m[a] [ṭ]e₄-mi lu-uṣ-ba-at Traduction: Dis à l’Étoile, mon père et mon Seigneur  : ainsi (parle) Kiru, ta fille. C’est un fait avéré que, lorsque tu étais dans la cour de…, je t’ai tenu ces propos  : «  Tu t’en vas, or tu n’as en rien arrangé la situation du Pays  ; après ton départ, le Pays va devenir hostile.  » Voilà ce que j’ai dit à mon père et Seigneur et il ne m’a pas écouté  ! Voici ce que tu m’as répondu  : «  À l’intérieur du pays, les Bédouins ont leur saoul de grain  ; comment pourrais-je donc être négligent envers le pays  ? Je vais vers le Haut-Pays, tout ce que je ferai, je l’écrirai  ». Voilà ce que mon père et Seigneur m’a dit. Mais moi, voici ce que j’ai répondu  :«  …  » (Lacune de 5 l.) Maintenant, mon père et mon Seigneur a déporté sa population vers le pays de Mari et il jouit du butin de…, de Kahat et de Tilla. En outre, son armée a son saoul de grain, tandis que les Bédouins sont chacun partis de leur côté pour en rechercher et qu’il n’y en a plus. En fait, même si je ne suis qu’une femme, que mon père et Seigneur fasse attention à mes propos  : ce sont toujours paroles des dieux que j’envoie chez mon père. Viens vers le Haut-Pays, sois à Nahur et fais tout ce que les dieux te montreront. Autre chose  : présentement, ce sont 32 domestiques qui habitent la «  maison de Mari  »  ; à partir de maintenant, je me suis adonné à la réalisation de cette «  maison  ». Le jour où mon père se sera décidé à venir, qu’il m’écrive afin que je prenne mes dispositions. Notes: 5) Pour ce sens de lû ittum, cf. LAPO 17, p. 484. 6) Il est courant de désigner un événement en référence à l’endroit où se trouve la personne royale. D’après le contexte, on devrait, en outre, se trouver dans le palais de Mari. Aucun des kisallum néanmoins qui me sont documentés ne semble convenir aux traces qui sont celles de -IB-tim, à la rigueur de -UR-tim. Le «  KA  » de l’autographie de G. D. n’est pas exact. En outre, kisallum peut avoir le sens précis d’«  appartement (autour d’une cour)  ». Pourrait-on supposer une expression comme ki-sa-al, [(munus)ši]-ib-tim, «  cour (des appartements) de Šibtu  »  ? Elle est en soi possible, mais non documentée. Šibtu arrivant à Mari au début de ZL 2, la conversation aurait été de la fin du premier tiers de cette année. 14) Si ma reconstitution des événements est juste, on voit que «  Bédouins  » dans la première partie de la lettre signifie «  Benjaminites  » et «  Bensim’alites  » dans la seconde. 2') Sans doute faut-il ici suppléer Qirdahat, mais en supposant qu’une partie du toponyme était écrite en indenté. 4') En m. à m. «  il mange  ». C’est sans doute le pillage de la région qui a entraîné la famine en détruisant les réserves d’hiver. 5'-6') Cette famine a dû être une des explications du refus d’assistance du roi de Mari par les Bensim’alites, au début de la crise avec les Benjaminites, ce à quoi fait clairement allusion la lettre de Rip’i-Dagan (cf. MARI 4, p. 323, n. 131). ARM 10, p. 62, traduit  : «  sont à courir partout  », ce qui supposerait issanahhur. Il est possible que sahârum (parfait  !) signifie simplement qu’ils ont dû se détourner de leurs routes ou occupations coutumières pour rechercher du grain. Mais une forme I/2, sans doute meilleure, signifie que chacun est parti de son côté. 7'-10') Le passage est remarquable en ce qu’il souligne à la fois l’exclusion de nature de la femme de la vie politique et le fait qu’elle puisse être inspirée par les dieux. Que représentent ces «  propos (venant) des dieux  » et ce que les dieux sont censés «  faire voir  » (kullumum) au roi de Mari  ? Il est certain qu’il y a allusion à une certaine forme de divination provoquée, laquelle était peut-être une spécialité des sanctuaires du Nord, mais il est possible qu’il s’agisse plutôt d’oniromancie que d’hépatoscopie qui parlerait sans doute un autre langage. La lettre montre, en tout cas, le poids politique de Kiru à Ilan-ṣura avant que les affaires ne se gâtent pour elle et que Šimatum ne l’évince. Son goût pour la politique était, en tout cas, déjà prononcé avant qu’elle n’épouse Haya-Sumu. 14') Pour LÚ.LÚ = awîlûtum, cf. LAPO 17, p. 443. 15') Pour cette «  maison de Mari  » où la princesse accueillait les serviteurs de son père en mission et qui devait représenter sa maison propre, hors du palais royal d’Ilan-ṣura, cf. N. Z., FM 4, p. 64. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 26/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 32 Lettre de Kiru à Zimri-Lim (ana kakkabim abiya u bêliya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Ilan-ṣura. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°32); LAPO 18, 2000, p. 440-442 (n°1228) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 114-115 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na] ka-ka-bi a-bi ù be-lí 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ki-ru-ú 4 DUMU.MUNUS-ka-a-ma i-nu-ma ṭup-pa-am an-né-em 6 ú-ša-bi-la-ku zu-ha-ad-ni iš-tu ṣe-er a-tam-ri-im 8 i[l]-l[i-k]am ù ṭe₄-em-ma-am ša ⸢ub*-lam⸣*-ma eš-me-em bi-ri-it° 10 [š]a ⸢i⸣-na-tim iq-bé-em ù a-na-ku ni-iš DINGIR-lim za-ak-ra-ku-ma 12 ú-ul a[h]-s[ú]-s[ú]-um ù* a-na ia-am-ṣí-im a[d*-bu-ub] ia-am-ṣí-ye-em 14 [be-lí li-ša-l]a*-šu ša i-ša-pa-ra-am [ši-me-e-ma ki-ma] LUGAL-ru-ti-ka 16 [ša e-li-ka ṭà-bu ṣí-r]i*-im-ma (…) «  5 l. + 3(?) l.  » R. [ib-b]a(?)-šu e*-en₅-š[a-ku] 2' uš-te-ṣé*-em-ma mu*-uh-hi-i[a*] UR.GI₇ na-šu-ú i-na É ri-iš-t[im] 4' a-di na-pí-iš(?)-tim ṣa-ab{pa}-ta-k[u] ša a[t-t]a ti-i-de-e-ma 6' a-nu-um-ma ša-ra-ti-ia* ša* qa*-aq-qa*-d[i*-i]a* ù ka-ra-am ša i-na pá-ag-ri-ia 8' nu-ṭù-up ú-ša-bi-la-ku-um a-n[a] qa-at wa-bi-ìl ṭup-pí-im an-ni-im 10' a-di-in ú it-bi-ma ha-ià-su-ú-mu ap-pa-ni-ia 12' um-ma šu*-ma* ha-ṣa-nu-ta-am an-ni°-nu-um wa-aš-ba-ti iš-tu a-na-ku úš-ma-at-k[i] 14' li-li-kam-ma ka-ka-ab-ki li-te-er-ki-i ù GEME₂.MEŠ ú-hu-ra-tim-/ma* 16' it-ba-al be-lí-i-mi iš-pí-ṭam* {iš pu} iš-te-en₅ ù i-na ÌR-di-šu 18' [1 t]a-ak-la-am li-iš-pu-ra-am [ar]-hi-iš li-it-ru-ni-in-ni 20' [ù] it-bi-ma (munus)ši-ma-tum [a]p-pa-ni-ia um-ma ši-ma T.22' [šu]m-ma* ka-ka-bi ma-le-e [i-ṣ]a-ma-ru li-pu-ša-an-ni 24' [šum-m]a* a-na-ku ma-le-e TL. a*-ṣa-ma-ru-ú 26' [l]u*-pu-úš-ki [šum-m]a* b[e*-l]í* ul*-l[i*-ke-em i-zi-ba-ni] 28' [ú]-ul i-ta-ra-an-ni [w]u-di a-ma-at ú-ul a-ba-lu-uṭ Traduction: Dis à l’Étoile, mon père et Seigneur  : ainsi (parle) Kirum, ta fille. Lorsque je te fais porter cette tablette, Zu-Hadni est arrivé de chez Atamrum et toutes les nouvelles qu’il apportait, je les ai apprises  ; il me les a dites au milieu de témoin oculaires. Or, moi, je le déclare sous serment, ce n’est pas moi qui suis allée le chercher. Je l’ai dit à Yamṣum. Que mon Seigneur le demande à Yamṣum. Prends connaissance de ce qu’il écrira et, en fonction de ton sentiment de roi, décide ce qui te semblera bon. (Lacune.) …  ; je suis sans force  ; on m’a fait sortir de chez moi  ; on estime un chien plus que moi. Tout en me trouvant dans une demeure de luxe, je suis prisonnière et en danger de mort. C’est une chose dont tu es informé  ! Voilà que je te fais porter de mes cheveux de ma tête et une guenille qui a été arrachée sur moi-même  ; je les ai remis au porteur de cette tablette. Or, tout d’un coup, Haya-Sumu me dit en face  : «  Exerces-tu ici la charge de chef de district  ? Une fois que je t’aurai liquidée, que vienne ton Étoile et qu’il te remmène  !  » En outre, les dernières servantes mêmes, elle les a emmenées, en disant  : «  Mon seigneur l’a décidé  !  » Que (mon Seigneur) m’envoie un seul ― mais faisant partie de ses serviteurs ― homme de confiance, pour que rapidement, on me remmène  ! Or, tout d’un coup, Šimatum me dit en face  : «  Que mon Étoile me fasse tout ce qu’il voudra  ! Mais moi, tout ce que je voudrai, que je te le fasse  !  » Si mon Seigneur doit me laisser ici et ne pas me remmener , sûr, je mourrai  ; je n'en réchapperai pas  ! Notes: 10) La séquence ša înâtim est la lecture la plus vraisemblable  ; «  I  » est à peu près sûr («  KI  » me paraît exclu). Je ne connais cependant pas cette expression et la traduction est purement contextuelle. 12) Le texte utiliserait ici hasâsum + datif. 1'-2') Pour un thème analogue, cf. LAPO 16 n°34, n. d)  ; «  faire sortir  » signifie ici «  déchoir de ses prérogatives  »  ; cf. LAPO 18 n°1201, l. 19-20. 3'-4') En m. à m. «  Dans une maison de luxe, je suis prisonnière jusqu’à (craindre pour la) vie  ». 5') La formule correspond au banal bêlî lû idi. Elle signifie que le roi est désormais officiellement informé et que l’on attend des instructions en conséquence. 7') Le karrum est une étoffe sale et usée. Son emploi au lieu du courant ṣubâtum, utilisé en pareilles circonstances (la mèche de cheveux et un morceau de l’habit — substituts de la personne— permettaient au roi de faire procéder à une interrogation oraculaire de contrôle) souligne le dénuement où se trouve la reine. 11') Ici et plus bas, sans doute usage emphatique de tebûm, «  se dresser  », malgré la coordination par -ma, pour souligner la brusquerie de l’action. 16') Ici, bêlî est utilisé pour signifier «  époux  », non «  le roi de Mari  »  ; cf. LAPO 18 n°1232, note. Le -mi indique le discours rapporté, sans particule introductive. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 14/02/2017: M. Béranger (lemmatisation) – 27/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 33 Lettre de Kiru à Zimri-Lim (ana bêlim u kakkabim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Ilan-ṣura. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°33); LAPO 18, 2000, p. 444-445 (n°1230) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 115 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí° ù ka-ka-bi° 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ki-ru*-ú-ma 4 DUMU.MUNUS-ka-a-ma ik-ta-ru na-pá°-aš-ti 6 i-na ši-tá-am-mi a-wa-at (munus)ši-ma-tim šum-ma be-lí ú-ul i-ta-ar-ra-an-ni 8 a-na ma-ri(ki) a-ṣa-ba-at ap-pí [i]š-tu ú-ri-im a-ma-qú-ut 10 a-n[u-u]m-[m]a (I)ia-ri-im-(d)da-ga[n] [ṭe₄-ma-am] ka-la-šu a-na be-lí 12 [li-id-b]u-ub [ha-ia-su-mu]-⸢ú⸣* a-na-ku T.14 [am-ta-ha]-ar LUGAL [lu-ú a]t*-ta ma-an-nu 16 [a-na-ku]-ú* GEME₂ mu-uš-ke-ni*-im* R. [i-na o(?)]-e(?)-te-e a-wa-tim 18 [an-né]-tim* ik-ta-ru na-pá-aš-ti [a-b]i* li-iš-pu-ra-am-ma 20 [a-na m]a-ri(ki) li-it-ru-ni-in-ni [i-na li]-ib-bi É-ta-am 22 [ri-iš-t]a-am ú-ul ha-aš-ha-ku [a-nu-um-m]a a-ia-ši lu ba-al-ṭà-ta 24 [sí-s]í*-ik-ti° [m]a-ha-ar LUGAL.MEŠ 26 ib-tu-uq um-ma šu-ma at-la-ki a-na É a-bi-ki 28 iš-tu pa-ni a-ša-ti-ia T. a-mu-u[r] 30 ša-ni-tam a-we-el-tam ša a-na be-lí-ia aq-bu-ú i-na qa-ti-i[a] 32 i-ki-im-ši-ma TL. a-na ši-ma-tim 34 i-dì-in-[ši] (…) «  La 2e moitié de la Tr. lat. est cassée.  » Traduction: Dis au Seigneur et à l’Étoile  : ainsi parle Kiru, ta fille. J’en ai assez de la vie, à force d’entendre les propos de Šimatum  ! Si mon Seigneur ne me remmène pas à Mari, je courrai à l’instant me jeter du toit. Que Yarim-Dagan expose toute l’affaire au Seigneur  ! Je suis allée trouver moi-même Haya-Sumu  : «  Tu es assurément roi  ; qui suis-je, moi  ? la servante d’un particulier  ? À force de supporter cette situation, j’en ai assez de la vie. Que mon père m’envoie (un message) qu’on me remmène à Mari. Je ne désire plus une situation de premier plan. Et puis, bien le bonsoir  !  » Alors ma cordelette, il l’a tranchée par devant les rois, en disant  : «  Va-t-en à la maison de ton père  ! Loin de la face de mon épouse, j’ai détourné les yeux  !  » Autre chose  : la dame dont j’ai parlé à mon Seigneur, il me l’a prise. C’est à Šimatum qu’il l’a donnée. Notes: (commentaires de J.-M. Durand LAPO 18) Note  : écriture comme celle de ARM 10 35  ; signes PÁ (BA), TÁ (DA), antéposition du verbe (l. 6), Umlaut non fait (l. 6). 8) Pour l’expression appam ṣabâtum, à quoi correspond ina ṣibit appim, «  en un éternuement  », c’est-à-dire «  en un clin d’œil  », cf. MARI 3, p. 170, n. 53. 16) On pourrait penser ici à traduire muškênum par «  pauvre  », mais ce n’en est pas le sens normal à Mari  ; cf. LAPO 16 n°50, n. l). Il vaut mieux garder à muškênum son sens propre de «  qui ne participe pas au monde du Palais  », pour mieux l’opposer à šarrum, «  roi  »  ; cf. l’usage qui en est fait à propos de Ṣilli-Sin, roi d’Ešnunna, mais à l’origine simple sous-officier  : muškênum y est opposé à mâr madarim (ARM 26/2 377  : 11). 21) Ina libbi signifie ici «  en mon cœur  », comme le fait ARM 10  ; pour la non distinction dans ce texte de -î et -ia, cf. simplement l. 1 (à moins de lire libbê, contraction de libbi-ia). Cette façon de comprendre me paraît meilleure qu’un «  à l’intérieur de Mari  », également envisageable. 23) En m. à m.  : «  Alors, je veux bien que tu te portes bien  !  » Formule de salutation employée de façon ironique. 24-29) Le grand intérêt de ces l. est qu’elles nous donnent le rituel de divorce utilisé en Haute-Djéziré, à l’époque. «  Trancher la cordelette  » est le geste inverse de celui qui consiste à la nouer (rakâsum) dans le rituel d’alliance (politique, il est vrai, d’après les indications de l’époque). Les «  rois  » devant lesquels l’acte se produit représentent les vassaux d’Ilan-ṣura. Le dernier geste symbolique consiste en ce que l’époux détourne son regard de son épouse  : ištu pân… amârum. «  Regarder  » et «  posséder  », sont des images idéologiquement proches à l’époque. La traduction de ARM 10, «  Regarde vers la maison de ton père, hors de la face de mon épouse  !  » supposerait une forme verbale amrî. 34) Il est difficile de décider s’il faut dire i-dì-in (TI = DÌ) ou si nous est attestée ici la forme ouest-sémitique natânum, couramment documentée par les NP. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/02/2017: M. Béranger (lemmatisation) – 13/11/2017: M. Béranger (correction ligne pi en pí) – 27/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 34 [ARM 10 34+ARM 10 113] Lettre de Kiru à Zimri-Lim (ana kakkabim abiya u bêliya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Ilan-ṣura. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°34); ARM 10, 1978 (n°113); LAPO 18, 2000, p. 436-437 (n°1224) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 113 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ka-ka-bi a-bi-ia ù b[e-l]í-ia 2 qí-bí-ma [u]m-ma (munus)ki-ru-ú-um 4 DUMU.MUNUS-[k]a-a-ma aš-šum ṭe₄-em a-la-ki-ia 6 a-na ṣe-ri-ka 1-šu 2-šu ta-aš-pu-ra-am-ma 8 a-la-ka-am be-lí ú-ul ú-wa-aš-ša-ra-an-/ni ù a-na-ku i-nu-mi-šu-ma me-hi-ir-šu 12 ṭe₄-mi-ka aš-pu-ra-kum be-lí ha-ià-su-ú-mu-ú 14 ki-a-am iq-bé-em um-ma šu-m[a] a-na-ku-ú ù at-ti pu-hu-ur-ma 16 ni-la-ak ù a-la-am a-na ma-an-ni-im ni-iz-zi-ib 18 a-di a-na-ku iš-tu ma-ri(ki) a-tu-ur-ra-am an-ni-ke-em-ma 20 ši-bi an-ni-tam be-lí ha-ià-s[u°-ú-mu] iq-bi-im 22 i-na-an-na u₄-u[m] (I)ha-ià-su-ú-[mu] 24 a-na ma-a-at i-da-ma-[ra-aṣ] i-tu-ur-ra-a[m-ma] 26 1 (giš)GIGIR₂ ù (giš)ma-a-ia-al*-tam* R. it-ti-šu be-lí li-iṭ-ru-dam-ma 28 a-na ṣe-er a-bi-ia ù be-lí-ia lu-ul-li-ka-am-ma 30 a-na DINGIR.MEŠ ša a-bi-ia ni-[q]é-em lu-uq-qí 32 ù aš-ra-nu-um-ma lu-úš-li-im ù* a-[n]a a-la-ki-im ṭe₄-mi ṣa-bi-it 34 ša-ni-[tam* it-ti ṭup-pí-ia an-ni-i]m* 36 (I)(munus)a[l-la a-na ṣe-ri]-ka aṭ-ṭà-ar-[da-kum] a-na ṭe₄-mi-ša 38 ka-ka-bi a-bi ù be-lí ma-di-iš li-qú-ul 40 ú a-wa-tam ša-a-ti a-na ma-am-ma-an la ta-qa-ab-bi a-bi ù be-lí 42 a-na (giš)GU.ZA (munus)šar-ra-tim [li]-še-ši-ba-an-ni T.44 ša la-a ma-ra-aṣ li-ib-bi-ia e-pu-úš ak-ka-šum-ma 46 ta-ak-la-k[u] Traduction: Dis à l’Étoile, mon père et mon Seigneur  : ainsi parle Kiru, ta fille. Au sujet du projet que j’aille vers toi, plus d’une fois tu m’as écrit. Mon seigneur ne m’a point laissé aller, et moi-même, aujourd’hui, je t’écris réponse à ton projet. Mon seigneur Haya-Sumu m’a dit ceci  : «  Si toi et moi, allons ensemble, à qui alors laisserons-nous la ville  ? Jusqu’à ce que, moi, je sois revenu de Mari, demeure ici  !  » Voilà ce que mon seigneur Haya-Sumu m’a dit. En fait, le jour où Haya-Sumu me reviendra au pays de l’Ida-Maraṣ, que mon Seigneur expédie un char et une litière avec lui, pour que je puisse aller vers mon père et mon Seigneur et que je sacrifie aux dieux de mon père. Qu’alors tout se passe bien pour moi chez toi  ! D’ailleurs mes dispositions sont prises pour aller. Autre chose  : avec cette tablette de moi, j’envoie chez toi dame Alla  ; que fasse très attention à ce qu’elle a à dire, l’Étoile, mon père et Seigneur  ! En outre, cette affaire à personne ne la dis  : il faut que mon père et Seigneur m’installe sur le trône de la reine  ; qu’il fasse ce qu’il faut pour que mon cœur ne soit plus chagriné  ! C’est en toi seul que j’ai confiance  ! Notes: 8) Bêlî fonctionne dans ce texte, comme souvent, avec les 2 sens de «  mon Seigneur  », le père, roi de Mari et de «  mon seigneur  », l’époux, roi d’Ilan-ṣura. La traduction les distingue en mettant la majuscule au suzerain. 26) Le char était sans doute pour le retour de Haya-Sumu et la litière pour le propre voyage de Kiru. 30) Cette nécessité pour une princesse mariée à l’étranger de revenir participer aux cultes ancestraux chez son père est de la même façon évoquée pour Dam-huraṣi/Beltum de Qaṭna  ; cf. LAPO 17 n°453. 34) Restauration ex. gr. On pourrait supposer [wâbilat ṭuppi]m. 36) Il n’y a pas beaucoup de NP connus qui pourraient convenir. Alla (Alla’e) est un NP féminin très courant dans le Nord. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 14/02/2017: M. Béranger (lemmatisation) – 27/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 35 Lettre de Kiru à Zimri-Lim (ana bêliya u abiya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Ilan-ṣura. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°35); LAPO 18, 2000, p. 439-440 (n°1227) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 114 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-n[a* be-lí]-ia ù a-bi-ia 2 qí-[bí]-ma um-ma [(munus)]ki-ru-ú-ma 4 ma-ra-at-ka-a-ma a-wa-ti ka-la-šiₓ-na 6 (I){x}ia-ri-im-(d)da-gan li-id-bu-ub T.8 ù be-lí a-na a-wa-ti≤-šu≥ li-qú-ul 10 ša-ni-tam aš-šum be-lí R. ù aš-šum-mi-ma 12 (I)dì-im-ri-ha-am-mu i-du°-uk um-ma šu-nu-ma 14 né-šu-um i-dú-uk-šu ù 2 MUNUS i-dú-uk 16 be-lí an-né-tim a-wa-tim li-iš-mé-ma 18 ù me-hi-ir ṭup-pí-ia T. li-ša-bi-lam₅ Traduction: Dis à mon Seigneur et père : ainsi parle Kiru, ta fille. Les affaires, elles toutes, que Yarim-Dagan (te les) raconte et que mon Seigneur prête attention à ce qu’il a à dire ! Autre chose : par mon Seigneur et par moi-même, il a tué Dimri-Hammu. On a dit : « C’est un lion qui l’a tué  ; en même temps, il a tué deux femmes. » Que mon Seigneur prenne connaissance de l’affaire, puis en outre qu’il me fasse porter réponse à ma tablette ! Notes: Note  : cette tablette a de grandes particularités  : en forme de coussinet, elle a une grande écriture large avec des signes qui ressemblent à ceux des documents en provenance du Karum-Ib (cf. article J.-M. Durand des Mélanges Veenhof). On notera les valeurs dú (TU) et lam₅ (LIM), šiₓ de ŠE alors que NI est employé pour NÉ et MI pour MÉ, soit un système de notation totalement inversé des signes en i et de ceux en e. 1) Il n’y a pas place pour une restauration [ka-ka-bi]-ia comme le propose ARM 10. 11) Pour cette sorte de serment, cf. LAPO 16, p. 404. 12) Pour ce traitement phonétique D au lieu de Z, cf. MARI 3, p. 167, n. 35. 13) Vraisemblablement Haya-Sumu. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 07/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 07/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/02/2017: M. Béranger (lemmatisation) – 27/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 36 Lettre de Erišti-Aya à Zimri-Lim (ana kakkabiya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Sippar-Yahrurum. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°36); LAPO 18, 2000, p. 394-395 (n°1196) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ka-ka-[b]i-ia 2 qí-bí-ma um-ma e-ri-[i]š-ti-(d)a-a 4 be-lí ù be-el-ti aš-šu-mi-ia 6 k[i]-ma ša-me-e ù er*-ṣe-tim li-ṣú-ru-ú-ka 8 a-nu-um-ma am-tam [ù] wa*-ar-da-am 10 [ta-aš-t]a*-ap-ra-am [GEME₂ aš-r]i*-iš* T.12 [im-tu-ut-t]i* [a-na-ku-ma] R.14 [ú]-ul šu-ri-nu-um ka-ri-bu-um 16 ša É {x} a{x x}-ba a-na mi-nim 18 la pa-aq-da-a-ku ip*-ra-am lu-bu-ša-am 20 i-na bi-ti-ka la i-šu 22 ip-ri lu-bu-ši ša {x} a-ba ú-la ŠEŠ*.MEŠ*-ni 24 i-di-nu-nim-ma li-di-nu-nim T.26 la ba-ri-a-ku {ba ri a ku} Traduction: Dis à mon Étoile  : ainsi parle Erišti-Aya. Que mon Seigneur et ma Dame, par amour pour moi, te protègent (à être) comme Ciel et Terre  ! Voilà que tu m’as envoyé une servante et un serviteur. Or la servante, arrivée ici, vient de mourir, assurément  ! Moi, ne suis-je pas l’emblème en prière de la famille paternelle  ? Pourquoi donc ne reçois-je point de quoi m’entretenir, n’ai-je point sur (les biens de) ta Maison nourriture et vêture  ? De quoi me nourrir et me vêtir ― ce qu’un père ou nos frères ont donné ― qu’on me le donne afin que je ne sois pas dans le dénuement  ! Notes: 6) Cette formulation a été rapprochée par B. Batto, Women, p. 94, de kîma šamû u erṣêtum darû lû dari, « Qu’il dure comme les Cieux et la Terre  ! » sans en voir les implications puisqu’il traduit « guard you like the heavens and the earth ». En fait, dans la formulation d’Erišti-Aya, kîma est proleptique et signifie « en sorte que tu sois comme… ». 12) Pour la conjugaison en -î typique des lettres d’Erišti-Aya, cf. NABU 88/17 (R-Stem). 16) a-ba ne peut être ici une graphie d’Abbâ (ab-ba-a ou a-ba-a), titre donné à Yasmah-Addu (cf. les exemples nets dans LAPO 18 n°1089 et 1090, deux documents qui datent certainement de l’époque éponymale comme le montrent la mention de la campagne contre le Zalmaqum [ARM 10 107  : 6 Šubat-Šamaš] ou de l’administrateur bien connu Mašiya [ARM 10 108  : 20]), car chaque fois la voyelle finale est notée longue. Comprendre É a-ba, «  patrimoine  ». Dans cette expression l’usage de a-ba au génitif atteste la déclinaison diptote pour le terme de parenté abum. L. 23, l’emploi de «  a-ba  » illustre l’attraction au génitif d’un terme précédé par ša  ; cf. LAPO 18 n°1184, n. d). Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 27/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 37 Lettre de Erišti-Aya à Zimri-Lim (ana kakkabiya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Sippar-Yahrurum. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°37); LAPO 18, 2000, p. 399-400 (n°1201) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a]-na ka-ka-bi-ia 2 [q]í-bí-ma um-ma e-ri-iš-ti-(d)a-a-ma* 4 be-lí ù be-el-ti [k]i-ma ša-me-e ù* er*-ṣe-tim 6 [l]i-ṣú*-ru-ka [a-n]a-ku ú-ul šu-ri-nu-um 8 [k]a-ri-bu-um [ša a]-na ba-la-ṭí-ka 10 [ak]-ta-na-ra-bu [a-n]a mi-nim it-ti a-bi-ia T.12 [k]a-ta la pa-aq-da-ku °i-bi-(d)UTU 14 [i]-⸢ša⸣*-’a₄-al R. [ki-i n]a-di-tam 16 [a-ba iš]-du-ud […]-ru 18 [e-zu-ub ka]-ta a-ba-am [ul i-šu l]a* ba-ri-a-ku 20 [la wa-ṣ]í-a-ku [ki-ma l]a* a-wi-li 22 ⸢ù⸣* [bi]-it-ri-im [a]-na*-ku* a-bi-ia-na/-ku 24 lu*-bu-ši am-tam ù Ì.GIŠ ṭà-ba-am 26 [š]u-bi-lam T. [an-n]i-ki-a-am 28 [a-k]a-lu-um [ú-u]l ša-ak-nam Traduction: Dis à mon Étoile  : ainsi parle Erišti-Aya. Que mon Seigneur et ma Dame te protègent (à être) comme Ciel et Terre  ! Moi, ne suis-je pas l’emblème en prières qui pour ta vie ne cesse de prier  ? Pourquoi de la part de toi, mon père, ne reçois-je point de livraisons  ? Ibbi-Šamaš a demandé comment il se fait qu’un père ait négligé une prêtresse-nadîtum… À part toi, je n’ai pas de père. Il ne faut pas que je sois dans le dénuement ni obligée de quitter ma demeure. Comme si je n’étais pas de naissance libre ou une pauvresse, je suis une malheureuse. Fais-moi porter de quoi me vêtir, une servante et de l’huile parfumée  ! Ici je n’ai pas de réserve de nourriture. Notes: 13) Le (I) n’existe sans doute pas. Lire i(!) car le i est différent de l’initiale du ia à la l. 23. 16) Šadâdum est bien attesté en paléo-assyrien au permansif avec le sens de «  ne pas être disponible, par suite de retard de livraison  » (HUCA 40-41 49 L29-579  : 18, cité CAD Š/1, p. 30b, a l’air d’être une forme IV)  ; le sens conviendrait très bien ici avec un šadâdum, «  mettre du temps à livrer  ». 22) J’ai supposé un bitrûm, «  affamé  », participe I/2 de barûm. N. Z. me signale un texte mariote d’époque éponymale où la société est divisée entre «  riches  » (šarûm) et «  affamés  » (berûm). 24) Lecture déjà vue par Batto et Sasson. 25) am-tam semble sûr  ; ne pas corriger en LÀL. Les signes «  TAM Ù Ì.GIŠ  » sont sur érasures. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 27/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 38 Lettre de Erišti-Aya à Zimri-Lim (ana kakkabiya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Sippar-Yahrurum. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°38); LAPO 18, 2000, p. 392-394 (n°1195) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 264 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ka-ka-bi-ia 2 qí-bí-ma um-ma e-r[i-i]š-ti-(d)*⸢a*-a*⸣-[m]a* 4 be-lí ù be-el-ti aš-šu-mi-ia ma-di-iš u₄-mi 6 li-ba-li-ṭú-ka-ma a-na te-ri-iṣ ú-ba-ni-ka 8 li-ir-du-ka a-na-ku ú-ul šu-ri-in-ka-a 10 ka-ri-bu-um ša i-na É.BABBAR-ri/-im i-gi-ri-ka ú-da-ma-qú 12 a-na mi-nim 2 SAG.GEME₂ T. li-im-da-ti-ia 14 [t]a-ap-ru-ús R. [ù] aš*-šu° š[e*-w]e*-ri 16 [t]u-ša-bi-lam 1 GEME₂ ta-ap-ta-ra-às* 18 i-na-an-na a-nu-um-ma 2 GEME₂ li-im-da-ti-ia 20 ù lu-bu-ši šu-bi-lam TÚG ú ša-pa-am 22 ša tu-ša-bi-lam ma-ha-ar SUKKAL ú-ba-ri 24 a-na be-el-ti-ia mu-ba-li-ti-ka 26 ú-ṭà-hi « + fin du MA de la l.3 de la face ! » Traduction: Dis à mon Étoile  : ainsi parle Erišti-Aya. Que mon Seigneur et ma Dame, pour l’amour de moi, te gardent en bonne santé pour de nombreux jours  ! Qu’ils t’accompagnent dans la direction où tu veux aller  ! Moi-même, ne suis-je pas ton emblème en prières, qui dans l’Ebabbar est l’adjuvante de tes demandes  ? Pourquoi as-tu retranché les 2 esclaves-femmes qui m’avaient été promises  ? Et, du fait que tu m’as fait porter des anneaux, tu as retranché une servante  ! Voici que maintenant, tu dois me faire porter les 2 servantes qui m’ont été promises et 1 étoffe pour moi  ! Or, l’étoffe et le plat que tu m’as fait porter, je (les) ai amené(s) par-devant le ministre des courriers pour (l’offrir à) ma Dame qui est celle qui te garde de la maladie. Notes: 7) «  Pour la direction de ton doigt  », soit  : «  pour que tu réalises le but que tu t’es fixé, que tu ailles jusqu’où tu voulais aller.  » 11) Cf. LAPO 18 n°1197  : mudammiqat igerrî-ka. Mudammiqum a le sens très précis dans les textes de Mari de «  celui qui rend service  »  ; il peut aussi signifier «  ancien combattant  », celui qui s’est illustré au service de la collectivité ou du roi. Le rôle d’une divinité protectrice ou de tout intercesseur est donc très bien exprimé par cette épithète  : la prêtresse est celle qui rend au dévot le service d’apporter à la divinité sa prière. Pour ce sens d’egerrâm dummuqum, cf. ARM 26/1, p. 385. 15) B. Batto, Women, p. 96, traduit avec CAD K, p. 197, «  ring-(money)  »  ; c’est une expression bien connue des documents des nadîtum de Šamaš pour désigner leur douaire, ce avec quoi elles font des affaires sur lesquelles frères et pères n’ont aucun droit de regard. En fait, à Mari, ces «  anneaux  » sont couramment attestés comme une pratique de pré-monnayage au moyen de laquelle on met du métal précieux à la disposition de quelqu’un (messager, soldat…). Je ne suis pas sûr que l’expression convoie pour Erišti-Aya les implications juridiques courantes dans la documentation babylonienne. 23) L’idiotisme «  amener par devant  » doit naturellement se comprendre comme «  donner en présent  ». 23) Pour le šukkal ubârî, cf. D. Ch., ARM 26/2, p. 140. L’expression est généralement traduite «  ministre des étrangers  », à cause du sens courant donné à ubârum par les dictionnaires. Le titre se trouvait déjà enregistré dans la série lexicale LÚ, cf. MSL 12, p. 96  : 96, dont l’équivalent sumérien est SUKKAL.ÍM/KAŠ₄.A (la lecture GIR₅.A de MSL n’est pas fondée  !). L’entrée suit les mentions des SUKKAL de portiers et précède les SUKKAL de messagers. Le SUKKAL.KAŠ₄.A devrait donc désigner le «  ministre qui s’occupe des coureurs/courriers  ». Dans un tel contexte ubârum ne doit pas signifier «  étranger  » mais «  celui qui franchit une distance  » (formation PURÂS sur ebêrum)  ; au mieux c’est un «  voyageur  ». Ces derniers devaient s’arrêter effectivement à l’extérieur de la ville (la wabartum). Il est ainsi normal que celui qui montait au palais se heurtât à la grand porte au šukkal ubârî, comme me le signale aimablement M. G. pour Babylone, d’après A.2968+. Cela donne, par là même, le titre du ministre aléppin Ṭab-balaṭi, à en juger par l’anecdote que narre A.2448. 24) Il s’agit sans doute d’Aya, parèdre de Šamaš, à Sippar. Le terme de bulluṭum ne signifie pas «  faire vivre  », dans le sens d’«  insuffler la vie à qq’un  » mais «  maintenir en vie, faire échapper à la mort  ». On le voit aux clauses d’adoption d’enfants ana bulluṭim ce qui signifie qu’on veut les sauver de la famine, ou la clause des condamnations «  ûl ša balâṭim  » qui signifie qu’il n’y a pas de possibilité de grâce. De façon générale dans ce corpus la formule buluṭ, fém. bulṭî a été traduite par «  porte-toi bien  !  » et ne signifie pas autre chose que lû šalmâta/i  ! On ne demande pas que la personne soit vivante mais qu’elle n’ait pas de maladie grave qui entraînerait la mort. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 06/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 27/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 39 Lettre de Erišti-Aya à Zimri-Lim (ana šamšiya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Sippar-Yahrurum. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°39); LAPO 18, 2000, p. 397-399 (n°1199) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 264 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ša-am-ši-ia 2 [q]í-bí-ma um-ma e-ri-iš-ti-(d)a-a-ma 4 be-lí ù be-el-ti aš-šu-mi-ia 6 li-ba-li-ṭú-ka ma-ti ma-ti 8 aš-ta-sí ma-ti [š]um*-hu-um 10 [š]a É a-bi-ia ⸢i⸣-li-a-am-ma T.12 [m]i*-tu-ti* i-ba-lu-uṭ 14 aš-pu-ra-ku-um-ma R. 2 GEME₂ ša-da-aq-di-im 16 tu-ša-bi-lam-ma 1 GEME₂ im-tu-ut-ti 18 i-na-an-na 2 GEME₂ ub-lu-nim 1 GEME₂ im-tu-ut-ti-ma 20 šu-ri-in É a-bi-ka a-na-ku a-na mi-nim 22 la pa-aq-da-a-ku KÙ.BABBAR ù Ì.GIŠ 24 ú-ul i-di-nu-nim ù a-na šar-ri-im 26 [š]a* sa*-pí-ra*-tim T. aš-šu° ši-ki-in pi₄ 28 [i]h-du-ú-ma ṣú-ba-tam ša ki-ma TL.30 [lu-b]u-uš-ti-ka a-qí(!)-iš-ma 32 šu-mi ú-ul iz-ku-ur Traduction: Dis à mon Soleil  : ainsi parle Erišti-Aya. Que mon Seigneur et ma Dame te gardent en bonne santé, par amour pour moi  ! «  Viendra-t-il le jour, oui viendra-t-il  », ai-je crié, «  viendra-t-il, où l’abondance familiale montera à moi et où ma mort deviendra vie  ?  » Je te l’ai déjà écrit  : des 2 servantes que tu m’as envoyées l’an dernier, l’une, vrai, est morte. En fait, on m’a amené 2 servantes, mais l’une est morte. Et puis, moi, l’emblème de ta famille, pourquoi ne reçois-je pas mes rations  ? On ne m’a donné ni argent ni huile. En outre, au Roi de Sapiratum, vu la promesse, de bon gré, j’ai fait don d’une étoffe qui vaut l’habillement (que j’obtiens) de toi et je n’ai eu nul cadeau (en échange). Notes: 7-13) Pour l’idée, cf. BWL p. 158  : 33 mannu mi-tu-ta-šú uballiṭ  ; cf. libbî mîtu lîbluṭ, ARM 10 117  : 13’-14’. La séquence [p]í-ir-hu-um (ARM 10) ne fournit aucun sens, d’autant plus que «  IR  » serait écrit comme un DÙ. En fait [B]I-DÙ est la graphie dans cette écriture de ŠUM. Šumhum, «  abondance de biens  », est du langage poétique et relevé. 17) Noter la conjugaison expressive par redoublement de C₃ et suffixation en -î. 18) ARM 10, p. 73, comprend apparemment qu’il y a eu 2 envois de 2 servantes dont chaque fois l’une est morte. C’est ne pas reconnaître le sens fondamental d’inanna qui oppose ce qui aurait dû être à la réalité. Il s’agit en fait de la même histoire, exprimée 2 fois, et le Palais de Mari n’a jamais envoyé que 2 servantes. 23) L’argent lui permettrait d’acheter sur place ce qui ne lui est pas livré en nature. 26) S’agit-il vraiment de la ville de Sapiratum, pour laquelle on se reportera à l’étude de D. Ch., MARI 8, p. 341-366, ou d’une graphie de Sippar  ? Un roi de Sapiratum a réellement existé, comme me le signale M. G., au moins au tout début du règne de Zimri-Lim. Le SA pourrait néanmoins être une écriture rapide de SI (voir l’autographie de G. D. qui est bonne). Dès lors, le «  Roi  » serait Šamaš. 27) Le grief est obscur faute de contexte. Sans doute Erišti-Aya a-t-elle offert à la divinité, apparemment suite à un vœu, une étoffe de grand prix pour la vie du roi de Mari, lequel ne lui a rien envoyé en contrepartie, fût-ce ses rations coutumières. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 06/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 27/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 40 Lettre de Erišti-Aya à Zimri-Lim (ana kakkabiya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Sippar-Yahrurum. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°40); LAPO 18, 2000, p. 397 (n°1198) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ka-ka-bi-ia 2 qí-bí-ma um-ma e-ri-iš-ti-(d)a-a-ma 4 be-lí ù be-el-ti aš-š[u-m]i-ia 6 [l]i-ba-⸢li⸣-ṭ[ú-ka] (…) «  3+2+3 l.  » R. [ù DU]MU.MUNUS e*-ka-li[m*-ma] 2' ŠE.BA SÍG.BA ù pí-iš*-š[a*-tam] i-ma-ha-ra 4' a-na-ku iš-ti-a-at-ma ka-ri-ib-ta-ka 6' ú-ul pa-aq-da-ku a-na ba-l[a-ṭ]í-ka 8' ša-am-ša-am ù še₂₀-we-ri 10' ak-ru-ub-bi* TL. še₂₀-we-ri ù ša-[am-ša-am] 12' (I)ir-mi-DINGIR im-h[u*-ur aš-šum] am-ti-šu [id-di-in] Traduction: Dis à mon Étoile  : ainsi parle Erišti-Aya. Que mon Seigneur et ma Dame te gardent en bonne santé, par amour pour moi  ! (Lacune.) Les filles (qui sont restées) au palais reçoivent rations de grain, de laine et d’huile. Moi, je suis la seule, alors que je suis celle qui prie pour toi, à ne pas recevoir de rations  ! Pour ta vie, j’ai fait présent au temple, vrai, du disque solaire et des anneaux  ; anneaux et disque solaire, Irmi-Ilum (les) a pris et les a donnés au nom de sa servante. Notes: 1') Par opposition à celle qui est allée prier au temple. 10') Noter la conjugaison expressive en -î. 12') Sans doute une autorité de Sippar, peut-être l’intendant du cloître ou le šukkal ubârî  ? 13') Il est peu vraisemblable qu’il s’agisse ici d’un acte de grivèlerie. «  Sa servante  » est une façon pour Erišti-Aya de se désigner elle-même par rapport à son supérieur et le don a été accompli par l’intermédiaire du supérieur. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 27/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation ) ARM 10 41 Lettre de Erišti-Aya à Zimri-Lim (ana kakkabiya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Sippar-Yahrurum. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°41); LAPO 18, 2000, p. 399 (n°1200) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ka-ka-[b]i-ia 2 qí-bí-m[a] [u]m-ma e-ri-iš-ti-(d)a-a-ma 4 [be-lí] ù be-el-ti [aš-šu-mi]-ia 6 [ki-ma ša-me-e ù e]r-[ṣ]e-tim [li-ṣú-ru-ka] 8 (…) «  Il manque une petite moitié.  » R. [lu-bu-ša]-am 2' [ša ki-ma lu]-bu-ši [š]a ša-[d]a-aq-di-im 4' ù ša-at-tam [Š]E.Ì.GIŠ šu-bi-lam 6' ši-ga*-ar be-el-ti-/ia a-pa-š[a]-aš-ši TL.8' ù a-na [ba-la-ṭì-ka] ak-[ta-na-ra-ab] Traduction: Dis à mon Étoile  : ainsi parle Erišti-Aya. Que mon Seigneur et ma Dame te protègent, (à être) comme Ciel et Terre, par amour pour moi  !… (Lacune de 1/2.) Fais-moi porter un trousseau équivalent à celui de l’année dernière et, cette année-ci, de l’huile de sésame  ! J’en oindrai le verrou de ma Dame et prierai pour que tu ne sois pas malade. Notes: 1') La restauration de A. F. n’est pas satisfaisante car on attendrait šûbultum, non šûbulum. 6') L’idée de J. Sasson, reprise par F.R. Kraus, Festschrift Böhl, 1973, p. 255, n°34 ou Batto, Women, p. 105, de transcrire ši-pí ši-ri (les pieds (et) corps de la déesse) est à rejeter, d’abord comme très compliquée, ensuite parce que le GA est très clair  ! D. Ch. me fait remarquer que les actions concernant le šigarum des temples sont très bien attestées. 8') La restauration n’est pas sûre car on pourrait avoir anâkû-ma indiquant que c’est au tour d’Erišti-Aya, cette année-là, de faire l’ikribû. Outre [ba-la-ṭí-ka], on peut penser à un titre  : [ka-ka-bi-ia], comme ARM 10. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 27/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation ) ARM 10 42 [ARM 10 42+A.3029] Lettre de Erišti-Aya à Zimri-Lim (ana kakkabiya abiya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Sippar-Yahrurum. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°42); LAPO 18, 2000, p. 395-397 (n°1197) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ka-ka-[b]i-ia 2 a-bi-ia qí-bi-ma um-ma e-ri-iš-ti-(d)a-a-ma 4 ka-ri-ib-ta-ka [be-lí] ù be-el-ti 6 [aš-šu-m]i-[ia] ki-ma ša-me-e ù er-ṣe-tim 8 li-ṣú-ru-ú-ka a-na-ku ú-ul mu-da-mi-qa-at 10 i-gi-ri-ka-a T. ⸢i⸣-na É.BABBAR-ri-im 12 ⸢a⸣-na mi-nim [2 GE]ME₂ nu-du-ne 14 [a-n]a 1 GEME₂ i-tu-ur R. ú ša tu-ša-bi-lam 16 ni-hi-iṭ-ma im-tu-ti 18 it-ti a(!)-ma(!)-tim ip-ra-am 2 GÚ SÍG 20 Ì.GIŠ pí-i[š-ša-ti] la-am-da-a-⸢ku⸣ 22 2 GEME₂ tu-la-mi-da-ni a-na mi-nim a-na 1 GEME₂ 24 {TE} tu-te-er T. 1* šu-bi-lam 26 še₂₀*-we-ri ša-am-ša/-am šu-bi-lam{x}-ma 28 lu-uš-[ru-u]k TL. a-na ši-it-t[i₉-in] [w]a-[a]r-di-ka 30 i-na i-si-nim-ma la be-ru KAŠ.BE.L[A] lu-uk-ru-⸢ub(!)-ma li(?)-iš(?)-tu(?) Traduction: Dis à mon Étoile, mon père  : ainsi parle Erišti-Aya, celle qui prie pour toi. Que mon Seigneur et ma Dame te protègent (à être) comme Ciel et Terre, par amour pour moi  ! Ne suis-je pas, moi, celle qui est l’adjuvante de ta prière dans l’Ebabbar  ? Pourquoi les 2 servantes qui constituaient la dot n’en font-elles plus qu’une  ? En effet  ! ce(lles) que tu as fait conduire, nous avons (eu à peine le temps de) regarder que l’une était morte  ! En plus des servantes, on m’avait promis un entretien alimentaire, 2 chemises de laine, de l’huile pour mon onction. 2 servantes tu m’avais promises  ! Pourquoi à une  ? Envoie-m’en une  ! Fais-moi porter des anneaux et un disque solaire que je puisse faire un présent à 2 sur tes 3 serviteurs — il ne faut pas qu’ils n’aient rien à manger pour la fête  ! — et que j’aie de la bière aigre à offrir pour avoir de quoi boire  ! Notes: Note  : rejoint au fragment A.3029. 9-11) Cf. LAPO 18 n°1195. 13) Le joint fournit une occurrence inédite du terme nudunnû dans un texte mariote, envoyé il est vrai de Babylonie. Il y désignait un douaire fourni par le mari (Code de Hammu-rabi), mais par le père ou les frères, dans le cas d’une prêtresse nadîtum ou šugîtum. C’était jusqu’ici une réalité surtout babylonienne, ignorée par Mari qui n’utilisait NDN que pour construire le terme nidittum, «  dot  » donnée par le père à une jeune épousée ou à une prêtresse. 19) L’iprum représente l’équivalent de la piqittum  ; ce sont des livraisons alimentaires de subsistance. 19) L’idéogramme «  GÚ  » est ici une écriture simplifiée pour GÚ.È.A, ce qui est bien attesté par ailleurs. Il ne faut pas comprendre «  2 talents de laine  ». 29) Les signes ši-it-t[e/t[u(?)- me paraissent assez nets  : «  les 2/3 des serviteurs  », ce qui revient sans doute à dire «  la majorité  », feront la fête. Les «  anneaux  » et le «  disque solaire  », généralement d’un poids standard, servent ici donc de monnaie. Erišti-Aya se contenterait de la valeur en métaux précieux des livraisons alimentaires qu’on lui doit, si lui livrer en nature son iprum devait poser trop de problèmes. On voit par LAPO 18 n°1198 que ces bijoux, une fois arrivés, ont été en fait offerts en ex-voto pour le roi. 30) J’ai supposé ici, faute de mieux, que la séquence BI BE L[A] dont je ne fais rien soit l’équivalent non orthographique de KAŠ BIL.LÁ, šikârum emṣum. La fin de la l. 31 est très difficile à lire, vu sa place sur le côté du document et l’usure des signes mais la bière est un complément quasi obligé de livraisons alimentaires pour une fête. 31) L’emploi de karâbum n’indique pas obligatoirement un présent fait au temple ou aux prêtres, comme c’est le cas dans LAPO 18 n°1195. Il s’agit plutôt ici d’avoir de quoi offrir à ceux qui feront des visites à l’occasion de la fête. On trouve de fait karâbum utilisé pour indiquer des visites entre particuliers. C’est le sens de la formule des textes de présage, awîlum awîlam ikarrab, «  les gens se feront des visites (à des occasions festives)  ». Ce sens de «  rendre visite  » est bien documenté à Mari par ARM 26/1 119, n. b) et A.271  : «  En outre, amène-moi tes frères, que je t’introduise chez mon Seigneur et qu’il te salue  » (ù LÚ.MEŠ ah-hi-ka, ta-ra-am-ma a-na be-lí-ia, lu-ṭà-ah-hi-ka be-lí li-ik-ru-ba-kum). Le verbe se construit avec l’accusatif ou le datif. Certains contextes explicites de Mari montrent que le salut consistait effectivement à prononcer une bénédiction à l’égard de celui que l’on accueillait. ARM 26 119, n. b) emploie karâbum pour décrire une visite du roi à l’armée. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 27/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation ) ARM 10 43 Lettre de Erišti-Aya à Šibtu (ana bêltum ummiya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Sippar-Yahrurum. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°43); LAPO 18, 2000, p. 400-402 (n°1202) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 313-314 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-el-tum um-m[i-i]a* 2 qí-bí-ma um-ma e-ri-iš-ti-(d)a-a-ma 4 ma-ra-at-ki be-lí ù be-el-ti aš-šu-mi-ia 6 li-ba-li-ṭú-ki a-na mi-nim ṣú-ba-ti 8 la ta-al-ta-ab-ši-i-ma tu-te-ri-im-ma pí-iš-tam 10 ù er-re-e-tam T. te-mi-di-°ni* 12 DUMU.MUNUS LU[GAL* a-na-ku] R. aš-ša-a[t* LUGAL] 14 at-ti e-zu-ub la* n[i(?)*-di-ti-ia] ša mu-ut-ki ù at-ta° 16 a-na ga-gi-im tu-še₂₀-ri-ba-ni-[i]n-ni 18 re-du-ú ša i-na ša-la-tim i-le-qú-ú-nim 20 ú-da-ma-q[ú-n]i ù at-ti ia-ti 22 du-mi-qí-ni be-lí ù be-el-ti T.24 i-na i-in a-li-i[m]* ù wa-ši-bi-šu li-da/-mi-qú-ki TL.26 ù ta-ri-tam a-ṭà-ra-a-di ša ha-di/-ia šu-bi-lim-ma lu-uh-du a-ah-ka 28 e-li-ia la ta-na-di-i Traduction: Dis à la reine, ma mère : ainsi parle Erišti-Aya, ta fille. Que mon Seigneur et ma Dame te gardent en vie pour l’amour de moi  ! Pourquoi donc ne t’es-tu pas revêtue de mon habit et me l’as-tu renvoyé, me couvrant de honte et d’opprobre  ? Je suis fille de roi, si tu es épouse de roi  ! Si l’on excepte ma dot que ton époux et toi-même m’avez permis d’apporter au cloître, est-ce aux soldats de me faire présent de ce qu’ils prendront lors d’un pillage (futur)  ? En outre, fais-moi un présent, toi-même à moi-même, (si tu veux que) mon Seigneur et ma Dame t’en fassent un au vu et au su de la ville et de ses habitants  ! Je t’expédierai, vrai, une nourrice sèche. Fais-moi porter quelque chose qui fasse ma joie que je m’en réjouisse  ! Ne montre pas de négligence à mon égard  ! Notes: 1) L’usage de bêltum, forme figée, et non de bêltim, forme déclinée, n’est peut-être qu’une maladresse de plus de ces textes. 9) bištum (ARM 10 lit pištum) est la «  honte  », errêtum signifie la «  malédiction  ». A. F. a voulu y voir une réminiscence littéraire et rapproche de Gilgameš VI 84-86  ; cf. RA 68, 1974, p. 40. 12-13) Pour ce sentiment d’être «  bien né  », cf. la lettre de Kiru LAPO 18 n°1230. 14) Il reste très peu du bas du signe. NI (nidittum) pourrait convenir, mais également NU, puisqu’ailleurs Erišti-Aya utilise nudunnû  ; cf. LAPO 18 p. 396, n. b). 18-20) Le passage est fort discuté. ARM 10 a compris «  (même) les soldats qu’on prend parmi le butin me font honneur  », sens peu évident malgré le renvoi à Ebeling RSO 32, 1957, p. 59, documentant le don au temple de Nanaya d’une partie de la garnison d’Isin. B. Batto, Women, p. 99, comprend  : «  They treat well soldiers taken as booty  ! You, then, treat me well  !  » D’autres ont voulu y voir un proverbe. Ainsi CAD K, p. 542  : «  Si l’on traite le soldat de façon amicale, il montrera du respect à son maître  »  ; idem, Marzal, Studia Pohl 11, p. 31-37 et AHw, p. 605a, s. v. manû N. Si l’on omet ces traductions, toutes plus obscures les unes que les autres, et hors contexte, il faut se souvenir qu’en plus de la dot livrée à l’épouse (c’est le sens de l’ezub, l. 13), il était d’usage d’ajouter une série de cadeaux, appelés de termes divers et différents selon les lieux. Nous connaissons ainsi à Mari le biblum, ARM 26/1 10, apparemment une partie de la terhatum. Pour ce qui est de la racine DMQ, le Code médio-assyrien documente les présents-dumâqu, donnés par l’époux à des occasions non spécifiées à son épouse. Il ne s’agit pas de retrouver ces dumâqu médio-assyriens dans l’usage que fait le présent texte de dummuqum  ; mais Erišti-Aya fait sans doute allusion à ces apports supplémentaires. De fait, dumuqtum signifie clairement à l’époque «  cadeau  » (surtout de joyeux accueil) comme le montrent tant A.3185  : «  Voilà qui sera un présent d’amitié pour NP  » ([an]-ni-tum° a-na z[i-im-ri-li-im], [lu]-ú du-mu-uq-[tum]) que M.5009  : «  On a fait dépense pour eux d’un présent d’accueil  » (du-mu-uq-[tam …], [ú]-še-ṣú-ni-iš-šu-nu-š[i-im]). On avait donc dû dire à Erišti-Aya qu’à la première déportation effectuée dans une région razziée, on lui donnerait la domesticité qu’elle réclame en prélevant des prisonnières de guerre  ; cf. LAPO 18 n°1202 et analogues. Une telle pratique est exactement illustrée par la lettre de Zimri-Lim à dame Liqtum, LAPO 18 n°1184. La religieuse devait préférer un présent immédiat à des espérances, ce qu’elle exprime clairement en prétendant à un cadeau personnalisé (l. 21-22). 21) C’est-à-dire, «  sur tes propres biens  ». 26) L’allusion doit signifier que ce présent que le Dieu et la Déesse devaient faire à Bêltum, serait celui d’un enfant. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 09/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 27/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation ) ARM 10 44 Lettre de Naramtum à son père l'Étoile (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Eluhut. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978, p. 78-79 (n°44); LAPO 18, 2000, p. 454-455 (n°1235) [trad.]. Reproduction: TCL 31, 1967, pl. 22 (n°44) [copie]. Tablette: F. a-na a-bi-ia ka-ka-b[i] 2 qí-bí-ma um-ma na-ra-am-tum 4 ma-ra-at-ka-ma mi-nu-um a-wa-tum ša aš-m[u]-⸢ú⸣* 6 ù li-ib-bi im-r[a-a]ṣ šu-lum a-bi-ia T.8 ú-ul il-li-kam-ma ù li-ib-bi ú-ul i-le° R.10 a-bi-ia-na-ku a-bi li-iš-pu-ra-am-ma 12 ú wa-ar-ka₄*-ti₄* li-ip-ru-su* ú-ul 14 wu-uš-šu-ra-k[u]-ma a-na a-bi-ia [ú-u]l a-ša-ap-[pa-ar] Traduction: (1-4) Dis à mon père et Étoile : ainsi parle Naramtum, ta fille. (5-6) Qu’ai-je appris ! En outre j’en ai conçu du dépit ! (7-9) Des nouvelles de la santé de mon père ne me sont pas arrivées ! Hé bien ! Mon cœur n’en peut plus ! (10-11) Malheur de moi ! Il faut que mon père m’écrive ! (12-15) Et puis, en outre il faut qu’on se renseigne sur moi : je ne suis pas libre de mes mouvements, aussi ne puis-je écrire à mon père ! Notes: Édition et notes d'après J.-M. Durand, LAPO 18, p. 454-455. 7) Ligne écrite sur {il-li-kam-ma} 14-15) Plutôt que de comprendre comme ARM 10, p. 79 : « Si je ne suis pas libérée, je n’écrirai plus à mon père », menace insolente qui n’est pas dans le ton des lettres (d’autant plus que, libérée pour rentrer à Mari, elle n’aurait plus de raison d’écrire à son père !), je préfère voir ici la suite du raisonnement de Naramtum : il ne faut pas lui en vouloir si elle n’écrit pas ; c’est qu’elle n’a pas accès aux scribes officiels, recluse qu’elle est dans le harem (ûl wuššurâku). On comprend mieux dès lors les « ratages » du document : outre la répétition du même motif, au début de la lettre, on trouve des signes mal venus (l. 5, le A, p. ex.), érasures (cf. l. 10 ; l. 1, après le IA le scribe a commencé la formule QÍ-BÍ-MA), mécoupures (l. 13 le ú-ul est isolé en fin de l., ce qui n’est pas dans les usages), syllabaire atypique (l. 12 QA = ka₄ et DI = ti₄, sans motivations aucunes). Il est tout à fait possible que Naramtum ait elle-même écrit ce petit billet. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 15/02/2013: A. Jacquet (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; lemmatisation) – 15/02/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 03/03/2015: A.-I. Langlois (traité pour HIGEOMES) ARM 10 45 Lettre de Naramtum à son père l'Étoile (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Eluhut. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°45); LAPO 18, 2000, p. 455 (n°1236) [trad.]. Reproduction: TCL 31, 1967, pl. 22 (n°45) [copie]. Tablette: F. a-na a-bi-ia ka-ak-[ka-bi] 2 qí-bí-ma um-ma na-ra-am-tum 4 ma-ra-at-ka-a-ma mi-nu-ma-um an-nu{um}-um 6 [ša] LÚ DUMU.MEŠ ši-ip-ri-im ša a-bi-ia [i-l]a-ku-ni-ma a-bi ú-ul i-ša-ap-pa-ar T.8 [ù l]i-ib-bi ú-ul ṭà-ab [ma-di]-iš* ha-ia-ṭú-um-m[a] R.10 [a-hi-iṭ]-ma* [ù ṭup-pa]-am(!)* 12 [ú-ul a-mu-u]r* (…) Traduction: (1-4) Dis à mon père, l’Étoile : ainsi parle Naramtum, ta fille. (5-7) Que veut dire ceci, que des messagers de mon père arrivent ici, sans que mon père m’envoie une lettre ? (8-12) Hé bien ! Mon cœur n’est pas heureux. J’ai eu beau beaucoup regarder : point de lettre ! (Lacune de 2 l.) Notes: Édition et notes d'après J.-M. Durand, LAPO 18, p. 455. 9) Hayâṭum-ma est ici un infinitif I construit comme un verbe fort, au lieu du hiâṭum attendu ; cf. LAPO 18 n°1168, n. c). Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 15/02/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 15/02/2013: A. Jacquet (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; lemmatisation) – 03/03/2015: A.-I. Langlois (traité pour HIGEOMES) ARM 10 46 Lettre de Naramtum à son père, l'Étoile (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Eluhut. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978, p. 80-83 (n°46); LAPO 18, 2000, p. 455-457 (n°1237) [trad.]. Reproduction: TCL 31, 1967, pl. 22 (n°46) [copie]. Tablette: F. a-na a-bi-[ia ka-ka-bi qí-bí-ma] 2 um-ma (munus)na-ra-am-[tum] ma-ra-at-ka-a-[ma] 4 i-na pa-ni-tim [aš-šum a-wa-ti-ia] a-na a-bi-ia [aš-pu-ur-ma] 6 a-bi li-ib-ba-[tim im-la-ma] aš-lim-ma zi-ki-i[r be-lí-ia eš-me] 8 a-na wa-ar-ka-at a-[wa-ti-i]a-ma a-na ṣe-er a-bi-ia áš-t[a*-ap-ra-am] 10 ù a-bi la ši-na-tim [i]d*-bu-ba*-am* u[m*-m]a* a*-[bi-ma] 12 (…) R. [ša-ni-t]am*-ma* [ul-la-an-ka] 2' a-ba-am ša-né-[em ú-ul i-šu] ù ul-la-an N[IN*]-⸢ti⸣*-[i]a* 4' um-ma-am ú-ul i-šu i-na-an-na an-na-nu-um 6' GEME₂.MEŠ é-kál-lim i-pa-ah-hu-ru um-ma-mi 8' ul-la-nu-um i-na É a-bi-ki ú-ul i-du-ki 10' da-'a₄-at-ki ú-ul i-ša*-[lu] ù ni-nu-ú-[ma] 12' nu-ka-ab-bi-it a-bi ša e-l[i-šu ṭà-bu] li-pu-ša-an-ni mi-im-ma ar-nam [ú-ul i-šu] 14' i-nu-ma a-bi° a*-na* a-hi-ia a-qa-bé*-em* qa-qa-di-i ú-ka-[ab-ba-tu] Traduction: (1-3) Dis à mon père, [l'Étoile] : ainsi parle Naramtum, ta fille. (4-7) J’avais écrit naguère à mon père ; mon père s’en était irrité contre moi. Je m’étais calmée et j’avais écouté son ordre. (8-11) Or, ayant écrit à mon père pour la suite de mon affaire, mon père m’a dit des choses terribles, en ces termes : « … ». (Lacune de 11 l. + 5 l. illisibles.) (1'-4') À part toi, je n’ai pas d’autre père et à part ma dame, je n’ai pas d’autre mère ! (5'-12') Maintenant, ici, les épouses secondaires du palais me disent en chœur : « Là-bas, dans le palais de ton père, on ne te connaît pas. On ne se soucie pas de toi ! Pourtant nous, nous t’honorerions ? » (12'-15') Que mon père me traite comme bon lui semble ! Je n’ai pas commis la moindre faute. (Mais) lorsque je dirais « mon père » à mon frère, en serais-je plus honorée ? Notes: Édition et notes d'après J.-M. Durand, LAPO 18, p. 455-457. 7) Il est difficile de voir ici le sens de /áš-ŠI-ma/ ; une lecture ašši, « je suis partie » est hors contexte. Une lecture ašlim, avec le sens de « je me suis apaisée », équivalente à l’attûh (que l’on attend en telles circonstances), déjà proposée par ARM 10, p. 81, pourrait avoir des parallèles à Mari ; cf. A.4515 : « Comment pourrais-je faire la paix avec vous ? » (kî itti-kunu lûšlim) ; ARM 26 263 : « Le dieu vient de se calmer envers le pays tout entier » (DINGIR-lum a-na m[a-a-tim ka-li-ša], iš-ta-li-im). 3') La finale …-⸢ti-ia⸣ de la l. ne pose pas de problème. Or le signe qui précède le TI commence de façon claire par un MÍ. Il faut donc supposer ici l’emploi du signe NIN pour bêltum. La vraie mère des princesses est donc, désormais, l’épouse principale ; cf. LAPO 18 ce qui est dit à propos de Dam-huraṣi qui a la charge des filles de Yasmah-Addu, p. 295-296, et le fait que c’est Šibtu qui est prévenue du renvoi de Kiru, p. 321. 6') En m. à m. : « les servantes » ; la coutume oppose GEME₂ (amtum) à DAM (aššatum), même si le plus souvent l’humilité veut que la femme se définisse comme « servante » de son époux (« seigneur »). 7') En m. à m. « elles se réunissent, disant ». 14'-15') Plusieurs interprétations divergentes existent pour l’édition de ARM 10 qui n’est sans doute pas bonne ! ARM 10, p. 83, propose : « Lorsque je parle de misère <à> mon frère, il honore ma tête. » Cf. J. Sasson, AfO 27, p. 132 ; CRRAI 13, p. 63, 49. Il me paraît sûr que l’abstrait a-bi-a-tam n’existe pas ici et que « a-tam » est à lire a-na ! Dès lors me semble être attesté ici un proverbe qui signifierait « ce n’est pas en se montrant obséquieux (“en l’appelant ‘père’”) envers un égal (‘frère”) qu’on s’attire ses bonnes grâces ». Dans le contexte actuel, Naramtum légitimerait qu’elle soit en conflit envers ses « sœurs », les autres épouses du palais (cf. LAPO 18 n°1233, 1er § — ce qu’a dû lui reprocher Zimri-Lim en lui prêchant patience et diplomatie — par l’argument que leur montrer plus de déférence qu’il ne sied ne ferait que renforcer leur dédain. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 18/02/2013: A. Jacquet (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; lemmatisation) – 18/02/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 03/03/2015: A.-I. Langlois (traité pour HIGEOMES) ARM 10 47 Lettre de Tizpatum à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Šuna. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°47); LAPO 18, 2000, p. 460 (n°1240) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-i[a] 2 qí-bí-[ma] um-ma (munus)te-ez-p[a-tum] 4 DUMU.MUNUS iš°-tum š[a be-lí-ia] [l]u-ú it-⸢tum⸣ i-n[u-ma] 6 i-na ma-a-at š[u-na-a(ki)] na-ad-na-[ku] T.8 ù iš-tu ša n[a-ak-rum] a-na li-ib-[bi] 10 é-kál-la-tim[(ki)] R. iš-lu-lu-ni-in-[ni] 12 ši-n[i-šu a-na ṣ]e-er [be-lí-ia] [aš-pu-ra-am] 14 [i-na li-ib]-bi [é-kál-la-tim(ki)] [li-še-ṣí-in-ni] 16 uš-[t]a-⸢al⸣-[li-iš a-na ṣe-er] be-lí-ia a[r-gu-um] 18 be-lí ki-[…] T. li-[…] 20 la i-le*-[…] ù a-na-ku l[a…] 22 [k]i-ma-ma be-lí iš-pu-ur-ma TL. a-šar wa-aš-ba-ku l[i]-ib-bi 24 i[n(?)-na-wi]-ra-an-n[i] Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Tizpatum, la petite fille de mon Seigneur. C’est un fait avéré  : lorsque j’avais été mariée à Šuna, après que l’ennemi m’eut emmenée en butin à l’intérieur d’Ekallatum, à deux reprises j’ai envoyé un message à mon Seigneur pour que l’on me fasse sortir d’Ekallatum  ; une troisième fois, j’ai réclamé de mon Seigneur, pour que mon Seigneur… et que je ne… Dès que mon Seigneur m’aura écrit, là où je me trouve, mon cœur se réjouira  ! Notes: 5) Pour cette expression, cf. LAPO 17, p. 484. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 27/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation ) ARM 10 48 Lettre de Niqhatum à Zimri-Lim. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°48); LAPO 18, 2000, p. 480 (n°1252) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na zi-im-ri-li-im 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ni-iq-ha-tum 4 a-ha-at-ka-ma e-ri-iš-tam it-ti a-hi-ia 6 e-ri-iš um-ma a-na-ku-ma UDU.HI.A 8 a-hi li-ip-qí-da-an-ni T. ù ke-em ta-aq-bi 10 um-ma at-ta-a-ma R. ku-ṣú-um i-na ki-ma i-na-an-na 12 UDU.HI.A ú-ul ša na-da-nim i-na di-ši-im a-na-ad-di-na-ki-im 14 an-ni-tam ta-aš-pu-ra-am i-na-an-na a-nu-um-ma di-šu-um 16 UDU.HI.A ša na-da-nim a-hi li-id-din Traduction: Dis à Zimri-Lim  : ainsi (parle) Niqhatum, ta sœur. J’avais exprimé auprès de mon frère le désir suivant  : «  Que mon frère me ravitaille en moutons  !  », et toi tu m’avais dit ceci  : «  C’est l’hiver, ce qui fait que ce n’est pas le moment de livrer des moutons. Au printemps, je t’en livrerai  !  ». Tu m’avais écrit cela. Voilà que maintenant c’est le printemps. Que mon frère me livre les moutons qu’il peut livrer. Notes: 15-16) La construction ša nadânim… iddin est extrêmement courante, d’où ma traduction. ARM 10 a préféré comprendre les l. 15-16 en strict parallèle avec les l. 11-13  : «  Les moutons (lire, dès lors, immerâtum  !) sont à livrer  ; que mon frère (les) livre.  » Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 27/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation ) ARM 10 49 Lettre de Niqhatum à Zimri-Lim. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°49); LAPO 18, 2000, p. 480 (n°1253) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na zi-im-ri-li-im 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ni-iq-ha-tum a-ha-at-ka-a-ma 4 an-na-a a-wa-tum ša áš-hu-[tu] ša um-ma-a-mi a-n[a] pa*-ši*-i[r-…] 6 (…) R. ka*-[…] 2' i-na É-ti-ka ú-ul ⸢i⸣-[ba-aš-ši] ù ma*-an-nu-um li-it-ta-a[p*-pa-al] 4' ša ka-a-ia-an-tam it-ti-ia z[e*-ru] iš-tu i-na-an-na ma-am-ma-an 6' ša šu-mi la dam-qí-iš i-qa-ab-bu-ú T. la te-še-em-me dam-qa-tum 8' i-na bi-ri-ni lu-ú ša-ak-nu° a-na a-wa-at sà-ar-ru-tim 10' la ta-a-qa-al Traduction: Dis à Zimri-Lim  : ainsi (parle) Niqhatum ta sœur. Ah oui  ! l’affaire dont j’ai eu peur, c’est celle qui disait  : «  …  ». (…) … il n’y en a pas dans ta maison. Or, qui s’en porterait responsable  ? Ceux qui sont mes éternels ennemis  ? À partir de maintenant, n’écoute personne qui parlera de moi sans bienveillance si l’amitié doit exister entre nous  ! Ne prête pas attention aux paroles des menteurs  ! Notes: 2') Même expression chez Belet-mâtim, signifiant «  chez moi  ». Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 27/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation ) ARM 10 52 Lettre de Addu-duri à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°52); LAPO 18, 2000, p. 288-289 (n°1106) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)(d)IŠKUR-du-ri 4 GEME₂-ka-a-ma aš-[š]um tu-le-e KÙ.GI 6 [š]a an-nu-ni-tim T. (I)a-hu-um LÚ.SANGA 8 il-li-ka-am-ma ki-a-am iq-bé-e-em R.10 um-ma-mi a-na na-[da]-ni-im ú-ul ri-it-t[u-u]m 12 iš-tu-ma (giš)GU.ZA ša il-tim in-ne-ep-pé-šu 14 te-er-tum li-in-ne-pí-iš-ma KÙ.GI šu li-il-l[e]-qí-ma T.16 a-na (giš)GU.ZA ša il-tim li-in-ne-pí-iš Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Addu-duri, ta servante. Au sujet des coupes en or d’Annunitum, Ahum le grand prêtre est venu ici et a dit  : «  Il n’est pas inconvenant de ne plus les livrer. Puisqu’un trône de la déesse doit être fabriqué, il faut que la directive soit exécutée et que l’or soit pris pour la construction du trône de la déesse.  » Notes: 5) Pour tulûm, «  coupe en forme de sein  », cf. ARM 13 101  : 27. 13) Comprendre  : la directive donnée par un oracle hépatoscopique, ou confirmée par lui. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 54 [A.173] Lettre de Addu-duri à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°54); LAPO 18, 2000, p. 280 (n°1097) [trad.]; ARM 33, 2019, p. 160 (n°58). Reproduction: PSL-DIGIBARCHI, 47153T5664.jpg [photo]. Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)(d)IŠKUR-du-ri-ma 4 a-l[um m]a-ri(ki) É.HI.A DINGIR.MEŠ.HI.A [ù é]-kál-lum ša-lim 6 [li-i]b-bi be-lí-i[a] mi-im-ma la i-na-a₄-’ì-id 8 ù i-na pa-ni-tim be-l[í] ki-a-am iq-bé-e-em 10 um-ma-a-mi a-na zi-im te-re-ti-ia T. [š]a-al-ma-a-ti 12 at-ta-na-al-la-ak R. i-na-an-na be-lí a-na zi-i[m] 14 te-re-ti-šu ša-al-ma-a-ti li-ta-na-al-la-a-ak 16 ù be-lí a-na na-ṣa-ar pa-ag-ri-i-šu 18 la i-ig-ge Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Addu-duri. La ville de Mari, les temples et le Palais vont bien. Qu’en rien le cœur de mon Seigneur ne s’inquiète  ! Naguère mon Seigneur m’avait parlé en ces termes  : «  Je multiplie les expéditions, mais c’est en fonction des bons présages que j’obtiens.  » Hé bien  ! Que mon Seigneur multiplie les expéditions, en fonction des bons présages qu’il obtient, mais, qu’il ne soit pas négligent (pour cela) à se protéger. Notes: [La réédition de ARM 33 est à voir dans le volume, elle n'est pas encore ici prise en compte. DC] Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 16/12/2019: F. Nebiolo (entrée dans Archipix) ARM 10 55 [A.3179] Lettre de Addu-duri à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°55); LAPO 18, 2000, p. 278 (n°1093) [trad.]; ARM 33, 2019, p. 83 (n°23). Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)(d)IŠKUR-du-[r]i 4 GEME₂-k[a]-a-ma é-kál-la-ka ša-lim 6 i-na-an-na be-lí pa-ga-ar-š[u] 8 li-ṣú-ra-am-ma T. [aš]-šum i-ia-ti 10 ⸢a⸣-bi-ia-tim [š]u*-ú li-ta-al-kam R.12 ša-ni-tam i-nu-ma SISKUR₂ (giš)GU.ZA 14 ša É an-nu-ni-tim SISKUR₂ aq-qí-ma 16 t[e-re]-tu[m] ma-di-[i]š n[a*-ak-r]a* i-na 1 te₉-er-tim 18 4* [ta]-al-lu ⸢i⸣-[n]a ša-ni-tim 20 2* ta*-al-lu [ša-a]k*-nu* T. i-na-an-n[a] 22 be-lí pa-ga-ar-šu li-ṣú-[r]a-am-ma 24 [l]i-ta-al-kam Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Addu-duri, ta servante. Ton palais est en bonne santé. Présentement, que mon Seigneur se protège  ! Pour l’amour de moi, malheureuse, qu’il arrive ici, lui  ! Autre chose  : lorsque j’ai accompli les sacrifices du trône du temple d’Annunitum, les présages par le foie étaient très mauvais  ; lors du premier présage, il y avait 4 tallum, lors du second, il y avait (encore) 2 tallum. Présentement, que mon Seigneur protège sa personne et qu’il arrive ici  ! Notes: [La réédition de ARM 33 est à voir dans le volume, elle n'est pas encore ici prise en compte. DC] 18) Pour la partie ominale dite tallum, cf. MARI 3, p. 156-157. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 56 Lettre de Addu-duri à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°56); LAPO 18, 2000, p. 287-288 (n°1105) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-n]a be-lí-ia 2 [q]í-bí-ma [um]-ma (munus)(d)IŠKUR-du-ri 4 [GEME₂]-ka-a-ma a[š-šu]m zu-ha-ad-ni₅* LÚ ša-a-ti 6 a-na [i]a-am-ha-[a]d(ki) ta-[a]ṭ-ru-u[d] [ù] an-na-nu-um š[a]-tu a-na é-kál-lim 8 i*-ta-ab-ba-lu [i]-nu-ma LÚ ia-am-ha-du-ú 10 [i]-še-em-mu-ú T. [um]-ma-mi i-na la li-ib*-b[i*-š]u* 12 [ú-lu]-ma iṭ-ru-d[am] [ú-l]u*-ma i-ta-ab-ba-[lu] 14 ù be-el ar-n[im i-ta-ar-ma] [a]n-ni-iš i-ṭà-a[r-ra-dam] 16 an-ni-tam i-d[a]-ab-bu-[bu] R. i-na-an-na i[š-t]u-ma L[Ú šu-ú] 18 ar-nam i-šu-ú-ma* ù KÙ.BABBAR i-ša-qa-lu 20 LÚ šu-ú KASKAL la i-la-ak [LÚ š]u-ú ú-ul i-tu-ra-am 22 [a-nu-um-ma b]e-lí ma-di-i[š] [li-iš-ta-a]-al 24 [iš-tu-ma LÚ šu-ú a]r*-nam [i-šu la i-ta-la]-ak 26 [i-na-an-na me-h]e*-er a-wa-⸢ti⸣*-ia* T. [ša hu-sú]-sà*-ku* 28 [ar-hi-iš] li-il-li-i[k] Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Addu-duri, ta servante. À propos de Zu-Hadnim, c’est un individu que tu as chargé d’expédition au Yamhad  ; or, on l’emmène de force ici au palais. Lorsque les gens du Yamhad vont l’apprendre, ils diront  : «  C’est contre son gré, ou bien qu’il l’avait chargé d’expédition, ou bien qu’on l’emmène de force. En outre, réexpédiera-t-il ici un accusé  ?  » Voilà ce qu’ils diront. En fait, puisque cet individu est vraiment en faute et qu’en outre, il aura à verser une somme d’argent, cet homme ne doit plus partir en caravane. Il ne reviendra(it) (d’ailleurs) pas  ! Voilà que mon Seigneur doit bien réfléchir au fait que, puisque cet homme est en faute, il ne doit plus partir. Maintenant, que m’arrive rapidement une réponse à mes avis  ! Notes: 5) Pour Zu-Hadnim, messager (et marchand) vers le royaume d’Alep, cf. LAPO 16, p. 329. 8) Tabâlum («  emporter  »), employé pour une personne, signifie lui faire faire un mouvement contre son gré. On le trouve ainsi avec le sens d’«  emmener de force  », surtout suite à un pillage  ; cf. A.3577 [FM 1, p. 45, n. 39]  : [ia-mu-ut]-ba-lu-ú iš-hi-iṭ-ma 2 li-im UDU.HI.A ù 40 LÚ.LÚ.[MEŠ], [a-na nu-um]-hi-im it-ba-al, «  Il a pillé au Yamutbal et il a emporté au Numha 2.000 moutons et 40 personnes.  » Peut-être Zu-Hadnim avait-il été mis aux fers, ou sous un carcan. 14-15) Le raisonnement des Alépins est celui-ci  : «  Ou Zimri-Lim a laissé partir l’individu de mauvais cœur et s’est ensuite ravisé, ou bien une intervention de la justice a montré la naïveté du roi.  » Dans les deux cas, cela fait désordre. Dans ce contexte d’incertitude, bêl arnim ne signifie pas tellement «  coupable  » que «  quelqu’un contre qui pèse une accusation  », nous dirions «  mis en examen  ». Tant que l’individu sera soupçonnable, on ne peut plus lui confier une mission officielle. 21) La traduction d’A. F. «  cet homme ne doit pas revenir  », supposerait un texte *la-a i-tu-ra-am. 26-28) Le sens de la lettre paraît être que, vu le scandale que constitue l’arrestation de Zu-Hadnim, il ne faut plus envisager de lui confier une caravane pour Alep. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 15/03/2016: M. Béranger (correction; lemmatisation) ARM 10 57 Lettre de Addu-duri à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°57); LAPO 18, 2000, p. 284 (n°1102) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 297 [trad.]; ARM 33, 2019, p. 232 (n°94). Reproduction: PSL-DIGIBARCHI, 47184P3698.jpg [photo]. Tablette: F. [a-n]a be-lí-a 2 [q]í-bí-ma um-ma (munus)(d)IŠKUR-du-ri-ma* 4 (I)(d)da-gan-ILLAT-sú iš-tu ṣé-eh-ru 6 i-na é-kál-lim an-ni-im ir-bi R. i-na qa-ra-an ši-ba-ti-šu 8 a-na sú-mu-ha-di-im a-na NÌ.BA ta-na-ad-di-iš-š[u] 10 LÚ GÌR.SIG₅.GA a-ah-hu-š[u] ip-hu-ru-ni-im-ma 12 a-pa-al-šu-nu ú-ul e-[l]i Traduction: Dis à mon Seigneur : ainsi parle Addu-duri. Depuis sa prime enfance, Dagan-tillassu a grandi dans ce palais. Tu en fais présent à Sumu-hadum, alors qu’il est à l’extrême pointe de sa vieillesse  ! Les domestiques, ses frères, sont venus me trouver en groupe et je n’ai su quoi leur répondre. Notes: [La réédition de ARM 33 est à voir dans le volume, elle n'est pas encore ici prise en compte. DC] 7) «  À la corne de sa vieillesse  »  ; je suis l’interprétation de ARM 10. Isaïe 5  : 1 montre de même en hébreu l’emploi de «  corne  » pour «  point le plus haut  ». CAD Q, p. 140a («  power [  ?, in transfered mng.]  ») m’est incompréhensible (= emprise  ?). 8) C’est un très haut personnage du début du règne, peut-être ministre après la mort de Bannum. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 16/12/2019: F. Nebiolo (entrée dans Archipix) – 09/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 58 Lettre de Addu-duri à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°58); LAPO 18, 2000, p. 285 (n°1103) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)(d)IŠKUR-du-ri 4 MUNUS.DAM ia-ri-im-(d)IŠKUR ù DUMU.MEŠ-ša° 6 aš-šum KÙ.BABBAR {KÙ UD} ú-sà-an-ni-iq-ma 8 [ù] ki-a-am iq-bi um-ma ši-ma T. [(I)àš-q]ú*-da-am ša°-si*-i 10 [(I)àš-qú-du]-um [1 ki-ša-am ša KÙ.BABBAR] R.12 a-na i[a-ri-im-(d)IŠKUR] id-di-[in] 14 ù (dumu)ma-ru-ša [ki-a]-am* iq-bi um-ma šu-ma 16 1 ki-ša-am ša KÙ.BABBAR a-bi-i* ik-nu-uk-ma 18 a-na ia-ú-ús-(d)IŠKUR i[d]-di-in an-ni-tam 20 MUNUS ù (dumu)ma-ru-ša an-ni-tam iq-bu-nim T.22 ti-mi-ir-tam mi-im-ma ú-ul ú-ki-in Traduction: (1-3) Dis à mon Seigneur : ainsi parle Addu-duri. (4-13) J’ai inspecté les avoirs de l’épouse de Yarim-Addu et de ses enfants. Or, voici ce qu’elle a déclaré : « Convoque Asqudum ; c’est Asqudum qui avait donné la bourse d’argent à Yarim-Addu.  (14-19) En outre un (de) ses enfant(s) a dit ceci : « Mon père, après avoir scellé une bourse d’argent, l’a donnée à Ya’us-Addu. » (20-23) Voilà ce que la femme et son fils m’ont déclaré. Je n’ai rien pu établir comme richesse cachée. Notes: 5) Écrit sur érasure de {ia-ri-im-(d)IŠKUR}. Dans tout le texte, les enfants sont nommés en référence à la mère, non au père, Yarim-Addu, qui avait donc pu épouser une veuve. Pour l’identification de ce Yarim-Addu, cf. LAPO 18 p. 274. 6) En m. à m., «  l’argent  ». 9) Pour la restauration d’Asqudum, cf. texte suivant. 11) L’enquête semble tourner autour de la disparition d’une bourse d’argent remise, avant son départ, à Yarim-Addu. L’épouse se dégage apparemment en prétextant que c’était une affaire entre Yarim-Addu et Asqudum. Le fils charge, au contraire, un certain Ya’us-Addu. 14) Il ne faut pas comprendre «  petit-fils  » (ARM 10, p. 97)  ; ma-ru n’est ici que la monnaie phonétique de l’idéogramme précédent (cf. ARM 13 101  : 15  ; cf. LAPO 18 n°1015) et comme cela peut être attesté dans les textes d’Emar  ; cf. NABU 91/58. «  Petit-fils  » se dirait certainement mâr mâri(m) ou pirhum. 22) La temirtum («  chose enterrée  ») dénote le trésor secret, souvent illicite, à cacher au fisc, d’après plusieurs anecdotes de Mari. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 31/07/2017: M. Béranger (vérification) ARM 10 59 Lettre de Addu-duri à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°59); LAPO 18, 2000, p. 286-287 (n°1104) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-n]a be-lí-[i]a 2 [q]í-bí-ma [u]m-ma (munus)(d)IŠKUR-du-ri-ma 4 [1] LÚ ba-bi-la-yu(ki) [1]2 ú-lu 10 SU [KÙ.BABBA]R 6 [ša r]a-ma-ni-[š]u [i-n]a sa-ga-ra-tim(ki) 8 [o o o]-ma [o o o].HI.A 10 (…) «  Lacune de 1+3+1 l.  » R. [LÚ šu]-a-ti it-ti 2' na-ap-ṭá-ar-ti-šu ú-te-ru-nim (munus)qa-di-iš-tum 4' ša an-[nu]-ni-t[im] MUNUS.TUR si-im-a-al LÚ š[a] sú*-hi*-⸢ma⸣* 6' KÙ.BABBAR ma-li i-na sú*-ni-šu ú-ta* ú-ša-bi-la-kum 8' (I)às-qú-du-um KÙ.BABBAR an-né-em i-mu-ur-ma T.10' um-ma [š]u-ma i-na ši-pí-ir-tim [š]a É ia-ri-im-(d)IŠKUR 12' [i]-na-an-na KÙ.BABBAR wu*-di*-ma* TL. [k]i-šu-um [LÚ šu-a-ti] 14' [i-n]a li-ib-bi-[šu KÙ.BABBAR] Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Addu-duri. Un Babylonien…  12 ou 10 sicles d’argent à lui, à Saggaratum. (Lacune de 5 l.) On a ramené cet homme avec la servante qu’il avait embauchée. C’est une femme consacrée d’Annunitum, d’ethnie Bensima’lite  ; l’homme est du Suhum. J’ai vu tout l’argent qu’il avait dans son ourlet  ; je te l’ai fait porter. Asqudum ayant vu cet argent, a dit  : «  (Il s’agit) d’un envoi de la maison de Yarim-Addu.  » Maintenant (l’origine de) l’argent est connu(e)  : c’est la bourse de cet homme où se trouvait l’argent. Notes: 1') Il n'y a pas la place pour [ba-ši-it] 1'-3') À la première l. du revers, il n’y a absolument pas la place pour un NP féminin, comme l’a proposé W. Römer, FBr, p. 36, suivi par ARM 10, p. 264, mais pour — à la rigueur — un seul signe. Mari ne connaît qu’un autre exemple de napṭartum, celui qui signifie «  débandade  » dans ARM 6 30  : 32 (LAPO 17 n°565). ARM 10, p. 264 a voulu retrouver ici un terme napṭartum, «  concubine  », analogue à l’akkadogramme auquel les hittitologues donnent le sens de «  femme de second rang  » (CAD N/1, p. 325a). Les Instructions aux serviteurs hittites (AfO, Beiheft 10, § 4) opposent de fait le frère de naissance (ŠEŠ haššanza) au fils d’une n. (DUMU (munus)napṭarti). Mais dans un tel contexte napṭartu fonctionne comme amtum. Plutôt qu’une «  épouse de second rang  », la napṭartu hittite devait être une «  affranchie  », une servante à qui sa relation avec le roi, surtout si un enfant en était né, avait donné un rang particulier. La formation est analogue à celle de maṣṣarum «  un garde  » ou de narâmum «  bien aimé  ». Il n’est pas déraisonnable de penser que napṭartum renvoie à qâdištum, quoique je n’aie pas retrouvé d’autre exemple du terme. Cette napṭartum représenterait dès lors une femme libre qui s’était embauchée comme servante. Sa dénomination pouvait venir du fait qu’elle avait, pour ce faire, quitté son foyer (paṭârum). Dans le cas présent, un marchand du Suhum avait dû embaucher comme servante «  à tout faire  » une de ces femmes sans homme (qadištum) locales que nous attestent si bien les listes de recensement de Mari. 10') Rien n’indique ici que l’identification ait été faite sur la base d’une interrogation oraculaire. Asqudum a pu lire ce qui était écrit sur la bourse. 10') Plutôt que šibirtum, «  argent en morceaux  », (cf. ARM 10  : «  rognures  »), je préfèrerais comprendre šipirtum, «  envoi  », ce qui serait accompagné d’une marque quelconque d’identification. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 60 [A.4248] Lettre de Addu-duri à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°60); LAPO 18, 2000, p. 275-277 (n°1091) [trad.]; ARM 33, 2019, p. 81-82 (n°22). Reproduction: Tablette: F. [a-na] be-lí-ia 2 [qí]-bí-ma [um]-ma (munus)(d)IŠKUR-d[u-r]i 4 [GEME₂]-ka-a-ma [an-n]a-[n]u-um TUR.MEŠ na-qí-di-im 6 [ù LÚ].MEŠ SÁ.SAG i-na re-ši-ka [ra-a]k*-sú* 8 [i-na-a]n-na a-ah-ka T. [la-a i]t-ta-di 10 ša* pa-n[a*-nu]-um* DUMU.MEŠ é-kál-[la-/t]a*-/[y]u*(ki)* R.12 i-na pa-ni-ka-m[a]* in-né-ru-b[u-ma i-na a-li]-im(ki) 14 i-te-lu-ú ù (lú)GAL MAR.TU 16 ki-a-am i-da-ab-bu-ub* a-na ṣa-bi-im um-ma šu-ma 18 [a]m-mi-nim a-na a-hi-šu [l]u*-mu-ur iš-me-(d)da-gan 20 [ú]-ul iš-pu-ur-ma [ù] ṣa-ba-am 22 [ú]-ul id*-di*-in*-[šum] TL. [ù] LUGAL* ba-bi-la-iu [ṣa-ab-šu] 24 [ú-še-eṣ]-ṣí*-ma* [i-na-an]-na be-[lí] p[a]-ga-ar-/[šu li-ṣú]-ur Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Addu-duri, ta servante. Ici, les bergers et les bénéficiaires de rations sont équipés, à ta disposition. Maintenant, de l’audace  ! Ce sera comme précédemment  : les citoyens d’Ekallatum, à ta simple vue, se sauveront et évacueront la ville  ; en outre le général dira ceci à l’armée  : «  Pourquoi me préoccuperais-je pour son frère ? Išme-Dagan n’a (même) pas écrit et ne lui a pas fourni de troupes  !  » En outre, le roi de Babylone fera évacuer ses troupes. En fait, que mon Seigneur prenne garde à lui  ! Notes: 5-6) Les troupes sur lesquelles peut compter Zimri-Lim ne semblent pas des troupes régulières  : ce sont sans doute les gens des campagnes et la population palatine des lieux qui ont été arrachés au contrôle du royaume de Haute-Mésopotamie. 18-19) Amârum ana = «  se préoccuper en faveur de…  ». Pour cet emploi, cf. CT 33 20  :15  : ša 2 GÍN KÙ.BABBAR IN.NU.DA a-ma-ra-ku-nu-ši-im, «  je vais m’enquérir pour 2 sicles de paille pour vous  ». 23) Malgré la mutilation des l. 23-24, il semble que Babylone ait été du côté du royaume de Haute-Mésopotamie  : un schéma géopolitique normal si Ešnunna avait alors pris une décision contraire. Plusieurs fois, on voit Babylone envoyer des troupes dans la région de Mari pour aider à résister à des troubles locaux, comme ce fut le cas en ZL 2’. La politique babylonienne a dû être d’avoir un allié fort, ou au moins stable, en amont du cours de l’Euphrate. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 28/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 61 Lettre de Addu-duri à Mukannišum. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°61); LAPO 18, 2000, p. 290 (n°1109) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na mu-ka-an-ni-ši-im 2 qí-bí-ma um-ma (munus)(d)IŠKUR-du-ri-ma 4 (gi)PISAN qa-tim ša LUGAL ep*-te-e-ma* 6 HAR* KÙ*.BABBAR* [š]a 4 SU ÀM T. ú-ul [i-b]a-a-a[š-š]i° R.8 i-na-an-na a-nu-um-ma 10 SU KÙ.BABBAR uš-ta-b[i-l]a-ku 10 2 HAR* KÙ.BABBAR ša 4 SU ÀM li-pu-šu 12 ša-pí-ilₓ-tam 2 SU KÙ.BABBAR ka-ni-ik-tum Traduction: Dis à Mukannišum  : ainsi parle Addu-duri. J’ai ouvert le coffret des biens courants du roi et il n’y avait pas de bracelet d’argent de 4 sicles. En conséquence, je viens de te faire porter 10 sicles d’argent afin que l’on fasse 2 bracelets d’argent de 4 sicles. Le reste, 2 sicles d’argent, fera une kaniktum. Notes: 5) Correction déjà vue par J. Sasson, AfO 27, p. 133. 13) Pour cet emploi de kâniktum, «  quantité standard de métal précieux, avec indication certifiée du poids  », cf. la note de F. J., NABU 89/108. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 62 Lettre de Dam-huraṣi à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°62); LAPO 18, 2000, p. 301 (n°1119) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-[ia] 2 qí-bí-ma um-ma (munus)dam-KÙ.GI 4 GEME₂-ka-a-ma ṭup-pa-am ša be-lí 6 ú-ša-bi-la-am eš-me-ma l[i]-ib-bi 8 ma-di-iš ih-du R. ša-ni-tam (d)da-gan 10 be-el ter-qa(ki) a-ia-bi-ka ù na-ak-ri-ka 12 a-na qa-ti-ka li-ma-li-ma i-na šu-ul-mi-im 14 al-ka-am-ma GÌR (d)da-gan be-lí-ka [d]am-qa-[tim] 16 i-ši-iq ú 2* […] dam-qú-tim a-n[a* ṣe-ri-ka] T.18 ú-še-bi-l[u-ni-ik-kum] Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Dam-huraṣi, ta servante. J’ai pris connaissance de la tablette que mon Seigneur m’a fait porter et mon cœur s’est grandement réjoui. Autre chose : puisse Dagan de Terqa livrer à ta main tes adversaires et tes ennemis et, toi, venir, dans un voyage paisible, baiser le pied bienveillant de Dagan, ton Seigneur. En outre, on t’a fait porter 2 bons… Notes: [M. Béranger] Ligne 15 : La restitution de ARM 10, dam-qa-[tam], est impossible (il faudrait damiqtam pour le féminin singulier). Il faut donc restituer dam-qa-[tim] pour damqātim et supposer que le logogramme GÌR recouvre un pluriel (šēpī Dagan…). Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 22/05/2021: M. Béranger (note(s)) ARM 10 63 Lettre de Dam-huraṣi à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°63); LAPO 18, 2000, p. 300 (n°1117) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na] be-lí-ia 2 [qí]-bí-ma um-ma (munus)da-am-KÙ.GI 4 [G]EME₂-ka-a-ma [bu-l]u-uṭ ša-al-ma-ku 6 [é-ká]l-lum ša-lim [MUNUS.TUR].MEŠ ša-al-ma 8 [mi]-im-ma li-ib-bi [be-l]í-ia la [i]-na-⸢’ì⸣-[i]d R.10 i-na-an-na šu-lum be-lí-ia a-na ṣe-ri-ia 12 lu-ú ka-ia-an ù li-ib-bi 14 ma-di-i[š] li-ih-du ša-ni-tam (d)da-gan be-el pa-ag-re-e 16 ú (d)i-túr-me-er LUGAL ma-ri(ki) a-ia-bi-ka ù na-a[k]-ri-ka 18 [a-n]a qa-t[i]-ka T. [li-ma-al]-lu-ú Traduction: Dis à mon Seigneur : ainsi parle Dam-huraṣi, ta servante. Porte-toi bien ! Je suis en bonne santé. Le palais est en bonne santé. Les fillettes sont en bonne santé. Il ne faut pas que le cœur de mon Seigneur s’inquiète. En fait, que des nouvelles soient continues chez moi, pour qu’ainsi mon cœur se réjouisse grandement  ! Autre chose  : puissent Dagan à qui on doit le sacrifice du pagrum et Itur-Mer de Mari livrer pleinement à ta main tes ennemis et ceux qui te sont hostiles  ! Notes: 16) Pour LUGAL = bêlum pour désigner le rapport d’une divinité à sa ville de culte, cf. MARI 4, p. 163. En fait, la traduction par «  roi  » est trop forte et a des implications en français qui vont sans doute très au delà du sens antique ; bêlum a ici la même valeur que dans bêl dînim, etc., et signifie  : «  celui de…  ». Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 64 Lettre de Dam-huraṣi à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°64); LAPO 18, 2000, p. 302 (n°1122) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)da-am-KÙ.GI 4 GEME₂-ka-a-ma bu-lu-uṭ ša-a[l-m]a-ku 6 é-kál-l[um š]a-lim MUNUS.TUR.MEŠ ša-al-ma 8 mi-[im-m]a li-ib-bi T. [be-lí-i]a la ⸢i⸣-[na-’ì-id] 10 ša-ni-tam šu-lum be-lí-ia R. eš-me-ma li-ib-bi 14 ma-di-iš ih-du i-na-an-na šu-lum be-lí-ia 16 a-na ṣe-ri-ia lu-ú ka-ia-an-ma 18 ù li-ib-bi li-ih-du Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Dam-huraṣi, ta servante. Porte-toi bien  ! Je suis en bonne santé. Le Palais est en bonne santé. Les fillettes sont en bonne santé. Il ne faut pas que le cœur de mon Seigneur s’inquiète. Autre chose  : j’ai appris les bonnes nouvelles de mon Seigneur et mon cœur s’est grandement réjoui. En fait, que des nouvelles de mon Seigneur soient continues chez moi afin que mon cœur se réjouisse  ! Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 65 Lettre de Dam-huraṣi à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°65); LAPO 18, 2000, p. 301-302 (n°1120) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na b]e-lí-ia 2 [qí]-bí-ma [um-ma] (munus)da-am-KÙ.GI 4 [GEME₂-k]a-a-ma bu-lu-uṭ ša-al-ma-ku 6 MUNUS.TUR.MEŠ ša-al-ma T. mi-i[m-m]a l[i-ib]-bi 8 [b]e-lí-ia la i-[n]a-’ì-[i]d R. ša-ni-tam iš-tu ša be-lí 10 it-ta-al-ku ma-ti-ma be-lí šu-lum-šu 12 ú-ul iš-pu-ra-am ù li-ib-bi ú-ul ih-du Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi (parle) Dam-huraṣi, ta servante. Porte-toi bien  ! Je suis en bonne santé. Les fillettes sont en bonne santé. Il ne faut pas que le cœur de mon Seigneur s’inquiète. Autre chose  : depuis qu’il est parti, mon Seigneur ne m’a jamais envoyé de ses nouvelles, si bien que mon cœur ne s’est pas réjoui. Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 66 Lettre de Dam-huraṣi à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°66); LAPO 18, 2000, p. 300-301 (n°1118) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na] be-lí-ia 2 [qí]-bí-ma [um-m]a (munus)da-am-KÙ.GI 4 [GEME₂]-ka-a-ma [b]u-lu-uṭ ša-al-ma-ku 6 [é-kál-la]-ka ša-lim [MUNUS.TUR].MEŠ ša-al-ma 8 a-na-ku GEME₂-ka [š]a-al-ma-ku R.10 [š]a-ni-tam be-lí [ú]-ul i-na a-lim 12 [n]u-k[u]-ur-tim wa-ši-ib [šu-l]um be-lí-ia 14 [a-n]a ṣe-ri-ia [lu k[a]-ia-an 16 [ša-ni-tam] (d)da-gan [be-el te]r*-qa(ki) 18 [ù (d)i-túr-m]e*-er [LUGAL ma]-ri(ki) 20 [i-mi-t]a*-ka* [ù š]u*-mi-il₅-ka 22 [li-z]i*-iz*-zu* TL. (…) «2 l. illisibles.  » Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Dam-huraṣi, ta servante. Porte-toi bien  ! Je suis en bonne santé. Ton Palais est en bonne santé. Les fillettes sont en bonne santé. Moi, ta servante, je suis en bonne santé. Autre chose  : n’est-ce pas dans une ville étrangère que mon Seigneur habite ? Il faut que des nouvelles de lui soient continues chez moi. Autre chose  : que Dagan de Terqa et Itur-Mer de Mari se tiennent à ta droite et à ta gauche. (Lacune.) Notes: 12) Thème parallèle dans LAPO 18 n°1217. «  Hostile  » fait ici peu de sens  ; on rapprochera plutôt de ce que dit Inib-šarri, LAPO 18 n°1256. Le roi se trouve donc simplement à l’étranger, loin des protections qu’il peut espérer normalement. 20-21) Pour cette idée, cf. LAPO 18 n°1117 et 1119 mais surtout l’Épopée de Zimrî-Lîm, citée dans MARI 4, p. 328  : «  Marche Annunitum à sa droite  !  », etc. 23) Le texte est aujourd’hui illisible, mais il est possible qu’il se soit agi simplement de ana qâti-ka âyabî-ka lîmallû, «  qu’ils donnent à ta main pleine mesure de tes ennemis  !  », comme dans LAPO 18 n°1117 et 1119. Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 67 Lettre de Dam-huraṣi à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°67); LAPO 18, 2000, p. 302-303 (n°1123) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-[ma] um-ma (munus)da-am-[KÙ.GI] 4 GEME₂-ka-a-ma bu-lu-[uṭ] ša-al-ma-[ku] 6 é-kál-lum ša-[lim] MUNUS.TUR.MEŠ ša-a[l-ma] 8 mi-im-ma l[i-ib-bi] T. be-lí-ia la [i-na-’ì-id] R.10 [š]u-lum be-lí-i[a]° e[š]-me-m[a] li-[ib-bi] 12 ma-di-[i]š i[h-du] i-na-an-na šu-l[um-ka] 14 a-na ṣe-ri-[ia] lu-ú k[a]-a-[ia-an] 16 ù li-ib-[bi li-ih-du] Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Dam-huraṣi, ta servante. Porte-toi bien  ! Je suis en bonne santé. Le Palais est en bonne santé. Les fillettes sont en bonne santé. Il ne faut pas que le cœur de mon Seigneur s’inquiète. J’ai appris des bonnes nouvelles de mon Seigneur et mon cœur s’est grandement réjoui. En fait, que des nouvelles de toi soient continues chez moi, afin que mon cœur se réjouisse  ! Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 68 Lettre de Dam-huraṣi à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°68); LAPO 18, 2000, p. 302 (n°1121) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na be-lí-ia] 2 [qí-bí-ma] [um-ma (munus)da-am-KÙ.G]I 4 [GEME₂-k]a-a-ma bu-lu-uṭ ša-al-ma-ku 6 é-kál-la-ka ša-lim MUNUS.TUR.MEŠ ša-al-ma 8 a-na-ku GEME₂-ka ša-al-ma-ku 10 ša-ni-tam a-di ma-ti be-lí [šu-lum-šu] 12 [la-a i-ša-pa-ra-am] [i-na-an-na a-nu-um-ma] 14 [be-lí šu-lum-šu] [ú-ul iš-pu-ra]-am*-ma* 16 [ù li-ib-bi ú-ul ih]-du* […] 18 […]-ma* (…) «  2(?) l. manquent.  » Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Dam-huraṣi, ta servante. Porte-toi bien  ! Je suis en bonne santé. Ton Palais est en bonne santé. Les fillettes sont en bonne santé. Moi, ta servante, je suis en bonne santé. Autre chose  : jusque à quand mon Seigneur ne m’enverra-t-il pas de ses nouvelles ? Mon Seigneur ne l’a pas fait et mon cœur ne s’est pas réjoui  ! (Lacune.) Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 69 Lettre de Dam-huraṣi à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°69); LAPO 18, 2000, p. 303 (n°1124) [trad.]. Reproduction: Tablette: a-na [be-l]í-ia 2 qí-[bí]-ma [u]m-ma (munus)dam-hu-ra-[ṣi-im] 4 GEME₂-ka-a-ma (I)la-ri-im-be-lí 6 ik-šu-dam-ma T. [l]i-ib-bi it-t[u]-u[h] R.8 i-n[a-an-na a-nu-um-ma] be-lí ṭà-ba-t[im] 10 li-ša-bi-la-am li-⸢ib⸣-bi la i-na-á['-'ì-id] Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Dam-huraṣi, ta servante. Larim-beli est arrivé ici et mon cœur s’en est apaisé. Maintenant, il faut que mon Seigneur me fasse porter de bonnes (nouvelles), afin que mon cœur ne s’inquiète pas  ! Notes: 5) Larim-beli, alias Larim-bahli (cf. ARM 10 127  : 5), semble avoir été un messager de Zimri-Lim, d’où le contentement de la reine qui a certainement reçu par lui des nouvelles de son époux. Dans A.1941 on le voit clairement être chargé d’une mission par Zimri-Lim auprès d’Ibal-addu. Il est vraisemblable que c’est le même individu qui est considéré par ARM 16/1, p. 144, comme un «  agent commercial  ». ARM 3 56  : 5 le montre pratiquant le commerce sur l’Euphrate et, selon d’autres textes (M.8569  ; M.10497 [ZL. 6’]), il est impliqué dans des affaires de vin. Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 13/11/2017: M. Béranger (correction signe a'₄ en á' (AH)) ARM 10 70 Lettre de Dam-huraṣi à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°70); LAPO 18, 2000, p. 303-304 (n°1125) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-i[a] 2 [qí-b]í-ma [um-m]a [(munus)d]a-am-KÙ.G[I] 4 [GEM]E₂-[k]a-m[a] [aš-šum ṭe₄]-e-em a-wa-tim 6 [ša be-l]í iš-tu te[r-q]a(ki) [a-ia-ši ši]-ip-ṭà-am iš-pu-ra-am 8 [wu-ur-tam š]a*-a*-[t]i* e-pu-úš [ù a-hi] ⸢ú⸣-ul ad-di i-ge-ru-um 10 [ša be-lí-i]a [m]a-di-iš [da-m]i-iq [li-ib-bi be]-lí-ia l[i-ih]-du T.12 [ù pa-na-n]u*-um* sa*-di*-[ir-ma] [ṭe₄-ma-am g]a-am-ra-am° 14 [mi-im-ma] šu*-um*-šu* [aš-ta-na-pa-ra-a]k-kum R.16 [ù ha-r]a*-an be-lí-[ia] [a-n]a qa-ṭú-na-an(ki) 18 i[k]*-šu-ud-ma KASKAL ka-le-et-ma [it]-tu*-ru-nim* an*-na-nu-um-ma 20 [ap-t]a-ar-dam [li-i]b-bi be-lí-ia mi-im-ma 22 la i-qa*-bí* ša-ni-tam {im} [ṭu]p-p[í] be-l[í]-ia li-il-li-kam-ma 24 [l]i-ib-bi li-ih-du Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Dam-huraṣi, ta servante. Concernant l’affaire pour laquelle mon Seigneur m’a envoyé un commandement depuis Terqa, j’ai réalisé cette mission. Je n’ai pas ménagé mes efforts. L’augure qui concerne mon Seigneur est grandement favorable. Que son cœur soit satisfait  ! En outre, précédemment, continuellement, j’ai toujours envoyé un rapport détaillé sur quoi que ce soit. Or, la caravane de mon Seigneur, arrivée à Qaṭṭunan, a été retenue. Ils ont dû revenir et, ici-même, j’ai été très inquiète. Que le cœur de mon Seigneur ne trouve rien à en redire  ! Autre chose  : que m’arrive une tablette de mon Seigneur, afin que mon cœur se réjouisse  ! Notes: 9) L’igerrûm favorable indique ici qu’il s’agissait d’une interrogation oraculaire, mais restaurer [te-er-tam] au début de la l. 8 reviendrait à faire de la reine une praticienne de la divination  ! Avec une autorité politique l’expression consacrée est têrêtim /têrtam šûpušum. 12) sadir-ma est employé ici absolument comme puhur-ma «  ensemble  ». 19-20) Il a dû se produire un incident qui a arrêté à Qaṭṭunan une caravane qui devait rejoindre l’armée royale, ce qui explique un hiatus manifeste dans la transmission des nouvelles, dont le roi s’est plaint (cf. l. 22  !). Le retour des messagers avait dû grandement inquiéter la reine qui ne savait pas ce qui s’était passé  ; pour l’épisode, cf. la lettre de Šibtu LAPO 18 n°1132. Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 71 Lettre de Dam-huraṣi à Sin-muballiṭ. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°71); LAPO 18, 2000, p. 299-300 (n°1115) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (d)EN.ZU-mu-ba-li-iṭ 2 qí-⸢bí⸣-ma um-ma (munus)[d]a-am-KÙ.GI 4 be-la-at-ka-a-ma bu-lu-uṭ ša-al-ma-ku 6 a-na mi-nim ma-ti-ma R. šu-[lu]m-ka ú-ul t[a-š]a-pa-r[a-am] 8 ša-ni-tam š[u-l]um-ka ù šu-lu[m] a-hi-ka 10 a-na ṣ[e-r]i-ia lu-ú ka-ia-an 12 i-na-an-na šum-ma ta-ra-ma-ni ⸢a⸣-[l]a-ak LUGAL an-ni-iš T.14 an-ni-tam la an-ni-t[am] šu-up-ra-am Traduction: Dis à Sin-muballiṭ  : ainsi (parle) Dam-huraṣi, ta reine. Porte-toi bien  ! Je suis en bonne santé. Pourquoi ne m’écris-tu jamais de tes nouvelles  ? Autre chose  : que des nouvelles de toi et de ton frère soient continuelles chez moi  ! En fait, si tu as de l’amitié pour moi, écris-moi, oui ou non, si le roi vient ici. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 28/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 72 Lettre de Dam-huraṣi à Sin-muballiṭ. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°72); LAPO 18, 2000, p. 300 (n°1116) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na (d)EN].ZU-mu-ba-li-iṭ 2 [qí]-bí-ma [um]-ma (munus)da-am-KÙ.GI 4 [be-l]a-at-ka-a-ma [š]a-al-ma-ku 6 [š]u-lum-ka a-na ṣe-ri-ia [lu-ú] ka-ia-an R.8 [š]a*-ni*-[tam aš-šum] [(munus)…] 10 [(munus)a-ba-ra-ka-tim] [a-na ṣe]-er LUGAL 12 [aš-p]u*-ur* i-zi*-iz*-ma* at*-ta LUGAL hu-sí-is 14 (munus)a-ba-ra-ka-tum ša-ti a-na-ku e-le-qé-ši Traduction: Dis à Sin-muballiṭ  : ainsi (parle) Dam-huraṣi, ta reine. Je suis en bonne santé. Que des nouvelles de toi soient continues chez moi  ! Autre chose  : j’ai écrit au roi au sujet de dame…, l’intendante. Présente-toi  ; toi-même, fais-(y) penser le roi. Cette intentante, c’est moi qui dois la prendre. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 28/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 73 Lettre de Inib-šarri à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Ašlakka. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°73); LAPO 18, 2000, p. 475-478 (n°1249) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ⸢be-lí-ia⸣ qí-b[í-ma] 2 um-ma i-ni-ib-LUGAL GEM[E₂-ka-a-ma] i-na pa-ni-tim-ma i-nu-ma [na-ak-ra-am] 4 ša i-da-ma-ra-aṣ be-lí i-na […] i-du-ku (I)i-túr-ás-du-ú° 6 a-na i-ba-al-(d)IŠKUR ke-em [iq-bi] um-ma-mi šu-ma a-di ma-ti x-[o] 8 an-ni-ke-em šu-šu-ba-ta-[a] ù i-tu-ur-ma (I)i-túr-ás-d[u-ú] 10 aš-šum É ia-ap-hu-ur-li-im T. ke-em iq-bi-šum um-ma-mi 12 ba-lu-um LUGAL É ia-ap-[hu-ur-li-im] la te-[l]e-[qé] R.14 LÚ da-an as-s[ú-ur-ri] LUGAL li-ib-ba-t[i-ka im-ma-li] 16 ⸢ù⸣ a-na-ku an-né-t[im-ma] ad-bu-ub-šum ⸢ú⸣-ul [i-qú-ul] 18 É LÚ še-t[u] i[l*-qé-ma] aš-šum a-wa-tim an-né-ti[m-ma] 20 (I)i-túr-ás-du id-bu-ub° [i-ba-al-(d)IŠKUR] LÚ.MEŠ sa-ra-ri uš-ta-[aṣ-bi-it-ma] 22 ka-ar-ṣi-šu i-[ku-lu] ki-ma ṭup-pí ka-a[r*-ṣí-šu-ma] 24 ⸢i⸣-tu-ur-ma i-[ba-al-(d)IŠKUR] T. [a]-na LÚ*.MEŠ* [sa-ra-ri] 26 ke-em [iq-bi um-ma-mi] a[l*-ka-nim É-sú le-qé-nim] TL.28 um-ma at-tu-nu-ma i-túr-ás-du ú-ša-hi-za-né-[ti] ù na-ap-sa-am ni-du-uk* ṭe₄-mu-um an-nu-um 30 ša* ÌR* ha-am-mi-ša-gi-iš-ma LÚ.MEŠ šu-nu-ti {x x} LÚ šu-ú uš-ta-aṣ-bi-it Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Inib-šarri, ta servante. Naguère, lorsque mon Seigneur avait battu l’ennemi de l’Ida-Maraṣ à …, Itur-Asdu avait dit ceci à Ibal-Addu  : «  Jusque à quand…, resteras-tu tapi ici  ?  » En outre, au sujet de la maison de Yaphur-Lim, Itur-Asdu lui avait aussi dit  : «  Ne prends pas, sans l’autorisation du roi, la maison de Yaphur-Lim  ! L’homme est tabou. Il ne faudrait pas que le roi soit en colère contre toi.  » Quant à moi, je lui avais tenu le même discours, sans qu’il s’en soucie  ; il a pris la maison de cet homme. Vu qu’Itur-Asdu lui avait tenu ces propos, Ibal-Addu avait suscité des pillards mais on l’a dénoncé. Malgré la tablette le dénonçant, derechef Ibal-Addu a dit à des pillards  : «  Allez prendre sa demeure  ; vous direz  : “C’est sur information d’Itur-Asdu que nous avons tué la créature.”  » Cette nouvelle vient d’un serviteur de Hammi-šagiš  : c’est lui qui a suscité ces pillards. Notes: 4) L’événement nous aurait donné la date de la disparition de Yaphur-Lim dont la situation est indécise  ; J.-R. K. le montre attesté entre ZL 3’ et la fin du règne. Je ne crois pas à la restauration [da-am₇-da-am] de ARM10, p. 110 car l’événement se serait produit en ZL 2’, ou au tout début du règne, 2 dates invraisemblables pour les protagonistes. 7) L’expression ummâmi…-ma est une variante rare pour la formule usuelle umma… ma introductrice du discours direct, typique de certains comme avant tout le chef de district de Tuttul, Lanasum. La collation montre en outre qu’une restauration [at-ta] à la fin de la l. 7 n’est pas possible. Le signe TI y est suivi par une amorce de Winckelhacken. il faut penser à KI, IN, TU, etc. Le plus simple est peut-être k[e-em], «  ainsi  ». 7-8) Le texte ne fait certainement pas allusion ici aux malheurs conjugaux d’Inib-šarri, comme l’a résumé ARM 10, p. 8, s. n. Šûšubum est ici intransitif. Il pourrait s’agir soit d’un emploi absolu pour ṣâbam šûšubum «  disposer une troupe en embuscade  », soit plutôt d’un emploi augmentatif pour wašâbum «  être inactif  ». Le sens contextuel est cependant celui, non pas d’une inaction oisive, mais de l’attente avant un mauvais coup. Cela est en accord avec le substantif šûšubtum qui signifie lui-même «  embuscade, embûche  ». Šûšubum devait donc se dire d’un animal sauvage à l’affût. Itur-Asdu s’attendait à voir Ibal-Addu commettre un mauvais coup. 10) L’affaire est racontée dans A.1941, citée ci-dessus, mais attribuable à Y(a)phur-Lim d’après le contexte  : «  … Ibal-Addu m’a dit  : “Pourquoi es-tu allé chez Zimri-Lim  ?” Voilà la raison pour laquelle il a emporté ma maison, mes gens et mes filles. Derechef je suis allé chez mon Seigneur. Du fait que je suis allé chez mon Seigneur, Ibal-Addu a vendu à Hurra mes filles, la prêtresse de Šamaš et la prêtresse de Sin, pour 50 sicles d’argent. Mon Seigneur a envoyé Belšunu, son serviteur, à Ibal-Addu, lui dire  : “Libère les gens de Yaphur-Lim  !” Ibal-Addu ne s’est nullement soucié de ce que lui disait mon Seigneur  ! etc.  » 14) «  Puissant  » (ARM 10, p. 110) est à l’exact opposé de la situation où se trouve Yaphur-Lim  ! Pour ce sens de dannum, «  tabou  », «  auquel on ne doit pas toucher  », «  Le culte des bétyles  ». 22) Le recours à une tierce personne (en l’occurrence, on recherchait des gens qui ne soient pas impliqués dans les lourds systèmes de serments de l’époque) est courant dans les lettres de Mari. Pour ces techniques consistant à tourner les serments, cf. M. G., Jurer et maudire, p. 78 sq.  ; pour les pillards-sarrârum, cf. LAPO 17 n°481 et p. 503. Une première fois, la manœuvre avait pu, semble-t-il, être dénoncée à temps. 23) Le sens donné à kîma est contextuel. On peut garder, néanmoins, le sens banal de «  dès, de façon concomitante…  ». 29) La lecture napsam nidûtim «  vieille affaire  » de ARM 10, p. 265, à partir d’un pseudo «  mors à l’abandon  », gardée par CAD N, p. 315b, qui proposerait «  bag of rubbish  » est non seulement dénuée de sens, mais totalement hors contexte  ! Le très clair TIM de G. D. est en fait un UK  ! Napsum est connu comme un NP (hypocoristique sur la série Napsî-…). En faire le nom de la région où se trouvait Izallu, serait envisageable, s’il était attesté dans la lacune de ARM 28 62  : 11  : ⸢a⸣-di n[a-ap-si]-i-im(ki), ce qui conviendrait très bien à l’horizon géographique. Jusqu’à preuve du contraire, il vaut mieux considérer qu’il s’agit ici d’une désignation malveillante de Yaphur-Lim. Dans la série onomastique napsum est considéré comme un substantif sur NPŠ, «  respirer, vivre  ». Napsum pourrait donc être un équivalent d’awîlum, «  homme  », que l’on attendrait d’ailleurs ici. 31) «  Lui  » désigne naturellement Ibal-Addu. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 28/08/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 74 Lettre de Inib-šarri à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Ašlakka. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°74); LAPO 18, 2000, p. 464-466 (n°1242) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 116 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na be-lí-ia qí-bí-ma] 2 [u]m-m[a i-ni-ib-LUGAL] GEME₂-[ka-a-ma] 4 aš-šum mu-ru-uṣ [l]i-ib-bi-ia 1-šu 2-šu ⸢a⸣-[na ṣe]-er be-lí-ia 6 aš-pu-ra-am ⸢ù⸣ b[e-l]í ki-a-am iš-pu-ra-am um-ma-[m]i [a]l-ki 8 a-na áš-la-ak-ka-a(ki) er-bi-ma la ta-ba-l[a*-ka-ti-ni a]l*-ki be-lí an-ni-tam 10 iš-pu-ra-am ⸢i-na⸣-an-na a-na áš-la-ak-ka-a(ki) e-ru-ub-ma mu-ru-uṣ li-ib-bi-im 12 ma-di-iš a-⸢na⸣-aṭ-ṭà-al (munus)aš-ša-at i-ba-al-(d)IŠKUR 14 ši-ma šar-ra-at ù MU.DU.[HI.A] a-lim(ki) áš-la-ka-a(ki) ù a-la-⸢né-e⸣ 16 MUNUS ši-ma im-ta-na-ah-ha-ar ù i-ia-ti i-na tu-ub-qí-im 18 ú-še-ši-ba-an-ni-ma T. ki-ma (munus)li-il₅-la-tim 20 i-na qa-ti-ia le-ti-i[a*] uš-ta-aṣ-bi-ta-an-n[i] 22 ⸢a⸣-ka-al-šu ù ša-te*-[šu] R. i-na ma-ha-ar (munus)aš*-[ša-ti-šu] 24 ka-ia-an i-na-ia [da-al-pa] ù pí-ia bi-te-[ru-ú] 26 ma-aṣ-ṣa-ar-tam e-l[i*-ia] ud-da-an-ni-in-m[a]* ša*-n[i*-tam] 28 šu-um be-lí-ia ⸢du*-un*-nu*-un⸣* ù a-na-ku an-ni-k[e-em°] 30 mu-ru-uṣ li-ib-[bi]-im a-na-aṭ*-[ṭà]-al 1 nam-ha-ra-am ù 2 G[AL.HI.A KÙ].GI* 32 ša be-lí a-na ṣe-er i-ba-al-(d)IŠKUR ú-te-er-ra-aš-šum 34 ú-ul él-qí-ma nam-ha-ra-am ⸢ù⸣ GAL.HI.A ši-na-ti ú-ul id-di-n[am] 36 šum-ma-an ši-ir be-lí-ia i-r[a-am] [ù] ⸢i⸣-ia-ti-ma-an GEME₂-ka {x} ha*-[aš]-ha*-[a]n*-ni 38 ša-[ni-tam a-n]u-um-ma a-na ṣe-er be-lí-ia x [o o o o wu]-⸢ú⸣*-ri-im 40 […]-im (…) «  2 l. + 4 l.  » TL. [ki-ma a-i]a*-bi be-lí-ia**-[ma] 2' [be-lí ÌR.MEŠ-šu]-ma [li]-iṭ-[r]u-dam-ma 4' ù a-na ṣe-er be-lí-ia l[i-i]t-ru-ni-in-ni₅* 6' ù** pa**-ni** be-lí-ia lu-[mu]-u[r] Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Inib-šarri, ta servante. J’ai écrit au moins 2 fois chez mon Seigneur à propos de mes griefs. Il m’avait répondu  : «  Va  ! Entre à Ašlakka  ; pas de désobéissance  ! Va  !  » Voilà ce qu’il m’a écrit. Maintenant, je suis entrée à Ašlakka et j’ai encore plus de sujets de mécontentement. L’épouse d’Ibal-Addu, elle seule, est reine  ; et les envois de la ville d’Ašlakka et des différentes cités, c’est toujours cette femme qui les reçoit  ! Quant à moi, il m’a placé à résidence dans le harem, et il me fait tenir les joues dans mes mains comme une simplette. C’est toujours devant la femme, son épouse, qu’il prend sa nourriture et sa boisson. Toujours mes yeux larmoient  ; en outre, ma bouche a faim. Il vient de renforcer sa garde sur moi. Autre chose  : le renom de mon Seigneur est très fort, mais moi, ici, je ne vois que sujets de mécontentement  : je n’ai pas reçu le récipient ni les 2 vases de luxe (GAL) en or que mon Seigneur m’a envoyés en retour chez Ibal-Addu  ; il ne m’a pas donné le récipient ni ces vases de luxe. S’il aimait la personne de mon Seigneur, alors il me désirerait, moi, ta servante  ! Autre chose  : voici que pour envoyer… chez mon Seigneur... (Lacune de 6 l.) ... Il se comporte tel un ennemi de mon Seigneur. Il faut que mon Seigneur m’envoie ses serviteurs pour me ramener chez lui, de sorte que je (re)voie son visage. Notes: 9) La compréhension «  ne pleure plus  !  » (ARM 10, p. 113) est impossible, vu la place qui sépare BA du (pseudo) A. Nabalkutum n’a pas uniquement le sens dramatique de «  se rebeller  », mais peut être employé dans les rapports privés pour indiquer que l’on déçoit les espérances légitimes de quelqu’un  ; cf. F. R. Kraus, AbB 10, p. 13, n. g. Pour l’ordre pressant alkî… alkî, courant à l’époque, cf. qibê qibê dans la bouche de Hammu-rabi (ARM 26/2 384  : 30’), etc. 15) On peut comprendre «  les autres villes du royaume  », ou «  les autres capitales  ». 17) Pour le tubqum, désignation du harem, cf. LAPO 16, p. 82. 19) Lillatum signifie au propre «  sotte  »  ; cela pourrait être une simple épithète descriptive, d’auto-dérision  ; mais comme par ailleurs une lillatum est attestée lors de distributions à des personnalités religieuses (ARM 21, p. 444, n. 9), il pourrait s’agir, comme pour les «  folles  » (mahhûtum) d’un type humain très précis, une «  femme possédée par le démon Lillum  ». 24) Le CAD K, p. 38b ne connaît kayân que pour le dialecte SB. Il ne peut être cependant exclu que le texte soit fautif pour kayân, usuel à Mari. 24) La restauration ad sensum convient à la place. Dalpum se dit couramment des yeux de celui qui a perdu le sommeil  ; pour le sens de DLP, cf. LAPO 18 n°997, n. c). 28) Il y a certainement ici glissement de pensée de la «  force de la garde  » qu’on impose à la princesse, à la «  force du renom  » de son père. 33) Pour ces dons et contre-dons, cf. LAPO 16, p. 75 sq. et 398 sq. Il semble ici (le ventif de la l. 33 peut être ainsi interprété) que l’envoi fait à Ašlakka depuis Mari ait été fait pour le couple Ibal-Addu et Inib-šarri. 36) Il y a certainement ici un double sens de šîrum, «  chair  », qui désigne aussi bien la personne du roi que sa descendance. 37) Quel sens précis donner ici à hašâhum  ? Inib-šarrri pourrait se plaindre du manque d’intérêt sexuel de son époux pour elle. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 27/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 03/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 75 Lettre de Inib-šarri à Šunuhra-Halu. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Nahur. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°75); LAPO 18, 2000, p. 473-474 (n°1247) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na šu-nu-uh-ru-ha-lu 2 qí-bí-ma um-ma (munus)i-ni-ib-šar-ri a-ha-at-ka-a-ma 4 aš-šum ṭe₄-mi-im ša aš-pu-ra-ku-um a-nu-um-ma te₉-er-ha-tam₄ a-na ṣe/-er 6 LUGAL be-lí° uš-ta-bi-lu-nim a-wa-tam ša-ti ku-I[Z]*-ra-am 8 ù a-wa-ti-ia d[u]-un-ni₅≤-na≥-am T. i-nu-ma LUGAL ṭup-pa-a[m] 10 [ú-w]a-a-ru-ka at-ta a-wa-tàm da-na≤-ta≥-am R.12 i-na ṭup-pí-im šu-ṭì-[ra]-am-ma ù šu-bi-la-šum 14 ù a-na i-túr-ás-du a-wa-tim da-na-tim aš-šum-mi-ia 16 i-na IGI LUGAL šu-ku-un-šum ša-ni-tam aš-šum (I)li-bur-be-lí 18 (I)sa-am-mé-e-tar ù ha-ad-na-am/-mu-ur [LU]GAL ú-da-ab-ba-bu T.20 ù at-ta ke-e-em a-pu-ul um-ma at-ta-ma 22 6 MA.NA KÙ.BABBAR ša MUNUS TL. te₉-e-ra-n[im] ù LÚ GIŠ*.TIN* 24 ta-ra-[nim] ù šu-lum-k[a]* [lu-ú še-m]u-⸢ú⸣* Traduction: Dis à Šunuhru-halu : ainsi parle Inib-šarri, ta sœur. À propos de ce que je t’ai écrit, voilà qu’on fait porter la contre-dot (terhatum) chez le roi, mon Seigneur. Arrange cette affaire. Par ailleurs, donne de la force à mes propos ! Lorsque le roi t’aura donné les grandes lignes de la tablette, écris de fermes propos sur la tablette et fais-(la)-lui porter. Par ailleurs, tiens à son intention de fermes propos à Itur-Asdu, devant le roi, à mon sujet. Autre chose : Sammetar et Hadnammur ne cessent de se plaindre au roi à propos de Libur-beli  ; alors, toi, réponds en ces termes : « Rendez les 6 mines d’argent de la femme, ou rendez le vigneron ! » Par ailleurs qu’ils entendent de tes nouvelles ! Notes: 13 et 16) « Lui », « son » renvoient à Ibal-Addu, roi d’Ašlakka, non nommé ; le « roi », ici, désigne Zimri-Lim. 9-13) Pour ce passage, cf. D. Ch., FM 5. Le verbe wu’’urum renvoie à la pratique consistant à rédiger un brouillon en gros, suite à la discussion avec le roi, où les grands traits du message sont arrêtés (cf. ARM 23, p. 87-91). On voit ensuite que le soin de la rédaction et le choix précis des mots sont remis au secrétaire, lequel pouvait donc donner à la missive le « ton » qu’il voulait. 22) C’est elle-même qu’Inib-šarri désigne ainsi ; l’affaire est identique à celle de LAPO 18 n°1246. 23-24) Cette phrase a été écrite difficilement. Il semble qu’à la l. 23, il vaille mieux lire ù≤-lu≥. Il serait effectivement plus normal de trouver l’éventualité « rendez l’argent » ou « rendez l’esclave ». Le métier est écrit de façon non-orthographique LÚ.GEŠ.TIN au lieu du LÚ.GEŠTIN de ARM 10 79  : 15. L. 24, l’impératif ta-ra-nim se retrouve dans ARM 14 75: 14 ; mais une restauration -n[i-iš]-šu n’est pas possible. 25) On dirait qu’un coup de couteau a enlevé la plus grande partie de la l. 25, laquelle ne semble pas érasée. La formulation finale est inusitée ; doit-elle être prise dans un sens menaçant ? Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 03/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 76 Lettre de Inib-šarri à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Ašlakka. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°76); LAPO 18, 2000, p. 466-468 (n°1243) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 116 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia qí-bí-ma 2 um-ma (munus)i-ni-ib-LU[GAL] GEME₂-ka-a-[ma] 4 i-na pa-ni-tim [um-ma at-ta-ma] ⸢a⸣-al-ki wa-ar-[ka-at] 6 a*-wa-ti-ki pu-ur-s[i]-[im] šum-ma ú-ul ri-it-tum 8 qa-qa-ad-ki ku-ut-mi-ma at-l[a]-ki-im R.10 ⸢e⸣*-l[i* ša pa-n]a-nu-um [w]a-ar-ki-t[um] 12 i-te-et-ru iš-[tu (i₇)h]a-bu-ur {ki} i-ti-qú wu-ur-t[i be-lí-ia] 14 i-zi-ib-ma ⸢ù⸣ [be-lí] a-na na-hu-ur[(ki)] 16 ú-še-ri-ba-an-ni i-na-an-na be-lí [ÌR.MEŠ-šu] 18 li-iš-pu-ur-ra-am-[ma] ⸢ù⸣* [l]i-it-ru-ni-[in]-ni Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Inib-šarri, ta servante. Naguère, tu m’avais dit  : «  Allons  ! Vois ce qu’il en est de ta situation. Je t’assure que la décence le demande  ! Couvre-toi de ton voile et pars  !  » Je te jure que la suite a dépassé ce qu’il y avait eu avant  ! Une fois qu’il a eu dépassé le Habur, il a oublié ce que mon Seigneur lui avait recommandé. Donc, mon époux m’a fait entrer à Nahur. En fait, il faut que mon Seigneur envoie des serviteurs à lui, afin qu’on me remmène. Notes: 4) Ou bien [um-ma be-lí-ma]. 7) Après beaucoup d’hésitations et divers essais de compréhension, je pense aujourd’hui, d’après la reconstitution du «  film des événements  », que šumma ûl rittum forme une phrase indépendante et exprime une affirmation très forte. Selon la compréhension traditionnelle  : «  (Que je meure) si ce n’est pas ce qui est décent  !  ». 8) En m. à m.  : «  couvre ta tête.  » Il est délicat de comprendre l’expression. Assurément les gens voyagent à l’époque tête couverte, éventuellement d’une perruque-huppurtum  ; cf. J.-M. D., NABU 91/52. Il peut donc s’agir du simple équivalent du français populaire  : «  prendre son chapeau et partir.  » D’un autre côté, le rituel de mariage comportait à l’époque la prise du voile kutummum. Zimri-Lim pourrait donc vouloir dire «  Pars, et affirme ainsi ton statut de femme mariée  !  », pour ne pas rompre ouvertement avec l’époux. Nous ne savons pas, en effet, si parmi les actes de divorce prenait place un rite de «  dévoilement  » de l’épouse. 10) La place sur la tablette paraît un peu plus grande qu’un simple /ša pa/. A. Finet a voulu voir ici une citation d’Atra-hasis (cf. RA 68, 1974, p. 45) ce qui n’est peut-être pas le lieu. L’expression est en tout cas proverbiale comme le montrent ARM 2 113  : 23-24 et ARM 14 17  : 13’. Les deux traductions de M. B. («  cela ne fera en rien avancer mes affaires  ») ou d’A. F. («  plus qu’auparavant l’avenir est chargé  ») sont trop loin du texte. 12) Cette indication montre que la zone d’administration directe de Zimri-Lim s’arrêtait à Hasséké, Ṭabatum se trouvant effectivement au sud immédiat de l’actuelle ville syrienne. Une fois cette région franchie, on entrait dans la Haute-Djéziré, parcours des nomades ou districts de l’Ida-Maraṣ. Le KI à la fin de la l. 12 est érasé. 13) La restauration [be-lí] est sans doute courte, mais elle se fonde sur le parallèle de LAPO 18 n°1244. Il faut comprendre qu’il s’agit là de bêlî = «  mon époux  », non Zimri-Lim  ; cf. LAPO 18 n°1232, Note. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 27/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 06/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 77 Lettre de Inib-šarri à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Ašlakka. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978, p. 116-119 (n°77); LAPO 18, 2000, p. 478-479 (n°1250) [trad.]. Reproduction: TCL 31, 1967, pl. 33 (n°77) [copie]. Tablette: F. [a-na be-lí-ia q]í-bí-ma 2 [um-ma (munus)]i-ni-ib-šar-ri [GEME₂]-ka-a-ma 4 ⸢i⸣-[n]a pa-ni-tim-ma ki-ma i-ba-al-(d)IŠKUR a-šar* ša-né-em-ma pa-ni-šu 6 iš-ku-nu a-na [be-l]í-ia aš-pu-ra-am i-na-an-na a-wa-tu-šu 8 i[k-t]u-na it-ti i-lu-hu-ta-yi [li-ba-a]m* ⸢ga*-am*-ra⸣*-am 10 [i-da-bu-ub] [i-na-an-na be-lí] 12 [ÌR.MEŠ-šu li-iṭ-ru-dam-ma] R. [a-na ṣe-er be-lí-i]a* 14 [li-i]t*-⸢ru⸣-n[i*-in]-ni ú ṭe₄-ma-am ma-li a-ta-ma-ru 16 a-na be-lí-ia lu-ud-bu-ub ú-la-šu-ma LÚ šu-ú 18 i-na-ak-ki-ir-ma ki-ma bu-zu-'u₅-um i-ba-aš-ši 20 ú-ba-az-za-'a₄-an-ni ú ṭe₄-ma-am an-né-em 1-šu 2-šu 22 ⸢a⸣-na* i-túr-ás-du aš-pu-ur Traduction: (1-3) Dis à mon Seigneur : ainsi parle Inib-šarri, ta servante. (4-6) Naguère, j’avais écrit à mon Seigneur qu’Ibal-Addu avait des visées subversives. (7-10) En fait, ce que je disais de lui est désormais confirmé. Il témoigne une amitié complète au prince d’Eluhut. (11-16) Hé bien ! Mon Seigneur doit envoyer ses serviteurs pour qu’ils me remmènent chez lui et que je dise à mon Seigneur toutes les nouvelles que j’ai apprises. (17-20) Sinon, cet individu par hostilité me maltraitera autant que faire se pourra. (21-22) En outre cette nouvelle, je l’ai écrite au moins deux fois à Itur-Asdu. Notes: Édition et notes d'après J.-M. Durand, LAPO 18, 478-479. 5-6) En m. à m. : « … qu’Ibal-Addu avait placé sa face vers un autre endroit. » Le SAR est écrit dans ce texte chaque fois HI.IS, d’où la mélecture a-lam de ARM 10. Pour l’expression ašar šanêm signifiant « ailleurs qu’il ne faut… », cf. LAPO 16 n°22, n. t). 9) Pour l’expression libbam gamram itti NP dabâbum, cf. ARM 26/2, p. 537 e). Il doit s’agir ici de Šukru-Teššub. Ce sont les prodromes de la rébellion d’Ibal-Addu, qui entraînera sa chute. 15-16) La princesse légitime son retour par le désir de faire un rapport circonstancié qu’elle ne peut confier à une tablette ; thème fréquent. La traduction de ARM 10, « dont je serai instruite » suppose un texte atanammaru, non atammaru ! Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 18/02/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 18/02/2013: A. Jacquet (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; lemmatisation; traité pour HIGEOMES) ARM 10 78 Lettre de Inib-šarri à Šunuhra-Halu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°78); LAPO 18, 2000, p. 474-475 (n°1248) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 168 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na š[u]-nu-uh-ra-ha-lu 2 qí-bí-ma um-m[a] (munus)i-ni-i[b-šar-r]i 4 a-ha-at-ka-a-ma ṭup-pa-ka ša tu-ša-b[i]-lam 6 eš-me ù a-ah-du ⸢i⸣-na ma-za-zi-ka (d)NIN.⸢É⸣.GAL 8 li-iṣ-ṣú-ur-ka ù i-ge-er-re-e° 10 IGI LUGAL du-um-mì-iq T. ú-ul i-n[a m]a-tim 12 ša-ni-tim wa-aš-ba-ku am-mi-[nim šu-lum-k]a R.14 a-na ṣe-r[i-ia la-a ka]-ia-an ù aš-šum LÚ GEŠT[IN]* 16 ša t[a]-aš-pu-ra-a[m] la-ma ri*-bi-ì*-[lí i-l]a*-kam* 18 ù la-ma ṭup-pí-ka šu-ma im-ta-la-ak-ma 20 i-na ṭú-bi-šu-ma il-l[i]-kam hu-du 22 ù aš-šum ṭe₄-em ni-ši ša ha-al-du*-mu*-lu*-uk* 24 ša ta-aš-pu-ra-am T. e-li-š[u]-nu qa-at-ka 26 lu š[a-a]k-na-a[t] É-tum š[u]-ú É-ka Traduction: Dis à Šu-nuhra-Halu  : ainsi parle Inib-šarri, ta sœur. J’ai eu plaisir à entendre la tablette que tu m’as envoyée. Puisse Belet-ekallim te protéger dans ta fonction  ! En outre, dis en présence du roi un mot en ma faveur  ! N’est-ce-pas dans un pays étranger que j’habite  ? Pourquoi des nouvelles de toi ne sont-elles-pas continues chez moi  ? Au sujet du vigneron, sujet de ta lettre, avant l’arrivée de Ribi-ili et avant ta tablette, il s’était lui-même décidé et était parti de bon cœur. Sois content  ! En outre, au sujet de la famille de Haldu-muluk, que ta protection leur soit assurée  ! Cette maison est ta maison. Notes: 7) Pour cette divinité, cf. «  L’organisation…  », p. 93 sq. 9-10) Pour l’expression igerrâm dummuqum, cf. LAPO 18 n°1195, n. b). 12) La bonne interprétation se trouve dans J. Sasson  : «  Am I not living in a foreign country  ?  » L’antéposition de la négation demande ce sens. Il s’agit d’un un leitmotiv bien attesté  ; cf. à propos du roi lui-même, LAPO 18 n°1118 et 1217. 15) En définitive, Šu-nuhra-Halu s'est bien entremis, mais pour s’assurer les services du spécialiste. 17) «  Mon Dieu est ma compensation  », NP construit sur riâbum. Cet individu n’est pas mentionné ailleurs mais devait être un messager de Šu-nuhra-Halu. 23) Il n’y a pas là comme le croyait L. Oppenheim ou W. Römer, mention de l’Élam. Pour ce NP Haldum-Muluk montrant le «  grand dieu ourartéen  », Haldi, mentionné dès l’époque amorrite en Haute-Djéziré sous la forme Haldum, et plus précisément dans des NP de structure sémitique, cf. MARI 3, p. 277-278. 25-26) En m. à m.  : «  Ta main soit placée sur eux  !  » Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 05/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 06/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 79 Lettre de Inib-šarri à Šunuhra-halu. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Nahur. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°79); LAPO 18, 2000, p. 472-473 (n°1246) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 337-338 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na šu-nu-uh-ra-ha-lu 2 qí-bí-ma um-ma (munus)i-ni-ib-šar-ri 4 a-ha-at-ka-a-ma i-nu-ma (I)za-ku-ra-a-bu-um mar*-ṣú* 6 a-na be-lí-ia aš-pu-ra-am ⸢ù⸣ i-nu-[m]a i-mu-tu U₄ 1[5*.KAM] 8 ú-ul ab-k[i-šu]m ⸢i⸣-n[a] a-lim⸢(ki)⸣ ú-še-ṣú-ni-in-[ni] 10 ù a-na na-hu-ur(ki) at-ta-al-kam T.12 ṭup-pa-am a-na be-lí-ia ú-ša-bi-lam 14 ù be-lí šu-qí-il₅ R. (I)li-bur-be-lí LÚ GEŠTIN* 16 ÌR É ia-ah-du-li-i[m] ki-ma LÚ šu-ú ÌR É i[a]-a[h]-d[u]-li-im 18 eš₁₅-me-ma a-na KÙ.BABBAR a-ša-am-šu i-n[a-a]n-na i-na za-al-lu-ha-an(ki) 20 [LÚ ša-a-ti ì]s*-ki-ra-an-ni [ah-ha-bi-i]t*-ma LÚ šu-ú 22 [sú-uh-h]u*-ur LUGAL li-il₅-qé-šu [i-na na-hu]-ur*(ki)* sí-ra-ši-y[u] 24 […] […] 26 […] T. [šu]m*-ma a-hi at-ta 28 LUGAL šu-qí-il₅-ma TL. [i-na-an-na a-nu-um-ma] 30 [me-hi-ir ṭup-pí-ia] [an-ni-im] ⸢a⸣-na LUGAL 32 [ú-ša-b]i-lam Traduction: Dis à Šu-nuhra-Halu  : ainsi parle Inib-šarri, ta sœur. Lorsque Zakura-abum a été malade, je (l’)ai écrit à mon Seigneur, et lorsqu’il est mort, je n’ai pas pu le pleurer pendant 15 jours. On m’a fait sortir de la ville et je suis partie pour Nahur. J’ai fait porter une tablette à mon Seigneur. En outre, attire l’attention du roi (sur ce fait)  : Libur-beli, un vigneron, était un serviteur de la maison de Yahdun-Lim. Lorsque j’ai appris qu’il en était ainsi, je l’ai acheté. Maintenant, (il est) dans Zalluhan  ; il a mis une barrière entre cet homme et moi  : je suis dépossédée et cet homme a été détourné. Il faut que le roi en prenne possession. À Nahur, des brasseurs... (3 l. disparues.) Si tu es un frère pour moi, fais-le remarquer au roi  ! Voilà que je fais porter au roi copie de cette tablette. Notes: 7-8) Le deuil d’Inib-šarri pour la mort de Zakura-abum, certainement le roi de Zalluhan, vu la mention de cette ville l. 19, ne peut s’expliquer que par une parenté de ce dernier avec la famille royale de Mari. Cela pourrait expliquer la présence à Zalluhan d’un ancien serviteur de Yahdun-Lim. En outre, le texte indique que la déploration-bikîtum durait un minimum de 15 jours. 8) La «  ville  » ne peut désigner ici que Zalluhan. 15) Le texte écrit ici LÚ.GEŠTIN, mais dans LAPO 18 n°1247, LÚ.GIŠ.TIN. Cet «  homme de la vigne  » doit être vraisemblablement lu ša karânim  ; plutôt qu’un spécialiste en vin, cependant, il doit s’agir d’un viticulteur, spécialisé dans les soins à apporter à la plante. 20) Vraisemblablement Ibal-Addu. 22) Le texte est incertain  : [šu-ta-as-hu-u]r ou [šu-us-hu-u]r seraient également possible. 23) Le terme sirâšû, «  brasseur  », est clairement un dérivé en -iyum sur sirâš, la bière. Ce texte donne donc la forme étymologique sirâšiyum. Sans doute ces gens, pratiquant une technique voisine et collègues de Libur-beli, faisaient-ils un rapport sur le sort de leur collègue retenu à Zalluhan. 29-32) Cette lettre n’a pas été retrouvée. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 09/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 06/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 82 Lettre de Inibšina à Zimri-Lim (ana kakkabiya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°82); LAPO 18, 2000, p. 405 (n°1205) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 154 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na k]a-ak-[k]a-bi-ia qí-bí-ma 2 um-ma (munus)i-ni-ib-ši-na-ma ki-ma na-aš-pa-ar-ti 4 ša ta-aš-pu-ra-am É ṭup-pa-tim ša i-na ku-nu-u[k]-ki-ka 6 ka-an-ku ep-te-ma (I)mu-ka-an-ni-šum 8 ù ṭà-ba-at-šar-ru-sú i-zi-zu-ma 10 (I)ig-mi-lum (gi)[PIS]AN.HI.A T. [i]-na mu-du-ti-šu° 12 [ú-k]a-al-li-im-[š]u-nu-ti-ma R. [(gi)PISAN].HI.A 14 [š]a na-ap-ha-ra-at te-bi-ib-tim 16 i-na qa-ta° ra-ma-ni-šu-nu ú-še-ṣú-nim-ma 18 ku-nu-uk-ki ša °bu-lu-ṭim-ma a-na ṣe-ri-ka 20 ú-ša-bi-lam a-nu-um-ma 1 (giš)GU.ZA 1 (giš)GÌR.GUB 22 tam-li (na₄)GIŠ.NU₁₁.GAL ú-ša-bi-lam Traduction: Dis à mon Étoile  : ainsi parle Inibšina. Conformément au message que tu m’as envoyé, j’ai ouvert la pièce, scellée à ton sceau, où il y a les tablettes, en présence de Mukannišum et de Ṭabat-šarrussu. Igmilum leur a montré les coffres à sa connaissance et ils ont fait sortir ceux qui contenaient les totaux du recensement pour leurs propres services. Je fais porter chez toi les tablettes scellées de la ventilation des comptes. Je te fais porter un siège et un tabouret incrusté(s) d’albâtre. Notes: Note  : la même affaire est évoquée dans LAPO 17 n°652 où le nom de la dame est sous la forme Inibšunu  ; cf. N. Z. FM 4, p. 49, n. 307, contre la proposition de M. B. d’y voir l’épouse de Bahdi-Lim. 11) Il n’y a pas de NU, même en haut de la l., comme le montre l’autographie de G. D.  ! 16) Pour cette expression ina qâtâ, cf. FM 2, p. 134. 18) Pour bulluṭum, «  ventiler un compte  », cf. MARI 3, p. 260-263. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 05/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 83 Lettre de Inibšina à Zimri-Lim (ana kakkabim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°83); LAPO 18, 2000, p. 406-407 (n°1206) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na] ka-ak-ka-bi 2 qí-bí-ma um-ma (munus)i-ni-ib-ši-na 4 (I)il-a-(d)IŠKUR iṭ*-[h]e*-em*-ma ki-a-am id-bu-ba-am um-m[a]-a-mi 6 [i]š-⸢tu⸣ U₄ 10.KAM a-na DIDLI* LUGAL [aš-pu-ur]-ma a-ha-an-nu-ma 8 [a-na e-pé-e]š₁₅* [d]u*-ri* (…) «  Lacune de 2+2+3 l.  » R. [KÙ.BABBAR-šu(?)-nu(?) ú-ul] im-ta-ah-[ha-ru-ni-ni₅] 2' [aš-šum ke-em] ú-ul i-ra*-mu*-ni*-⸢in⸣*-ni₅ [i-na-an-na] ṭup-pa-am an-né-em 4' [o o o l]i-zi-bu-nim-ma [a-na SIG₄.AL.U]R*.RA ša i-ip-pé-šu 6' [KÙ.BABBAR-šu(?)-nu(?)] li-im-ta-ah-ha-ru [an-ni-ta]m* il-a-(d)IŠKUR iq-bé-em 8' [aš-šum] (d)UTU* ri-ih-ṣa-am T. [š]a* ki-a-am ma-ti-ma 10' ú-ul a-mu-ur ra-bi ṭe₄-mu-um [š]a in-ne-ep-šu 12' [ú-ul š]a da-ba-bi-im-m[a] TL. [be-lí lu-ú i-di] Traduction: Dis à l’Étoile : ainsi parle Inibšina. Il’a-Addu s’est approché de moi et m’a tenu ces propos : « Depuis 10 jours, j’ai écrit aux travailleurs isolés du roi pour que ceux de cette rive fassent des briques pour la confection du mur. (Lacune de 7 l.) … mais ils n’ont jamais reçu de moi (leur?) argent. Voilà pourquoi ils ne m’aiment pas ! En fait, qu’ils me laissent cette tablette… et qu’ils reçoivent (leur?) argent pour les briques cuites qu’ils feront.  » Voilà les propos que m’a tenus Il’a-Addu. Par Šamaš ! Je n’ai jamais vu une discussion de la sorte. Elle a été forte  ! Les sujets qui s’y sont traités sont indicibles  ! Mon Seigneur est informé ! Notes: 6) Le texte porte clairement DIDLI LUGAL, sans que DIDLI soit érasé comme l’a indiqué G. D. qui n’avait pas compris le passage. Pour les LÚ.DIDLI, «  gens enrôlés individuellement  » et non par clan, cf. LAPO 17, p. 368. 7) Les ahannum sont ici manifestement des gens chargés de faire les briques (cuites) et qui s’attendent à en recevoir un salaire. L’affaire fait cependant scandale, ce qui ne devrait pas être le cas s’il s’agissait de professionnels. Le terme est le même qu’en ARM 5 28  : 9 et 11 où il est écrit de façon défective a-ha-ni. Ma dérivation d’ahum, «  bords du fleuve  » (cf. LAPO 16, p. 288) doit donc être revue en conséquence. Il vaut mieux partir d’un suffixe analogue à celui de haṣṣi’ânum/haṣṣannum (cf. LAPO 16, p. 471.) On trouve la forme ahannâ, «  de ce côté-ci  » dans le dialecte S. B. (cf. CAD A/1, p. 169a-b). 3') C’est-à-dire un acte de reconnaissance. 8') Pour le terme rihṣum, «  palabre  », cf. ARM 26/1, p. 181, sq. 12') Le roi n’accepte que rarement (sous Samsi-Addu) de stipendier en argent (qiršum  ; cf. D. Ch., CRRAI de Prague, p. 100-101 et n. 37-38) des gens mobilisés pour un travail. C’est là où il y a un aspect scandaleux. Pour ša dabâbim, cf. LAPO 17, p. 403. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 15/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 84 Lettre de Inbatum à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Andarig. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978, p. 126-129 (n°84); Joannès ARM 26/2, 1988, p. 328 [trad.]; LAPO 18, 2000, p. 448 (n°1232) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 117-118 [trad.]. Reproduction: TCL 31, 1967, pl. 37 (n°84) [copie]. Bibliographie: Veenhof RA 76, 1982, p. 136-138; Arkhipov ZA 108, 2018, p. 171. Tablette: F. [a-na] be-lí-ia 2 [q]í-bí-ma um-ma in-ba-tum GEME₂-ka-a-ma 4 ṭup-pa-am [š]a be-lí ú-ša-bi-lam eš-me aš-šum URU a-ma-àz(ki) ma-da-tim be-lí ú-úr-ri-k[am*-ma] 6 iš-pu-ra-am URU a-ma-àz(ki) iš-tu pa-na wa-ar-k[i* ha-zi-an-ni] ma-a-at be-lí-ia i-il-la*-ak* ù ki-ma URU šu-ú 8 i-na i-di be-lí-ia iš-lu-ṭú (I)hi-[i]m-di-ia ÌR-ka il-li-ik-ma URU ša-a-t[u] a-na i-di be-lí-š[u] ú-te*-er*° 10 ma-a-tam ša-a-ti ú-ús-ki-in* ù LÚ su-ga-ag-š[u]* ša-ki-in be-lí-ia iš-ku-un mi-im-ma URU ša-a*-[tu] 12 ú-ul iš-lu-ul ki-ma* URU šu-ú wa-ar-ki-k[a i-la-ku] ú-ul i-de i-nu-[m]a be-lí [i]t-ta-al-kam at-t[a ù be-lí] 14 i-na bi-ri-ku-nu du-ub-ba-ma šum-ma URU šu-⸢ú⸣ [URU-ka] be-lí li-id-di-na-ak-k[um] 16 ù aš-šum ša ki-a-am be-lí iš-pu-ra-a[m] [um-ma] be-lí-ma ù a-na-ku ša e-pé-[ši-im] 18 [e]-ep-pé-eš am-mi-nim an-ni-tam T. [b]e-lí iš-pu-ra-[am] 20 [i-n]u*-ma* at-ta ù be-lí ta-áš-t[a-la] R. [be-lí a]-na KÁ.DINGIR.RA(ki) il-li-[ik-ma] 22 [ma-a-tam] ù URU an-da-ri-ig(ki) a-na pa-ni-ka it-[ta-di] 24 ma-a-at ia-mu-ut-[b]a-lim(ki) ma-a-at-k[a] ù URU an-da-ri-ig(ki) URU-ka 26 ma-a-at-ka a-n[a] pa-ni-ka na-di-m[a*] ša e-li-ka ṭà-bu e-pu-[úš] 28 am-mi-nim ša-pa-ra-am a-ni-e-e[m] be-lí iš-pu-ra-am-ma li-ib-bi [im-ra-aṣ] 30 ù ki-ma URU šu-ú it-ti be-lí-ia iš-lu-ṭ[ú]* (I)hi-im-di-ia ú-ul i-de (I)šu-ub-ra-am ù ba*-a[h*]-l[u*-…] 32 mu-ki-il hal-ṣí-im ša be-lí ú-wa-e-ru-šu-nu-ti ki-a-am iš-pu-[r]u-nim um-ma-a-mi URU a-ma-à[z(ki)] 34 ša wa-ar-ki be-lí-ne i-il-la-ku it-t[a-ki-ir] (I)hi-im-di-ia li-le-em-ma ma-a-t[um š]i-[i i-na qa-ti-šu] 36 la uṣ-ṣí ma-a-tum ši-i ma-a-at be-lí-[ne] an-ni-tam iš-pu-ru-nim (I)hi-im-di-ia il-lik*-[ma] T.38 [m]a-a-tam ša-a-ti ú-ús-ki-in Traduction: (1-3) Dis à mon Seigneur : ainsi parle Inbatum, ta servante. (4-6) J’ai pris connaissance de la tablette que mon Seigneur m’a fait porter. Au sujet de la ville d’Amaz, mon Seigneur m’a écrit longuement et en détail. (6-9) La ville d’Amaz, depuis toujours, suivait un chef de district (originaire) du pays de mon seigneur. Donc, c’est parce que cette ville s’était comportée en ville indépendante envers mon seigneur, que Himdiya, ton serviteur, y est allé et a fait revenir cette ville au côté de son seigneur (Atamrum). (10-12) Il a soumis ce pays et il y a installé son scheich commis de mon seigneur. Il n’a nullement pillé cette ville. (12-15) Il ignorait que c’était derrière toi que cette ville marchait (désormais). Lorsque mon seigneur aura fait le déplacement, toi et mon seigneur, discutez entre vous et si cette ville est ta ville, il faut que mon seigneur te la rende ! (16-19) En outre, en ce qui concerne la lettre de mon Seigneur où il m’a dit : « Hé bien ! Je vais faire ce qu’il y a à faire ! », pourquoi mon Seigneur m’a-t-il écrit cela ? (20-23) Lorsque toi et mon seigneur eûtes discuté, mon seigneur partant pour Babylone, a mis le pays et la ville d’Andarig sous ta sauvegarde. (24-27) Le pays du Yamutbal est ton pays et la ville d’Andarig ta ville ! Ton pays est sous ta sauvegarde : fais-lui ce que bon te semble. (28-29) Pourquoi mon Seigneur m’a-t-il écrit un tel message, que je m’en suis offusquée ? (30-31) En outre, Himdiya ignorait que cette ville, (c’était parce qu’elle était) avec mon Seigneur, (qu’elle) s’était comportée en ville indépendante. (31-33) Šub-Ram et Bahl[u-…], à qui mon seigneur avait donné mission d’être les administrateurs du district, avaient écrit en ces termes : (33-36) « La ville d’Amaz qui marche derrière notre seigneur a engagé les hostilités. Il faut que Himdiya monte pour qu’(Atamrum) ne perde pas cette ville ! Cette contrée est contrée de notre seigneur ! ». (37-38) Voilà ce qu’ils avaient écrit. Himdiya est allé et a soumis ce pays. Notes: Édition et notes d'après J.-M. Durand, LAPO 18, p. 448. Une des difficultés de la lettre est de distinguer entre « bêlî » = le roi Zimri-Lim (« mon Seigneur ») et « bêlî » = Atamrum (« mon seigneur ») ; cf. les cas analogues de LAPO 18 n°1223 et 1228 de Kiru et 1232 d’Inbatum. 3) Lorsqu’Inbatum écrit à un serviteur de son père, elle affirme son rang d’épouse d’un des rois les plus en vue de l’époque qui donne du « mon frère » au roi de Mari, même s’il reconnaît la prééminence (au moins conjoncturelle) de ce dernier ; cf. LAPO 18 p. 451. Dans cette lettre, toute de soumission, elle s’adresse à son père en se nommant sa simple « servante ». 6) Il y a manifestement 3 ou 4 signes à la fin de la l. 6 ; haṣṣiânum est ce qui convient le mieux au sens (et aux traces). Un haṣṣiânum du roi d’Eluhut habitait dans cette ville avant d’en être chassé (ARM 26/2, p. 435). 8) Le verbe šalâṭum qui signifie au propre « commander en maître » a souvent le sens dérivé de « se comporter comme un individu sans maître », ce qui revient à dire « cesser de se comporter avec soumission ; avoir des prétentions » ; le terme semble concerner la parole plus que l’action et n’est donc pas l’équivalent de nabalkutum, « désobéir », ou « se révolter », ce qui entraîne des actes de violence. La ville avait dû refuser le tribut ou la conscription en termes insolents. 8) Il s’agit d’un des principaux serviteurs d’Atamrum, celui qui lui succéda au trône d’Andarig, avec l’appui des Babyloniens, en ZL 12’. 10) CAD Š/3, p. 218a, s.v. šukênum, renvoie à CAD T, p. 198, s.v. taqânum (2. tuqqunum), où le verbe est lu ú-táq-qí-in, avec le sens de « to calm, to secure, to put in order ». La confusion entre les signes UŠ et DAG est cependant peu probable. Reste que la forme ú-uš-ki-in est inattendue. [cf. ZA 108, p. 171 - IA] 11) Le suffixe -šu renvoie à Amaz. On connaît bien ce schéma pour les villes du Haut-Pays : chaque roi d’un grand centre n’est pas autre chose qu’un scheich (sugâgum) magnifié par la volonté de son suzerain qui lui accorde le titre de šarrum et l’impose comme une des autorités du pays ; on remarquera le titre de šaknum pour désigner le subordonné politique. Les principaux rois de l’Ida-Maraṣ peuvent, de même, être dits šaknum de Zimri-Lim ; cf. LAPO 16, p. 521 et 18, p. 159. 12-13) Le raisonnement d’Inbatum est spécieux. En passant du côté d’Eluhut, Amaz restait dans l’alliance de Zimri-Lim et Inbatum feint de découvrir que son père avait donné son accord à cela. L’habileté consiste à rétrocéder Amaz à Zimri-Lim pour empêcher que Šukru-Tešsub d’Eluhut ne s’y installe. 13) Inbatum propose qu’Atamrum fasse le voyage vers Mari pour venir s’entretenir de la chose avec son beau-père. 17-18) Cette expression passe-partout et vague prend dans ce contexte une valeur d’extrême menace. Le meilleur équivalent en français serait peut-être : « Je vais prendre mes dispositions » ou « Je sais ce qu’il me reste à faire ». 23) Au sens propre nadûm ina pân signifie « déposer devant » ; le sens contextuel est « confier à ». 27) Je me sépare de la traduction de ARM 26/2, p. 328 ; la formule est trop banale pour ne pas être traduite ici comme partout ailleurs. 30) Je reprends la compréhension de ARM 26/2, p. 328 qui, même si elle paraît contournée, est la seule qui s’inscrive dans le mouvement du texte. 31) C’est le moment où Šub-Ram, l’ex-roi de Šusa, est devenu gouverneur de Šubat-Enlil pour le roi d’Andarig. 35-36) Pour cette expression, ina qât… waṣûm, « échapper à un pouvoir politique », cf. ARM 26/2 140 : 38. Historique: – 26/05/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 18/02/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 18/02/2013: A. Jacquet (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; lemmatisation) – 06/04/2016: A.-I. Langlois (traité pour HIGEOMES) – 27/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 85 Lettre de Inbatum à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Andarig. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°85); LAPO 18, 2000, p. 447-448 (n°1231) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma in-ba-tum GEME₂-ka-a-ma 4 aš-šum (d)IŠKUR.LUGAL ša be-lí iš-pu-ra-am LÚ.TUR šu-ú na-ṣi-ir ù be-lí-ma 6 a-bu-ul-la-tim ik-la-šu [wa-ar-ka-nu-u]m* ke-le-et be-lí-ia 8 [ka-la-am ù-lu] wu-uš-šu-ra-am T. [be-lí li-pu]-úš* 10 [ša-ni-tam aš-šum TÚG.BA.HI.A ša GEME₂.ME]Š* R. [ša …] 12 […] ⸢ù⸣ GEME₂*.MEŠ-šu*-nu* [aš-šum an-né]-tim 14 ú-da-ab-ba-[ba …] šum-ma be-lí i-na ki-[na-t]im 16 i-ra-am-ma-an-ni TÚ[G*.HI.A š]u-nu-ti [a-na qa-a]t wa*-bi-il ṭup-[p]í-ia 18 [be-l]í l[i-i]p-qí*-dam Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Inbatum, ta servante. A propos d’Addu-šarrum, sujet de la lettre de mon Seigneur, cet enfant est au secret et c’est mon seigneur lui-même qui l’a consigné. Par la suite, mon Seigneur fera en sorte de garder captif ou de laisser aller le prétendant au trône de mon seigneur. Autre chose  : au sujet des allocations d’habits des épouses des… (Lacune de 2 l.) … donc leurs épouses s’en plaignent. Si mon Seigneur a réellement du sentiment à mon égard, qu’il remette ces habits au porteur de ma tablette  ! Notes: 5) Le permansif de naṣârum signifie ici qu’on a mis l’enfant dans un endroit naṣrum (surveillé) ou qu’on l’a mis sous bonne garde (maṣṣartum). L’emploi n’est pas courant. 5) On remarque, comme souvent dans les lettres des filles de Zimri-Lim, l’usage de bêlî pour désigner soit leur père, soit leur époux  ; la traduction — cf. LAPO 18 1228 n. h) — distingue les 2 cas. 7) Pour le keltum, kaltum, rival du roi en place et prétendant au trône, cf. la contribution «  Population et Sociétés… » de J.-M.  Durand et J.-R. K., ARM 28, p. 66. Il semble bien qu’ici cet Addu-šarrum soit d’une famille royale collatérale. Il ne faut pas considérer que LÚ.TUR signifie ici «  serviteur  ». Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 11/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 11/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 06/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 86 Lettre de Inbatum à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Andarig. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°86) [trad.]; LAPO 18, 2000, p. 453-454 (n°1234) [trad.]. Reproduction: ARM 10, 1978 (n°86) [copie]. Tablette: F. a-na be-lí-i[a] 2 qí-[b]í-[m]a um-ma (munus)in-[b]a*-[t]um* 4 GEME₂-ka-[a-ma] mi-nu-ú-[u]m [an-nu-ú-um] 6 ša be-lí šu*-[lum-šu] la i-[š]a-ap-[pa-ra-am] 8 ù li-ib-bi [ma-ru-u]ṣ* i-na a-ia-[bi-im ù lem-ni-im] 10 ša-ak-n[a-a-ku-ma] ù it*-ta*-ma*-[ra-aṣ na-pí-iš-ti] 12 […] […]-x-ṣi-ir R. […] 2' ⸢ù⸣* [a-na] be-lí-i[a] ú-[ul i]-qa-ab-bu-ú 4' i-[n]a-a[n-n]a šum-ma li-ib-bi be-lí-[i]a 6' 1* [ÌR].G[EME₂(?)*.SA]G* be-lí [li-ip]-qí-da-an-n[i] ú-lu-ma 1 (munus)lu-ra-ak-ki-tam 8' ú-lu-ma (munus)nu-ha-ti-ma-tam e-ri-iš-ti [a]n-ni-tam 10' be-lí la i-ka*-al*-la-a me-hi-[ir ṭup-pí]-ia 12' be-lí [li-ša-bi-lam] Traduction: Dis à mon Seigneur : ainsi parle Inbatum, ta servante. Que veut dire ceci, que mon Seigneur ne m’écrit pas de ses nouvelles ? Voilà que j’en ai du dépit ! Je me trouve chez un ennemi et un méchant ; en outre, ma vie est exécrable  ! (Lacune.) … Or, ils ne le disent pas à mon Seigneur  ! En fait, s’il plaît à mon Seigneur, qu’il m’attribue de la domesticité, soit une lurakkîtum, soit une cuisinière. Qu’il ne me refuse pas ce désir et qu’il me fasse porter une réponse à ma tablette  ! Notes: 6') Seule la fin du SAG apparaît ; ÌR.GEME₂.SAG équivaudrait à aštapirum. L’idéogramme SAG.GEME₂.ÌR est attesté à Alalakh paléo-babylonienne. Pour les idéogrammes complexes, l’ordre des signes est souvent différent en Syrie de l’usage standard. 8') Pour la distinction entre les deux types de cuisiniers, cf. ARM 21, p. 98-99, n. 2. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 26/04/2019: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 87 Lettre de Šattam-kiyazi à son seigneur (= Yasmah-Addu). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Saggaratum. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°87); LAPO 18, 2000, p. 491 (n°1259). Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma ša-at-tam-ki-ia-zi 4 GEME₂-ka-a-ma m[a-h]a-ar iš₈-tár ra-da-na 6 UDU aq-qí-ma te-re-tum lu-up-pu-ta 8 ⸢ù⸣* be*-lí i-di ki-ma te-re-tum [lu-up]-pu-ta 10 [i-na]-an-na a-na sa-ga-ra-tim(ki) [at-ta-a]l-kam-ma T.12 iš*-tu* u₄-mi-im [ša a]t-ta-al-kam 14 [ma]-ar-ṣa-ku [ù] 1-šu 2-šu ú*-ṣa*-⸢li⸣*-ma R.16 [ù] qa-at iš₈-tár ra-da-na ù be-lí i-di 18 ki-ma qa-at iš₈-tár ra-da-na e-li-ia da-an-na-at 20 i-na-an-na šum-ma li-ib-bi be-lí-ia wa-ar-ka-at 22 mu-ur-ṣi-im an-ni-im li-ip-ru-us 24 ša-ni-tam šum-ma li-i[b]-bi be-lí-ia lu-ul-li-[ik-m]a 26 ma-ha-ar iš₈-tár ra-da-na T. ni-qé-em lu-uq-qí 28 [ù] pa-ni-ša l[u]-mu-ur a*-di* be-lí-ia wa-ši-ib 30 še-pé-ša lu-ši-iq Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Šattam-kiyazi, ta servante. J’avais sacrifié un mouton devant Ištar Radana et les présages avaient été très mauvais. Or mon Seigneur sait que les présages avaient été très mauvais. Maintenant, je suis partie à Saggaratum. Depuis le jour où je suis partie, je suis malade. J’ai prié par 2 fois  : c’était bien la main d’Ištar Radana  ! Mon Seigneur sait combien la main d’Ištar Radana est rude sur moi  ! Maintenant, s’il plaît à mon Seigneur, que (le devin) cherche ce qu’il en est de cette maladie. Autre chose  : s’il plaît à mon Seigneur, je voudrais sacrifier devant Ištar Radana et voir son visage. Tant qu’elle est chez mon Seigneur, je veux baiser ses pieds. Notes: 5) Pour Ištar de Radan, cf. ARM 26/1, p. 551. 15) J.-M. Durand lu en sept. 89   : ú-ṣa-al-li(!). En revoyant ce passage en 1999, l’initiale ú-za- me paraît toujours sûre  ; cf. d’ailleurs l’autographie de G. D. En revanche, je ne retrouve plus la séquence -al-li(!) et j’ai noté  : «  -⸢am⸣-ma  ». Le NA de la l. 16 remonte en effet et vient se coller aux signes finaux de la l. 16, ce que ne montre plus l’autographie de G. D. qui a séparé face et revers. La bonne lecture est donc sans doute ú-ṣa-[l]i-ma. Pour l’emploi de ṣullûm ici, cf. ARM 26/1, p. 554. 29) La tablette est sans ambiguïté  ; on attend en revanche wašbat, ou à la rigueur wašbu, puisque l’accord du permansif au féminin n’est pas obligatoire dans une subordonnée, à Mari  ! En ce qui concerne la forme be-lí-ia, il s’agit d’un exemple d’attraction du cas direct par sa position après un subordonnant  ; cf. LAPO 18 n°1196, n. c). Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 21/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 88 Lettre de Šattam-kiyazi à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Saggaratum. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°88); LAPO 18, 2000, p. 492 (n°1261) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na [be-lí-ia] 2 qí-bí-ma [u]m-ma (munus)ša-at-tum-k[i-ia-zi] 4 GEME₂-ka-a-ma A.ŠÀ ša be-lí i-di-nam 6 u₄-um e-re-ši A.ŠÀ ú-ul i-di-nu-nim 8 A.ŠÀ ša-a-ti EN.ZU-mu-ša-lim i-ri-iš T.10 a-na-ku a-na ÌR be-lí-ia ia-aq-qí-im/-(d)IŠKUR [ki-a-am] aš-pu-ur R.12 [um-ma] a-na-ku-ma A.ŠÀ ša i-d[i]-nam [(I)(d)EN.ZU]-mu-ša-lim i-ri-iš 14 an-ni-tam a-na ÌR-di-ka (I)ia-aq-qí-im-(d)IŠKUR aš-pu-ur 16 ù ÌR-ka ia-aq-qí-im-(d)IŠKUR ki-a-am i-pu-la-an*-ni 18 um-ma-a-mi LÚ ma-ṣa-ar A.ŠÀ ša-a-ti šu-uk-ni-m[a*] 20 A.ŠÀ li-i[ṣ-ṣ]ú-ur [u₄-um] e-bu-r[i-im EN.ZU-mu-ša-lim] T.22 ša-al-ša-am [li-id-di-na-ki-im] i-na-an-na i-n[a e-bu-ri-im-ma] 24 (I)EN.ZU-m[u-š]a-li[m°] TL. še-em ú-u[l] i-na-di-in 26 be-l[í š]a e-pé-ši-im li-pu-úš Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Šattam-kiyazi, ta servante. Le jour de la mise en culture, on ne m’a pas donné le champ que mon Seigneur m’avait attribué. C’est Sin-mušallim qui l’a mis en culture. Alors moi, j’ai écrit à Yaqqim-Addu, serviteur de mon Seigneur  : « C’est Sin-mušallim qui met en culture le champ que (le roi) m’a octroyé. » Voilà ce que j’ai écrit à Yaqqim-Addu, ton serviteur. Alors, ton serviteur, Yaqqim-Addu, m’a répondu ceci : « Installe l’individu métayer de ce champ, afin qu’il en ait le métayage. Le jour de la moisson, il faudra que Sin-mušallim te livre le tiers. » Maitenant, c’est la moisson, mais Sin-mušallim ne livre pas de grain. Que mon Seigneur fasse ce qu’il y a lieu de faire  ! Notes: 6)  Sur érasure de ia-aq-qí-im-(d)IŠKUR. 18) La lecture de ARM 10, «  (awīl)ma-ṣa-ar  », ARM 10, p. 134, ne donne pas beaucoup de sens. On ne voit pas pourquoi le fait de «  placer un garde sur le champ  » lui permettrait de recevoir de celui qui usurpe le terrain le tiers de la moisson. En fait, l’astuce proposée par Yaqqim-Addu consiste à faire de Sin-mušallim un métayer, en lui reconnaissant la maṣṣartum du champ. Il faut dès lors lire awîlam maṣṣar eqlim, awîlam renvoyant à Sin-mušallim, et maṣṣar en étant l’attribut. Puisqu’on ne peut apparemment chasser Sin-mušallim, on essaie de faire en sorte qu’il donne au moins 1/3 de la récolte. Ce pourcentage correspond à celui du Code de Hammurabi. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 21/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 89 Lettre de Šattam-kiyazi à son seigneur (= Yasmah-Addu). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Saggaratum. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°89); LAPO 18, 2000, p. 491-492 (n°1260) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 295 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-[lí-ia] 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ša-at-tam-ki-ia-z[i] 4 GEME₂-ka-a-ma be-lí lu ba-li-iṭ 6 KASKAL.A ru-qa-at-ma T. ù pí-qí-it-tam 8 a-na ṣe-er be-lí-ia šu-bu-lam R.10 ú-ul e-le-i i-na-an-na ša mu-ús-ke-nu-t[i-i]a 12 be-lí li-qú-ul Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Šattam-kiyazi, ta servante. Que mon Seigneur se porte bien  ! La route est longue, c’est pourquoi je n’ai pas pu faire porter l’ordinaire à mon Seigneur. En fait, qu’il tienne compte de ma pauvreté  ! Notes: 6) Scilicet, «  jusqu’à Mari  ». 7) Pour piqittum, cf. LAPO 16 n°143, n. b) Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 21/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 09/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 90 Lettre de Atrakatum à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°90); LAPO 18, 2000, p. 374-376 (n°1185) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 215-216 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-[ia] 2 qí-bí-m[a] um-ma (munus)at-ra-ka-t[um] 4 GEME₂-ka-a-ma aš-šum KÙ.BABBAR ša i-din-(d)EN.ZU ir-gu-ma-am-ma 6 be-lí di-nam ú-ša-hi-zu-né-ti ak-šu-dam-ma LÚ.MEŠ mu-du-ú 8 a-wa-tim ša i-na re-eš mu-ut-bi-si-i[r] iz-zi-zu ú-ul wa-aš-bu 10 it-ti su-mu-da-bi il₅-li-ku ù a-di-ni a-wa-tam 12 ú-ul ás*-ni-iq T. i-na-an-na be-lí 14 aš-šum KÙ.BABBAR ša-a-tu R. iš-pu-ra-am-m[a] 16 a-na na-aš-pa-ar-ti be-lí-ia ap-la-ah-ma 6 SU KÙ.BABBAR 18 ki-iš₇-da-at TUR.MEŠ-ia ša it-ti-ia wa-aš-bu aš-qú-ul ša*-pí-il₅-tum 20 4 SU KÙ.BABBAR li-li-kam-ma it-ti TUR.MEŠ mu-ut-bi-si-ir li-ìs-ni-iq 22 ša-ni-tam aš-šum É-ia e-li-ia-a (I)i-din-an-nu qa-qa-dam ir-ši-ma 24 ù i-na É-ia ú-še-ṣú-ni-ni₅-ma [š]a-a-tu ú-še-ri-bu-šu 26 [šu]m-ma li-ib-bi be-lí-ia li-ib-bi a-na ma-ra-ṣí-im be-lí la i*-na*-di-in T.28 É-ti li-te-er-ru-nim ù šum-ma a-bi ù um-mì 30 A.ŠÀ ù (giš)ki-KIRI₆ TL. ú-ul in-hi-lu-ni-in-ni 32 it-ti be-lí-ia-ma e-ri-iš be-lí 34 li-ša-hi-iz-m[a] A.ŠÀ ù (giš)ki-KIRI₆ 36 li-wa-aš-ši-ru-nim be-lí mar-[h]a*-ṣí li-q[í*-i]š* Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Atrakatum, ta servante. Au sujet de l’argent que m’avait réclamé Iddin-Sin et à propos duquel mon Seigneur nous avait rendu un jugement, à mon arrivée, les gens au courant de cette affaire et qui formaient le service de Mut-Bisir, n’étaient pas présents. Ils étaient allés avec Sumu-Dabi. Donc, jusqu’à présent, je n’ai pas pu aborder cette affaire. Maintenant, mon Seigneur m’a écrit au sujet de cet argent. À son message, par révérence, j’ai pesé 6 sicles d’argent, en possession de serviteurs qui habitent chez moi. Il y a un reliquat de 4 sicles d’argent. Qu’(Iddin-Sin) vienne et qu’il aborde l’affaire avec les serviteurs de Mut-Bisir  ! Autre chose  : relativement à ma maison, Iddin-Annu avait-il le pas sur moi  ? Et pourtant, on m’a fait sortir de ma maison et on l’y a fait entrer. S’il plaît à mon Seigneur, qu’il ne me donne pas d’occasion d’être dépitée  ! Qu’on me rende ma maison  ! En outre, étant donné que ni mon père, ni ma mère ne m’ont laissé champ ni jardin en héritage, il faut bien que ce soit à mon Seigneur que j’en fasse la demande  : qu’il m’en pourvoie  ! Il faut que le Palais m’abandonne champ et jardin  ! Qu’il me donne des moyens d’irrigation  ! Notes: 5) Pour l’identification de ce personnage, cruciale pour la compréhension du texte, cf. introduction  ; J. Sasson, op. cit., l’a malheureusement confondu avec Sin-iddinam  ! 11) Il apparaît par cette lettre que Mut-Bisir n’est plus vivant, ou a fui le royaume de Mari. C’est pourtant lui qui avait rendu un premier jugement, à l’époque de Yasmah-Addu. L’équipe administrative qui dépendait de lui alors est au courant de l’affaire. Il est remarquable de noter  : a) qu’il n’y a pas d’archive juridique ou administrative à laquelle se référer, mais qu’on recourt à la mémoire des administrateurs  ; b) qu’on retrouve au service d’un prince benjaminite des fonctionnaires du royaume de Haute-Mésopotamie. Les phénomènes de ralliement ne s’étaient donc pas limités à l’administration royale. 12) Sanâqum, «  s’approcher de  », a dans ce texte le sens d’«  aborder une affaire  ». 18) Une compréhension par «  fils  » (ARM 10, J. Sasson, op. cit.) est très peu vraisemblable, car Atrakatum va épouser Sumu-Dabi et n’a donc pas d’enfants encore. En outre, l. 21, TUR.MEŠ reprend certainement l’expression des l. 7-8, ša ina rêš Mut-Bisir izzizzû, «  ceux qui formaient le service de Mut-Bisir  ». 22-23) L’expression qaqqadam eli NP rašûm est un hapax. CAD Q, p. 112a, traduit  : «  l’emporter sur  » («  win out  »). Veenhof SD 10, 161, comprend «  has acquired priority over me  ». L’écriture e-li-ia-a, l. 22, ne peut qu’indiquer une interrogation. Rašûm eli NP est très bien documenté pour signifier «  avoir une créance sur quelqu’un  »  ; le recours à qaqqadum peut donc avoir un sens autre qu’économique. La traduction française «  avoir le pas sur qq’un  » recourt à une partie du corps pour exprimer «  avoir l’avantage sur qq’un  ». 26-27) En m. à m.  :«  qu’il ne livre pas mon cœur au fait d’être amer  !  » 29) Il s’agit vraisemblablement de Yahdun-Lim. 31) La forme inhîl est ici un hiphil, à sens causatif, comme en ARM 8 11  : 26. Nahâlum signifie effectivement «  posséder suite à un héritage  ». 36) Pour ce sens technique de waššurum, cf. LAPO 17, p. 518. 37) Le terme de marhaṣum est surtout connu comme «  lavement  » dans les textes médicaux. CAD M/1, p. 280b, enregistre un exemple néo-babylonien dans un contexte de construction au bord d’un fleuve qu’il traduit par «  ramp of a dam  ». Il est évident que les deux contextes sont identiques mais que celui de Mari ne conforte pas ce sens de «  ramp of a dam  ». La racine RHṢ a, d’autre part, le sens d’inonder. On songe donc à une installation permettant d’amener l’eau au champ et de l’irriguer. Le terme se présentant comme un générique (nom d’outil en MA-), plusieurs éventualités peuvent être envisagées, soit des conduites forcées comme le mašallum (cf. LAPO 17, p. 624) ou des chadoufs. La demande n’est pas exorbitante  : on s’attend généralement à ce que le Palais livre un champ avec de quoi le mettre en valeur (généralement des bœufs). Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 06/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 92 Lettre de Šewrum-parat à son seigneur Zimri-Lim. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°92); LAPO 18, 2000, p. 413-415 (n°1211) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 320 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia zi-im-ri-li-[im] 2 qí-bí-ma um-ma (munus)še-ew-ru-um-pa*-ra-at 4 GEME₂-ka-a-ma a-wa-ti-ka ú-ul eš-me-ma 6 an-ni-ša-am ta-ad-di-na-an-ni ù a-nu-um-ma-nu-um ha-ab-la-ku 8 ù di-ma-ti-ia šu-uk-ki-il (I)(d)EN.ZU-mu-ša-lim ih-bu-l[a-a]n-[n]i-ma 10 (munus)ta-ri-ti il-qé ù i-na-[an-n]a i-na É-ti-šu wa-aš-ba-a[t] 12 šum-ma-an i-na-an-na be-lí [il-q]é-ši ù i-na É be-lí-ia wa-aš-ba-a[t] 14 li-ib-bi-ma-an ṭà-[a]b i-na-an-na (I)(d)EN.ZU-mu-[š]a-lim 16 ih-bu-la-an-ni T. i-na-an-na iš-tu-ma 18 a-na ma-ti[m k]a-li-[š]a nu-ra-am ta-aš-ku-nu* 20 a-ia-ši-im nu-ra-am R. šu-uk-nam (munus)ta-ri-ti 22 id-nam-ma ma-har (d)IŠKUR ù (d)hé-ba-at lu-uk-ru-ba-kum 24 i-na-an-na be-lí MUNUS ša-a-ti la i-ka-al-la-a-am 26 an-na-nu-um GEME₂-ka-a-ma ù ku-ú-um-ma a-na-ku 28 šu-um-ka e-li-ia šu-ku-un Traduction: Dis à mon Seigneur, Zimri-Lim  : ainsi parle Šewrum-parat, ta servante. Sans que je l’apprenne de ta bouche, tu as fait une prêtresse de moi, en m’envoyant ici. Or, là où tu es, je me trouve lésée. Hé bien essuie mes larmes  ! C’est Sin-mušallim qui m’a lésée  : il m’a pris ma nourrice et maintenant, elle habite chez lui. Si au moins c’était mon Seigneur qui l’avait prise et si elle habitait chez lui, je serais satisfaite. En réalité, c’est Sin-mušallim qui m’a lésée. Maintenant, puisque tu as instauré la lumière pour tout le pays, instaure-la pour moi  ! Donne-moi ma nourrice que je prie pour toi par devant Addu et Hébat  ! Que mon Seigneur ne me refuse pas cette femme  ! Ici, je suis ta servante et ta chose  ! Place ton nom sur moi  ! Notes: 1) D. Ch. me fait remarquer que cette façon de s’adresser au roi est, avant tout, la marque d’un étranger. 6) Nadânum signifie au propre «  marier  » et l’acte s’accompagne de la remise de la nidittum (dot). Le mariage peut, cependant, s’entendre de la remise de la femme à un homme ou à un dieu. Šewrum-parati signifie par là qu’on a fait d’elle une DAM DINGIR. Le sens de «  livrer  » (ARM 10, p. 141) ne convient certainement pas ici. 7) Anummanum, signifie ici «  au royaume de Mari  », plus précisément, dans le district de Saggaratum. Le sens «  là où se trouve l’interlocuteur  » est patent d’après ARM 5 31  : 14. 8) Šukkulum, non *šuqqulum  ; cf. K. Deller et K. Watanabe, ZA 70, 1980, p. 198-226 ainsi que K. Deller, NABU 90/03 et 91/55. 10) Târîtum («  gardienne  ») désigne la nourrice sèche, en opposition à la mušêniqtum («  allaitante  ») que les femmes appellent «  mère  ». 11) Ce genre de spoliation par un fonctionnaire de l’administration centrale à l’encontre de biens appartenant à quelqu’un affecté au loin, semble avoir été assez courant et s’être exercé même à l’encontre de fonctionnaires d’un rang très élevé, comme des chefs de garnison, voire des gouverneurs, comme Itur-Asdu  ; cf. p. 358. Pour les méfaits de Sin-mušallim envers les femmes du harem de Yasmah-Addu, cf. LAPO 18 n°1259 (Šattum-kiyazi). Il s’agit d’un fonctionnaire du palais de Saggaratum, sans doute l’intendant (cf. ARM 14). 18) Pour cette image voir le commentaire de ARM 10, p. 270 qui comprend à juste titre  : «  instaurer la justice  ». De façon plus précise, on peut supposer que Šewrum-parati fait allusion à l’instauration d’une mîšarum, laquelle est clairement attestée au tout début du règne, ainsi que par le nom d’année de «  ZL 1’  ». À ces occasions, Zimri-Lim a dû proclamer l’andurârum. D’après D. Ch., un des aspects fondamentaux de cette mesure était le retour à leur ancien propriétaire des serviteurs livrés pour dette. Cela pourrait expliquer pourquoi la târîtum était «  entrée  » chez l’intendant du palais  : il s’agissait d’apurer une dette non payée. La mesure royale permettait, dès lors, son retour chez son ancienne maîtresse. Quelle que soit la date de cette mîšarum, la 1re ou la 2e, la consécration de la dame à Addu a donc dû se produire dès le début du règne et cela explique son absence de toutes listes du harem de Zimri-Lim 19) Pour ces alternances d’emploi de la 3e et de la 2e personnes pour parler au roi, cf. LAPO 16 n°3, n. b). 23) Hébat est mentionnée dans le palais d’Alep, comme le montre la lettre de Šu-nuhra-Halu, A.2428  : 4. Le nom de la déesse arrive après le couple Dagan et Šala(š) qui ne sont certainement pas des dieux hourrites et que l’on sait être époux. Elle a donc des chances d’être leur fille. Dès lors, elle serait sœur et épouse d’Addu. Le fait que Hébat soit originairement une déesse syrienne sémitique et non une divinité hourrite va dans le sens de la constatation faite depuis longtemps qu’elle est une divinité propre aux Hourrites occidentaux, inconnue de la documentation de Nuzi. On recourt pour l’écriture du nom de la déesse au signe HÉ, d’usage rarissime à Mari. Il était nécessaire d’utiliser une telle notation pour empêcher un scribe de l’époque de lire «  spontanément  » /Ṭâbat/. Mais il est aussi possible que le signe HÉ note un son particulier. 27) Pour «  tien  », à Mari, cf. LAPO 16 n°253  : ku-wu. On remarquera ici l’emploi du masculin à la place du féminin attendu. Il est possible que le sens soit plutôt «  ta chose, de ton parti  » que «  à toi  ». Cependant, même avec ce sens neutre, le féminin serait attendu comme le montre ARM 1 103  : 16 (et analogues) où iyatum signifie «  mon parti  ». Il peut dès lors s’agir simplement d’une nouvelle preuve de la neutralisation de l’opposition du masculin et du féminin dans l’Ouest  ; cf. p. 202, pour ses attestations à Karkemiš et Alep  ; cf. en outre, p. 487. 28) «  Placer le qaran ṣubâtim sur une femme  » revient à dire qu’on l’épouse (cf. S. Lafont, NABU 89/45). «  Placer le nom  » est ici, contextuellement, «  mettre sous sa protection particulière  ». Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 09/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 93 Lettre de Šewrum-pirite et de Attukki à leur seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°93); LAPO 18, 2000, p. 415 (n°1212) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-n]a be-lí-n[i] 2 [q]í-bí-ma um-ma (munus)še-ew-rum-pí-ri-te* 4 ù a[t]-tu-uk-ki G[EME₂.MEŠ]-ka-a-ma bu-lu-uṭ 6 ù ša-ni-tam be-el-ni [ṭ]up-pa-am ú-ša-bi-la-né-ti-ma 8 [ù] li-ib-ba-ni [ma-d]i-iš ih-du 10 [ù š]a*-ni*-tam šu*-lum* [be-lí]-ni* a*-na* m[a*-ah-ri-ni] 12 [lu-ú ka-a]-⸢ia⸣*-[an] T. [ù li-i]b*-ba*-[ni] 14 [li-ih]-du* [aš]-šu*-mi*-ka u[r*-ra]-am R.16 ù mu-ša-am ni-ka-ra-ba-k[um] ù ša-ni-tam be-el-ni 18 šu-lum-šu li-iš-p[u]-ra-am°-ma ù li-ib-ba-ni 20 li-nu-uh an-ni-tam la an-ni-tam mi-hi-ir 22 ṭup-pí-im šu-bi-lam ù a-di ma-ti wa-aš-ba-at 24 li-i[b]-ba-{NI}ni*° T. [la i-ma-r]a*-aṣ Traduction: Dis à notre Seigneur  : ainsi (parlent) Šewrum-pirite et Attukki, tes servantes. Porte-toi bien  ! Autre chose  : notre Seigneur nous a fait porter une tablette et notre cœur s’est beaucoup réjoui  ! Autre chose  : que notre Seigneur nous donne régulièrement des nouvelles de lui, que notre cœur se réjouisse  ! Jour et nuit, nous prierons pour toi. Autre chose  : que notre Seigneur nous envoie des nouvelles de lui que notre cœur s’apaise  ! Quoi qu’il en soit, fais-nous porter réponse à (notre) lettre  ! Et, jusqu’à quand ne bougeras-tu pas  ? Il ne faut pas que notre cœur ait sujet à mécontentement  ! Notes: Note  : pour ce genre de lettre, de pure salutation, voir quasiment toute la correspondance de la reine Dam-huraṣi. 15-16)  Ces lignes n'existent en fait pas. 22) Pour le recours soudain au tutoiement, cf. LAPO 16 n°3, n. b). Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription ; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 95 Lettre de Šimatum à Zimri-Lim (ana bêliya kakkabim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Ilan-ṣura. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°95); LAPO 18, 2000, p. 437-438 (n°1225) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-n[a] be-lí-ia kab-ka-bi-im 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ši-ma-tum 4 GEME₂-ka-a-ma at-ta-a-ma a-na DUMU.MUNUS-tim 6 ù a-na IBILA ta-ad-di-na-an-ni [i-n]a*-an*-na (lú)NU.(giš)KIRI₆ 8 [(I)](munus)ki-ru-ú it-b[a-a]l* [ù i-n]u-ma (lú)NU.[(giš)KIRI₆] 10 [(I)(munus)k]i-ru-ú it(!)-ba-[lu] [DUMU ši]-ip-ri-[ia] 12 [a-na] kab-ka-[bi-im] (…) «  5. + 2? + 7 l.  » R. [ki-ma (munus)]ki-r[u*-ú] 2' [(lú)NU.(giš)KIR]I₆* iṣ-ṣa-ab-[tu] [a-na-ku] ù (munus)ki-r[u-ú] 4' [n]i-iš DINGIR.MEŠ ni-iz-[ku-ur] mi-im-ma hi-ṭì-tum ù [ar-num] 6' it*-ti-ia ú-ul i-ba-aš-ši [ù] (na₄)KIŠIB ZA.GÌN ša šu-mi-ia {BE* LÍ*} 8' [be-lí] kab-ka-bu-um li-ša-bi-lam [ki-ma] a-ša-ap-pa-ru 10' [ši-ṭú]-ti ú-ul i-le-eq-qú-ú T. um-ma-a-mi ú-ul hi-is {[Š]A*} 12' (na₄)KIŠIB-ki-ša° Traduction: Dis à mon Seigneur, l’Étoile  : ainsi parle Šimatum, ta servante. M’as-tu donnée en adoption  ? Maintenant, Kiru a emmené le jardinier  ; et lorsque Kiru a emmené le jardinier, j’ai (envoyé) un messager à l’Étoile… (Lacune.) … comme quoi Kiru détenait le jardinier. Moi et Kiru, nous avons prononcé le serment par les dieux. En aucune manière, il n’y a de faute ni de péché de ma part. En outre, que mon Seigneur, l’Étoile, me fasse porter un sceau de lapis-lazuli à mon nom ! Lorsque j’enverrai un message, on ne se moquera plus de moi, en disant : «  Il n’y a pas d’empreinte de sceau à elle !  » Notes: 5-6) En m. à m.  : «  pour fille et héritier  ». L’expression ana mârtim u aplim nadânim est un précurseur de celle qui est documentée à Emar ou Nuzi  ; cf. K. Grosz, «  Daughters adopted as sons…  », CRRAI 33, p. 81-86. Le sens du texte mariote est cependant différent  : «  M’as-tu donné en mariage à Haya-Sumu ou comme celle qui a l’espoir d’hériter du couple royal d’Ilan-ṣura  ?  » Dans le 1er cas, Šimatum est propriétaire de sa dot. Dans le second, ce qu’elle a en jouissance est d’autant plus précaire qu’elle n’est pas l’héritière naturelle et qu’on peut apparemment le lui reprendre, ce que vient d’ailleurs de faire sa sœur, agissant en mère. 8) Pour tabâlum, «  emmener qq’un de force  », cf. p. 288 12') J’ai abandonné la correction proposée dans MARI 3, p. 166, n. 31. Pour hîsum ou hissum, «  empreinte de sceau », cf. note de D. Ch. dans NABU. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 96 Lettre de Huššutum à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°96); LAPO 18, 2000, p. 418 (n°1214) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-[na be-lí-i]a* 2 qí-bí-ma um-ma (munus)hu-úš-šu-tum 4 GEME₂-ka-a-ma e-nu-ut KÙ.BABBAR ù (giš)TUKUL 6 ub-lu-ni-im-ma e-nu-tam a-na ki-ib-ri-(d)da-g[an] T.8 i-ip-qí-dú ù (giš)TUKUL 10 a-na qa-ti-ia* R. i-id-di-nu* 12 um-ma a-na-ku-ma šum-ma e-nu-tam 14 ú-še-ri-bu ṭup-pa-am a-na ṣe-er be-lí-ia 16 lu*-ša-bi-lam i-na-an-na i-na° pí-im T.18 š[a* aq-bé-e-em] [ṭup-pí an-né-e-em] 20 [a-na be-lí-ia ú-ša-bi-lam] Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Huššutum, ta servante. On a apporté ici de la vaisselle d’argent et une arme. On a livré la vaisselle à Kibri-Dagan, tandis qu’on a remis l’arme à ma main. Je me suis dit  : «  Fallait-il faire entrer la vaisselle (dans le palais)  ? Il faut que je fasse porter une tablette à mon Seigneur.  » Maintenant, en accord avec ce que je me suis dit, je lui ai fait porter ma présente tablette. Notes: 17) Ina pîm ša, «  en fonction de ce que…  ». Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 97 Lettre de Ahassunu à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°97); LAPO 18, 2000, p. 419-420 (n°1215) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 267 [trad.]. Reproduction: Bibliographie: Sasson NABU 1987/83, 1987. Tablette: F. [a-n]a be-lí-ia 2 [q]í-bí-ma [u]m-ma (munus)a-ha-su-nu-ma 4 GEME₂-ka-a-ma aš-šum um-mi-ia be-lí [l]i-iṣ-ri-im 6 ù ša-ni-tam aš-šum um-mi-ia ṭup-pa-am aš-t[a-n]a-ap-pa-ar 8 aš-šum be-lí la i-ma-aš-ši° [ṭup]-pa-am uš-t[a]-na-ba-al 10 ù ša-ni-tam eš-m[e]-ma a-na qí-iš-ti{⸢MI⸣}-mi 12 ša-aṭ-ra-at um-ma-ki aš-šum a-wa-tim an-ni-tim 14 ap-la-ah-ma ù aṣ-ri-im T. a-na be-lí-ia 16 um-ma a-na-ku-ma [a]s-sú-ur-re-m[a*] R.18 a-na qí-iš-{X X}tim { ŠI* Ù*} i-na-di-nu-ši ù ša-ni-tam 20 ú-ul iš-ka-ra-[a]m i-pí-iš be-lí li-[i]ṣ-ri-im 22 ša ŠU.GI-ša li-[p]u-úš ù um-mi iš-pu-ra-am 24 um-ma ši-ma as-sú-re-ma a-na qí-iš-tim i-na-di-nu-ni-ni 26 ṣí-ir-mì-ma a-na be-lí-ki šu-up-[r]i ù li-še₂₀-ṣ[ú-n]i-ni 28 šum-ma be-lí um-m[i] ú-še-le-em ṭup-pa-am 30 me-hi-ir be-lí li-ša-bi-la-ma ù li-ib-bi li-nu-uh 32 [an]-ni-tam la an-ni-[tam] T. [be-lí] li-iš-pu-ra-a[m] 34 [i-nu-ma] be-lí iš-pu-ra-am* TL. [um-ma-mi] um-ma-ki ú-še-le mi-im-ma 36 [li-ib]-ba-ki(!) la i-na-'ì-id [ù l]i-ib-bi ma-di-iš ih-du Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Ahassunu, ta servante. Que mon Seigneur se soucie de ma mère-nourrice  ! Or d’ailleurs, je multiplie les lettres au sujet de ma mère-nourrice, afin que mon Seigneur n’oublie point. Or d’ailleurs, j’ai entendu dire  : «  Ta mère-nourrice est inscrite comme don.  » Ce propos m’a fait peur. Alors j’ai insisté auprès de mon Seigneur en disant  : «  Il ne faudrait pas qu’on la donne en présent  ! Or d’ailleurs, n’accomplit-elle point le travail qu’on lui fixe  ? Que mon Seigneur fasse cas de sa vieillesse  !  » En outre, ma mère-nourrice m’a écrit en disant  : «  J’ai peur que l’on ne me donne en présent. Soucie-toi d’écrire à ton Seigneur pour qu’on me laisse sortir.  » Si mon Seigneur offre aux dieux ma mère, qu’il me fasse porter copie de l’acte pour qu’alors mon cœur s’apaise. Que mon Seigneur m’écrive ce qu’il en est. Lorsque mon Seigneur m’avait écrit  : «  Je vais donner aux dieux ta mère, que ton cœur ne s’inquiète plus  !  », alors mon cœur s’était réjoui. Notes: Note  : vu ses particularismes, la lettre a été écrite dans le harem. 5) Pour ce terme d’ummum, nourrice, non mère charnelle, cf. déjà ARM 23, p.72-74 et N. Z., Ktèma 22, 1997, p. 45-57. 6) Dans cette lettre û šanîtam est un tic d’expression qui ne signifie nullement que l’on passe à un autre sujet, mais sert de simple introducteur de phrase. 11) Le texte oppose le qîštum, don à un particulier, sans doute à une cour étrangère en l’occurrence, à la šûlûtum, don à la divinité. Le Palais se débarrassait ainsi de bouches inutiles. Le thème est fréquent  : il ne faut pas entretenir de travailleurs improductifs. On remarquera donc le soin avec lequel est souligné le fait que la vieille femme accomplissait toujours la quote-part de travail (l. 20  : iškarum) qui lui était impartie. On notera l. 11 l’usage du -mi postposé qui tient lieu d’un ummâmi  ; pour cette construction, cf. MARI 2, p. 219. 18) Les 2 derniers signes qui appartiennent en fait à la l. 18, non 17, sont ce qui reste d’un i-na-di-nu-ši érasé. 20) La place antéposée du ûl indique sa valeur interrogative. 21) Dans ce texte ṣarâmum, employé en parataxe, ne signifie pas «  réfléchir  » (ARM 10, p. 149) mais «  se soucier de, faire cas de  », ajoutant au second verbe la valeur de «  avec soin, avec application  ». 27) Le ù commence mécaniquement la proposition en l-, précédé (l. 30) ou non (l. 27) par un verbe en -ma. 27) Elle demande d’être comptée comme une wâṣîtum, pour reprendre la nomenclature des textes d’inventaires de personnel. Ce faisant, elle quitte le monde du Palais et ne fait plus partie de celles dont on peut faire présent. 29) ARM 10, p. 271 a compris à tort qu’il s’agissait de faire monter la mère d’où elle se trouvait pour rejoindre sa fille. Le verbe šûlûm est technique pour indiquer qu’on offre un ex-voto. 29-30) Il ne faut pas comprendre ici ṭuppam mehir <ṭuppi-ia> qui signifierait «  une réponse à ma tablette  »  ; l’expression est complète. Comme le montrent plusieurs passages, le cas absolu est très employé dans le vocabulaire technique. Ici une «  tablette mehir  » signifie une «  tablette-double  » et le cas absolu est l’équivalent de la juxtaposition (-) française. 34) La restauration de [šum-ma] par ARM 10, p. 148 entraîne à une compréhension (fautive) par un irréel du présent. En fait, on avait dû prévoir d’abord de retirer la vieille femme de son équipe pour lui donner une retraite paisible dans un temple. Dans un second temps, le fait qu’elle soit encore capable d’un travail (cf. l. 20-21) avait dû donner l’idée qu’on pouvait en faire présent. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 05/04/2017: M. Béranger (lemmatisation) – 06/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 14/01/2023: N. Ziegler (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 98 Lettre de Tizpatum à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Šuna. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°98); LAPO 18, 2000, p. 459-460 (n°1239) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 117 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ti-iz-pa-tum 4 GEME₂-ka-a-[m]a šum-ma i-na ki-na*-a-tim be-lí a-lam₇ šu-na-a(ki) i-ra-am 6 ù (I)ì-lí-iš₈-tár ÌR-sú 1 ME ṣa-[b]a-am ù 1 ÌR-ka ták-lam₇ 8 ar-hi-[i]š ṭ[ú]-ur-dam-ma* a-al-ka ù ÌR-ka šu-zi-ib 10 ú-la-šu-ma a-lam₇ KÚR i-ṣa-ab-ba-as-sú R. i-na-an-na aš-šum-mi-ia-ma 12 LÚ ṣa-ar-mu-šu um-ma-a-mi ki-i DUMU.MUNUS zi-im-ri-li-im 14 a-hi-iz ù ú-zu-un-šu a-na ṣe-er (I)zi-im-ri-li-im 16 ša-ak-na-at a-na an-né-tim a-bi ù be-lí li-iṣ-ri-im Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Tizpatum, ta servante. Si réellement mon Seigneur aime la ville de Šuna et son serviteur Ili-Ištar, envoie ici rapidement une troupe de 100 hommes et un de tes serviteurs de confiance, et sauve la ville et ton serviteur. Sinon, l’ennemi va s’emparer de la ville  ! En fait, par ma foi, on épie l’individu en disant  :«  Hé quoi  ! Il est l’époux d’une fille de Zimri-Lim  ; donc il est à l’écoute de Zimri-Lim  !  » Que mon père et Seigneur fasse cas de cela  ! Notes: Note  : cette lettre est remplie de particularismes  : lam₇ (NAM) l. 5 et 7, šu₁₄ (ŠUM), l. 11  ; les usages redondants de –šu (l. 10 et 12)  ; l’emploi de ù, reprenant šumma (l. 6). 7) Scilicet, comme général. 11) Pour aššum introduisant des serments, cf. LAPO 16 n°256 n. e). 12) Il s’agit du prince de Šuna, désigné de façon anonyme par awîlum (le chef de l’entreprise commerciale («  boss  ») dans les textes cappadociens, ou le «  maître de maison  », dans les archives privées). 12) Pour le verbe ṣarâmum, cf. ad LAPO 18 n°1215, n. e). Le verbe a à la ligne 12 le sens contextuel d’épier quelqu’un. 14-16) En m. à m.   : «  Son oreille est tournée vers Z.  » 17) Ṣarâmum a ici comme sens contextuel «  attacher de l’importance à un sujet  », et ne signifie pas «  montrer un désir très fort pour  », comme le plus souvent. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 27/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 99 Lettre de Kibsatum à son seigneur (= Zimri-Lim). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Ešnunna. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°99); LAPO 18, 2000, p. 384 (n°1192) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ki-ib*-sà-tum 4 GEME₂-ka-a-ma aš-šum pa-ṭà-ri-ia at-ta-a (d)UTU-ši 6 ta-ba-aš-ši ù a-na-ku i-na ÈŠ.NUN.NA(ki) 8 a-mu-ta-am a-al-la-ak [šu]m*-ma li-ib-bi be-lí-ia T.10 [be-lí DUMU] ši-ip-ri-šu [li-iš-pu-r]a* 12 [li-iṭ-ru-da-ni] R. [ù-lu a-na ma-r]i*(ki)* 14 [zi-ki-ir šu-mi]-ia a-na ⸢a⸣-ha-ti-ia [lu-ša-b]i-lam-ma 16 [ša l]a* e-ze-bi-ia [i]-na li-ib-bi ÈŠ.NUN.NA(ki) 18 [be-l]í li-pu-úš Traduction: Dis à mon Seigneur  : ainsi parle Kibsatum, ta servante. Tu es mon soleil, qui peux me délivrer  ; quant à moi, à Ešnunna, je mène une vie de servante  ! S’il plaît à mon Seigneur, qu’il m’envoie son messager pour qu’il me remmène, ou sinon, pour que je fasse porter (par lui) à Mari un cadeau de moi à mes sœurs. Mais que mon Seigneur fasse en sorte de ne pas m’abandonner au milieu d’Ešnunna. Notes: 5) En m. à m.  : «  pour ma délivrance, c’est toi mon Soleil  !  » C’est l’image de l’andurârum et du retour au statut primitif. 17) Cf. Römer, FBr, p. 69, n. 2 et J. Sasson, p. 133. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 101 Lettre de Tunip-mušni à Yassi-Dagan(?). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°101); LAPO 18, 2000, p. 495-496 (n°1263) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na ia-si-(d)da-gan] 2 [qí-bí]-ma um-ma tu*-ni*-ip-mu-uš-ni 4 (munus)*GEME₂-ka-a-ma ul-la-nu-uk-ka a-ba-am 6 ù be-la-am ú-ul i-šu šum-ma i-na ki-na-tim gi-mi-il-la-am 8 e-lí-ia ta-ša-ka-an i-na É às-qú-di-im T.10 ṣí-ir-ma-am-ma šu-ṣí-in-ni₅ 12 at-ta-a-ma a-bi R. ù be-lí še-ep be-lí-ka* 14 ṣa-ba-at-ma šu-ṣí-ni la-a ⸢a⸣-ma-at 16 ù šum-ma šu-ṣa-am {Ú-U[L TE]} ú-ul te-le-e-en-ni 18 DUMU.MEŠ ši-ip-ri-ka ša t[a]-ša-pá-ra-am 20 a-na ṣe-ri-ia la-a i-ṭe₄-hu-nim-ma [ù] la-a a-ṣa-ab≤-ba-sú-nu-ti≥ T.22 [ù a]-wa-ti [pa-an be-lí-ka ṣí-ri-im-ma] 24 [šu-ku-un] TL. [an]-ni-tam la an-ni-tam me-he-er 26 [ṭup]-pí-ia a-wa-tam iš-te-et [a-n]a ṣe-ri-ia šu-bi-la-am 28 [li]-ib-bi li-nu-uh Traduction: Dis à Yassi-Dagan  : ainsi parle Tunip-mušni, ta servante. En dehors de toi, je n’ai ni père ni seigneur. Si, réellement, tu as de bonnes dispositions à mon égard, remue-toi pour me faire sortir de la maison d’Asqudum. C’est toi mon père et seigneur  ! Supplie ton Seigneur et fais-moi sortir. Il ne faut pas que je meure  ! Car si tu ne peux pas me faire sortir, tu n’auras plus à envoyer ici de messagers à toi pour venir me trouver et que je les accueille  ! Expose avec chaleur mon affaire, devant ton Seigneur  ! Quoi qu’il en soit, fais-moi porter, en réponse à ma tablette, un seul mot, afin que mon cœur s’apaise. Notes: 3) NP hourrite,  ; cf. (f)tu-ni-ip-ša-a-ia dans A.1324 ii 61 et 7458c. 13) Le texte est ambigu  : qui est ce «  seigneur  »  ? Dans ARM 26/1 74, Yassi-Dagan se fait tancer d’importance par Asqudum pour être intervenu directement auprès du roi  ; mais dans ARM 26/1 79, Yassi-Dagan se dit le fils d’Asqudum  ! 13-14) En m. à m. «  prends le pied de ton Seigneur  ». 15) Le texte a été recreusé ici (à époque moderne  !) et le A a une apparence de U. 21) Pour ce sens de ṣabâtum, «  accueillir  », cf. A.422  : 22  : NP, a-na ṣa-ba-at LÚ.MEŠ qa-ṭ[á-nim(ki)], il-li-ik. Le contexte n’incite pas à comprendre «  s’emparer de  ». Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 102 Lettre des jeunes filles (ṣuharâtum) à leur seigneur (= Yasmah-Addu). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°102); LAPO 18, 2000, p. 423-424 (n°1217) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-[ni₅] 2 qí-bí-[ma] um-ma MUNUS.TUR(!)(I).[MEŠ] 4 GEME₂-ka-a-[ma] bu*-lu*-uṭ* ša-a[l*-ma-nu] 6 ul i-na a-lim n[u*-ku-ur-tim] be-el-ni₅ wa-[ši-ib] 8 šu-lum be-lí-[ni₅] a-na ṣe-ri-[ni₅] T.10 [l]u-ú k[a-ia-an] ša-ni-tam [šu-lum ṣa-bi-šu] 12 a-na ṣe-[ri-ni₅] lu-ú k[a-ia-an] R.14 ù li-[ib-ba-ni₅] li-ih-du-[ma] 16 ù* ša-ma-[aš a-na šu-lum] be-lí-ni₅ [ni-ka-ra-ab] 18 ša-[n]i-[t]am k[i*-ma a-na e-pé-eš] ta-ha-z[i-šu ra-bi-im] 20 ù šu-m[i*-šu be-el-ni₅] i-ša-as-s[ú DINGIR-lum] 22 a-ia-bi-ka [ù na-ak-ri-ka] a-na qa-ti-[ka] T.24 [l]i-ma-[al-li] ù i-na hu-ud l[i-ib-bi-im] 26 a-na a-li-k[a] ma-ri(ki) hi-i[š-ma] TL.28 al-kam Traduction: Dis à notre Seigneur  : ainsi (parlent) les jeunes filles, tes servantes. Porte-toi bien ! Nous sommes en bonne santé. N’est-ce point dans une ville étrangère que mon Seigneur habite ? Il faut que des nouvelles de notre Seigneur soient continues chez nous. De plus, il faut que des nouvelles de son armée soient continues chez nous, pour que notre cœur se réjouisse. En outre, nous adressons des prières à Šamaš pour la bonne santé de notre Seigneur. Autre chose  : tout comme notre Seigneur appelle de ses vœux la réalisation d’une grande bataille et de sa gloire, que la divinité donne pleinement à ta main tes ennemis et ceux qui te sont hostiles  ! En outre, dans la joie du cœur, hâte-toi de revenir dans ta ville de Mari. Notes: 16) L’écriture phonétique de Šamaš à Mari est, bien sûr, atypique, quoique le thème de la prière (karâbum) soit attendu ici. Les restitutions sont données sous cette réserve. 21) Ce sens de šasûm est conjectural. 26-28) Pour l’alternance 3e et 2e personnes, cf. LAPO 16 n°3, n. b). Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 103 Lettre des jeunes filles (ṣuharâtum) à leur seigneur (= Yasmah-Addu). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mari. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°103); LAPO 18, 2000, p. 424 (n°1218) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na be-lí-ni 2 qí-bí-ma um-ma MUNUS.TUR.MEŠ-ma 4 a-ma-tu-ka-a-ma bu-lu-uṭ iš₈-tár LUGAL li-ba≤-li≥-iṭ-ka 6 (…) «  Lacune  » R. ù […] 2' ta-aq-bi […] ù pa-ni x x x […] 4' [li(?)]-li*-[ik(?)-…] ⸢a*-na⸣* ṣe*-[ri-ni] 6' šu-lum*-⸢ka⸣* [lu-ú ka-ia-an] Traduction: Dis à notre Seigneur  : ainsi (parlent) les jeunes filles, tes servantes. Porte-toi bien ! Qu’Ištar-Reine te garde en bonne santé  ! (…) … Que des nouvelles de toi soient continues chez nous. Notes: 5) ARM 10, p. 157, n’a pas choisi les meilleures solutions  : «  Qu’elle te fasse vivre, toi le roi  », ou «  comme roi  ». L’expression formulaire du salut invite à voir dans «  iš₈-tár LUGAL  » une unité, mais faut-il comprendre Ištar šarrim (l’Ištar du roi) ou Ištar-šarrat (Ištar-Reine)  ? Pour cette (d)INANNA LUGAL, cf. la dédicace de Samsi-Addu, MARI 3, p. 44 n°2. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 104 Lettre de Tariš-Haṭṭum à Yassi-Dagan(?). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°104); LAPO 18, 2000, p. 498-499 (n°1265) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na ia-si(?)-(d)]da-gan 2 [qí-bí]-ma um-m[a t]a-ri-iš-ha-aṭ-ṭú-ma(!) 4 um-ma-ka-a-ma (d)UTU ù (d)INANNA* aš-šu-mì-ia [da-r]i*-iš* 6 u₄-mi li-ba-li-ṭú*-[ka] aš-šum ṣú-ha-ri-im-ma° 8 [la t]a*-[n]a*-z[i*-iq] (…) «  4 l. + 2 l. + 4 l.  » R. š[u-…] 2' ṣu-h[a-ri-im ša-tu …] wa*-aš*-bu* [šum-ma i-n]a* ki-na-tim-[ma] 4' ma-ri at-ta ù ta-du*-ga*-n[i₅*] ṣu-h[a-r]a-am ša-⸢tu⸣* ma-ha-ar 6' be*-l[í*-ni d]a-me-eq-ta-šu qí-bí ù [i-na-k]a e-li-šu li-ba-ša 8' [ṣu]-ha-⸢ru⸣-um šu-ú ma-ru-ka-ma [na-ak-r]i*-šu sí-ki-ip ù a-na-ku T.10' [um-ma-ka]-⸢a⸣-ma lu-uh-du-[ma] [ù la-a ah-ta]-na-da-ar-m[a] 12' [la-a a-ba-ak]-ki° Traduction: Dis à Yassi-Dagan  : ainsi parle Tariš-Haṭṭum, ta mère. Fassent Šamaš et Ištar, pour l’amour de moi, que tu te portes bien pour tout le cycle des jours  ! Ne sois pas en colère au sujet de l’enfant... (Lacune.) … de? cet enfant… habitent… Si tu es réellement un fils pour moi et que tu m’aies…, cet enfant, dis-en du bien devant notre Seigneur. Puis, que ton regard soit(!) sur lui. Cet enfant est bien ton fils  ! Repousse ses ennemis, afin que, moi, ta mère, je connaisse le bonheur en sorte que je ne sois plus triste et ne pleure plus  ! Notes: Note  : le sens paraît être celui du refus de reconnaissance d’un enfant, sans doute par son père. Une Tariš-Haṭṭum est attestée comme vivant à Terqa, suffisamment importante pour s’adresser à la reine Šibtu sans se dire sa servante. C’est celle de LAPO 18 n°1161. N. Z., FM 4 p. 60, n. 388, propose d’en faire une princesse. Les bénédictions de LAPO 18 n°1265, en revanche, sont atypiques pour un début de lettre mariote et indiqueraient assez clairement un statut de femme vivant dans un milieu religieux, religieuse ou cloîtrée. D’un autre côté, le général Yassi-Dagan est connu comme fils de La’um, le dernier ministre de Yasmah-Addu, issu d’une grande famille de Terqa. LAPO 18, p. 341, il a été proposé que Tariš-Haṭṭum fût justement une des deux épouses principales de La’um, entrée au cloître après le décès de son époux. Elle serait, originairement, la princesse alépine inconnue qu’avait épousée Yahdun-Lim. Si ma reconstruction de cette tablette est vraie (cf. surtout n. c), elle aurait été la mère de Yassi-Dagan. 1) J. Sasson, p. 133, a restauré [Kibri]-Dagan, ce qui irait évidemment de soi, si la cassure pouvait contenir 3 signes, ce qui n’est pas le cas. Une lecture [ia-si] me paraît plus vraisemblable. 6) On notera que l’usage de TUM pour noter ṭu₄ n’est pas attesté par ce texte. De même u₄, l. 3’, est en fait un WA. Il convient donc de tempérer l’ironie de A. F., ARM 10, p. 272. 4') La séquence ta-du-ga-ni₅ me paraît assez nette  ; cf. d’ailleurs l’autographie de G. D.  ; ta-ra-am-ma-ni (ARM 10, p. 156), «  tu m’aimes  », excellent pour le sens, ne convient pas du tout aux traces. Il faut sans doute postuler un verbe *dâgum, *adâgum ou *nadâgum indiquant le lien particulier entre Tariš-Haṭṭum et le destinataire. Peut-être un sens comme «  têter  » serait-il envisageable. 7') La forme li-ba-ša ne me semble pouvoir signifier que «  qu’elles aient honte  !  », ce qui s’explique difficilement dans le contexte. J’ai donc supposé, pour retrouver une idée courante, une mégraphie BA pour IB. La compréhension de ARM 10 [um-ma-k]a e-li-šu li-ba-ša, «  Quant à ta mère, son cœur est sur lui  » ne me semble pas être de l’akkadien  ! Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 21/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 105 Lettre de Tizpatum à Dariš-libur. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Šuna. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°105); LAPO 18, 2000, p. 458-459 (n°1238); Sasson FMA, 2015, p. 179 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na da-ri-iš-li-bur 2 [q]í-bí-ma [um]-ma (munus)ti-iz-pa-a-tum 4 [m]a-ra-at-ka-a-ma [šu]m-ma i-na ki-na-a-t[im] 6 a-bi at-ta i-n[a an]-né-tim gi-mi-il-lam T.8 [e-li]-ia [šu-ku-un] aš-šum MUNUS R.10 um-mi-ia a-na ṣe-[e]r LUGAL aš-pu-ur a-bi li-iz-zi-iz-ma 12 a-wa-ti li-da-am-mi-iq i-zi-iz-ma a-wa-ti 14 du-um-mi-iq MUNUS um-mi la-a i-ka-al-lu-nim 16 [š]a-ni-tam a-nu-um-ma T. [x] SILA₃ Ì.LÀL* 18 [pí]-qí-it-ta-ka [uš]-ta-bi-la-kum Traduction: Dis à Dariš-libur  : ainsi (parle) Tizpatum, ta fille. Si tu es réellement un père pour moi, fais-moi en l’occurrence une faveur  : j’ai écrit au roi au sujet de ma mère-nourrice. Il faut que mon père intervienne au secours de ma requête. Interviens au secours de ma requête  ! Qu’on ne garde pas ma mère-nourrice  ! Autre chose  : voici que je te fais porter x qa de pain d’épices pour ton ordinaire. Notes: 10) Pour ce sens d’ummum, cf. LAPO 18 n°1215, n. a). On remarquera tout particulièrement l. 9 la séparation de MUNUS et d’ummum, comme si le texte lisait sinništum ummum. 11-14) Pour cet échange des 2e et 3e pers., cf. LAPO 16 n°3, n. b) 12) Pour l’expression, cf. mudammiqat egirrê-ka, cf. comm. À LAPO 18 n°1195, n. b). 17) CAD N/1, p. 143a lit Ì.ŠAH, ce qui n’est paléographiquement pas possible  ; cf. UET 4 146  : 12 qui documente 2 NINDA.HI.A Ì diš-pi, donnant partiellement la lecture phonétique. 18) Pour ce sens de piqittum, envoi amical et déférent de biens alimentaires au roi ou à des particuliers, cf. LAPO 16 n°143, n. b). Le terme se trouve traduit dans cet ouvrage par «  ordinaire  ». Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 05/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 107 Lettre de Ṣibbatum à Yasmah-Addu («Abba»). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°107); SJAC 1, 1994, p. 147; LAPO 18, 2000, p. 270-272 (n°1089) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na a-ba-a a-hi-ia 2 qí-bí-ma um-ma ṣí-ib-ba-tum-ma° 4 a-ha-at-ka-a-ma wa-ša-ab a-hi-ia 6 i-na šu-ba-at-(d)UTU(ki) eš-[me] a-na na-ak-ri-im qé-er-[ba-ta] 8 li-ib-bi na-'ì-[id] a-na na-ak-ri-im la-⸢a*⸣ [ṭe₄-he-ka] 10 pa-ga-ar-ka ú-[ṣú-ur] at-ta ti-de ki-m[a li-ib-bi] T.12 ⸢i⸣-[na-a'₄-'ì-du ù šu-lum-ka] ú-ul [ta-aš-pu-ra-am] 14 šu-lum-ka [a-na ṣe-ri-ia] R. lu-ú ka-ia-[an li-ib-bi] 16 la-a i-na-a'₄-['ì-id] ki-ma be-lí-ia nu*-r[u*-ga-am(ki)] 18 iṣ-ba-at ù da*-a[m₇*-da-am] i-d[u]-uk-ma šu-ma-a[m iš-ša-ki-in] 20 (d)da-gan ù il°-ka š[a it-ti-ka] iz-za-az-[zu] 22 ta-pu-ut-ka li-il-li-ku-ma a-lam ṣa-ba-at ù da-am₇-da-am 24 du-uk-ma šu-ma-am na-aš-ki-in 26 ù aš-šum da-am₇-di-im ša i-na pa-ni-tim ta-du-ku 28 eš-me-ma ah-du Traduction: Dis à Abba, mon frère  : ainsi parle Ṣibbatum, ta sœur. J’ai entendu dire que mon frère résidait à Šubat-Šamaš. Tu es proche de l’ennemi et mon cœur s’inquiète. Sans t’approcher de l’ennemi, garde-toi  ! Tu sais à quel point mon cœur s’inquiète, or tu ne m’as pas envoyé de nouvelles de toi  ! Que des nouvelles de toi soient continues chez moi, afin que mon cœur ne s’inquiète plus  ! De la même façon que mon Seigneur — il a pris Nurrugum  ; alors, il a remporté la victoire, se couvrant de gloire —, que Dagan et ton dieu qui se tiennent à ton côté, t’accompagnent  ! Prends la ville et remporte la victoire, te couvrant de gloire  ! En outre, à propos de la victoire que tu as naguère remportée, je l’ai apprise et me suis réjouie. Notes: Note  : lettre envoyée à Yasmah-Addu par une de ses belles-sœurs, lors d’une campagne dans le Nord-Ouest, concomitante à la prise de Nurrugum par Išme-Dagan. 1) Abba est sûrement Yasmah-Addu, d’après LAPO 18 n°1089. Le NP de Ṣibbatum est assez bien attesté. Il existe une forme de (munus)NP proche zi-bu (M.6702  ; M.12000) dont la forme explicite est donnée par M.8818, zi-ib-bu-um. ZI-ib-ba-tum n’en est donc qu’une forme où le féminin a été explicité. Une lecture «  Zibbatum  » ne donne pas beaucoup de sens  ; il vaut mieux postuler une formation sur ṢBB parallèle à ṢBî, «  être beau  » ou à son homonyme ṢBî, «  désirer  »  ; cf. l’akkadien ṣabûm. Cette racine ṢBî serait attestée en onomastique par les NP Ṣibi-Lim (M.6161), Ṣibi-Addu (M.7838 r. iii) ou la variante ṣí-ib-a-tum (cf. MARI 8, p. 603, n. 60). Le sens serait «  Beauté  » ou «  Désir  ». Les deux racines, malgré leurs sémantismes, ne semblent pas pouvoir être unifiées. 7) Pour cette alternance des 2e et 3e personnes, cf. LAPO 16 n°3, n. b). 7) Sans doute Aparha, dont la prise se passe en l’éponymat d’Aššur-Malik, après celle de Nurrugum (N. Z.). 9) Cf. BiOr 28, 1971, p. 355b. 17) D’après la disposition des signes, il faut lire ki-ma be-lí-ia. Plutôt que de donner à cette expression la valeur de ša kîma bêli-ia, «  le représentant de mon époux  », (même si aucun des verbes introduits par kîma n’est au subjonctif), je préfère trouver ici une incise. Ce bêlî ne peut être que l’époux de Ṣibbatum  ; si bêlî équivalait à Samsi-Addu, Ṣibbatum se dirait certainement «  mère  » de Yasmah-Addu. N. Z. me confirme que la prise de Nurrugum est bien le fait d’Išme-Dagan, Yasmah-Addu se trouvant alors à Razama et la campagne sur le Balih étant postérieure. 19) La restauration s’appuie sur le parallélisme de la l. 25. 20) Remarquer la graphie rare il-ka au lieu du DINGIR-ka, courant. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 108 Lettre de Ṣibbatum à Yasmah-Addu («Abba»). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°108); LAPO 18, 2000, p. 272 (n°1090) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na [a-a]b-ba-a 2 qí-bí-[ma] um-ma (munus)ṣí-i[b-ba-tum] 4 a-ha-at-ka-a-ma i-na pa-ni-tim-ma i-nu-ma a-na ma-ri(ki) 6 al-li-kam A.ŠÀ e-ri-iš-ka-ma 1,0.5 GÁN A.ŠÀ i-na ti-iz-ra-ah(ki) 8 ta-ad-di-nam aš-šum A.ŠÀ ša-a-ti a-tu-ur 10 aš-pu-ra-ak-kum-ma A.ŠÀ ša-a-ti tu-wa-aš-ši-ra-am T.12 ù ša nu-ut-tu-um-ma ú-da-ab-ba-bu 14 i-na ha-al-ṣí-im R. [š]a a-[a]b-ba-a 1 LÚ.EN[GAR A.ŠÀ] 16 ⸢a⸣-na ṣa-ba-ti-im ik-ta-á[š-dam] i-na-an-na šum-ma i-na ki-n[a-ti]m 18 (I)a-ab-ba-a i-ra-am-ma-an-ni ṭup-pa-am a-na qa-ti 20 ṣú-ha-ri-ia aš-šum A.ŠÀ ša-a-ti a-na ma-ši-ia li-id-di-in Traduction: Dis à Abba : ainsi parle Ṣibbatum, ta sœur. Naguère, lorsque j’étais allée à Mari, je t’avais demandé un champ et tu m’en avais attribué 15 arpents à Tizrah. Revenant à la charge au sujet de ce champ, je t’avais envoyé une lettre et tu y avais mis fin à la gestion par le palais. Or on nous conteste ce qui est (désormais) nôtre. Un responsable des cultures, dans le district d’Abba, vient d’arriver ici pour saisir le terrain. En fait, si réellement Abba a quelque affection à mon égard, qu’il remette aux mains de mon serviteur une tablette destinée à Mašiya, concernant ce terrain  ! Notes: 7) Tizrah, ou avec désinence féminine «  Tizraha  », était un lieu-dit de l’alvéole de Mari, signifiant manifestement «  Lieu des semailles  », ce qui devait faire allusion à la bonté du terroir. 11) Pour cet emploi de wuššurum, «  abandonner la gestion directe d’une terre par le Palais  », cf. LAPO 16, p. 288. 12) ARM 10, p. 162, a lu ša-nu-ut-tum-ma, «  beaucoup d’autres  », interprétation reprise par CAD Š/1, p. 396b («  but others grumble  »)  ; mais cf. CAD N/2, p. 305b  ! Pour la forme nu-ut-tum, cf. MARI 6, p. 91  ; pour le féminin ni-it-tu-um, cf. LAPO 18 n°1266, n. a). 14) Pour le sens large de halṣum, à l’époque éponymale, cf. LAPO 16, p. 120-121. 15) Ikkarum, responsable d’une équipe de travailleurs agricoles du Palais  ; cf. LAPO 17, p. 525-526. 19-20) Scilicet, le «  porteur de la présente tablette  ». Mašiya était un des hauts responsables des exploitations agricoles du Palais, sous le règne de Yasmah-Addu. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 109 Lettre de Bahlatum à Ili-iddinam. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°109); LAPO 18, 2000, p. 409-411 (n°1209) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ì-lí-i-dí-nam 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ba-ah-la-[t]um-ma 4 ki-ma a-na-ku ù at-ta ma-ti-m[a] la ni₅-id-bu-bu ù wa-ar-k[a]-t[i]* 6 la pa-ar-sà-a-ta te-pu-ša-an-ni i-na pa-ni-tim še-em a-na ši-im (na₄)ki-ša-di 8 a[d-d]i-na-kum-ma (na₄)ki-ša-dam* ú-ul ta-ša-ma-[a]m 10 i-na MU 4.KAM KÙ.BA[BBAR] uš*-ta*-bi*-il* T. i-na-an-na (lú)ku*-ṭi*-im*-mu* 12 KÙ.GI ù KÙ.BABBAR id*-di*-na*-kum*/-ma R. tu-di-na-tum ši-na 14 ú-ul in-ne-ep-pé-ša i-na-an-na šum-ma i-na ki-na-tim 16 a-hi [at]-ta DINGIR ù (d)UTU gi-mi-il-ma* ši-ip-ra-am 18 ša-a-[t]u ar-hi-iš šu-bi-lam la [t]a-ka-la-a[m] 20 [š]um-ma ši-ip-ra-am ša-a-t[u*] ar-hi-iš ú-ul ik-šu-da[m] 22 mi-im-ma ši-[i]p-rum šu-ú T. ú-ul ši-[i]p-rum 24 i*-ni ú-ul ma-h[i]-ir 2 1/3 SU KÙ.GI 4 SU KÙ.BABBAR 26 ša id-di-nu-ni-kum TL. a-na ši-ip-ri-im š[a-a-t]u ú-ul t[i]*-ši*-i* 28 4 SU UD.KA.BAR a-na li-ib-ba-nu ru-ud-di-ma a-na 5 SU ÀM li*-ša-m[u](?)/a[m(?)]* Traduction: Dis à Ili-iddinam : ainsi parle Bahlatum. Tu m’as traitée comme si toi et moi n’avions jamais discuté et comme si tu ne te trouvais pas au courant de mon histoire. Naguère, je t’avais remis du grain pour l’achat d’un collier, mais tu ne me l’as pas acheté. Or, cela fait 3 ans que je t’en ai fait porter la valeur. En fait, l’orfèvre t’avait vendu or et argent, mais ces tudittum ne sont toujours pas faits. Maintenant, si tu es réellement un frère pour moi, sois agréable à El et à Šamaš et fais-moi rapidement porter ce travail. Ne me le refuse pas ! Si (l’artisan) n’arrive pas à bout de ce travail rapidement, n’en parlons plus. Je n’en veux plus. (Considère que) tu n’as plus les 2 sicles 1/3 d’or et les 4 sicles d’argent qu’on t’a remis, pour ce travail. Ajoutes-y les 4 sicles (d’argent destinés à acheter) du bronze et qu’on fasse l’achat au taux de 5 (sicles de bronze) pour (un sicle d’argent). Notes: Note  : la surface de cette tablette est toute brûlée. 7) Cette expression n’est pas à lire *aban kišâdim (ARM 10, p. 163  : « pierre de cou ») mais (na₄)kišâdum comme le montre l’accusatif gagné par la collation de la l. 8. 10) En m. à m. «  dans la quatrième année  ». 10) Comme l’achat devait être fait au moyen de « grain », kaspum a ici le sens de « valeur (en argent) », ce qui est courant dans les textes administratifs. 11-12) Le passage est intéressant en ce qu’il montre que le kutimmum est non seulement un travailleur du métal (artisan), mais aussi un pourvoyeur de métal précieux (banquier). Nadânum ne peut signifier ici simplement «  livrer  ». En fait, Ili-iddinam s’était bien servi du grain qu’on lui avait livré pour acquérir le métal précieux mais ce dernier n’avait pas été transformé. Dans le cas contraire, Bahlatum réclamerait ce grain livré pour rien ou au moins sa valeur, ce qui n’est pas le cas. Le métal précieux pour les tudittum représente, selon la l. 25, 2 sicles d’or 1/3 et 4 sicles d’argent, ce qui, selon les équivalents normaux, devrait être l’équivalent d’un peu moins de 13 kôr de grain, environ 1100 litres, ce qui est beaucoup. 13) Les bijoux-tudittum sont toujours mystérieux et la littérature contradictoire. Il est évident qu’ici les tudittum représentent des ornements du collier. 16) Plutôt que ilum u iltum, cf. CAD G, p. 22a-b. 21) L’artisan est souvent cité au moyen d’un «  il  » anonyme  ; il ne doit pas s’agir du kutimmum de la l. 11, qui n’est qu’un fournisseur. 22-23) En m. à m.  : « ce travail n’est plus le travail (à faire). » 28-29) Pour ces expressions, cf. MARI 2, p. 117, n°1 et analogues. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 110 Lettre de Šera-Mamma à Kinat-šarrussu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°110); LAPO 18, 2000, p. 481-483 (n°1254) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ki-na-at-LUGAL-sú 2 qí-bí-ma um-ma (munus)še-ra-(d)ma-ma 4 a-ha-at-ka-a-ma ša-al-ma-ku-ú 6 É-tum ša-lim T. šu-lum-ka a-na m[i-n]im 8 la* ta*-ša*-pa-ra-am R. ù [a-na mi-nim mi]-im*-ma* 10 l[a tu-še-er]-re*-eb [mi-im-ma ú-ul tu-ša-bi-lam] 12 ù* ú-ul al*-qí be-li GÚ.È.A LÚ.TÚG 14 [i-r]i-[i]š-ma GÚ.È.A [ú]-ul šu-la-at T.16 ú*-ul qí*-[š]a*-at* ù e-pí-iš-ta-am TL.18 [i-n]a-an-na šu-pí-i[š]-ma ù š[u-b]i-lam Traduction: Dis à Kinat-šarrussu  : ainsi parle Šera-Mamma, ta sœur. Je suis en bonne santé. La maison est en bonne santé. Pourquoi ne m’envoies-tu pas de tes nouvelles  ? et pourquoi ne fais-tu nul apport  ? Tu ne m’as rien fait porter et je n’ai (rien) reçu. Mon époux avait demandé une chemise de tailleur, mais une chemise n’a été ni offerte ni donnée. Alors, fais faire maintenant un joli exemplaire et fais-le-moi porter. Notes: Note  : le côté gauche est écrit à l’envers du normal, parallèle au revers. 3) Ce NP est un hapax à Mari. Sa comparaison avec des NP bien attestés comme Šeret- + NDivin a l’intérêt de montrer un -a correspondant à un état construit en -at- de l’akkadien. AHw, p. 1218a considère šêrtum comme le terme signifiant «  punition  »  ; CAD Š/2, p. 327, catalogue un terme šêrtu signifiant «  a charateristic such as brilliance  », le considérant apparemment comme un terme apparenté à šêrtum «  matin  ». 10) Šûrubum, «  faire apporter  », signifie ici «  accomplir une šûrubtum  »  ; cf. LAPO 16, p. 125, 258  ; c’est l’équivalent de la piqittum (sur les aliments) d’autres textes. 13) Littéralement, «  mon seigneur  »  ; sans doute le mari de Šera-Mamma, donc le beau-frère de Kinat-šarrussu. 13) ARM 10 a compris (avec une lecture i-ša-al, improbable), «  a demandé au tailleur  »  ; la nouvelle transcription se prête aussi peu à cette traduction (on attend itti LÚ.TÚG), qui fait peu de sens ici. Une «  chemise de tailleur  » signifie «  faite par un professionnel  », non «  faite à la maison  », avec une finition ou une coupe plus soignées. 15-16) Quelle différence précise, en l’occurrence, entre šûlûm, plutôt réservé aux présents aux dieux, et qiâšum, plutôt utilisé pour ce qui est donné à des humains  ? 17) Epištum, féminin (à valeur sans doute caritative) de epšum, «  objet (artistiquement) fabriqué  » (cf. Mélanges P. Garelli, p. 19), reprend le GÚ.È.A, «  chemise  ». Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 24/03/2017: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 111 Lettre de Ahatiya à Zimri-Šamaš. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°111); LAPO 18, 2000, p. 483-485 (n°1255) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na zi-im-ri-(d)[U]TU* 2 qí-bí-m[a] um-ma (munus)a-ha-ti-i[a] 4 a-ha-at-ka-a-ma an-ni-tum ša ta-aq-bé-[em(?)] 6 um-ma at-{x}ta-a-ma 3 u₄-mi-im úš-ša-ab-ma 8 i-na 5 u₄-mi-im° [a-š]a-ri-i[š a-n]a-ku 10 ú i-ne-ia ig-mu*-ra T. i-na na-ṭà-li° 12 [š]a-ni-tam aš-šum (munus)n[u]-ṣa-ba R. aš-ša-at-ka i*-zu-ra-an-ni 14 i-na iš₈-tár-l[a*-m]a*-sí ku*-ba*-am* [šu-ṣ]e* a-na me-⸢e⸣ 16 la pa*-la-[ah e-te-e]r*-bi ú* LÚ*.⸢A*⸣.[ZU e-pu-úš] 18 ú aš-š[a-at-ka aš-šum LÚ.TUR] la i-m[a*-tu mi-im-ma ú-ul e-pu-úš] 20 ú iš-t[u ta]-ta-al-[kam] 1 i-ti-i[a] 22 ma-m[i*]-ni-ma ta-ap-qí-d[a-ni] ú-ul ka-sa IGI DINGIR-lim T.24 ta-áš-ti ú gi-mi-la-m[a] ka-si te-er° TL.26 ú al-ka-ma ša a-na-di-na-ku 28 mu-hu-ur ú-ša-ba-la-ku 30 ú-ul ub-ba-lu-ni-k[u*] at-ta-ma te-ru-ba° Traduction: Dis à Zimri-Samas  : ainsi parle Ahatiya, ta sœur. Voilà ce que tu m’avais dit  : «  Je serai à la maison, dans 3 jours.  » Or, cela fait 5 jours que, moi, je suis ici et mes yeux se sont épuisés à guetter. Autre chose  ; à propos des récriminations de Nuṣaba, ton épouse, à mon égard, lorsqu’Ištar-Lammasi a eu sa fausse couche, dès les eaux, je suis entrée sans crainte et lui ai prodigué les soins. En revanche ton épouse n’a rien fait pour que le bébé ne meure pas. Depuis que tu es parti, y a-t-il chez moi une seule chose quelconque que tu m’aies donnée pour mon ordinaire  ? Or, n’avais-tu pas bu la coupe devant la divinité  ? Hé bien  ! Fais-moi le plaisir de me rendre ma coupe  ! Hé bien  ! Allons  ! Reçois ce que je te donnerai  ; je vais te faire un envoi. Si on ne te l’apporte pas, c’est à toi d’entrer chez moi (te servir). Notes: 1) Les traces conviennent aussi bien à un UD qu’à un IM et da-gan paraît trop long  ; (d)UTU est lu ici Samas en fonction des monnaies phonétiques attestées ailleurs pour ce NP. 7) ARM 10, p. 167, traduit  : «  Je séjournerai (jusqu’au) 3e jour.  » La comparaison avec ARM 10 178  : 7 me paraît indue (il ne s’agit pas, de plus, d’«  état construit  »  !) On note une construction identique dans un passage de Gilgameš (frag. Meissner, ii 8)  : se-bé-et u₄-mi-im u se-bé mu-ši-a-tim, «  sept en fait de jour (sg.) et sept en fait de nuits (plur.)  », dont le sens contextuel est très net  : «  7 jours et 7 nuits.  » Sous-entendre un adi est donc inutile. La lecture de 3 u₄-mi-im devrait donc être šalâšat ûmim. C’est un complément de temps indéterminé. À la l. 8, l’expression ina hamšet ûmim est, en revanche, déterminée par la préposition temporelle, et signifie que l’on se trouve 5 jours pleins depuis que l’information a été donnée. Le «  3 du mois  » se dirait, en fait, ûm šalâšat ûmim. Le sens de wašâbum pourrait être «  ne pas bouger, rester là où l’on est  », comme très souvent. Comme il s’agit manifestement d’un contexte d’attente, un sens de «  se trouver à la maison, être de retour  » me paraît plus vraisemblable. Ahatiya a donc dû rejoindre la demeure de son frère au jour dit et on en est désormais à 5 jours de retard. 11) Naṭâlum a le sens de «  constater l’existence de quelque chose  » comme le montre son emploi dans le vocabulaire des rêves, en opposition à amârum, qui note le simple fait de «  voir  »  ; ARM  26/1, p. 456. Il est vraisemblable que na-ṭà-li doit s’interpréter ici phonétiquement comme na-ṭà-le (naṭâlê <— naṭâli-ia). 13) Le sens propre de nazârum à Mari est «  (essayer) de causer le plus grand dommage à qq’un  »  ; cf. A.245  : «  Mes commandos l’ont poursuivie [l’armée ennemie] jusqu’à Andarig et ont causé de nombreux dégâts mais en ce qui concerne des informateurs, on n’a pu en prendre parmi elle  » ([a-d]i an-da-ri-ig(ki), LÚ.MEŠ ba-az-ha-ti ir-de-šu, ù i-ta-za-ar-ma ša LÚ ša li-ša-nim, i-na li-ib-bi-šu le-qé-im, ú-ul i-le-ú-nim)  ; dans ARM 5 4  : 11, le sens est clairement «  vouloir la perte de qq’un  »  : «  Naguère, l’individu a dit des choses qui ont failli me perdre. Comme quoi, précisément, il ne me voulait pas de bien dans tout ce qu’il a dit, tu le sais.  » Ici, il s’agit d’agresser (verbalement) à tort une personne  ; mais le dossier d’Alahtum documente le sens «  émettre des prétentions indues  » à l’égard d’un bien  ; cf. LAPO  16 n°281 n. l). 15) En m. à m. «  a fait sortir un kûbum  ». Le kûbum désigne un bébé mort-né (le plus souvent) ou éventuellement un prématuré non viable, comme le montre l’épithète descriptive «  qui ne tête pas le lait de sa mère  ». 15) Ana est ici employé comme indiquant une date, ce qui est très courant. Les «  eaux  » (mû) sont une désignation bien documentée du liquide amniotique  ; cf. Code d’Hammu-rabi et les contrats d’adoption ina mê-šu  ; selon CAD M/2, p. 154b. 16) Pour ces infinitifs absolus, cf. K. Veenhof, JEOL 27, 1981/2, p. 65-75. 17) En lisant asûtam êpuš. À Mari, l’idéogramme seul sert aussi pour exprimer l’abstrait. 22) Mâmînum (mammînum) est documenté à Mari (ARM 5 17) avec les sens de «  que s’est-il passé pour…  ?  », «  qu’est-ce qui…  ?  ». L’adjonction de -ma ici transforme normalement l’interrogatif en indéfini. L’interprétation de «  1 i-ti-ia  » par un NP (ARM 16, p. 133) me paraît aussi peu heureuse que celle de «  1 de mes compagnons  » (ARM 10, p. 167, sans commentaire  !). La bonne lecture me paraît donc être ištêt itti-ia. 22) Pour ce sens de paqâdum, cf. LAPO 16 n°17 n. a). 24) Il n’y a pas de KA à la fin de la l. Le plus simple est de lire MI pour IM (interversion de signes) et de retrouver ici le banal gimlam.ma. Il est aussi possible de garder un emploi adverbial de l’accusatif et de comprendre gimillam-ma comme une forme courte pour gimillam epuš-ma. Le sens général ne fait cependant pas de problème  ; la traduction de ARM 10 m’est incompréhensible, surtout avec l’antéposition de la négation ûl. «  Boire la coupe  », kâsam šatûm, est une expression bien connue pour dire «  passer un accord  ». L’accord, en l’occurrence, était un échange  : livraisons alimentaires-piqittum de Zimri-Samas contre dons-nidittum de produits de la maisonnée d’Ahatum. Elle va lui faire porter quand même quelque chose. Si cela tarde, il n’a qu’à venir se servir chez elle. 31) Cette apparente contradiction entre «  abolissons notre accord  » et «  je vais exécuter pour ma part notre accord  » fait partie de la rhétorique de la politesse de l’époque. La clef du texte LAPO 18 n°1256 est donnée certainement par sa fin où Belum énonce  : «  C’est un fait avéré que la pluie s’est mise à tomber  ! Pense à moi et ne m’oublie pas  !  » Après toutes les considérations appuyées sur la mauvaise humeur des sœurs due à un travail qui apparemment les épuise, l’expression ne peut que signifier  : «  L’époque des privations et de la pauvreté est finie.  » La pluie n’est pas un symbole négatif mais, en fait, celui de la prospérité. Belum rappelle donc par là que l’entrée de ses sœurs au palais est, certes, cause de tracas et d’occupations pour elles mais met fin à une époque de pénurie où leurs ressources n’étaient pas assurées. C’est, pourrait-on dire, la rançon de la tranquillité pour l’avenir et du fait d’avoir un entretien assuré au palais  : ce dernier demande en contrepartie un travail incessant. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 112 Lettre des jeunes filles (ṣuharâtum) aux girseqqû. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°112); LAPO 18, 2000, p. 424-425 (n°1219) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na GÌR.SIG₅.GA.[M]EŠ 2 qí-bí-ma um-ma ṣú-ha-ra-tum 4 a-ha-tu-ku-nu-ma ša-al-ma-nu 6 šu-lum-ku-nu [š]u-up-ra-nim T.8 ⸢ù⸣ ša-ni-tam [≤a-na≥ a]-na-ku-DINGIR-ma 10 qí-bí-ma R. ki-[m]a ṭup-pa-ka 12 a-na ṣe-ri-ni ka-ia-an 14 a-na be-el-ne {a na} hu-sú-sí-n[i*] lu ka-ia-na-at 16 ù a-na (d)NIN.É.GAL ka-ia-ni-iš T.18 ni-ikₓ-ta-na-ra-ba-k[u-n]u-ši Traduction: Dis aux domestiques  : ainsi (parlent) les jeunes filles, vos sœurs. Nous sommes en bonne santé. Ecrivez-nous de vos nouvelles. En outre, autre chose  : dis/dites à Anaku-ilam.ma : « Puisque tu es notre correspondant attitré, Hé bien  ! sois notre soutien attitré auprès de notre Seigneur ! » En outre, nous adressons continuellement des prières pour vous à la Dame du palais. Notes: 1) Pour les GÌR.SIG₅.GA, population servile (non technique) du palais, cf. LAPO 18 p. 423. 9) Un NP KU-AN est très peu vraisemblable  ; ARM 10, p. 273, penserait à un NP hourrite (!). L’idée de M. B. d’une haplographie de a-na est excellente. Mais le NP doit se lire Anaku-ilam.ma comme le montrent les graphies explicites  : a-na-ku-DINGIR-lam-ma (ARM 16/1) et a-na-ku-i-la-am-ma, M.7450 ii. Il s’agit sans doute d’un NP raccourci  : «  Moi, c’est dieu que (je veux remercier/louer  ?)  »  ; cf. LAPO 18 n°1194, n. a). 10) L’impératif qibi est le plus souvent écrit avec le signe BÍ (NE) et ne commence pas obligatoirement un incipit de lettre. Il peut donc s’agir d’une lettre dans la lettre. 11-13) En m. à m.   : «  Ta tablette est continue chez nous.  » 14-15) En m. à m.   : «  Sois constant à faire penser notre Seigneur à nous.  » Il s’agit de la figure de l’ange gardien qui présente l’egerrûm du suppliant devant la divinité principale. cf. D. Ch., Le Clergé d’Ur, p. 286  ; bêl-ne est ici à l’accusatif car il dépend de hussusum qui régit un double accusatif. 16) Pour la figure divine de Belet-Ekallim, cf. «  L’organisation de l’espace  », p. 94-95. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 114 Lettre de Tariš-Haṭṭum à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°114); LAPO 18, 2000, p. 341-342 (n°1161) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)ši-ib-tu 2 qí-bí-ma um-ma (munus)ta-ri-iš-ha-aṭ-ṭú-ma 4 a-wa-tam ki-a-am eš-me um-ma-a-mi MUNUS.TUR be-el-ta-ni i-na ma-ri(ki) 6 a-na ki-ib-ri-(d)da-gan a-bi-ša ki-a-am iq-bi um-ma-a-mi 8 (munus)ta-ri-iš-ha-aṭ-ṭú iš-pu-ra-am-ma in-ṣa-ba-ti-ia ù HAR KÙ.BABBAR-ia 10 ú-ha-am-mi-ṣú an-ni-tam eš-me-ma T.12 li-ib-bi ma-di-iš iz-zi-iq 14 i-nu-ma an-ni-tam e-ep-pé-šu R. ṭe₄-mi a-i-ša-am ú-bi-il 16 a-ga-na DUMU ši-ip-ri-ia li-il-li-kam ú-lu-ma ka-ni-ki li-id-di-nu-nim 18 ša i-nu-ma aš-pu-ra-am-ma šu-ku-ti MUNUS.TUR ša-a-ti i-na qa-bi-ia 20 ú-ha-am-mi-ṣú a-wa-tam ša-a-ti ú-ul i-de ú-ul še-me-ku 22 šum-ma i-na ki-na-tim-ma ma-ar-ti at-ti ù ši-ri-[i]a 24 ta-ra-am-mi a-wa-tam an-ni-tam T. LUGAL šu-úš-mi-ma 26 an-ni-tam la an-ni-tam ṭe₄-ma-am ga-am-ra-am TL.28 me-he-er ṭup-pí-ia šu-bi-lim Traduction: Dis à Šibtu  : ainsi parle Tariš-Haṭṭum. Voici ce que j’ai appris  : «  La jeune Beltani, à Mari, a dit à Kibri-Dagan, son père  : “Sur message de Tariš-Haṭṭum, on m’a dépouillée de mes agrafes et de mon anneau en argent.”  » Voilà ce que j’ai appris et mon cœur s’est fort courroucé. En agissant ainsi, qu’aurais-je cherché  ? Allons  ! Que se produise le messager à moi ou bien qu’on donne la tablette à mon sceau, de l’époque où, suite à un message de moi, on a(urait) dépouillé sur mon ordre cette jeune fille de sa parure  ! Cette affaire, je ne la connais ni de près ni de loin. Si tu es réellement une fille pour moi et si tu as de l’amitié pour ma personne, apprends cette affaire au roi et fais-moi porter une réponse détaillée à ma tablette sur ce qu’il en est. Notes: 3) Cf. commentaire à LAPO 18 n°1265  : elle aurait été une des épouses de La’um. Le rang de cette Tariš-Haṭṭum («  Le sceptre s’est réjoui  ») est montré par le fait qu’elle se considère comme une mère pour la reine Šibtu. Il n’est donc pas impossible qu’elle ait été de très haut lignage, épouse de Yahdun-Lim, plutôt qu’une de ses filles vu qu’elle semble d’un âge relativement avancé. Il pourrait même s’agir de cette énigmatique «  Yamhadéenne  » à laquelle le roi de Mari avait été marié, ce qui expliquerait la façon dont, fille de Sumu-epuh, elle traite Šibtu qui aurait été, dès lors, sa nièce. 6) N. Z., connaît une Beltani, épouse récente de Zimri-Lim (cf. FM 4, p. 58-59), un temps «  grande musicienne  » (cf. FM 4, p. 151). Ce serait une ancienne petite musicienne du groupe de Tahṣin-Admu, peut-être une fille de Yasmah-Addu. L’intervention furieuse de Tariš-Haṭṭum montre cependant que la Beltani dont elle parle était de la grande famille qui a donné à Terqa la plupart de ses administrateurs  : La’um, Sammetar, Kibri-Dagan, ainsi que le général Yassi-Dagan. Cette Beltani résidait certainement à Mari où elle a pu rencontrer son père en visite. Elle pourrait être la même que l’épouse de Zimri-Lim identifiée par N. Z. et donner la preuve que le roi de Mari pouvait épouser des filles de ses grands serviteurs. L’algarade n’a pu, en tout cas, se passer qu’avant qu’elle ne devînt l’épouse du roi. 10) Hamâṣum (I et II) signifie «  arracher qq ch. à qq’un  ». 15) En m. à m. «  où m’a porté mon esprit  ?  » Le sens est «  j’aurais été folle  ». La compréhension par ARM 10 de l’expression «  qu’avais-je à retirer de ma décision  ?  » ne rend pas compte du mouvement inhérent à âyišam. 18) En m. à m.   : «  appartenant (ša) au moment où (inûma) j’ai envoyé un message et où l’on a dépouillé…  » Le passage indique le sentiment encore vivace du sens de in-ûma «  au jour que  ». La compréhension du ša par «  comme quoi, quant au fait que  » ne rend pas compte de la construction paratactique en -ma. 19) Šukuttum qui a plus d’une fois le sens de «  cassette de bijoux  » peut désigner tout ce que possédait la jeune Beltani. 20-21) En m. à m.  : «  ni je ne la connais, ni je ne me trouve l’avoir entendue  » oppose la connaissance directe (cf. le mûdûm qui est souvent le «  témoin  ») et celle par ouï-dire (cf. l’information ina ahîtim). La séquence ûl… ûl sans -ma exprime une énumération. 23) En m. à m. «  ma chair  ». Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 115 Lettre de Yataraya à Šibtu (ana bêltiya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Ilan-ṣura. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°115); LAPO 18, 2000, p. 356-357 (n°1172) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a]-na** (munus)be**-el**-t[i**-ia] 2 [qí-b]í-ma [um-ma] (munus)*ia-tar*-a-ia 4 [GEME₂]-ki-ma [be-lí] ša-lim um-ma-na-tum 6 ù (lú)GÌR.SIG₅.MEŠ ša-al-mu be-el-ti aš-šu-mi-ia T.8 da-ar ša-na-tim (d)NIN-é-kál-lim R.10 li-ba-al-li-iṭ šu-lum be-el-ti-ia 12 a-na ṣe-ri-ia lu-ú ka-a-ia-an a-na šu-lum be-el-ti-ia 14 ma-di-iš a-qa-al wa-ar-ki ṭup-pí-ia an-ni-im 16 [ṭ]e₄-ma-am ša a-am-ma-ru T. a-na be-e[l-ti]-ia 18 a-ša-a[p]-pa-r[a-a]m u₄*-u[m*] ṭ[up*-pí] an-né*-[em] uš*-ta-b[i*-la-ki-im] 20 LUGAL* a*-na* be*-l[í*-ia] TL. [bi-il-tam id-d]i*-in* é-kál-lam 22 [ša i-l]a-an-ṣú-ra(ki) i-ip-ṭúr* Traduction: Dis à ma reine  : ainsi parle Yataraya, ta servante. Mon Seigneur est en bonne santé  ; les armées et les domestiques sont en bonne santé. Que la Dame du palais fasse vivre ma reine le cycle des ans, pour l’amour de moi  ! Que des nouvelles de la santé de ma reine soient continues chez moi  ! Je suis très attentive aux nouvelles de la santé de ma reine  ! J’enverrai à ma reine les nouvelles que j’apprendrai après l’envoi de ma présente tablette. Au jour où je t’envoie cette tablette, le roi a donné le tribut à mon Seigneur  ; il a affranchi le Palais d’Ilan-ṣura. Notes: 3) La lecture du NP ne fait pas de problème  : ni «  Hayaya  » (ARM 10, p. 274, «  un hypocoristique de Haya-Sumu  »  ; voir l’opinion contraire de J. Sasson, AfO 27, p. 194), ni Ahiyaya (ARM 16/1) ne sont envisageables. Il est peu vraisemblable que Yataraya soit une figure royale d’Ilan-ṣura, dont nous connaissons les deux reines, Šimatum et Kiru, à moins qu’il ne s’agisse de la mère de Haya-Sumu, inconnue par ailleurs. En outre une personne d’Ilan-ṣura ferait référence au Palais, non aux «  armées  ». 5) Ce début de lettre qui aurait pu donner des indications sur la présence de Yataraya à Ilan-ṣura est malencontreusement brisé. Au début de la l. 5, un seul signe manque. ARM 10 a restauré [La ville], dans l’ignorance de la personne qui écrivait  ; d’autre part, cela serait écrit par deux signes, URU(ki). LUGAL serait un bon candidat mais semble désigner dans la lettre (cf. l. 20) le roi d’Ilan-ṣura, alors qu’on ne comprendrait pas l’absence de renseignements sur Zimri-Lim. Je propose donc une restauration [be-lí] équivalente en place à lugal. Le roi de Mari, en déplacement, est accompagné par des troupes et des serviteurs de sa domesticité. Le voyage devrait être celui qui a eu lieu vers Hušla en ZL 7’, car à la fin de ZL 8’, Zimri-Lim n’est pas passé par Ilan-ṣura et la rencontre avec Haya-Sumu a eu lieu à Silhan. 22) Le signe TÚR («  TAB+KUR  ») est sûr à la fin de la l. 22 et la finale pé-eš, explicite sur l’autographie de G. D., n’existe pas  : il s’agit en fait d’éraflures de la tablette. Le plus simple est sans doute de considérer que Haya-Sumu s’est acquitté de sa redevance-biltum au moment du passage de son suzerain. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 116 Lettre de Hinniya à Dagan-nahmi. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Šuna. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°116); LAPO 18, 2000, p. 461-462 (n°1241) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)(d)da-gan-na-ah*-mi* 2 qí-bí-ma um-ma hi-ni-ia 4 a-ha-at-ki-ma bu-ul-ṭì ša-al-ma-ku 6 mi-im-ma li-ib-bi a-ha-ti-ia la i-qa-ab-bé-em 8 aš-šu-um-ma mi-im-ma a-na a-ha-ti-ia 10 ú-ul ú-ša-bi-il T. i-na é-kál-lim 12 wa-aš-ba-ku ù ša-ni-t[am] R.14 i-na NINDA ù KAŠ šu-šu-ra-ku 16 i-na-an-ni ú-ul šu-šu-ra-ku ṣú-ba-ti ù ša qa-qa-di-ia 18 ù bu*-d[i]*-ia* ki*-ma* ki*-ma a-ša-lu* ú-ul i-šu 20 ú-ul [i-š]u(?)* ú-ul ú-ša-ba-la-a[m*] um-ma šu-nu-[ma] 22 (d)da-gan-na-a[h*-mi] im-tu-ut ú-q[é*-bi-ru-ši] T.24 a-ab*-ki a-di š[a(?) ṭup-pa-ki] a-mu-ru i-na-a[n*-na šu-lum É-ki] 26 ú šu*-[l]u*-u[m]*-ki* a-ša*-a[l]* ⸢ù*⸣ li-ib-bi ih-du TL.28 0,0.1* na-hu-um 0,0.1 bu-uṭ-na-tim ù šu-ul-gi ⸢ša⸣ NINDA em-ṣí 30 i-na ku-nu-ki* ti-iz-pa-tim ka*-[n]i*-/ik* Traduction: Dis à Dagan-nahmi  : ainsi parle Hinniya, ta sœur. Porte-toi bien  ! Je suis en bonne santé. Que le cœur de ma sœur ne trouve rien à redire à ce que je n’ai rien fait porter à ma sœur, alors que j’habite au palais, tandis que, par ailleurs, je me trouve(rais) très pourvue en pain et bière. En fait, je ne me trouve pas très pourvue  ! Je n’ai pas reçu de quoi m’habiller, ce (qu’il faut) pour ma tête et mon corps, quelle que soit mon insistance. N’ayant rien, je ne fais rien porter. On m’avait dit  : «  Dagan-nahmi est morte  ; on l’a enterrée.  » J’ai pleuré, jusqu’à ce que je vois une tablette de toi. Maintenant, je te demande des nouvelles de ta maison et de toi et mon cœur s’est réjoui. Il a été scellé pour toi, au sceau de Tizpatum, 10 qa de lard, 10 qa de pistaches et un panier de pain aigre. Notes: 13) On notera ici l’usage de u šanîtam sans qu’il y ait de rupture de sens  ; cf. ici-même, LAPO 18 n°1215 n. b). 16) Le texte atteste inanni pour inanna en position indépendante. 18) La répétition kîma kîma est expressive et entraîne le sens indéterminé de kîma, «  quoique ce soit  ». 28) Il ne s’agit pas d’un panier-nahummum, inconnu par ailleurs (ARM 10), mais du produit alimentaire nâhum (lard de porc), compté en unités de liquides, ce qui est d’ailleurs déjà très bien attesté pour cette denrée, sous sa forme idéogrammatique Ì.ŠAH. 29) Le contenant šulgûm, (= šulqûm  ?), semble n’être attesté qu’ici. 30) Hinniya est passée par la reine pour obtenir des produits alimentaires, mais n’a pu envoyer ni textiles, ni boissons alcoolisées. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 10/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 118 Lettre de Nunu-uṣri à […]. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°118); LAPO 18, 2000, p. 489 (n°1258) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na …] 2 [qí-bí-ma] [um-m]a (munus)(d)nu-[nu(?)-uṣ-r]i* 4 a-ha-a[t]-ki-m[a] ša-al-m[a]-ku šu-lum-ki 6 š[u]-up-ri-im mi-nu-um an-ni-it-ta-an 8 ša ta-aš-ta-na-ap-pa-ri-im [i-n]a ṭup-pí-im ma-ah-ri-im T.10 ša tu-ša-bi-lim ke-e-em ta-aš-pu-ri-im 12 [u]m-ma at-ti-ma R. al-k[i]-im-ma lu-un-nam-ra 14 i-na-an-na i-na ṭup-pí-im wa-ar-ki-i-im 16 um-ma at-ti-ma la t[a-al]-la-ki-im 18 LÚ*.M[EŠ]* ⸢i⸣*-ba*-[aš-š]u*-ú [ša i-qa-a]b*-bu* 20 [um-ma-a-mi …] (…) «  3 l. sur T. et 2 l. sur R.  » TL. [it-ti-ki l]u-un-na-me-er 2' [ù i-na ši-i]p-ra-tim [ša a-h]a*-⸢ti⸣* i[š-t]a-na-pa-[ar] 4' [a-ha-ti] šu-lum-ša ú-u[l iš-pu-ur] [ša-ni-tam] aš-šum wa-ṣi°-⸢ki⸣* šum-ma 6' [it-ti-ki] KÙ.BABBAR ù-lu-ú GEME₂* [ù] ANŠE* ú-wa-aš-ša-ru/ ki-i Traduction: Dis à NP  : ainsi parle Nunu-uṣri, ta sœur. Je suis en bonne santé. Envoie-moi de tes nouvelles. Qu’est ce que ces messages que tu multiplies  ? Dans une tablette antérieure que tu m’as fait porter, tu m’écrivais ceci  : «  Viens que je te rencontre  !  » En fait, dans une tablette ultérieure, tu m’as dit  : «  Ne viens pas  ! Il y aura des gens pour dire  : “…” (Lacune de 5 l.) … pour que je te rencontre.  » En outre, dans les messages que ma sœur multiplie, elle ne m’a pas donné de ses nouvelles. Autre chose  : à propos de ton départ, te laissera-t-on aller avec l’argent ou la domesticité et les ânes  ? Qu’en est-il  ? Notes: 3) On pourrait penser aussi bien à (d)Nunu-uṣri qu’à Annu-uṣri, mais d’après la place, la 1e hypothèse est sans doute la meilleure. 1') Sans doute dans le passage manquant, la destinataire anonyme changeait-elle encore d’avis puisqu’il est question de son départ (waṣê-ki) à la fin de la lettre. C’est ce flot de nouvelles contradictoires qui déconcertait Nunu-uṣri. 2'-4') Pour ce passage de la 2e à la 3e personne, cf. LAPO 16 n°3, n. b). 5') Le šumma peut, à lui-seul, convoyer la notion d’interrogatif. La place très isolée de ki-i m’incite, en outre, à y voir l’interrogatif isolé (Hé quoi  ?) qui termine et souligne une question, plutôt qu’à l’ajouter au verbe en en faisant un pronom suffixe féminin. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 10/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 119 [A.1510 = M.8973] Lettre de [son seigneur (= Zimri-Lim)] à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/-. Editions: ARM 10, 1978 (n°119); LAPO 18, 2000, p. 331-332 (n°1151) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. (…) «  La face manque  » R. [i-na ku-n]u-u[k]-ki-ki 2' [š]a ši-ib-tu DUMU.MUNUS ia-ri-im-li-im 4' aš-ša-at zi-im-ri-li-im ša-aṭ-ru ku-un-ki-ma a-na im-gu-r[i-im] 6' pí-iq-di-ma a-na (I)za-ši-im LÚ […] 8' [li-ša]-bi-[lam] Traduction: [Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur.] (…) Scelle au moyen de ton sceau qui est inscrit «  Šibtu, fille de Yarim-Lim, épouse de Zimri-Lim  », et confie(-le) à Imgurrum, pour qu’il (le) fasse porter à Zašum, le [Guti]. Notes: 2'-5') Puisque l’on prend soin de décrire à la reine le libellé de son sceau, il faut en tirer argument qu’il en existait un second, très vraisemblablement son sceau personnel de jeune fille, dont nous ne possédons pas l’empreinte, qu’elle avait amené avec elle d’Alep et dont elle devait se servir pour son courrier privé. Le sceau décrit dans ce document est donc le sceau d’État de la reine. Pour cette pratique d’avoir 2 sceaux, cf. D. Ch., NABU 99/78. 4') Le sceau officiel comporte la graphie DAM non aš-ša-at. 5') Le NP est relativement rare à Mari  ; il est donc possible qu’il s’agisse du Mariote attesté par une lettre du roi de Nazala, A.4481 (MARI 8, p. 407). Il aurait été chargé de porter des présents à des cours étrangères, ou un de ces marchands qui faisaient la grande transversale Qaṭna-Zagros. 7') Zašum n’est qu’une forme secondaire de «  Zazum  », le roi guti, connu par ARM 26/2, 491, 525. Une alternance š/z est bien documentée dans une onomastique hourritisante d’époque amorrite. M. G. me signale d’ailleurs A.2982, écrite par ce Zašum à Zimri-Lim. Historique: – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 06/04/2017: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 120 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°120); LAPO 18, 2000, p. 327 (n°1147) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)ši-ib-tu 2 qí-bí-ma um-ma be-el-ki-ma 4 aš-šum ša ki-a-am ta-aš-pu-ri-im um-ma at-ti-ma 6 i-na ba-ru-ú-tim ša (giš)TUKUL.MEŠ 8 a-na-ku et-mé-ku ša ta-aš-pu-ri-im i-na ba-ru-tim-ma ša (giš)TUKUL.MEŠ T.10 et-mé-e-ti am-mi-nim i-na ba-ru-ut*° 12 ṣa-ba-at [UR]U(ki) la et-mé-e-t[i] R. ù ki-a-am ú-ul ta-aš-pu-ri-i[m] 14 um-ma at-ti-ma URU(ki) šu-ú iṣ-ṣa-ab-ba-at 16 ú-lu-ma ú-ul iṣ-ṣa-ab-ba-at aš-šum ar-hi-[i]š ka-ša-di-ia 18 ša ta-aš-pu-r[i]-im ar-hi-iš a-na SISKUR₂ iš₈-tár 20 a-ka-aš-ša-dam Traduction: Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur. À propos de ce que tu m’as écrit «  je me suis occupée de la divination relative aux combats  », ce que tu m’as écrit, que tu t’es occupée de la divination relative aux combats, pourquoi ne l’as-tu pas fait pour celle qui est relative à la prise des villes  ? Aussi, ne m’as-tu pas écrit «  cette ville sera prise  » ou bien «  elle ne le sera pas  »  ! Au sujet d’une arrivée rapide de ma part, objet de ta lettre, j’arriverai rapidement pour le sacrifice d’Ištar. Notes: 8) Pour le verbe etêmum, variante paléo-babylonienne de l’atâmum paléo-assyrien, «  s’occuper de  », cf. NABU 91/91  ; ARM 27, p. 139, fournit le sens contextuel voisin d’«  avoir affaire à  » (ina awâtim šêti mimma ûl etmêku). 11-16) Cette remarque du roi révèle que l’on organisait la campagne militaire selon un programme établi en fonction de réponses oraculaires. Pourquoi ces dernières étaient-elles prises dans la capitale et non localement, comme le voudrait le «  bon sens  »  ? Nous ne savons pas où guerroyait le roi au moment de cette lettre. Il est possible qu’il s’occupât en fait de mater une rébellion (ZL 11’-12’  ?). Dès lors, comme chaque ville sujette avait envoyé, au moment de sa soumission, un morceau de son sol à Mari (le kirbânum  ; cf. ARM 26/1, p. 42 sq.), la reine était à même d’établir, de loin, un support d’interrogation oraculaire personnalisé meilleur que le roi sur place. En revanche, en ce qui concerne le déroulement des opérations guerrières qui ne relèvent pas de la poliorcétique, le roi était plus à même que la reine de faire prendre sur place des présages. Mais D. Ch. me suggère une autre explication  : Šibtu procèderait à des interrogations oraculaires avec d’autres techniques que l’hépatoscopie des devins de l’entourage de Zimri-Lim et ce dernier voudrait savoir si les 2 résultats concordent  ; cf. LAPO 18 n°1146. 19) Sacrifices de Deritum, au début de l’hiver  ; cf. FM 3, p. 33. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 10/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 121 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Šinah. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°121); LAPO 18, 2000, p. 318-319 (n°1141) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 52-53 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na] (munus)ši-ib-tu 2 [qí]-bí-ma [um-ma] be-el-ki-i-ma 4 [u₄-um] ṭup-pí an-né-e-em ú-ša-bi-la-ki-im ⸢GÚ⸣* [UR]U* še-na-ah(ki) am-hu-ur 6 [ŠU.GI].MEŠ-šu-nu a-na ia-lu-ti él-qé ⸢(lú)⸣ha-za-an-nam i-na li-ib-bi-šu*-n[u*] 8 aš-k[u-un] wa-ar-ki ṭup-pí-ia an-ni-i-im a-na ur-g[i-i]š(ki) 10 a-na-aš-ši (uru)u[r-gi-iš(ki)] T. [su]-ul-lu-mu-u[m-ma ú-sa-al-la-am] R.12 [qa-ta]-qa-[ti] [iš-tu u]r-gi-iš*[(ki) e-te-eb-bi-ma] 14 [a-n]a šu-na(ki) ù z[a(?)*-al-lu-ha-an(ki)] a-sa-an-ni-iq-[ma] 16 URU(ki).HI.A šu-nu-ti su-ul-[lu-mu-um-ma] ú-sa-al-la-am 18 ša-al-ma-ku um-ma-na-tum ša-al-ma šu-lum é-kál-lim 20 a-na ṣe-ri-ia lu-ú ka-ia-an Traduction: Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur. Le jour où je te fais porter cette tablette de moi, j’ai reçu le tribut de la ville de Šenah. J’ai pris en allégeance leurs Anciens et j’ai installé un chef de district au milieu d’eux. Postérieurement à cette tablette de moi, je me porterai vers Urgiš. Je ferai tous mes efforts pour établir avec la ville un pacte de non agression. Je partirai sans attendre d’Urgiš, j’atteindrai Šuna et Zalluhan. Je ferai tous mes efforts pour établir un pacte de non agression avec ces villes. Je suis en bonne santé. Les troupes sont en bonne santé. Des nouvelles du palais doivent être continues chez moi. Notes: Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur. Le jour où je te fais porter cette tablette de moi, j’ai reçu le tribut de la ville de Šenah. J’ai pris en allégeance leurs Anciens et j’ai installé un chef de district au milieu d’eux. Postérieurement à cette tablette de moi, je me porterai vers Urgiš. Je ferai tous mes efforts pour établir avec la ville un pacte de non agression. Je partirai sans attendre d’Urgiš, j’atteindrai Šuna et Zalluhan. Je ferai tous mes efforts pour établir un pacte de non agression avec ces villes. Je suis en bonne santé. Les troupes sont en bonne santé. Des nouvelles du palais doivent être continues chez moi. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 26/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 10/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 123 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°123); LAPO 18, 2000, p. 352-353 (n°1169) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 262-263 [trad.]. Reproduction: Bibliographie: ARM 32, 2012, p. 152. Tablette: F. a-na (munus)ši-i[b-tu] 2 qí-bí-ma um-ma be-el-ki-ma 4 as-sú-ur-ri mi-im-ma ṭe₄-ma-am te-še-em-me-⸢e⸣-ma li-ib-ba-ki 6 i-na-a'₄-'ì-id mi-im-m[a] LÚ.KÚR a-na (giš)TUKUL a-na pa-ni-ia ú-ul ip-ti-na-am 8 [š]u-[u]l-mu-um mi-im-ma li-ib-ba-ki [la i-n]a-a'₄-'ì-id T.10 ⸢ù⸣ (d)IŠKUR ša kúl-mi-iš [aš]-šum NIN.DINGIR.RA.MEŠ-šu-ma 12 [da]-li-ih-tam an-ni-tam id-lu-uh R. [i-n]a ṭup-pí ša-al-la-tim ša ú-ša-re-e-em 14 [NI]N.DINGIR.RA.MEŠ ša kúl-mi-iš ù NIN.DINGIR.RA.MEŠ ša DINGIR.MEŠ 16 ⸢a⸣-hu-ne-e i-na ṭup-pí-im i-di-ša-am šu-uṭ-ṭú/-ra ⸢i⸣-⸢na⸣-an-na NIN.DINGIR.RA.MEŠ ša kúl-mi-iš-ma 18 a-na ra-ma-ni-ši-na a-na a[t*-lu-ki-i]m* li-bi-ru TÚG.HI.A lu-ub-bi-ši-ši-na-ti-ma 20 i-na 1* (giš)*GIGIR* pa*-ri*-im* ša 2 (giš)ma-ga-ar-ru-ša ù-[lu-ma ša k]u*-da-nimₓ(ŠI) 22 li-š[a*-ar-ki-bu-ši-n]a-ti-ma T. LÚ.TUR.MEŠ ša iš-tu an-na-nu-um-ma 24 ir-du-ši-na-t[i] a-na ṣe-ri-ia li-ša-al-[li-mu-ni-ši-na-ti] 26 ù iš-te-[ni-iš li-ta-al-ka] TL. {Ù} DUMU.MUNUS i-ba-al-(d)IŠKUR i-b[a*-aš-ši] 28 aš-ra-nu-um-ma ki-le-e-[ši-ma] la ta-ṭà-ra-di-iš-ši° Traduction: Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur. Il ne faudrait pas qu’en apprenant quelque nouvelle, ton cœur s’inquiète. L’ennemi n’a rien pu contre moi dans le combat. Ça va bien  ; qu’en rien ton cœur ne s’inquiète  ! En outre, c’est à cause de ses prêtresses qu’Addu de Kulmiš a provoqué le trouble dont tu m’as parlé. Sur la tablette du butin que j’avais fait mener, les prêtresses de Kulmiš et les prêtresses des (autres) dieux avaient été inscrites séparément, par individualités, sur la tablette. En fait, qu’on identifie précisément les prêtresses de Kulmiš, pour qu’elles (re)partent chez elles  ! Revêts-les d’un habit et qu’on les fasse monter sur un char à mulets à 2 roues ou bien sur un char à mules. Il faut que les serviteurs qui les ont conduites depuis ici même les amènent à bon port vers moi. De plus, il faut qu’elles partent ensemble. Il y a une fille d’Ibal-Addu. Retiens-la là-bas  ! ne la renvoie pas  ! Notes: 4) Le roi fait allusion à toute nouvelle que la reine apprendrait par des on-dit (ina ahîtim). 7) Il ne s’agit pas du verbe panûm, «  tiré de l’expression pânam šakânum, “se disposer”  » (sic, ARM 10, p. 275), mais de patânum (i), «  être fort  ». 12) Pour cette valeur d’annûm renvoyant à un sujet abordé dans un courrier précédent, cf. LAPO 16, p. 514. 18) M. à m. «  pour elles-mêmes  »  ; pour cette expression, cf. LAPO 17, p. 182. 21) Le signe ŠI qui termine le mot est clair sur la tablette. Il ne doit pas s’agir d’une faute, comme je l’avais primitivement cru, mais d’un exemple de plus de l’échange des valeurs N/L dans le syllabaire. NAM est ainsi bien utilisé en Ida-Maraṣ avec la valeur lam₅. Ici le signe LIM a donc dû être utilisé pour la valeur NIM. Zimri-Lim envoie, effectivement, cette lettre depuis Ašlakka. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 06/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 10/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 124 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°124); LAPO 18, 2000, p. 353-355 (n°1170) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 263 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)ši-ib-tu 2 qí-bí-ma um-ma be-el-ki-i-ma 4 aš-šum MUNUS.TUR DUMU.MUNUS i-ba-al-(d)IŠKUR šu-gi-tim ša ta-a[š-pu-ri-im] 6 an-ni-ki-a-am a-wa-tum i[m*-qú-ut] u[m-m]a-a-mi MUNUS.TU[R ši-i] 8 [1] NIN*.DINGIR*.R[A* (d)IŠKUR-ma] [i-n]a-an-na it*-[ti ÌR-ì-lí-šu(?)] T.10 wa-ar-ka-[at MUNUS.TUR ša-a-ti] pu-ur-ri-[sí-ma] R.12 šum-ma MUNUS.TUR ši-i [NIN.DINGIR.RA (d)IŠKUR-ma] nu-uz-zu-ma-at [šu-ṣé-e-ši-ma] 14 ⸢i-na É⸣ [i-ba-al-(d)IŠKUR] li-ši-ib ù š[um-ma MUNUS.TUR ši-i] 16 ú-ul nu-uz-zu-ma-[at i-na é-kál-lim] li-ši-ib ù li-iṣ-ṣú-ru-š[i*] 18 aš-šum ṭe₄-em te-re-tim ša ta-aš-pu-ri-[im] um-ma at-ti-ma te-re-tim a-na šu-lum be-lí-ia 20 ú-še-pí-iš-ma LÚ.KÚR a-na qa-at be-lí-ia mu-ul-[lu š]a ta-[aš]-pu-ri-im T.22 ù an-na-nu-um qa*-tam*-ma* i-na te-re-ti-ia LÚ.KÚR a-na qa-ti-ia mu-ul-lu 24 ša-al-ma-ku šu-lum é-kál-lim a-na ṣe-ri-ia lu-ú sa-[d]i-ir Traduction: Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur. En ce qui concerne la jeune fille, fille d’Ibal-Addu, fille sacrée, sujet de ta lettre, il s’est produit une rumeur ici  : «  C’est une prêtresse-ugbabtum d’Addu  !  » Maintenant, mène une enquête sur cette jeune fille avec Warad-ili.šu. Si cette jeune fille est une prêtresse d’Addu et qu’elle se plaint, fais-la sortir (du palais) et qu’elle séjourne dans la maison d’Ibal-Addu. Si, au contraire, elle ne se plaint pas, qu’elle séjourne dans le harem/palais et qu’on lui donne une garde  ! En ce qui concerne les présages, objet de ta lettre, me disant  : «  J’ai fait prendre des oracles pour le salut de mon Seigneur  : l’ennemi est pleinement donné à la main de mon Seigneur  !  », ce que tu m’as écrit, ici aussi c’est identique dans les oracles que j’obtiens  : l’ennemi est pleinement donné à ma main. Je suis en bonne santé. Il faut que des nouvelles du palais soient continues chez moi  ! Notes: 5) Le texte a le grand intérêt d’opposer les deux titres de šugîtum et de NIN.DINGIR.RA (ugbabtum). Manifestement šugîtum était ce que l’on croyait être le statut de la princesse, mais les bruits qui se sont mis à circuler précisèrent qu’elle était en fait une prêtresse-ugbabtum. Dans le premier cas, elle était déportable, mais dans le second, apparemment non. Cela est assez en accord avec ce que nous savons du statut de la šugîtum, inférieur à celui d’une nadîtum, d’après le Code de Hammu-rabi § 145. C’était donc une fille consacrée mais qui n’avait pas de relations directes avec le dieu comme le suggèrent les titres de NIN.DINGIR.RA («  sœur du dieu  ») ou de DAM.DINGIR.RA («  épouse du dieu  »). Ses équivalents akkadiens d’amalîtum ou ištarîtum pourraient le montrer, mais le plus important est sans doute son équivalent sumérien de LUKUR.KASKAL (Lu IV 24) qui en fait une épouse secondaire (concubine) du dieu. Son équivalent lexical, un peu étonnant, d’almattum (von Weiher, Uruk 54  : 16 sq.) doit s’interpréter par le fait que c’était «  une femme sans homme  », donc l’équivalent de la qadištum (ce qui ne veut pas dire qu’elle ne pouvait pas à l’occasion se mettre avec un homme  !). 6) La lecture imqutam avait été vue par Batto. 9) Tel est le nom qui semble s’imposer  : le chef de musique est celui qui était tout particulièrement concerné par les jeunes filles nouvellement arrivées au harem. 14) Pour cette réalité, cf. LAPO 18 p. 352. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 06/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 10/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 125 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°125); LAPO 18, 2000, p. 351 (n°1167) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 44 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)ši-ib-tu 2 qí-bí-ma um-ma be-el-ki-i-ma 4 aš-šum DUMU.MUNUS.MEŠ ši-it-ri-im i-na ša-al-la-tim ša ú-ša-re-em 6 bé-ri-im ša i-na pa-ni-tim aš-pu-ra-am° 8 i-na-an-na mi-[im-ma] T. i-na ša-al-la-t[im]/ ša-a-ti 10 MUNUS.TUR.MEŠ ši-it-ra-am R. la i-bi-ir-ru 12 MUNUS.TUR.MEŠ ši-na a-na MUNUS.UŠ.BAR-tim-ma 14 li-in-na-de-e ša-al-la-tum a-na pa-ni-ia 16 ib-ba-aš-ši a-na-ku-ma i-na ša-al-la-tim 18 ša ib-ba-aš-šu-ú MUNUS.TUR.MEŠ a-na ši-it-ri-im 20 e-bé-er-ra-am-ma ú-ša-ra-am Traduction: Dis à Šibtu : ainsi parle ton Seigneur. En ce qui concerne le choix de jeunes filles (destinées) à l’orchestre sur le butin que j’avais fait mener, objet d’une lettre antérieure de moi, en fait, il ne faut pas en choisir pour l’orchestre sur ce butin. Ces jeunes filles doivent être mises au tissage. Je m’attends encore à faire du butin. C’est moi-même qui choisirai dans ce butin à venir les jeunes filles pour l’orchestre et les ferai amener. Notes: 4) Pour šîtrum, cf. LAPO 18 n°1166, n. g). 13-14) La construction ana… nandûm semble recommander pour l’idéogramme MUNUS.UŠ.BAR une valeur d’abstrait, išparûtum, non de substantif išpartum («  tisseuses  », ARM 10, p. 185). Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 26/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 126 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°126); LAPO 18, 2000, p. 349-351 (n°11666) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 44 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)ši-ib-tu 2 qí-bí-ma [u]m-ma be-el-ki-ma 4 [a-n]u-um-ma MUNUS.UŠ.BAR.MEŠ uš-ta-re-ki-im [i-n]a li-ib-bi-ši-na NIN.DINGIR.RA.MEŠ 6 [i-b]a-aš-še-e NIN.DINGIR.RA.MEŠ bi-ri-ma a-na É MUNUS.UŠ.BAR.MEŠ pí-iq-di-ši-na-ti 8 i-na{NA} MUNUS.UŠ.BAR.MEŠ an-né-tim ù i-na MUNUS.UŠ.BAR.MEŠ an(?)(!)-né-tim{TIM} T.10 i-na li-ib-bi-ši-na 30 MUNUS.ÚS.BAR.MEŠ ú-lu-ma ma-li 12 ša na-sa-qí-im dam-qa-tim{x x} ša iš-tu ṣú-up-ri-im R.14 a-di ša-ar-tim ša qa-qa-di-im šu-um-ma-na-am la i-ša-a ús-qí-ma 16 a-na ÌR-ì-lí-šu pí-iq-di ù ÌR-ì-lí-šu ši-iṭ-ra-am šu-ba-re-em 18 [l]i-ša-hi-is-sí-na-ti ù ti-im-mi-nu-ši-na [l]u nu-uk-ku-ru-ú a-na KURUM₆-ši-na 20 nu-u’₅-’ì-di-ma zi-mu-ši-na la i-na-ak-ki-r[u] 22 ù i-nu-ma MUNUS.UŠ.B[AR.MEŠ] ta-na-as-sà-qí ÌR-[ì-lí-šu] 24 li-iz-[zi-za-am] T. ù mu-ka-an-ni-ša-am [wa-’e-ri-ma] 26 zi-im MUNUS.UŠ.BAR.MEŠ ša-pí-⸢il₅⸣-⸢tim⸣ ša ta-pa-aq-qí-di-šum TL.28 la i-na-ak-[ki-ir] Traduction: Dis à Šibtu : ainsi parle Zimri-Lim, ton Seigneur. Voilà que je t’envoie des (femmes qui doivent devenir) tisseuses. Parmi elles, il y a des prêtresses-ugbabtum. Identifie les prêtresses et remets-les au quartier des tisseuses. Parmi ces tisseuses-ci et ces tisseuses-là, choisis-en 30 ou plus, si possible, excellentes, qui n’aient pas le moindre défaut depuis l’ongle du pied jusqu’aux cheveux de la tête, et remets-les à Warad-ili.šu pour qu’il leur apprenne l’orchestre soubaréen. En outre, il faudra que leurs appartements soient installés en un lieu différent. Veille bien à leurs rations alimentaires que leur beauté ne s’altère pas. En outre, lorsque tu feras un choix parmi les tisseuses, il faudra que ce soit en présence de Warad-ili.šu. En outre, donne des instructions à Mukannišum afin que la beauté du reste des tisseuses que tu lui confieras ne s’altère pas. Notes: M. Béranger : 17) OB Nippur Aa: 757:4 donne l'équivalent : ŠÌR = ši-iṭ-ru-um (“chant, choeur”). J-M Durand, LAPO 18 : 4) Cette indication montre que l’attribution du butin a été faite sur place par le roi. Cela ne veut pas dire que les services centraux du Palais sont court-circuités car, lors de ses déplacements, il est en général accompagné par de très hauts fonctionnaires. C’est le cas notamment pour Dariš-libur dont l’avis en la matière était essentiel et devait avoir le soutien du roi. 8) Le texte porte QA-né-tim {TIM}. La lecture de ARM 10, p. 184, «  MAŠ.KAR.RA  » n’est pas possible paléo-graphiquement. 2 corrections peuvent être envisagées  : pa(!)-né-tim (Batto, Women, p. 26), mais qui ne se comprend pas bien (pourquoi les «  précédentes  » accèderaient-elles soudain au statut de musiciennes  ?) ou an(!)-né-tim. L’opposition annêtum… annêtum… doit signifier ici, «  celles-ci  » et «  celles-là  ». 11-12) En m. à m.  : «  30 ou tout ce qu’il y a à choisir.  » 15) Šummânum, propre à la langue de Mari, est déjà commenté LAPO 16, p. 275 (dérivé de ŠMM). Il m’a été suggéré, depuis, qu’il s’agisse en fait de la forme thématisée de l’irréel šummân, «  n’était-ce…  ». Le šummânum serait ainsi le détail qui empêche l’ensemble d’être parfait. Le sens de base serait donc «  la chose qui si elle n’existait pas…  !  » Le français connaît des emplois analogues en substantivant la conjonction si  : «  Avec des si, on peut imaginer n’importe quoi.  » Pour ce genre de formation en akkadien, cf. le substantif šummûm qui signifie «  les “si”  », «  collection de phrases commençant par šumma, “si”  ». 13) Ṣuprum désigne au propre l’ongle du sabot. 16) Le chef de musique du palais de Zimri-Lim. 17) Pour le šîtrum, substantif en -t- sur šîrum, « chant », chœur ou orchestre, cf. FM 4, p. 70, n. 467. 18) Pour le ṭemmennum, «  appartement d’habitation  », LAPO 16, p. 82-83. Elles ne doivent donc pas être logées avec celles qui sont déjà des musiciennes accomplies. CAD N/1, p. 169, propose pour ce terme le sens de «  métier à tisser (loom)  » mais ces tisseuses doivent devenir des musiciennes  ! 19) Pour ce sens de nukkurum, «  transporter à un endroit différent  », cf. LAPO 16 n°155, «  pour transporter la glace ailleurs  » (aššum šurîpim ašar šanîm nukkurim). 20-21) Au propre «  les traits de leur visage  ». Le roi de Mari devait plus aimer des visages (et, partant, des formes) pleins, qu’une silhouette anguleuse, qui faisait «  mal nourrie  ». Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 24/04/2019: M. Béranger (correction ligne 18 ṭe₉-em-mi-nu-ši-na > ti-im-mi-nu-ši-na (temmênum)) – 24/04/2019: M. Béranger (lemmatisation) – 26/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 127 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°127); LAPO 18, 2000, p. 342-343 (n°1162) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na (munus)š]i-ib-tu 2 [qí-b]í-ma [um-ma be]-el-ki-i-ma 4 [a-nu-um-m]a 3 MUNUS.TUR.MEŠ [(I)°l]a*-ri-im-ba-ah-li 6 [uš-ta]-re-em [ù] a-na-ku ša-al-ma-ku 8 [um-ma-na-t]um ša-al-ma [i-na-an-na l]i-ib-ba-ki 10 [la i-na-a'₄]-'ì-id Traduction: Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur. Voici que je fais conduire 3 jeunes filles par Larim-bahli. En outre, moi, je suis en bonne santé. Les troupes sont en bonne santé. En fait, que ton cœur ne s’inquiète pas  ! Notes: 5) Pour ce messager royal, cf. LAPO 18 n°1124, n. a). Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 10/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 128 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°128); LAPO 18, 2000, p. 329 (n°1150) [trad.]. Reproduction: Tablette: [a-na (munus)]ši-ib-[t]u 2 q[í-b]í-ma u[m-ma be-el-k]i-i-ma 4 aš-šu[m (d)hi-ša-mì]-tim ša h[i-ša-a]m-ta(ki) T.6 šu-lu-ki-im R. (I)ki-ib-ri-(d)da-gan 8 [i]š-pu-ra-am [i]-na-an-na a-na hi-ša-am-ta 10 [a]l-ki-ma (d)hi-ša-mì*-tam* š[u]-li-ki ù SISKUR₂.RE ša-a-tu 12 i-qí-i Traduction: Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur. Kibri-Dagan m’a écrit au sujet du déplacement de Hišamitum de Hišamta. En fait, va à Hišamta et fais venir Hišamitum. En outre, offre ce sacrifice. Notes: 4-6) Sans doute pour la faire venir au palais de Mari, à l’occasion des fêtes de Deritum. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 10/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 129 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°129); LAPO 18, 2000, p. 345-346 (n°1164) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 331 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na (munus)]ši-ib-tu 2 [qí-b]í-ma [um-m]a be-el-ki-i-ma 4 eš-me-e-ma (munus)na-an-na-mì sí-im-ma-am mar-ṣa-at 6 ù it-ti é-kál-lim ma-ga-al wa-aš-ba-at-ma 8 MUNUS.MEŠ ma-da-tim it-ti-ša-ma T. i-sa-ab-bi-ik R.10 i-na-an-na dan-na-tim šu-uk-ni-ma i-na ka-ás i-ša-at-tu-ú 12 ma-am-ma-an la i-ša-at-ti i-na (giš)GU.ZA ša úš-ša-bu 14 ma-am-ma-an la úš-ša-ab ù i-na (giš)NÁ ša it-ti-il-lu 16 ma-am-ma-an la it-te-e-el-ma MUNUS.MEŠ ma-da-tim T.18 it-ti-ša-ma [l]a i-sa-ab-bi-ik 20 [sí-im-m]u-um šu-ú mu-uš-ta-ah-hi-zu* Traduction: Dis à Šibtu : ainsi parle ton Seigneur. J’ai appris que Nanna souffrait du mal-simmum. Or elle ne fréquente pas qu’un seul endroit du palais et elle met de nombreuses femmes en contact par son intermédiaire. À présent, donne des ordres stricts : que personne ne boive à la coupe où elle boit, que personne ne s’asseye sur le siège où elle s’assoit et que personne ne se couche sur le lit où elle se couche, afin qu’elle ne contamine pas par son seul contact de nombreuses femmes. Ce simmum s’attrape facilement. Notes: 4) Pour cette construction de šemûm avec -mi postposé, cf. MARI 2, p. 219. 5) Pour la réalité-simmum, maladie de la peau, cf. ARM 26/1, p. 552. 6-7) En m. à m.  : «  Elle réside beaucoup au palais.  » Il faut comprendre qu’elle n’y tient pas une place limitée, mais circule beaucoup  ; c’est pour cela que la proposition de N. Z., FM 4 p. 113, de l’identifier avec la Nanna des puiseuses d’eau est excellente. 9) CAD S, p. 2b, juge le sens incertain et traduit « gathers many women about herself ». La forme II subbukum est traduite « tresser (to plait) » ou « rassembler ». AHw, p. 999a (cf. v Sod., Or. 38, 1969, p. 432) a une traduction bien meilleure en proposant « bringt in Kontakt », posant un sens de base « entrelacer, impliquer (verflechten) ». Le sens de sabâkum est « constituer un réseau » lequel met en contact des individualités autonomes. 20) Contrairement à la note de ARM 10, p. 277, il n’y a pas ici de forme « permansive » muštahhiz, mais une forme attribut en -u sans mimation. Le passage est remarquable parce que, quels que soient les présupposés ― sans doute fondamentalement religieux ― qui expliquent l’isolement imposé à Nanna, le processus de la contamination a été bien observé. On gagne aussi des renseignements de grande valeur sur la façon dont le palais était habité, avec sa promiscuité qui n’excluait pas la personnalisation d’un mobilier minimum, non seulement un lit mais une chaise, alors qu’on imaginerait en ces lieux un mobilier bien plus succinct. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 23/04/2019: M. Béranger (lemmatisation) – 09/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 130 Lettre de [son seigneur (= Zimri-Lim)] à [Šibtu]. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°130); LAPO 18, 2000, p. 346-347 (n°1165) [trad.]. Reproduction: Bibliographie: Durand MARI 3, 1984, p. 144-145. Tablette: F. (…) 0' [aš-šum (munus)sú-um-mu-du-um] [š]a ta-aš-pu-ri-i[m] a[š-šum mu-ur-ṣí-im] 2' ša MUNUS ša-a-ti MUNUS.MEŠ ma-da-[tum] sí-im-ma-am ša-a-tu i-ma-ar-ra-ṣ[a]° 4' i-na 1 É-tim pa-ar-sí-im MUNUS ši-i l[i-ši-ib] ma-am-ma-an la i-ir-ru-ub-ši-im ú as-s[ú-ur-ri] 6' É pa-ar-su-um ú-ul i-ba-aš-ši° i-nu-ma te-re-tum ša sú-mu-du*-u[m*] T.8' ú-ul ša-a[l-ma a-na mi-nim] «  3 l. érasées.  » MUNUS ša-a-ti li-pu-šu ú-lu-m[a li-mu-ut] 10' ú-lu-ma li-ib-lu-u[ṭ MUNUS.MEŠ] a-na pu-ha-at i-na sí-im-mi-i[m ša-a-tu] R.12' i-ma-ra-ṣa MUNUS ši-i-ma li-mu-ut° ù MUNUS ši-i qar-na-tim ú-da-am-ma-aq 14' [w]u-e-ri-ma MUNUS.TUR.MEŠ ša ki-ma a-na qar-ni-[in] na-ša-a qar-na-tim dam-qí-iš° 16' (…) Traduction: (Lettre de Zimri-Lim à Šibtu.) … À propos de Summudum, sujet de ta lettre, à cause de la maladie de cette femme, de nombreuses femmes vont être malades de ce mal-simmum. Il faut que cette femme habite dans une pièce séparée. Que personne ne la visite  ! Mais si, comme j’en ai peur, il ne se trouve pas de pièce séparée, du moment que les présages concernant Summudum ne sont point favorables, pourquoi s’occuper de cette femme ? Qu’elle meure ou qu’elle vive, des femmes en revanche seront malades de ce mal-simmum. Que cette femme meure donc, elle-seule  ! En outre cette femme aura son utilité aux Cornes  : donne des ordres, afin que les femmes, au fur et à mesure qu’elles seront portées aux deux Cornes,… les Cornes bonnement. (…) Notes: 0') Pour le NP de cette femme, cf. MARI 8, p. 652, n. 741. 5') M. à m.  : «  que personne n’entre à elle.  » Pour l’idée, cf. ARM 26/1 279 où l’on expulse du palais une femme atteinte d’une maladie de peau (cf. pour šêrat ilim, ibid., p. 579) et où l’on fait appel aux purificateurs. 7') Exemple causal, non temporel, d’inûma signifiant «  puisque  ». 11') Emploi adverbial d’ana pûhat, à l’état absolu, signifiant «  en revanche  ». 13') En m. à m.  : «  elle rendra service aux Cornes.  » Les «  Cornes  » (qarnâtum, qarnân) sont manifestement ici une partie du palais, comme ailleurs il s’agit d’une section du temple (ARM 23 208 et commentaire ibid., p. 195). Le sens de dummuqum est bien attesté pour «  rendre un service  »  ; cf. LAPO 16, p. 463. Il est vraisemblable que les Cornes sont des parties adventices du palais dont on compte donner l’administration à Dame Summudum. En revanche, les autres femmes qui y sont portées (našâ) sont sans doute des personnes n’appartenant pas au monde du Palais et qui sont elles aussi malades. Les «  Cornes  » avaient donc été transformées en lazaret. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 10/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 131 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°131); LAPO 18, 2000, p. 333-335 (n°1154) [trad.]; FM 11, 2009, p. 180 (n°179). Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)ši-ib-t[u] 2 qí-bí-ma um-ma be-el-ki-ma 4 ru-ug-ba-am DUG GEŠTIN sà-a-mi pí-te-e-m[a] (I)ṣí-id-qúm-ma-ṣí 6 ki-ma ša i-du-ú qa-te₉-šu li-il-li-il-ma 8 i-na [GEŠT]IN* [š]a i-ga-ar*° T. i-na GEŠTIN 10 ša iš-tu kar-ka-mi-iš₇(ki) ub-lu-nim R.12 ù i-na DUG sà-a-mi-im ša ha-am-mu-ra-bi ú-ša-bi-lam 14 10 DUG GEŠTIN.HI.A DU₁₀.GA ša ša-te-e-ia ù 10 DUG GEŠTIN sà-a-mi ÚS 16 li-bi(!)-ir-ma DUG GEŠTIN.HI.A ši-na-ti 18 a-na ba-ah-di-li-[im] pí-iq-d[i-m]a 1* [DUG GEŠTIN] T.20 a*-[na ṣe-ri-ia] [l]i*-ša-aš-še*-[e-em] Traduction: Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur. Ouvre l'entrepôt (contenant) les jarres de vin de Samum et que Ṣidqum-maṣi, selon ce qu'il sait faire, purifie (les jarres qui sont dans son) service, et sur le vin qui est au mur, (c’est-à-dire) celui qu’on a apporté de Karkémiš et sur le vin de Samum qu’Hammu-rabi (d’Alep) m’a fait porter, qu’il trouve10 jarres d’alcool de la qualité que je bois, et 10 jarres de vin rouge de 2e catégorie. Ensuite, remets ces jarres de vin à Bahdi-Lim et qu’il me fasse porter une jarre. Notes: 4) Pour ce terme, rugbum, «  pièce couverte  », non «  grenier  », cf. LAPO 16, p. 346. 4) «  GEŠTIN sâmim  » est généralement compris «  du vin rouge  », génitif de *karânum sâmum — inattesté  ; cf. LAPO 18 n°866 —, ce qui devrait entraîner la mention au moins de «  vin blanc  », lequel n’existe pas. Il est vraisemblable qu’il s’agit ici d’un lieu dit  ; cf. LAPO 17, p. 45, n. i). Samûm est d’ailleurs un lieu du Taurus, grand producteur de vin  ; or, certaines attestations du «  GEŠTIN sâmim  » portent effectivement l’indicateur géographique (ki). J’ai donc choisi de considérer que le «  bon vin du Nord  » était considéré comme un cépage de Samum. Cf. ARM 26/2, p. 529, et D. Ch., «  C-R du CAD S  », AfO 40-41, 1993/94, p. 11-12. 7) ARM 10, p. 191, a compris littéralement «  se purifie les mains  ». Il existe un autre idiotisme qâtîšu mesûm qui signifie «  se désintéresser d’une affaire  », NABU 88/68, § h, ce qui ne convient pas ici. Il doit s’agir en fait de l’opération de soutirage qui consiste à transvaser le vin du récipient de stockage dans les jarres pour la consommation  ; <ša> qâti-šu a le sens de «  ce qu’il gère  ». 8) Un éclat de surface est parti entre le NA et le ŠA, tous deux très reconnaissables. Il est facile de voir qu’il ne manque qu’un seul signe et que ce dernier était un GEŠTIN comme le montre son haut conservé. L’état absolu (rien ne manque  !) igâr est remarquable. Il est vraisemblable que karânum ša igartim, ou igârim, n’aurait eu aucun sens en akkadien, le mur ne produisant ni n’ayant de vin  ! L’expression «  ša igâr  » est en fait une proposition relative où l’état absolu correspond à un locatif. On trouve un cas analogue avec la forme absolue ašar. L’emploi absolu d’un nom de lieu en indo-européen a, de la même façon, valeur de locatif, le sémantisme entrainant l’éclipse de la forme désinentielle. Cette indication donne l’impression que le vin de qualité était caché derrière d’autres de sortes plus vulgaires. 14) Plutôt que de «  bon vin  », il s’agit de vin «  doux  », c’est-à-dire sucré au miel pour faire repartir la fermentation et augmenter le taux d’alcoolisation  ; cf. ARM 21, p. 109. Pour ṭâbum = «  alcool  », cf. LAPO 18 n°1155 n. a). 19) Il n’y aurait, de toute façon, pas la place sur la tablette pour les restaurations proposées par ARM 10, p. 190  ; cf. ARM 10 133  : 18-20. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; lemmatisation; traité pour HIGEOMES) ARM 10 132 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°132); LAPO 18, 2000, p. 335 (n°1155) [trad.]; FM 11, 2009, p. 179-180 (n°178). Reproduction: Tablette: F. [a]-na (munus)ši-ib-tu qí-b[í-ma] 2 [um-ma be]-el-ki-i-ma [x DUG GEŠTIN] ṭ[à-b]a-am ša DUG GEŠTIN.HI.A sà-a-mi-im 4 [ša a-na ha-am-mu-r]a-bi ub-lu […]-tim 6 (…) R. […]ša x […] 2' [wa-a]r-ki ṭup-pí-ia an-ni-i-im pa-ni ha-ar-ra-ni-ia a-am-mar-m[a] [ṭe₄]-ma-am ga-am-ra-am 4' a-šar pa-nam a-ša-ak-ka-nu a-ša-ap-pa-ra-ak-ki-im T.6' šu-lum é-kál-lim a-na ṣe-ri-ia lu-ú sa-ad-ra-am Traduction: Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur. x jarres de vin de la sorte ṭâbum faisant partie du sin sâmum qu’on a apportées chez Hammu-rabi,… (Lacune.) Postérieurement à ma présente tablette, je vais envisager la destination de mon expédition. Je t’enverrai un rapport détaillé sur la destination que je prendrai. Que des nouvelles du palais me parviennent régulièrement  ! Notes: 3) Le sg. ṭâbum n’implique pas qu’il n’y ait qu’une jarre, comme le montre ARM 10 133  : 11-12. Tâbum fonctionne donc comme un substantif apposé. Cela confirme l’hypothèse de A. Lemaire et B. Delavaut, «  La tablette ougaritique RS 16127 et l’abréviation ṭ en Nord-Ouest sémitique  », Semitica 25, 1975, p. 31-41, ainsi que la note de A. Lemaire, «  Une nouvelle inscription paléohébraïque sur carafe  », Rev. Bibl. 83, 1976, p. 555-58. Il est plus facile d’expliquer une nomenclature à partir d’un substantif indiquant un produit, que d’un simple adjectif qualificatif. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 30/06/2018: N. Ziegler (lemmatisation) ARM 10 133 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°133); LAPO 18, 2000, p. 335-336 (n°1156) [trad.]; FM 11, 2009, p. 178-179 (n°177); Sasson FMA, 2015, p. 157-158 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a]-na (munus)ši-ib-tu qí-bí-ma 2 um-ma be-el-ki-i-ma (I)ha-am-mu-r[a]-bi LUGAL [K]Á.DINGIR.RA(ki) 4 aš-šum GEŠTIN.HI.A iš-pu-ra-a[m] a-nu-um-ma (na₄)KIŠIB ma-[ar-p]í-qa-tim 6 uš-ta-bi-la-ak-ki-im ⸢É⸣* [GEŠ]TIN.HI.A pí-te-e-ma 8 [(I)ṣ]í-id-qum-ma-ṣí [li-iz]-zi-iz-m[a] ⸢ù*⸣ qa*-te₉-šu 10 [li-il]-l[i*-il-ma] 11* DUG GEŠTIN.HI.A sà-a-m[i-im] 12 ṭà-ba-am ša ša-te-ia li-bi-ir-ma i-na 1 nam-ha-ri-im 14 šu-ta-ah-ṭi₄-šu-ú-ma 10 DUG GEŠTIN.HI.A sà-a-mi-im 16 mu-ul-li-i-ma i-na (na₄)KIŠIB ša-a-tu ku-un-ki-ma a-na ba-ah-di-li-im 18 id-ni ù 1 DUG GEŠTIN sà-a-m[i]-im ša tu-uš-ta-ha-aṭ-ṭá-a 20 [a-n]a ṣe-ri-ia šu-bi-lim-ma [šu-l]i*-im ù (na₄)KIŠIB ma-ar-pí-qa-tim 22 [a-na ṣ]e-ri-ia šu-bi-lim [x DU]G* GEŠTIN.HI.A {GEŠTIN} ÚS 24 [(I)k]u*-ut*-ku-tum ub*-la-am [ša-n]i-tam GEŠTIN ri-iš*≤-ta≥-am 26 [it-t]i [DU]MU ši-ip-ri KÁ.DING[IR.RA(ki)] [šu-b]i-li-[im] Traduction: Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur. Hammu-rabi, roi de Babylone, m’a écrit pour avoir du vin. Voilà que je viens de te faire porter le sceau à monture. Ouvre l'entrepôt à vin, et que Ṣidqum-maṣi soit présent  ! Qu’il purifie les jarres qui sont dans son service. Il faut qu'il établisse que les 11 jarres de vin sâmum sont de catégorie ṭâbum, de la sorte que je bois, et opère (pour en être sûre) une décantation dans un récipient. Fais emplir 10 jarres de vin sâmum et scelle-les avec ce sceau. Puis, donne-les à Bahdi-Lim et une que vous aurez fait décanter, envoie-la-moi et fais-la-moi porter jusqu’en amont. (R)envoie-moi le sceau à monture. Kutkutum m’a apporté 60 jarres de vin de 2e catégorie. Autre chose  : fais porter aux messagers de Babylone du vin de première qualité. Notes: 5) Pour le sceau royal de Mari, doté d’une monture (narbiqatum) très facile à repérer sur ses empreintes, cf. D. Ch., Mari in Retrospect, 1992, p. 72. 14) Pour cette compréhension, cf. ARM 21, p. 107. 19) Voir FM 11, p. 31. 24) Cet individu était déjà mentionné par ARM 9 6, qui a l’intérêt de le montrer en rapport avec Ṣidqum-maṣi, le spécialiste de la gestion du vin  ; cf. encore M.6846  : ku-ut-ku-[…]. Il s’agit manifestement d’un transporteur d’huile et de vin qui faisait du commerce entre Imar et Mari. 26) Le signe se termine par une perpendiculaire, ce qui exclut TI. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 30/06/2018: N. Ziegler (lemmatisation) – 05/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 135 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°135); LAPO 18, 2000, p. 321 (n°1143) [trad.]. Reproduction: Tablette: a-na (munus)ši-ib-tu qí-bí-ma 2 um-ma be-el-ki-i-ma aš-šum (munus)ki-re-e-em a-wa-a-t[im] 4 a-na ha-ià-su-ú-mu aṣ-ba-at-ma ki-a-am i-pu-la-an-ni um-ma-mi 6 šu-pu-u[r l]i-i[t*]-ru-ni-iš-ši [ú-la-šu-ma o o o o] e-[e]p-pé-ès-si-im 8 (…) «  3 l. + 0 l.? + 3 l.  » R.2 ar-hi-iš li-ir-du-n[i]m ù an-n[u]-u[m-ma ki-re-e-em] Traduction: Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur. Au sujet de Kiru, je m’en suis pris à Haya-Sumu et il m’a répondu  : «  Écris pour qu’on la raccompagne  ! Sinon, je lui ferai subir… (Lacune.) Donc, qu’on conduise rapidement Kiru là où tu es. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 10/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 136 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°136); LAPO 18, 2000, p. 336-337 (n°1157) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-[na] (munus)ši-i[b-tu] 2 qí-bí-[ma] um-ma be-el-k[i-ma] 4 eš₁₅-te-ne-em-m[e]* s[i*-ma-an] h[a*-z]a*-[an-ni ik-šu]-ud 6 (I)ṣ[í*-i]d-[qí-e-pu-uh] [n]u-u'₅-'ì-di-ma ha-za-[an-ni] T.8 li-pa-ah-hi-i[r-ma] 10 A.G[ÀR] ha-za-an-[ni] 10 ta-bi-l[am°] R. a-ma-ah≤-ha≥-ar-šu šum-ma ha-z[a-an-nu] 12 ša-bu-lu mu-uh-ri-šu-ma i-na DUG.HI.A 0,0.3. SILA₃ ÀM šu-hu-ur-re-[tim] 14 li-iš-pu-ku-šu-nu-ti-ma i-na (na₄)KIŠIB-ki ku-un-ki-šu-nu-ti 16 ú-la-šu-ma ha-za-an-nu ú-ul ša-bu-lu 18 i-na ú-ur pa-pa-hi-im li-ib-bi-lu T. ù ú-ru-um 20 i-na (na₄)KIŠIB-ki-ki li-ik-ka-ni-i[k] Traduction: (1-3) Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur. (4-5) J’entends dire partout que c’est le moment de moissonner l’ail. (6-8) Fais observer à Ṣidqepuh qu’il doit rassembler l’ail. (9-11) Je réceptionnerai de lui 10 ugar d’ail comme condiment. (11-15) Si l’ail est bien sec, reçois-le et qu’on le verse dans des jarres-šuharrûm de 30 qa chaque. Puis scelle-les avec ton sceau. (16-21) S’il n’en est pas ainsi et que l’ail ne soit pas sec, qu’on le sèche sur le toit du vestibule mais que (l’accès au) toit soit scellé de ton sceau. Notes: 10) ARM 10 y a vu un terme tâbilum qui serait un «  sécheur  ». Le terme n’est pas documenté parmi les métiers. On trouve, en revanche, dans A.4643  : 2 ta-bi-lum comme épithète de l’ail lui-même. Kazimirskki, DAF I, p. 192a enregistre un terme tāblun ou tābilun avec le sens de «  condiments, aromates qu’on jette dans la marmite  », apparemment une fois séchés. Le terme signifie donc au propre «  desséchement  ». 12) CAD lit, Š/1, p. 80a, muhrišumma (?). 13) Pour ce terme, cf. LAPO 18 p. 369-370. 18) Pour le papâhum du palais de Mari, vestibule entre la cour du Palmier et la salle du kispum, cf. LAPO 16, p. 291. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 06/04/2017: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 138 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°138); LAPO 18, 2000, p. 351-352 (n°1168) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)ši-ib-tu 2 q[í]-bí-[ma] u[m]-ma [be-el-ki-i-ma] 4 a-nu-u[m-ma ki-ma ša aš-pu-ra]-ki-im ù* [ú-wa-e-r]u*-ki-i[m]* 6 (…) «  La moitié manque.  » R. [… ši-n]a-ti 2' [DUMU.MUNUS.MEŠ i-ba-al]-⸢(d)⸣*IŠKUR [i-na o o]-⸢ur⸣*-ša-tim 4' [iṣ-ba-tu-š]i*-na-ti ù a-nu-um-ma [DUMU.MUNUS.MEŠ] i-ba-al-(d)IŠKUR uš*-[ta]-ri*-i*-em* 6' [i-na] ⸢É⸣* i-ba-al-(d)IŠKUR-ma li-iš-b[a] [ù] aš-šum la ip-pa-ra-ak-ka-a T.8' ⸢1⸣* LÚ.TUR ṣí-id-qé-e-pu-uh a-na ka-a-ia-an-tim 10' li-ih-ta-a-ia-as-sí-na-ti TL. ma-am-ma-an i-n[a li-ib-bi-ši-na] 12' la-a [ú-na-az-za-am] […] «  1 l. possible.  » Traduction: Dis à Šibtu  : ainsi parle ton Seigneur. Voilà que, comme je te l’ai écrit et t’en ai donné instruction… (Lacune.) … On les (fém.) a… On s’est emparé des filles d’Ibal-Addu dans …uršatum. En outre, voilà que je les fais conduire. Elles doivent habiter dans la demeure d’Ibal-Addu. En outre, pour qu’il n’y ait pas d’ennuis, il faut qu’un serviteur de Ṣidqepuh les ait constamment à l’œil. Que nulle parmi elles n’ait sujet [de se plaindre]… Notes: Note  : la mention de Ṣidqepuh qui succède à Yasim-Sumi au milieu de ZL 11’ indique une date tardive pour cette lettre, ce qui convient à son attribution au dossier des prêtresses de Kulmiš. 3') Sans doute un toponyme  ? 6') Chaque roi semble avoir eu dans les villes de ses vassaux ou suzerains une maison-entrepôt où loger ses serviteurs et mettre ses biens. Cette maison d’Ibal-Addu qui existait à Mari devait représenter un lieu «  naturel  » pour loger les princesses d’Ašlakka. 10') Pour hayâṭum, «  surveiller  », cf. LAPO 18 n°1236, n. a). Là aussi, le verbe se présente avec un -y- fort. 11'-12') Cf. ARM 10 124  : 13. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 10/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 139 Lettre de Zimri-Lim à Gašera. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°139); LAPO 18, 2000, p. 382-383 (n°1191) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 177-178 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na (munus)]ga-še-ra [qí-bí-ma] 2 [um-ma] zi-im-ri-[li-im-ma] [i-n]a pa-ni-tim aš-šum (munus)du-⸢šu⸣-ba [MUNUS.NAR] 4 a-na ia-ri-im-li-im la na-da-nim ta-[aš-pu-ri-im] a-na-ku ki-a-am a-pu-ul-ki um-ma a-na-ku-ma 6 [a-n]a ša-ni-im a-na-ad-di-in ù ši-ir ia-ri-im-li-i[m-m]a [a-na i]a-ši-im ú-ul i-na-az-zi-qa-a-[am] 8 [an-né-tim] aš-pu-ra-ak-ki-i[m] [i-nu-ma a-na m]a-ri(ki) ak-š[u-d]am 10 [at-ti ka]-ia-an-[m]a ta-aš-[ta-ap-pa-ri-im] [a-nu-um-ma a-na] DUMU.MUNUS-ki ta-aš-[pu-ri-im] 12 [ù ša a-na (munus)š]i-ib-tu ma-[a]r*-[ti-ki] [ša ka-le]-⸢e⸣-ša ta-aš-[pu-ri-im] T.14 [eš-me]-ma* MUNUS ša-a-ti a-n[a ia-ri-im-li-im] ú-ul a-na-ad-di-in-[ši-ma] 16 [a]-na ap-la-ha-an-da a-na-ad-[di-in-ši] R. [aš]-šum MUNUS ša-a-ti li-[ib-bi-ki] 18 né-eh-hi-ma mi-im-m[a at-ti-ma] aš-šum MUNUS ša-a-ti l[a] t[a-na-a’₄-’ì-di] 20 ù šum-ma aš-šum MUNUS ša-a-ti ši-[ir ia-ri-im-li-im] i-na-az-zi-qa-am-m[a] 22 mi-im-ma i-š[a-a]p-pa-ra-[am] a-na-ku te-er-ṣa-⸢am⸣*-ma a-ap-pa-[al-šu] 24 [u]m-ma a-n[a-ku-m]a aš-šum MUNUS š[a-a-ti] [la na]-da-nim (munus)ga-š[e-ra ú-ul iš-pu-ra-am-ma] 26 [ú-ul] ad-di-na-a[k*-kum] [ù° (I)a]p-la-ha-an-d[a i-ri-ša-ši-ma] 28 [ad-di-na-aš-šu-úš-ši] [i-na-an-na MUNUS.NAR] šu-ni-a*-am 30 [er-ša-an-ni a-na-ad-di-na-ku-úš-ši] T. [ù i-na-an-na] l[i*-ib-ba-ki] 32 [i-na an-né-t]im* la i-ze-[er-ni] Traduction: Dis à Gašera  : ainsi parle Zimri-Lim. Naguère, tu m’as écrit de ne pas donner à Yarim-Lim Duššuba, la musicienne. Pour moi, voici la réponse que je t’avais faite  : «  Si je la donne à quelqu’un d’autre, alors Yarim-Lim ne se fâchera-t-il pas contre moi ?  » Voilà ce que je t’avais écrit. Lorsque je suis arrivé à Mari, toi, tu avais envoyé sans discontinuer mainte lettre. Voilà que tu en as (encore) envoyé une à ta fille. J’ai donc appris ce que tu avais écrit à ta fille Šibtu qu’il fallait la refuser. Je ne donnerai pas cette femme à Yarim-Lim  ; je la donnerai à Aplahanda. Calme-toi en ce qui concerne cette femme  ; ne t’inquiète plus d’aucune façon à son propos  ! Or, si jamais Yarim-Lim se met en colère à cause d’elle et qu’il m’envoie quelque lettre, moi je répondrai par un subterfuge, disant  : «  Ce n’est pas parce que Gašera m’a écrit de ne pas donner cette femme, que je ne te l’ai pas donnée  ! En fait, c’est qu’Aplahanda l’avait réclamée et que je la lui ai donnée. Fais moi une seconde demande de chanteuse  ; je te la donnerai.  » Donc, pour l’heure, ne me hais pas pour ce motif  ! Notes: 3) Le NP Duššuba semble sûr. Il ne faut pas corriger en du-uh!-ša!-[tim] comme J. Sasson, p. 134. Le NP est inattesté mais doit se présenter comme une variante de «  Duššuptum  » (XVI/1, p. 87). 6-7) J.-M. Durand a traduit dans LAPO 18 : « Je la donnerai à quelqu’un d’autre. Cependant, n’est-ce pas contre moi que Yarim-Lim se fâchera ? » La traduction ci-dessus suit celle de G. Dossin et A. Finet dans ARM 10 : puisque l'allongement du a dans i-na-az-zi-qa-a-[am] indique que la l. 7 est une interro-négative, l'inaccompli de la l. 6 doit avoir valeur de conditionnel. [DC] 13) La restauration [ša ka-le]-⸢e⸣-ša (cf. la copie de G. D.   !) est ce qui conviendrait le mieux, sans s’imposer absolument. 23) Pour terṣum «  subterfuge  », cf. LAPO  17 n°586, n. e). La non compréhension de terṣum (ARM 10, p. 201 lisait une forme adverbiale (  ?) terṣâ et comprenait «  en retour  ») a entraîné les éditeurs à la restitution de l’exact contraire. Le sens auquel ils arrivent, faisant porter toute la responsabilité de l’affaire officiellement sur Gašera, serait bien peu «  diplomatique  »  ! 32) Zêrum se dit de «  rompre les rapports avec qq’un  ». Il peut donc concerner aussi bien Yarim-Lim que Gašera à qui la dernière phrase de la lettre était peut-être destinée. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 05/01/2015: D. Charpin (correction (traduction l. 6-7)) – 14/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 05/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 140 Lettre de Zimri-Lim à Liqtum. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978, p. 200-203 (n°140); SJAC 1, 1994, p. 332; LAPO 18, 2000, p. 372-373 (n°1184) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 45 [trad.]. Reproduction: TCL 31, 1967, pl. 62 (n°140) [copie]. Bibliographie: Marello NABU 1991/13, 1991; Marello NABU 1992/82, 1992. Tablette: F. [a-na (munus)l]i*-iq-ak° 2 [qí-b]í-ma um-ma z[i-im]-ri-li-im-ma 4 aš-šum sa-l[i]-mi-im ù dam-qa-tim bi-ri-ia ù b[i-r]i-i[t] a-dal-še-ni 6 ša-ka-[nim] ù i-ša-ri-[i]š bi-ri-ni a[t-w]i*-i[m*] ša ta-aš-pu-r[i]-im 8 ma-an-nu-um ša sa-li-ma-a[m] ù dam-qa-tim la ha-aš-hu 10 a-nu-um-ma aš-šum s[a]-li-mi-i[m] ù dam-qa-tim bi-ri-[n]i ša-ka-nim 12 a-na ṣe≤-er≥ a-dal-še-ni ṭe₄-ma-am ú-úr-ri-ka-am-ma áš-ta-ap-ra-am 14 sa-li-mu-um ù dam-qa-tum bi-ri-ni li-iš-ša-ak-na T.16 aš-šum MUNUS.TUR ke-ze-er-tim [n]a-wi-ir-tim a-na ṣe-ri-[ki] 18 [š]u-re-im ù i-na re-ši-ki [i]-zu-uz-zi-im ša ta-aš-pu-[r]i-im R.20 i-nu-ma ia-ás-ma-ah-(d)IŠ[KUR] i-na ma-ri(ki) ú-ṣú-ú é-kál-lum im-ma-ši-’ì° 22 ù iš-tu ša a-na ha-ar-ra-na-tim at-ta-al-la-ku ša-al-la-tam ma-li 24 ša qa-ti-ia ik-šu-{DU}du a-na mi-ṭì≤-it≥ be-el te-re-tim [ú-m]a-al-li 26 [i]-na-an-na i-nu-ma a-na KASKAL.[A] ⸢e*⸣-[l]u*-⸢ú*⸣ [i]-na ša-al-la-tim ša qa-ti i-ka-aš-ša-du 28 MUNUS k[e-ez-r]e*-tim ša i-na re-ši-ki iz-za-az-z[a]* ú-ša-ar-ra-ak-ki-im 30 ù [i]-na ma-a-tim ša wa-aš-ba-ti lu*-u[r*-mu]-MEŠ ma-du 32 a-[na mi-nim a]-na ṣe-ri-ia [lu-ur-mu-MEŠ la-a] ta-aš-pu-ri-im Traduction: (1-3) Dis à Liqtum (!) : ainsi parle Zimri-Lim. (4-9) À propos d’établir un pacte de non-agression et des rapports amicaux entre Adal-šenni et moi et d’avoir entre nous un parler franc, objet de ta lettre, qui ne désire un pacte de non-agression et des rapports amicaux ? (10-15) Voilà que j’écris à ces sujets une longue missive à Adal-šenni, pour que pacte de non-agression et rapports amicaux s’établissent entre nous ! (16-21) En ce qui concerne l’envoi chez toi d’une belle kezertum qui se tienne à ton service, objet de ta lettre, lorsque Yasmah-Addu est « sorti » de Mari, le palais a été pillé. (22-25) En outre, j’ai affecté le butin, tout ce qui est revenu à mon lot, depuis ces expéditions que je multiplie, au déficit des chefs de service. (26-29) En fait, lorsque je retournerai en campagne dans le Pays-Haut, sur le butin que ma main conquerra, je te ferai conduire des kezertum qui seront à ton service. (30-33) De plus, dans le pays où tu te trouves, il y a beaucoup d’autruches ; pourquoi ne pas en avoir envoyé chez moi ? Notes: Édition et notes d'après J.-M. Durand, LAPO 18, p. 372-373. Vu l’allusion à Yasmah-Addu, cette lettre est du début du règne, mais manifestement postérieure aux premières campagnes ; elle doit donc dater de l’année dite de Kahat (ZL 2) plutôt que du début de ZL 1’ (ZL 3). 1) Si le NP « Malik-Akka » est sûrement à abandonner, il n’en reste pas moins que le AK est très net sur la tablette. C’est sans doute une des fautes qui ont fait que la lettre n’a pas été envoyée. 16) La kezertum, une sorte de musicienne, cf. N. Ziegler, FM 4, p. 87. 24) C’est le kašid qâtim, butin fait personnellement par le roi (d’autres textes disent zittum), en opposition à ce qui a été la part des soldats ; cf. en dernier lieu, N. Ziegler, RA 93, 1999, p. 18 et n. 88. Le parallélisme de la l. 27 incite à voir un sg. dans qa-ti-ia ; attraction du cas direct (ša qâtî… ikšudu —> ša qâti.ya… ikšudu) après un subordonnant ; cf. LAPO 18 n°1196, n. c). 25) L’expression « mullûm NP ana NMétier » signifie « compléter un effectif avec NP », pratiquement « affecter qq’un à un poste ». 31) ARM 28 43 confirme indirectement cette collation en montrant le goût des locaux pour ce genre d’ornements. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 28/02/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 28/02/2013: A. Jacquet (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; lemmatisation; traité pour HIGEOMES) – 26/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 141 Lettre de Belum à Ištar-šamši et à Lahwi-Malik. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°141); LAPO 18, 2000, p. 486-488 (n°1256) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 324-325 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na iš₈-tár-(d)UTU-ši 2 ù (munus)la-ah-wi-ma-lik qí-bí-ma 4 um-ma be-lu-um a-hu-ku-nu-ma bu-ul-ṭà ša-al-ma-ku 6 šu-lum-ki-na šu-up-ra aš-šum mi-nim i-na pa-an 8 LÚ DUMU ši-ip-ri-ia ú-ul ta-ah-du° T.10 ù ša-ni-tam a-na iš₈-tár/-(d)UTU-ši i-de i-na li-ib-bi-/ia-ma R.12 ki-ma du-ul-la-am ta-za-ab-bi-il₅ aš-šum la-a ma-ra-aṣ 14 li-ib-bi-ki-na ah-ha-tu-ú-WA-ia 16 li-ta-am-mu-ni-in-ni ta-ma-mi-tum ša ah-ha-ti-ia 18 li-ik-šu-da-an-ni a-di-ni a-na ar-ra-ap-ša-tim 20 la a-ṭá-ah-hu-ú ša-ni-tam šu-um-ki (munus)iš₈-tár-(d)UTU-ši eš-me-ma li-ib-bi 22 ma-di-iš ih-du i-na e-re-bi-ki ù i-na wa-ṣí-ki T.24 ap-pá-ki a-na (d)NIN-é-kál-/lim lu-up-te₉ lu-ú it-tum 26 i-nu-ma ša-mu-ú iz-nu-nu hu-us-sí-ni-ma TL.28 la ta-ma-aš-še-ni iš-tu i-na-an-na 30 li-ib-ba-ki-na la i-ma-ar-ra-aṣ Traduction: Dis à Ištar-šamši et Lahwi-Malik  : ainsi parle Belum, votre frère. Portez vous bien  ! Je suis en bonne santé. Écrivez de vos nouvelles. Pourquoi n’étiez-vous pas joyeuses en présence de mon messager  ? D’autre part, ― (ceci s’adresse) à Ištar-šamši ― je sais bien, au fond de moi-même, que tu as une lourde tâche à supporter. Que mes sœurs m’affirment que vous n’avez pas de ressentiment et que me parvienne cette assurance de mes sœurs  ! Je vous jure que, jusqu’à présent, je (vous) suis proche, en tout point. Autre chose  : j’ai appris ton nom d’Ištar-šamši et mon cœur s’est beaucoup réjoui. À ton entrée et à ta sortie, fais une prière à Belet-Ekallim  : c’est un fait avéré que la pluie s’est mise à tomber  ! Pense à moi et ne m’oublie pas  ! Dorénavant ne soyez plus fâchées  ! Notes: Bibliographie  : cf. MARI 4, p. 418, n 217 pour des remarques sur la langue et la graphie de ce document, toutes choses qui indiquent de façon claire que le Belum, auteur de la lettre, n’est nullement un Mariote et, encore moins, comme cela a été proposé plusieurs fois, une façon de désigner le roi lui-même, Yasmah-Addu (ARM 16/1, p. 143), voire Zimri-Lim (ARM 10, p. 279, l. 22-24)  ! Pour les personnalités des 2 femmes, cf. MARI 4, p. 418  : Lahwi-Maliku est mentionnée dans le harem de Yasmah-Addu (n°27)  ; FM 4, p. 276, n° 2, en fait une «  musicienne d’Izamu  ». On a proposé qu’Ištar-Šamši fût la femme scribe du palais de Mari  ; cf. J. Sasson, BiOr 38, 1971, 355a  ; FM 4, p. 270, n° 4  ; mais cf. ci-dessous b). 9) La forme tahdû s’explique par le fait que, sauf pour l’impératif, le texte n’indique pas le féminin de la personne verbale  ; pour le suffixe personnel plur., on oppose -kunu (masc.), l. 4 à -kina (fém.), l. 14, l. 30. 12) Il est remarquable que Belum parle de la tâche d’Ištar-šamši comme d’un dullum. La traduction par «  corvée  » (ARM 10) n’est sans doute pas la seule possible, quoique l’emploi du verbe zabâlum fasse clairement allusion au port du ṭupšikkum, «  panier à brique  », symbole de la corvée. Dullum peut désigner ici, de façon technique, «  le travail accompli pour une divinité, lors de l’accomplissement d’un rituel religieux  ». Ištar-šamši pourrait être une prêtresse. Ce sens n’est cependant documenté par les dictionnaires que pour l’époque néo-assyrienne ou néo-babylonienne. On remarquera, de plus, que le recours à dullum, de toute façon, pour signifier «  travail dû  » (au roi ou au dieu) ne représente sans doute pas l’usage paléo-babylonien strict (cela n’est attesté que dans les textes de Suse) mais serait tout à fait complémentaire de ces «  protocoles  » de fonctions que faisait jurer un roi amorrite et qui ressemblent de si près aux adê néo-assyriens  ; cf. «  Précurseurs syriens aux protocoles néo-assyriens  », dans Marchands, diplomates et empereurs, Mélanges P. Garelli, D. Charpin et Fr. Joannès éd., p. 13 -72. Il est remarquable de le trouver dès l’époque amorrite. Sinon, il faudrait considérer que dullum représente le travail de «  femme scribe  » et la prière d’Ištar-šamši ne ferait que marquer son appartenance au monde du palais. 14) Pour ce mélange de 3e et 2e personnes, cf. LAPO 16 n°3, n. b). 17) Pour cette forme ta-ma-mi-tum, pluriel de tawîtum «  affirmation  » ou «  serment solennel (?), cf. MARI 4, p. 163. 20) Le passage fait problème. Dans la langue de Mari, lâ aṭahhû devrait signifier  : «  je jure que je n’approcherai pas  !  » On attend, évidemment, le contraire. D’un autre côté, adîni lâ… ne peut pas être l’équivalent de adi… lâ, «  tant que ne pas…  ». On doit donc considérer que, ici, lâ + subjonctif est l’équivalent de šumma lâ + indicatif. En ce qui concerne ana rapšâtim, A. F. y retrouvait, ARM 10, p. 279, s. n., le terme rapšâtum «  difficultés  » de ARM 2 15  : 32 (cf. ARM 15, p. 250). En fait, dans ce dernier passage, ina rapšâtim signifie «  en tout point  », «  dans une large mesure  » (cf. commentaire dans LAPO 16 n°61, n. b). On notera ici le sandhi de phrase /anarapšâtim/. 20-21) Cette expression ne semble pas pouvoir s’interpréter par le fait que Belum a reçu une lettre de sa «  sœur  », puis que cette dernière manifestement boude (cf. l. 7-9). Pourtant, on aurait été bien tenté de lire l. 20, šu≤-lu≥-um-ki. La suggestion d’A. F. (ARM 10, p. 279) prend donc toute sa signification  : ce nom serait nouveau et assumé au moment d’entrer en fonction au service de la Dame du palais. Cette pratique est vraisemblable au vu de ce qui est sûrement des «  noms de fonction  » (cf. MARI 3, p. 130-131)  ; il n’y a pas encore cependant d’exemple sûr de l’existence d’un double nom à 2 époques différentes pour le même individu. 24) Vraisemblablement dans le temple où elle a pris ses fonctions, donc le matin et le soir. 25) Pour une explication de cette façon de dire, très vraisemblablement proverbiale, cf. notice introductive, p. 485, et «  Proverbes et Sagesses de l’époque amorrite  », à venir. Pour l’emploi conjonctif d’inûma, cf. LAPO 17, p. 605-606. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 09/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 10/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 142 [A.3425] Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Addu-duri. Il fait très attention à lui-même. Il demande de bien observer, lors des sacrifices du palais, les oracles concernant son arrivée et de le tenir au courant de toute nouvelle. Le 12-xi il s'embarquera pour Mari. Il faut tout de suite prévoir les sacrifices pour Dêrîtum. Lieu de découverte: Mari. Date: 8/xi/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°142); LAPO 18, 2000, p. 281 (n°1098) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 135-136 [trad.]; ARM 33, 2019, p. 548-549 (n°274). Reproduction: PSL-DIGIBARCHI, 47325Z4318.jpg [photo]. Tablette: F. a-na [(munus)(d)IŠK]UR-du-[r]i 2 qí-b[í]-ma um-m[a be]-el-[ki-i-m]a 4 ṭup-p[a]-ki š[a] tu-[ša-bi-li]m e[š]-me aš-šum ṭe₄-m[i(?)-im] ša ta-aš-pu-ri-im 6 um-ma a[t-t]i-i-ma be-lí a-na pa-ag-ri-šu na-ṣa-ri-im a-ah-šu la i-na-ad-di 8 ak-ki-i-ma na-aš-pa-ar-ti-ki ša ta-aš-pu-ri-im a-na pa-ag-ri-[i]a 10 na-ṣa-ri-im a-hi ú-ul a-na-ad-di m[a]-di-iš n[a-a]'₄-da-a-ku 12 ù a*-[nu-u]m*-ma*-nu-um a-na ma-ṣa-ar-ti é-[k]ál-lim [SISKU]R₂.RE.HI.A 14 [i-qí-i]m* ù i*-na pa-an DIN[GIR].MEŠ T. [i-zi-i]z-zi-im* 16 [ù a-di ka-š]a-di-ia R. ma-di-iš i-'ì-di 18 ù ṭe₄-mu-um ma-al ša iš-tu an-na-nu-um ù an-na-nu-um i-ma-qú-ta-ki-im-ma 20 ú° te-še-em-me-e m[a]-ah-ru-um-ma a-na ṣe-ri-ia lu-ú ka-ia-an 22 ša-ni-tam ITI ki-is-ki-is-sí-im U₄ 8.KAM BA.ZAL-ma ṭup-pí an-né-e-em 24 a-na ṣe-ri-ki ú-ša-bi-la-ki-im u₄-um U₄ 12.KAM iš-tu BÀD(ki) 26 ia-ah-du-un-li-im a-na ma-ri(ki) a-ra-ak-ka-ba-am 28 ṭup-pí an-né-e-em i-na še-me-em ṭe₄-em SISKUR₂.RE.HI.A 30 ša (d)de-ri-tim lu šu-ta-aṣ-bu-ut a-hu-um la in-na-ad-di Traduction: Dis à Addu-duri  : ainsi parle ton Seigneur. J’ai pris connaissance de ta tablette que tu m’as fait porter. À propos de ce que tu me dis  : «  Il ne faut pas que mon Seigneur soit négligent à se protéger  !  », je ne montre nulle négligence à me protéger, exactement selon ta lettre que tu m’as envoyée  : je me trouve faire très attention. En outre, voilà que tu dois offrir les sacrifices pour la protection du palais  ; tiens-toi devant les dieux  ! En attendant mon arrivée, montre-toi très vigilante  ! En outre, une nouvelle qui t’arrivera(it) de n’importe où ou dont tu aurais ouï-dire, doit en urgence m’être ponctuellement transmise. Autre chose  : je t’ai fait porter cette tablette le 8 courant de kiskissum (xi). Le 12, je me transporterai de la Forteresse de Yahdun-Lim à Mari. Il faut qu’à l’écoute de cette tablette toutes dispositions soient prises concernant les sacrifices de Deritum, sans faute. Notes: [La réédition de ARM 33 est à voir dans le volume, elle n'est pas encore ici prise en compte. DC] Note  : la face s’est beaucoup dégradée depuis l’édition par G. D. Le texte date manifestement de la longue absence du roi Zimri-Lim loin de sa capitale à la fin de l’année dite de Kahat, soit la deuxième de son règne, avant la «  restauration du royaume de Mari  » (= Ah Purattim, ZL 1’). Le roi revint de la région de la Forteresse de Yahdun-Lim courant kiskissum. 6-7) Citation de ARM 10 51  : 17-19, ou de ARM 10 54  : 16-18 ou de ARM 10 50  : 27-28  ? 12) Maṣṣartum signifie «  protection  ». Il s’agit clairement de sacrifices apotropaïques. 14-15) Le sens est  : «  Ne te contente pas de le faire, mais préside à leur accomplissement  !  » 20) C’est-à-dire, «  par messager  » ou «  ina ahîti-ki  ». 29-30) Pour les dates des fêtes de Deritum, cf. FM 3, p. 29. Il y a ici allusion aux cérémonies de ZL 1 ou 2 (= Kahat). Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 06/08/2019: I. Arkhipov (lemmatisation) – 21/08/2019: D. Charpin (complément(s) bibliographique(s)) – 16/12/2019: F. Nebiolo (entrée dans Archipix) – 28/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) ARM 10 143 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Addu-duri. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°143); LAPO 18, 2000, p. 281-282 (n°1099) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a]-na (munus)(d)IŠK[UR]-du-[ri] 2 q[í-b]í-ma um-ma b[e-e]l-k[i-i-ma] 4 ṭup-pa-k[i] ša t[u]-ša-b[i-lim eš]-me ṭe₄-em MUNUS ša ⸢(d)*da⸣*-[gan i]-⸢ri*-šu⸣*-mi 6 ta-aš-pu-[r]i-[i]m an-na a-na-ku w[a]-a[r-ki ṭ]up-pí-ia T.8 an-ni-i-im ša-né-e-em u₄-um-šu 10 iš-tu zi-ni-ia-an(ki) R. ú-še-še-ra-am 12 a-ka-aš-ša-dam-ma pa-ni (d)da-gan ša ṣú-ba-tim(ki) 14 at-ta-na-ap-la-ás ù hi-de-ti-šu 16 ma-li i-ri-ša-an-ni T. a-na-ad-di-in 18 ú-ul a-ka-la ša-al-ma-ku TL.20 šu-lum-ki lu-ú sa-di-ir Traduction: Dis à Addu-duri  : ainsi parle ton Seigneur. J’ai pris connaissance de la tablette de toi que tu m’as fait porter. Tu m’as écrit la nouvelle de la femme que l’on dit réclamée par Dagan. Vrai, moi-même, le jour qui suit cette tablette de moi, je ferai route depuis Ziniyan. J’arriverai, je ferai mes dévotions à Dagan de Ṣubatum. En outre, je (lui) ferai présent de toute demande qu’il lui fera plaisir de me faire, sans refus. Je suis en bonne santé. Il faut que des nouvelles de toi soient continues. Notes: 5) Tout essai de trouver ici un NP de femme a échoué, tout particulièrement le NP hourrite en Talmu-…zi que j’avais un moment privilégié  ; Le -mi, net à la fin de la l. 5, doit donc être la marque du discours direct  ; pour la construction de šemûm, cf. MARI 2, p. 219. 13-14) Pour l’idiotisme pân ilim naplusum, «  voir la face du dieu  », cf. K.R. Veenhof, «  “Seeing the Face of God”. The Use of Akkadian parallels  », Akkadica 94/95, 1995, p. 33-37. 15) Pour ina hidêti-šu, cf. Kraus, RA 64, 1970, p. 53-55 et Batto, Women, p. 68. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte) – 19/05/2015: A.-I. Langlois (traité pour HIGEOMES) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 144 [A.3421] Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Addu-duri. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°144); LAPO 18, 2000, p. 282 (n°1100) [trad.]; ARM 33, 2019, p. 85 (n°25). Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)(d)IŠKUR-du-r[i] 2 qí-bí-ma um-ma be-el-ki-[i]-ma 4 ṭup-pa-ki ša tu-š[a-bi-l]im [eš]-me ki-a-am ta-aš-pu-ri-im 6 um-ma-mi a-na SISKUR₂.RE.HI.A É DINGIR.MEŠ a-hi ú-u[l ad]-di 8 [i-n]a-an-na a-na SISKUR₂.RE.[HI.A] [ša é-kál-li]m(?) a-ah-ki la t[a-na-ad-di] 10 [ù a-na SISKUR₂.R]E(?).H[I.A(?) ša …] (…) «  Lacune de 3 l. + 2? l. + 3 l.  ; 2 l. illisibles.  » R. [ša-al-ma-ku] 2' [šu-lum-ki a]-na ṣe-r[i-ia] [lu-ú] sa-di-i[r] Traduction: Dis à Addu-duri  : ainsi parle ton Seigneur. J’ai pris connaissance de la tablette de toi que tu m’as fait porter. Voici ce que tu m’écrivais  : «  Je n’ai pas montré de négligence envers les sacrifices aux temples  !  » Maintenant, ne montre pas de négligence envers les sacrifices du palais. En outre, en ce qui concerne les sacrifices de… (Lacune de 10 l.) Je suis bonne santé. Que des nouvelles de toi arrivent chez moi sans discontinuer. Notes: [La réédition de ARM 33 est à voir dans le volume, elle n'est pas encore ici prise en compte. DC] Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 145 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Addu-duri. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°145); LAPO 18, 2000, p. 289 (n°1107) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na (munus)(d)]IŠKUR-du-ri 2 [qí-bí]-ma u[m-m]a be-[e]l-[k]i-i-ma 4 ṭ[up-p]a-ti-ki ša t[u-š]a-b[i]-lim eš-[m]e aš-šum ma*-aq*-qí*-i*.HI.A SIG₅ 6 [š]u*{BU ⸢ŠI⸣ [I]M}-pu-ši-im ša i-na pa-ni-[t]im aš-pu-ra-[a]k-k[i-i]m 8 [tu-ur]-ri-ki-im-ma ta-aš-pu-ri-im um-ma at-ti-i-ma 3 ki-ir-re-t[im] ra-b[é-tim] 10 aš-qú-ul ⸢5⸣* MA.NA 7*1/2* SU À[M] [a]n-n[i-tam t]a-aš-pu-ri-im T.12 [ù x] ki-ir-re-e-tim SIG₅-tim [a-na ṣ]e*-r[i*]-ia* 14 [ṭú-ur-di-im] (…) «  Lacune  » R. […] ù NA₄ da-mi-iq-tam 4' [… i]d-na-nim [… š]a be-el*-ki-na Traduction: Dis à Addu-duri  : ainsi parle ton Seigneur. J’ai pris connaissance des tablettes de toi que tu m’as fait porter. Au sujet de beaux vases à libation-maqqûm à faire faire, objet naguère d’un message de moi, tu m’as longuement écrit  : «  J’ai pesé 3 grands vases-kirrum  ; ils font 5 mines et 7 sicles 1/2 (chacun).  » Voilà ce que tu m’as écrit. Hé bien, envoie chez moi x beaux vases-kirrum... (Lacune.) «  … une pierre précieuse. Donnez… que votre (fém. plur.) Seigneur…  » Notes: 3'-5') Il devait y avoir là un message à tenir par Addu-duri à des femmes. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 146 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Addu-duri. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°146); LAPO 18, 2000, p. 289-290 (n°1108) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)(d)IŠKUR-du-ri 2 qí-bí-ma um-ma be-el-ki-i-ma 4 i-na ki-ir-re-et KÙ.BABBAR ra-ab-bé-e-tim ša ha-a-ià-i-lu-ú 6 ú-ša-bi-la-ak-[k]i-im 1 ki-ir-ri KÙ.BABBAR ra*-bé-em-ma* 8 li-qé-e-ma T. ⸢ù⸣ [i]t-ti wa-ki-il LÚ.ME[Š* u]m*-me*-ni* 10 [ù LÚ].MEŠ be-lu t[e*-re-tim] ⸢KÙ.BABBAR⸣ ki-ir-ri-[im šu-a-ti] R.12 [š]u-ta-aṣ-b[i-ti-ma] a-na DUMU.MEŠ u[m-me-ni°] 14 id-ni-[šu] 8 ma*-aq-qí-i KÙ.BA[BBAR] 16 ša 2/3 ÀM MA.NA li-pu-šu-ma 18 ar-hi-iš a-na ṣe-ri-ia li-ša-ak-ši-du-nim 20 [a-na na]-aš-pa-ar-ti-ia an-ni-tim a-ah-ki la ta-na-ad-di-i Traduction: Dis à Addu-duri  : ainsi parle ton Seigneur. Parmi les grands vases-kirrum que je t’ai fait porter par Haya-ilu, prends-en 1 grand d’argent. En outre, chez le chef des artisans ou les chefs de service, fais entreprendre l’argent de ce vase-kirrum  ; donne-le aux artisans pour qu’ils en fassent 8 vases à libation-maqqûm de 2/3 mine chacun et qu’on les fasse rapidement parvenir chez moi. Ne montre pas de négligence envers ce message de moi  ! Notes: Note  : la date de ce texte est donnée par M.8578 qui est, lui-même, du 12-vi ZL 2 (= Addu d’Alep). 9-10) Les restaurations semblent s’imposer. Le grand intérêt de cette opposition entre wakil ummênî et bêlû têrêtim est de montrer que l’on pouvait recourir soit au domaine privé, soit aux services du Palais pour un travail à effectuer. Pour cette forme plurielle (invariable  !), bêlû têrêtim, cf. dans ARM 26/1, p. 271 n. b), les expressions bêlû pirištim, «  membres du conseil royal  » et bêlû mâtim, «  autochtones  ». 15-16) Le vase-kirrum était donc de 5 mines 1/3 ce qui mérite effectivement l’épithète de «  grand  ». LAPO 18 n°1107 qui appartient au même dossier montre qu’après vérification le poids effectif n’était que de 5 mines 7 sicles 1/2, et qu’il manquait donc 12 sicles 1/2  ! Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 147 [A.3750] Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Addu-duri. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°147); LAPO 18, 2000, p. 290-292 (n°1110) [trad.]; ARM 33, 2019, p. 86 (n°26). Reproduction: Tablette: F. [a-n]a (d)IŠKUR-du-ri 2 [qí]-bí-ma [um-ma] be-el-ki-i-ma 4 [aš-šum ANŠE].KUR.RA.HI.A pé-ṣú-tim ša iš-[t]u qa-ṭ[á-n]im(ki) [eš-te-n]e-em-me-ma 6 [ANŠE].KUR.RA.HI.A šu-nu SIG₅.HI.A* [i-n]a-an-na u₄-um ṭup-[p]í an-né-e-e[m] 8 [te]-še-em-me-e i-na ki-sa-al [É bi-i]r*-mi i-na ba-ab LÚ.ME[Š* ša ŠAG] R.10 [aš-šum na-ṣa-ar] u₄-mi-im ṣí-[il-lu-um] [i-ba]-aš-šu-ú ú-ra-a-am li-p[u*-šu] 12 [GI.HI.A] li-im-ha-ṣú-ma ANŠE.KUR.RA.HI.A š[u-nu] [li-ir-bi]-ṣú še-em l[i]-i[b-lu-ni-šu-nu-ši] 14 [ù a-na wu-ur-ti]-ia an-ni-ti[m] [a-ah-ki ta ta-na-di]-ma 16 [ú-ru-um a-na A]NŠE.KUR.RA.HI.A šu-nu-ti [… i-na pa]-an É-ti-ia 18 […] x x x T. […] x […] 20 [šu-lum-ki šu-lum ma-r]i(ki) [ù šu-lum É.MEŠ] DINGIR.MEŠ 22 [lu-ú sa-d]i(?)-[ir] Traduction: Dis à Addu-duri  : ainsi parle ton Seigneur. Je ne cesse d’entendre parler des chevaux blancs qui proviennent de Qaṭna  ; ils sont de bonne qualité. Hé bien ! le jour où tu prendras connaissance de cette tablette de moi, dans la cour du bâtiment aux peintures, à la porte des gardes, afin qu’il y ait de l’ombre pour protéger contre la chaleur du jour, que l’on fasse une écurie ; que l’on jonche de roseaux ; que ces chevaux y gîtent ; qu’on leur apporte du grain. En outre, ne montre pas de négligence envers ces directives de moi. L’étable pour ces chevaux doit être faite devant mes appartements… [Que des nouvelles de toi, de Mar]i [et des te]mples soient con[tinues] ! Notes: [La réédition de ARM 33 est à voir dans le volume, elle n'est pas encore ici prise en compte. DC] 4) Pour ce qui était sans doute une spécialité de Qaṭna, cf. LAPO 17 n°455. 11) La cour du bâtiment aux peintures était la grand cour d’entrée du palais de Mari (cour 131). On sait que des animaux exotiques envoyés en présent au roi de Mari y étaient gardés, constituant une sorte de zoo  ; cf. «  L’organisation de l’espace…  », p. 53. Apparemment, le roi voulait pouvoir contempler de sa fenêtre ses beaux chevaux. À quel endroit précis l’écurie-urûm devait-elle être installée  ? La porte conduisant depuis la cour 131 à la cour 106, où ouvrait le harem, était dite «  porte d’Uṣur-pi-šarrim  », comme l’indique FM 4 p. 114-115  ; la porte de la S. 132 était l’entrée du temple de la déesse Ištar (bît birmî). Les appartements du roi ne pouvaient donc, d’après ce texte, qu’être au dessus du bît šîrim, ce qui confirmerait les hypothèses de B. Pierre-Müller et al., MARI 6, p. 433-451, étudiant les restes de peinture tombées de l’étage dans la S.220, soit l’endroit où j’ai proposé de placer le bît šîrim. Dès lors, «  en face  » (ina pân) devrait désigner le mur nord de la cour. À la partie nord-est de cette cour se trouvait le bît têrtim. Il faut donc supposer que l’écurie a été faite du côté nord-ouest, là où se trouvait la S. 189, où subsistent encore des restes de peintures, ce qui montre le statut privilégié de la pièce. On peut ainsi imaginer que là se trouvait le bâtiment des gardes, ou au moins de leurs supérieurs. Cela avait d’ailleurs été tout à fait bien vu par A. Parrot (MAM 2, p. 77) qui avait retrouvé là puisard et foyer et en avait déduit son rôle domestique. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 148 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Addu-duri. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°148); LAPO 18, 2000, p. 292 (n°1111) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)(d)IŠKUR-du-ri 2 qí-bí-ma um-ma be-el-ki-i-ma 4 ša-al-ma-[ku š]u*-⸢lu⸣*-[u]m*-ki [lu]-⸢ú⸣* [sa-di-i]r* [r]e*-[š]a*-am ku-u[l-l]a-a-am 6 [i-na li-ib-b]i a-lim ⸢ter*-qa*(ki)⸣ [(I)ÌR-ì-lí]-šu T.8 [ú-ul ad]-di-in* [li-it-ta-al]-kam* 10 [a-na an-né-tim] a*-ah-ki R. [la-a t]a-na-[a]d-di 12 [ù a-na ši-p]í-ir MUN[US*.ME]Š* [n]a*-ra-tim 14 šu*-hu-zi-im a-na (lú)*NAR*.GAL* da-an-na-tim 16 šu-uk-ni Traduction: Dis à Addu-duri  : ainsi parle ton Seigneur. Je suis en bonne santé. Il faut que des nouvelles de toi soient continues  ! Je n’ai pas permis à Warad-ilišu d’attendre à l’intérieur de la ville de Terqa. Il doit se mettre en route  ! Ne montre pas de négligence à ce propos et donne des ordres stricts au chef de musique pour instruire les musiciennes de leur travail. Notes: Note  : la tablette est aujourd’hui extrêmement difficile à lire et les lectures, au moins pour la face, sont naturellement à prendre avec réserves. Il est à peu près sûr, cependant, que l’édition proposée dans ARM 10, p. 212-213, n’est pas la bonne. On verra, en revanche, que mes collations correspondent assez à l’autographie de G. D. Le document concernait sûrement, néanmoins, la gestion des musiciennes du palais de Mari (revers du document). Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 149 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Addu-duri. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°149); LAPO 18, 2000, p. 293-294 (n°1113) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)(d)[IŠK]UR-du-r[i] 2 qí-bí-m[a] um-ma be-el-ki-i-ma 4 [ṭ]up-pa-ki ša tu-ša-bi-lim° [e]š-me aš-šum GEME₂ ša i-[d]in(?)-(d)IŠKUR 6 ù ip-qa-tim š[a] ta-aš-pu-ri-im [iš-t]u ša ú-ka-na-[am] 8 [x x]-ri [x x x] bi-il-tim 10 [x x x x x] x-ki-ma R. (…) «  8 l. manquent.  » T. [x x b]a(?)-ku(?)-ma TL.2' [l]i*-ša-qú*-nim-ma [r]e-ša-am li-ki-[il] Traduction: Dis à Addu-duri  : ainsi parle ton Seigneur. J’ai pris connaissance de la tablette de toi que tu m’as fait porter. En ce qui concerne la servante d’Iddin-Addu et d’Ipqatum, sujet de ta lettre, une fois que j’aurai confirmation… (Lacune  ; texte lacunaire.) … qu’ils montent et qu’il attende  ! Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 150 Lettre de son seigneur (= Zimri-Lim) à Addu-duri. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°150); LAPO 18, 2000, p. 292-293 (n°1112) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)(d)IŠKUR-du-ri 2 qí-bí-ma um-ma be-el-ki-i-ma 4 ṭup-pa-ki ša tu-ša-bi-lim eš-me ki-ma LÚ.MEŠ ki-na-tu-ú ne-pa-ar 6 ṣú-up-ri-im(ki) ip-lu-šu-ma in-na-bi-tu-ma ù LÚ.MEŠ šu-nu-ti iṣ-ba-tu-nim 8 ta-aš-pu-ri-im ki-ma ša te-él-tim ša šu-up-pa-ta-am i-ša-tum 10 i-ka-al-ma ù ta-ap-pa-ta-ša i-qú-ul-la i-na-an-na šu-nu ki-a-am T.12 i-na pa-ni-tim LÚ.MEŠ [š]a i-na ṣú-up-ri-im(ki) R.14 ma*-aṣ*-ṣa*-⸢ar⸣*-tam ⸢i⸣-[pu]-šu-ú-ma 16 [ša-at] qa-tim ad-[d]i-šu-nu-ti [um-ma-a-m]i* be-e[l t]e-re-tim 18 [li-ì'-'ì-d]u(?)*-ma pa-ṭ[á-a]r-šu-nu [la i-ba-aš-ši] ú-ša-[a]l-[l]i-mu 20 [ù šu-te-e]r*-si-im-ma [an-ni-ke]-e-em dan-[n]a-tim šu-uk-ni-ma 22 a*-l[a* k]a*-tim i-na a*-lim*(ki)* [m]i*-i[m]*-m[a]* la na-ab-ši-i-[im a-na (giš)MÁ.HI.A] 24 ša i-ti-qa i-n[a …] T. (…) «  3 l. sur le côté  » Traduction: Dis à Addu-duri  : ainsi parle ton Seigneur. J’ai pris connaissance de la tablette que tu m’as fait porter. Tu m’écrivais que des hommes appartenant à la domesticité avaient percé (le mur) de l’ergastule de Ṣuprum et avaient pris la fuite, mais qu’on avait repris ces hommes. C’est l’illustration du proverbe selon lequel il faut que le feu dévore un roseau pour que ses compagnons fassent attention à lui. En fait, ils représentent le même cas. Naguère, j’avais mis les fers à des hommes qui montaient la garde à Ṣuprum en disant  : «  Les chefs de service doivent faire attention à ce qu’ils ne partent pas  !  » Ils y ont réussi  ! Hé bien  ! Prépare tout et, là-bas, donne des ordres stricts. Pour qu’il ne se produise pas de contretemps dans la ville, … aux bateaux qui seront de passage… Notes: 8-11) Ce proverbe illustre l’imprévoyance des gens qui ne pensent au danger que lorsqu’il a frappé. Le terme de «  jonchère  » (ARM 10, p. 215) pour traduire šuppatum ne convient pas car il s’agit ici non pas d’un lieu couvert de joncs mais d’un seul jonc, comme l’a bien compris CAD Q, p. 73b («  If one reed catches fire, then its fellow are on the alert  »). Il a fallu attendre que des détenus s’évadent pour prendre des mesures de surveillance accrue. 15-16) Ecrit sur érasures. 22) Cf. pour cette expression a la kattam, LAPO 16 n°32 n. b). Le texte n’est pas sûr. On pourrait aussi lire a*-n[a(?)* o-m]a(?)-tim. 24-25) Il s’agit de faire surveiller les bateaux de passage par Mari, dont pourraient se servir les fugitifs pour quitter le royaume. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 151 Lettre de Yarim-Lim à Šibtu. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Mišlan. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°151); LAPO 18, 2000, p. 310-312 (n°1135) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)ši-ib-tu 2 qí-bí-ma um-ma ia-ri-im-li-im-ma 4 aš-šum A.ŠÀ du-un-nim ša ha-ma-til i-ri-šu ta-aš-pu-ri-im um-ma at-ti-ma 6 ki-ma ha-ma-til ṣí-bi A.ŠÀ id-di-nu i-na-an-na ha-ad-ni-(d)IŠKUR 8 ṣí-bi li-[i]d-di-in-ma A.ŠÀ ša-a-tu li-ri-iš an-ni-tam ta-aš-pu-ri 10 A.ŠÀ ša-a-tu ú-ul a-na-ku ad-di-in (lú)ENGAR ba-lu-ia id-di-in-ma 12 [wa]-ar-ka-nu (lú)ENGAR iq-bé-em-ma T. [l]i-ib-ba-ti-šu am-la 14 ki-ma ba-lu-ia id-di-nu ⸢A⸣.ŠÀ ra-ma-ni-šu e-ki-im-ma R.16 (giš)APIN i-iu-um° i-ri-iš ù wa-ar-ka-at A.ŠÀ ša-a-t[u] 18 ú-ul pa-ar-sa-ku A.ŠÀ.HI.[A] mu-úš-ke-nim i-na i-ta-at 20 A.ŠÀ ša-a-[t]u i-ba-aš-še₂₀ ù (lú)ENGAR ma-ga-al-m[a] ih-[š]u-úš-ma 22 a-na ha-ma-til id-di-in i-na-an-na a-nu-um-ma a-na (lú)ENGAR {AŠ PU UR} aš-pu-ur 24 wa-ar-ka-at A.ŠÀ li-ip-ru-ús A.ŠÀ.HI.A mu-úš-ke-nim li-bi*°-ir-ma 26 [a-n]a é-kál-lim ša ra-ma-ni-ia [m]a-li ma-ṣú-ú 28 [a-n]a ha-ad-ni-(d)IŠKUR [l]i-id-di-nu Traduction: Dis à Šibtu  : ainsi parle Yarim-Lim. Tu m’as écrit au sujet du champ à Dunnum que cultive Hamatil  : «  De la même façon que Hamatil a acquitté les droits sur l’irrigation de son champ, il faut que maintenant Hadni-Addu les acquitte et cultive ce champ.  » Voilà ce que tu m’as écrit. Ce n’est pas moi qui ai donné ce champ  ; c’est le responsable agricole qui l’a donné sans mon aveu et ce n’est qu’ensuite qu’il me l’a dit. J’ai été très en colère envers lui, qu’il l’ait donné sans mon aveu. Je lui ai enlevé le champ qui relevait de lui et c’est une équipe à moi qui l’a cultivé. En outre, je n’ai toujours pas fait mon enquête sur ce champ. Il y a des terrains de particuliers en bordure de lui. Donc, le responsable agricole s’est beaucoup trop précipité en le donnant à Hamatil. En fait, voilà que j’écris au responsable agricole pour qu’il mène l’enquête sur le terrain. Il lui faut examiner le statut des terrains des particuliers pour que l’on puisse donner à mon propre Palais ce qu’il faut au profit de Hadni-Addu. Notes: Note  : la date de la lettre est certainement postérieure au retour des chefs benjaminites après la rébellion et le règlement de leur réinstallation comme le montre M.8795 cité ci-dessous. Il s’agit en tout cas du moment où Šibtu s’occupe de constituer le domaine (bîtum) de son fils Hadni-Addu, deuxième fils de Zimri-Lim (cf. N. Z. FM 4, p. 69). Yarim-Lim est le prince Yahruréen de Mišlan sous Zimri-Lim  ; cf. ARM 23 428. 4) On trouvera ARM 10, p. 151, une bibliographie déjà ancienne sur le champ-dunnum. Il ne s’agit pas là du bît dunnim bien documenté à l’époque médio-assyrienne et étudié par P. Garelli, Semitica 17, 1967, p. 13, mais de champs situés sur le terroir de Dunnum, donc sur la rive gauche de l’Euphrate  ! Ce Dunnum était effectivement sous la juridiction de Yarim-Lim, prince benjaminite Yahruréen, comme le montre ARM 23 428, entre autres. Tous les commentaires construits sur le fait que ce Yarim-Lim était le père de Šibtu, roi d’Alep, sont donc à abandonner. 4) Le NP comporte un TIL très net  ; il ne s’agit pas d’un éventuel Hammanum. Rien ne prouve, en revanche, qu’il s’agisse du premier ministre de Yahdun-Lim et du début de l’occupation de Mari par le royaume de Haute-Mésopotamie, car l’hiatus temporel serait considérable avec Hadni-Addu, lequel est ici le fils de Šibtu et de Zimri-Lim  ; cf. N. Z, FM 4, p. 69. Il doit donc s’agir d’un homonyme, sans doute encore en vie, puisque l. 10-14, l’histoire ne se comprend bien que si le champ venait d’être remis à ce Hamatil. On se reportera à MARI 3, p. 138, où est cité M.8795, liste de «  charrues  » par terroirs  : «  Total  : 27 charrues qui sur le terroir des Benjaminites avaient été saisies. Là-dessus, il y a une charrue à laquelle mon Seigneur avait renoncé (uwašširu) en faveur de Yarim-Lim, pour mise en culture  ; (désormais) il y a renoncement en faveur de Hamatil  ; à Urah.  » Pour wuššurum indiquant que le Palais renonce à la gestion directe d’une terre, cf. LAPO 16, p. 288. 6) Le ṣibû (plurale tantum), dérivé semble-t-il de ṣabûm, «  mettre en eau un champ  », est une des taxes les mieux attestées de celles qui portaient sur les champs cultivés  ; il en existait d’autres qui donneront lieu à une étude particulière. Distincte de la taxe qui portait sur le croît des récoltes (le šibšum) elle est payée, comme ici, indépendamment de tout calcul de rendement. On opposera, de même, ṣabûm et erêšum dans une lettre paléobabylonienne comme TCL 17 5  : 17. 11) Pour l’ikkarum, cf. LAPO 17, p.523-526. 15-16) L’histoire est étonnante. Les autres documents (cf. LAPO 17, p. 516-519) montrent que les chefs benjaminites tiennent leurs terres du bon vouloir du roi de Mari et qu’ils les gèrent comme des biens concédés et non pas propres. Tout particulièrement, ils dépendent des fonctionnaires royaux pour l’accès à l’irrigation. Ici, on a l’impression (mais la date tardive, sans doute à la fin du règne, y est peut-être pour beaucoup) que Yarim-Lim avait concédé ses terres à un ikkarum, non pas fonctionnaire du Palais, mais véritable entrepreneur. Le fait est d’ailleurs attesté pour le corps des ikkarum du Palais qu’il s’agissait non pas d’un système de gestion interne mais d’un affermage. Il avait donc conservé un droit de regard sur la gestion, qui lui permettait de reprendre les terres en cas de faute et de les administrer directement (l. 16). La reine de Mari réclamerait donc pour constituer le patrimoine de son fils la ferme d’une terre benjaminite. On sait que ces dernières pouvaient être sur des terroirs très fertiles. 24-29) La seconde partie du discours de Yarim-Lim a l’intérêt de souligner que les terres benjaminites elles-mêmes (et cela est bien connu) étaient aussi divisées en terres palatiales et terres de particuliers (muškênum). On doit penser (et cela serait naturel vu le système des droits à l’eau) que les deux sortes formaient des zones continues et sans enclaves, pour que Yarim-Lim fût étonné de voir qu’une terre entourée de champs de particuliers n’ait point elle aussi un statut de «  terre de muškênum  ». Il fallait, dès lors, mener une enquête (dans des archives  ?) pour savoir comment faire attribuer au Palais des terres qui n’en seraient pas (ici à Urah  ?) et les mettre ultérieurement à la disposition du jeune prince. Historique: – 14/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 152 Lettre de Itur-Asdu à Šibtu (ana bêltiya). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: Bottéro RA 52, 1958, p. 173-176 (n°316); ARM 10, 1978 (n°152); LAPO 18, 2000, p. 359-360 (n°1174) [trad.]. Reproduction: Bottéro RA 52, 1958, p. 173-176 (n°316) [copie]. Tablette: F. [a-na] be-el-ti-i[a] 2 [q[í-bí-[ma] [um-ma] i-túr-ás-[du] 4 [ÌR]-ki-[ma] [aš-šum ṣa-b]i-im né-eh-ra-r[i-i]m 6 [a-na] ṣú-up-ri-im(ki) ar-ka-b[a-am] [mu-ta]-al-li-kam 8 [it-ti be]-lí-ia-ma a-na ma-ri(ki) ar-gu-um [iš-ku]-un-ma at-ta-al-ka[m] 10 [a-na ha-li-h]a-du-[u]n k[i]-a-am aq-b[i] [um-ma-mi i-n]a-an-na ki-ma wa-a[r-ki-ia-ma] 12 [te-bi-a]-am-ma a-na ṣe-[er …] (…) R. um-[ma-na-tum ša DUMU.MEŠ ia-mi-na] 2' a-na s[a-g]a-r[a-tim(ki) a-na (giš)TUKUL.MEŠ] pa-ah-r[a] ù ši-t[u(?)-u]l-t[i(?)] á[š-ta-al-ma] 4' ṣa-ba-am ú-[wa]-aš-še-e[r …] ù [d]u(?)-⸢um⸣-qí ša a[k-ta]-šu-d[u(?) …] 6' iš-tu m[u]-úš-ke-[nu-um ip]-hu-*r[u] u₄-um […] 8' šu-ul-lu-m[u …] li-ib-ba-ka l[i]-ṭi₄-i[b] 10' i-na-[a]n-na pí-i š[a m]u-úš-ke-[nim] úš-ba-al-ki-i[t] ù la da[m]-qa-[tim iq-bi] 12' m[i]-id-d[e] a-wa-tam a-na be-el-ti-ia-[ma ut]-te-ru [i-na pa]-né-tim-ma ṣa-ba-am né-e[h]-r[a-ra-am] 14' [i(?)-na ṣú]-up-ri-im-[m]a(ki) pí-i[h-ra-am] [x LÚ.MEŠ ṣ]a-ba-am uš-ta-aṣ-b[i]-tá[m-m]a 16' [a-na sa-ga-ra]-tim(ki) aṭ-ru-ud ki*-[ma] U₄* 12*.[KAM] T. [x LÚ.MEŠ ṣa-ba]-am aṭ-ru-ud-ma ù [ma-l]i e-pu-[šu] 18' [o-o-o]-x be-el-ti li-[i]š₇-t[a-al-ma] [ù i-na-an-n]a* wa-ar-ki ṭup-pí≤-ia≥ a[n-ni-i-im] 20' [ṣa-ba-am né-e]h-r[a]-ra-am a-ṭà-ra-ad-m[a] TL. ù [ki]-a-am eš-me um-ma-[a-mi i-na sa-ga-ra-tim(ki)] 22' [x] LUGAL.MEŠ qa-qa-da-[ti-šu-nu uš-te-mi-du] Traduction: Dis à ma reine  : ainsi parle Itur-Asdu, ton serviteur. J’ai chevauché jusqu’à Ṣuprum pour avoir des troupes de renfort. J’ai réclamé d’auprès mon Seigneur lui-même une escorte pour aller à Mari. Il l’a constituée et je suis parti. J’ai dit ceci à Hali-Hadun  : «  Maintenant, dès après moi, pars et vers chez… (Lacune.) «  … Les troupes des Benjaminites sont allées se rassembler vers Saggaratum pour livrer combat.  » Alors, ayant réfléchi, j’ai mis en route la troupe… Or mon présent que tu as reçu (?)… depuis que les particuliers se sont rassemblés, le jour où… sont en bon état… te rende heureux  ! En fait, les particuliers ont changé leurs propos et ils tiennent un langage peu amène. Il est possible qu’on en ait fait rapport à ma reine. Naguère, à Ṣuprum, j’avais fait prendre la route à une troupe de renforts, constituée de conscrits, représentant x hommes, et l’avait expédiée vers Saggaratum. J’avais expédié ces gens aux alentours du 12. Bref, tout ce que j’ai pu faire, que ma reine le demande à… Maintenant, postérieurement à cette tablette de moi, je vais expédier la troupe de renforts. Or j’ai appris ceci  : «  À Saggaratum, x rois (Benjaminites) ont opéré leur jonction. Notes: 5-6) Les restaurations de ARM 10, p. 216, pour les l. 5-6 se comprennent mal dès lors qu’Itur-Asdu réclame une escorte muttallikum, ce dont il n’aurait nul besoin s’il était à la tête de troupes de renfort  ! Lignes 5-6 : collations de J.-M. Durand (LAPO 18) Ligne 9 : collations de J.-M. Durand (LAPO 18) Lignes 11-12 : collations de J.-M. Durand (LAPO 18) Lignes 1'-3' : collations de J.-M. Durand (LAPO 18) Lignes 5'-6' : collations de J.-M. Durand (LAPO 18) Lignes 14'-17' : collations de J.-M. Durand (LAPO 18) Ligne 19' : collations de J.-M. Durand (LAPO 18) Ligne 21' : collations de J.-M. Durand (LAPO 18) Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 21/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) – 05/03/2018: M. Béranger (note(s)) – 08/03/2018: M. Béranger (correction ligne 11' [u]š) ARM 10 153 Lettre de Kibri-Dagan à Šibtu (ana bêltiya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Terqa (1). Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°153); LAPO 18, 2000, p. 364-365 (n°1178) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)be-el-tim 2 qí-bí-ma um-ma ki-ib-ri-(d)da-gan 4 ÌR-ki-i-ma aš-šum a-wa-at 6 ⸢(munus)⸣pa-ar-tim ša (munus)be-el-ti T.8 [i]š-pu-ra-am ki-ma na-aš-pa-ar-ti R.10 (munus)be-el-ti-ia i-na U₄ 2.KAM U₄ 3.KAM 12 a-ša-ap-pa-ar-ma mu-ru-uṣ li-ib-bi-im 14 ša MUNUS ša-a-ti i-le-qú-nim wa-ar-ka-as-sà 16 i-pa*°-ra-su°-nim ù qa-ti e-li-ša T.18 a-ša-ka-an Traduction: Dis à la reine  : ainsi parle Kibri-Dagan, ton serviteur. En ce qui concerne l’affaire de Partum, objet de la lettre de ma reine, selon la missive de ma reine, dans 2 ou 3 jours, j’enverrai des messagers pour qu’on entreprenne ce pourquoi cette femme n’est pas contente. On examinera son cas mais je me chargerai personnellement d’elle. Notes: 17-18) Le gouverneur de Terqa «  posera sa main sur elle  », ce qui revient à dire qu’il prendra personnellement la décision après enquête des spécialistes. D. Ch. pense qu’il s’agit d’une terre dans le district de Terqa. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 21/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 154 Lettre de Itur-Asdu à Šibtu (ana bêltiya). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°154); LAPO 18, 2000, p. 363-364 (n°1177) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na] be-el-t[i-ia] 2 [q]í-bí-m[a] [um-m]a i-túr-a[s-d]u 4 [ÌR]-ki-ma [an-n]a(?) an-n[a]-nu-um [aṭ-ṭà-a]r-d[am] 6 [ù a-n]a ma-ṣ[a-ar] be-lí-ia i-[na bi-ir-tim] […] an na […] 8 (…) «  2 l. + 2? l. manquent.  » R. [o o o o]-x x 2' ⸢ù⸣* ⸢É⸣*-[t]i a-bu-me-ki-in i-ka-al id*-ki-ma na-r[i šu-mi-i]a* 4' a-na LUGAL šu-úš-pu-ur-m[a] šum-ma li-ib-bi be-el-ti-ia 6' LÚ ša-a-tu i-na É-ti-ia li-id-da-ap-pí-ru 8' a-na-ku an-na-nu-um ša ka*-ṣa-r[i-š]u* T. [e]-ep-pé-eš be-el-ti 10' [ma-li š]a e-li-š[a ṭà-bu] [li-p]u-[uš] 12' [ul-la]-nu-uk-k[i be-el-tam] [ú-ul i-šu-ú] TL.14' (…) «  2 l. dont il y a des traces de la dernière.  » Traduction: Dis à ma reine  : ainsi parle Itur-Asdu, ton serviteur. J’ai été expédié ici et, pour le service de mon Seigneur, dans une forteresse… (Lacune.) Or, ma maison, c’est Abumekin qui la détient  ! Il a même ôté la stèle à mon nom. Elle a été réexpédiée au roi. S’il plaît à ma reine, que l’on fasse déguerpir cet homme de ma maison. Moi-même, ici, je ferai en sorte de consolider sa position. Que ma reine fasse ce qu’il lui plaît. À part toi, je n’ai pas d’autre reine. (3 l. dont des traces de la dernière.) Notes: Note  : la face est très difficilement contrôlable. 6) D’autres lettres d’Itur-Asdu mentionnent, depuis son service de forteresse les avanies qu’on lui fait subir au royaume de Mari. 3') L’expression nâram dekûm est remarquable. Pour ID (clair sur la tablette et la photographie) et non MA (ARM 10), cf. simplement l’autographie de G. D. En soi, elle est bien attestée, comme le montre CAD D, p. 124a, mais elle faisait jusqu’ici partie du stock des inscriptions royales de fondation. Il semblerait, à en croire le texte, qu’une dévolution de terre par le Palais de Mari entraînait l’érection d’une stèle, sans doute analogue aux kudurru que nous documente la Babylonie pour d’autres époques. Il ne s’agissait donc pas simplement d’une tablette portant le sceau royal mais d’un document en pierre. Le IA est assez net à la fin de la l. 3’ du revers. Si ma restauration est bonne (mais que lire d’autre  ?), la stèle proclamait au moins le nom du propriétaire de la terre. Que le nouveau propriétaire renvoie la stèle à l’autorité royale montre d’où elle provenait. Peut-être le nom royal y était-il aussi mentionné. Le texte le plus court de ce genre de stèle pouvait donc ressembler aux légendes des sceaux donnés par le roi à ses serviteurs (sceaux «  IN.NA.BA  »), à d’autres époques. 8') Faut-il comprendre qu’Itur-Asdu propose une terre à Nahur à Abumekin  ? 12'-13') Voir LAPO 18 1184. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 155 Lettre de Meptum à Šibtu (ana bêltiya). Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Suhum. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°155); LAPO 18, 2000, p. 361-363 (n°1176) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-n]a be-el-ti-ia 2 [q]í-bí-ma um-ma me-ep-tu-um ÌR-ki-ma ha-al-ṣum° š[a-lim] 4 LÚ.MEŠ ba-az-ha-ti-ia a-na ⸢(i₇)⸣[IDIGNA] a-na li-ša-nim le-qé-em aṭ-ru-[ud-ma] 6 LÚ ba-az-ha-ti ša a-na ka-ak-ku-[la-tim(ki)] aṭ-ru-du ik-šu-du-nim ù ša li*-[š]a*-nim* 8 i-na ba-ab ka-ak-ku-la-tim(ki) iš-[hi-ṭú] ù ṭe₄-em li-ib-bi ma-a-at ÈŠ.N[UN].NA⸢(ki)⸣ 10 áš-ta-a-al-šu-nu≤-ti≥-ma um-ma-a-mi 15 li-mi ṣa-bu-um ù ia-gi-ih-(d)IŠK[UR] 12 ša ip-hu-ru-ma a-na a-ah (i₇)[KIB.NUN.NA] a-na gu-ul-lu-lim ṣa-bu-um šu-ú p[a*-an-šu] 14 iš-ku-na-am ṭe₄-em é-kál-la-tim(ki) im-qú-ta-am-ma 15 li-mi ṣa-bu-um 16 ù ia-gi-ih-(d)IŠKUR ša a-na a-ah (i₇)KIB.NUN.NA a-na gu-ul-lu-lim ú-ṣa-am-me-ra-am T.18 [a-na m]a*-a*-at be-lí-ia [(I)ia-gi-i]h*-⸢(d)⸣*IŠKUR* ù* DUMU.MEŠ i[a*-mi-na] 20 [ke-em iš-pu-ru um-ma-mi] a-al-[ka]m [ṣa-ba-ka pu-uh]-hi-ir-ma R.22 [a-na ṣe-er ma-ri](ki) ṣa-bu-um š[u]-ú [li-il-li-ik a-n]u*-[u]m*-ma 24 [ṭe₄-ma-am ga-am-ra-am a]-na ṣe-er [(I)sa-am]-mi-e-tar 26 [aš-pu-r]a-am [ba-az-ha]-tu-ia 28 [du-un-nu-n]a-ma [i-na-an-na li-ib]-bi b[e*-l[i-ia] 30 [la-a i-na-a'₄-'ì-id] Traduction: Dis à ma reine  : ainsi parle Meptum, ton serviteur. Le district est en bonne santé. J’ai envoyé mes commandos d’intervention au Tigre pour capturer un informateur. Ceux que j’avais envoyés à Kakkulatum, (y) étant arrivés, ont capturé des informateurs à la porte de Kakkulatum. Je leur ai demandé ce qu’ils savaient sur ce qui se passe à l’intérieur du pays d’Ešnunna et ils m’ont dit  : «  Cela fait 15.000 hommes avec Yagih-Addu qui se sont réunis et ils se disposent à causer du tort au royaume de Mari.  » Des nouvelles d’Ekallatum viennent de tomber  : cela fait une armée de 15.000 hommes avec Yagih-Addu qui brûlent de causer du tort au royaume de Mari. Yagih-Addu et les Benjaminites ont envoyé un message vers le pays de mon Seigneur, disant  : «  Viens  ! Réunis ta troupe et que cette troupe marche sur Mari  !  » Voilà que j’ai envoyé un rapport détaillé chez Sammetar. Mes forces de police sont renforcées. Que ma reine ne s’inquiète en rien  ! Notes: 4) Le signe A très net était suivi par un signe commençant par une perpendiculaire, ce qui convient bien à ENGUR dont la combinaison avec A constitue le signe I₇. Il est donc exclu de retrouver ici a-a[h (i₇)IDIGNA. Kakkulatum se trouvait effectivement sur les bords du Tigre moyen. Il faut donc comprendre que plusieurs commandos avaient été envoyés dans la région et que c’est celui qui était parvenu à Kakkulatum qui était arrivé à ses fins. 7) L’usage constant étant de ramener les informateurs à l’autorité compétente, la restauration de ARM 10, l. 8, iš-[mu-ú] est peu vraisemblable. Le suffixe -šu-nu≤-ti≥, l. 10, étant au pluriel, il faut en déduire que ša lišânim représentait plusieurs individus, ce qui est d’ailleurs la norme. 11) Le prince benjaminite de Mišlan était allé chercher des renforts à Ešnunna et les amena à l’attaque, fin ZL 2’. Voir la description de cette attaque dans ARM 28 168, lettre de Qarni-Lim. Après des succès initiaux en Haute-Djéziré orientale, il disparaît de la documentation, étant sans doute en exil à Ešnunna (D. Ch.). 14) Kakkulatum représente apparemment le point le plus au sud où Meptum, depuis le Suhum, ait un accès immédiat au royaume d’Ešnunna  ; Ekallatum représente, au Nord, l’autre route qu’Ešnunna pouvait prendre (et a d’ailleurs prise) pour attaquer les possessions mariotes. Les deux renseignements obtenus, au Sud et au Nord, concordaient donc. 20) La traduction de ARM 10, p. 223, «  je suis allé  » est difficilement justifiable. La forme est en fait un impératif. Il faut donc supposer un verbum dicendi ou analogue l. 20, dans la cassure, laquelle est fort longue. Cela indique que le roi d’Ešnunna essaie de débaucher les vassaux de Mari avant d’envahir lui-même. L. 18, mât bêli-ia pourrait désigner les Benjaminites restés à l’intérieur des provinces de Terqa, Saggaratum et Mari, mais aussi les grands vassaux du Nord dont les terres faisaient partie du «  mât Mari  » proprement dit. 25) Sammetar était alors le principal ministre de Zimri-Lim et avait pris la succession d’Asqudum et de Sumu-hadu. Il devait être le grand artisan de la paix en fin ZL 4’, après la victoire. Lui écrire est donc prévenir tout de suite la capitale dont Zimri-Lim est apparemment éloigné au moment de la rédaction de la lettre. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 28/07/2017: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 157 Lettre de Hali-hadun à Addu-duri. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°157); LAPO 18, 2000, p. 277 (n°1092) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na be-]el-ti-ia [(d)IŠK]UR*-d[u*-ri] 2 [qí]-bí-ma [u]m-ma ha-li-ha-du-un 4 ÌR-ki-i-ma iš-tu ša ma-ah-ri-ki 6 at-ta-al-kam ú-ul ri-qa-ku 8 be-lí i-na áš-la-ka-a(ki) wa-ši*-ib ù i-ia-ti a-na ha-la-aṣ 10 nu-um-hu-ú ù ia-mu-ut-ba-lim iṭ-ru-da-an-ni-m[a] T.12 sa-li-ma-[tim] ù dam-qa-[tim] 14 bi-ri-it [bi-na-iš₈-tár] R. qar-ni-li-i[m* nu-um-hu-ú(?)] 16 ù ia-mu-ut-[ba-lim aš-ku-un] hu-de-e i-na ša-l[im-t]im 18 i-nu-ma a-na ṣe-ri-ki a-ka-aš-ša-dam-ma 20 it-ti-ki an-na-am-ma-ru ma-li e-pu-šu 22 ù ki-ma la a-ri-qú ta-am-ma-ri 24 LUGAL ù um-ma-na-tum ša-al-ma-a Traduction: Dis à ma reine Addu-duri  : ainsi parle Hali-hadun, ton serviteur. Depuis que je suis parti de chez toi, je n’ai pas chômé  ! Mon Seigneur se trouve à Ašlakka et il m’a expédié aux régions du Numhéen et du Yamutbalum. J’ai instauré pacte de non agression et rapports amicaux entre Bina-Ištar, Qarni-Lim, le Numhéen et le Yamutbalum. Réjouis-toi  ! Lorsque j’arriverai chez toi après un voyage sans histoires et que j’aurai une entrevue avec toi, tu te rendras compte de tout ce que j’ai fait et comme quoi je n’ai pas chômé. Le roi et les armées sont en bonne santé. Notes: Note  : le texte est de la 2e moitié de ZL 3’, lors des problèmes avec Ešnunna. Plusieurs Mariotes de haut rang, comme Sammetar, Yassi-Dagan et les merʿûm, s’entremirent pour arranger les choses entre Qarni-Lim et ses voisins, surtout Bunu-Ištar de Kurda. 3) Un des principaux chefs bensim’alites du début du règne. 9) Il est courant, sous Zimri-Lim, que halṣum ait gardé son sens originel de «  division territoriale  » (cf. FM 2, p. 277 et LAPO 16, p. 120-121), surtout en ce qui concerne les régions du Nord. Il ne faut, en aucun cas, en conclure que les territoires appelés halṣum désignent des provinces annexées au royaume de Mari. 15) Le Numha — Numhûm devrait en être le nizbé (cf. FM 2 108  : 3, ARM 28 106  : 22, 25, 30) ou le locatif et n’est ici que mal explicable, l. 10 — représente le royaume du Sindjar-Sud avec Kurda comme capitale et Bunu/Bina-Ištar pour roi  ; une partie du Yamutbalum formait le royaume d’Andarig. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 159 Lettre de Yasmah-Addu à Šibtu (ana bêltiya). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Eponyme -. Editions: ARM 10, 1978 (n°159); LAPO 18, 2000, p. 368 (n°1182) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na] (munus)*be-e[l*-ti-ia] 2 qí-bí-ma um-ma ia-ás-ma-ah-(d)IŠKUR 4 ÌR-ka-a-ma be-el-ti ki-a-em 6 iš-pu-ra-am um-ma-mi am-mi-nim 8 ÌR-du-tam ta-ša-ap-[p]a*-ra*-a[m]* am-mi-nim be-el-ti 10 an-ni-tam iš-pu-ra-a[m*] a-na be-el-ti-[ia] T.12 [ÌR-du-tam] R. [lu-ú aš-pu-ur-ki-im] 14 ⸢ul⸣-l[a-nu-uk-ki] a-na m[a*-an-nim ÌR-du-tam] 16 lu-uš-p[u-ur i-na-an-na] (I)[…] 18 a-ṭà-[ar-ra-da-ki-im] i-[…] 20 (…) «  4 l. disparues  » Traduction: Dis à ma reine  : ainsi parle Yasmah-Addu, ton serviteur. Ma reine m’a écrit  : «  Pourquoi m’écris-tu en tant que serviteur  ?  » Pourquoi ma reine m’a-t-elle écrit cela  ? Assurément, j’ai écrit à ma reine en tant que serviteur  ! À part toi, à qui écrirais-je en tant que serviteur  ? Aujourd’hui, je t’envoie NP. (Lacune de 4 l.) Notes: Note  : sans doute s’agit-il ici du prince benjaminite. 8) Pour cette formulation, cf. D. Ch. ARM 26/2, p. 156. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 161 Lettre de Il'e-eliš à Šibtu (ana bêltiya). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°161); LAPO 18, 2000, p. 367-368 (n°1181) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 67-68 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)be-el-ti-ia 2 qí-bí-ma um-ma i-le-e-li-iš 4 [Ì]R-ki-i-ma ša-al-ma-ku 6 i-ša-ri-iš R. ap-la ú* (giš)MÁ 8 a-di-ni ú-ul ik-šu-da aš-šum ke-em uh-hu-ra-ku 10 li-bi be-el-ti-a la i-na-'ì-id Traduction: Dis à ma reine  : ainsi parle Il’e-eliš, ton serviteur. Je suis en bonne santé. Quoiqu’ils aient été bel et bien payés, les bateaux ne sont pas encore arrivés ici. C’est pourquoi je suis retardé. Que le cœur de ma reine ne s’inquiète pas  ! Notes: 3) Pour le marchand Il’e-eliš, cf. la mention d’un «  habitant d’Alep  » appelé e-li-li-ša (à corriger en iš(!)) dans Ch.-F. J Excerpta 1939, p. 68, n°739  ; l’exemple est à supprimer de ARM 16/1, p. 90. Le NP se retrouve avec la même orthographe dans ARM 1 39  : 19’ et ARM 2 10  : 7’, où il s’agit d’un homonyme d’époque éponymale. On notera toutefois l’écriture ì-lí-e-li-iš de M.15215. Comme il s’agit d’un homme impliqué dans un transport de vin (vi ZL 11’), il doit s’agir du même individu. Cette dernière orthographe rappelle dès lors celle du NP ì-lí-e-(d)IŠKUR de ARM 13 93  : 5 (analogue à celle de M.11326), expliquée, p. 30, par une crase, ce qui n’est pas possible ici. La forme est en fait ambiguë. De tels NP à Mari offrent aussi bien les séquences el-e-, el-i-, i-il-hi- (Il’e-Dagan) que i-la-, var. il-a. Le sens du NP est-il  : «  Il a triomphé dans le Nord  », avec l’emploi bien connu de elîš, «  en amont  », «  au Nord  », ou e-li-iš est-il plutôt une notation apocopée pour e-li-šu, -šu renvoyant à l’ennemi  ? 7) Le sujet semble explicité avec le second verbe. [Probablement ap-la-ku (IA).] Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 27/02/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 162 Lettre de Zimri-Dagan à Šibtu (ana bêltiya). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: Bottéro RA 52, 1958, p. 166-169 (n°312); ARM 10, 1978 (n°162); LAPO 18, 2000, p. 360-361 (n°1175) [trad.]. Reproduction: Bottéro RA 52, 1958, p. 166-169 (n°312) [copie]. Tablette: F. [a-na be-el-ti-ia] 2 qí-b[í-ma] um-ma zi-im-ri-[(d)da-gan] 4 ÌR-ki-ma te-er-tam ša tu-ša-bi-l[i] 6 ap-qí-sí-ma [a]-na šu-lum LUGAL 8 [š]a-al-ma-at [i-na pí-qí-ti-ia] 10 [s]í*-[s]í*-i[k*-tum] R. [i-na] ⸢šu*-me⸣*-lim* ⸢ra*-ak*-ša⸣*-at 12 ⸢kàr⸣*-⸢šum⸣* t[a]*-r[i*-ik] ù ta*-ka*-al*-[tum] 14 tu*-[u]r*-[r]u*-[ka-at] ù [i-ši-id] 16 li-š[a*-nim ta-ri-ik(?)] T. ù er-[ru …] 18 […] […] 20 […] TL. [a-na] an-ni-im li-qú-[ul] 22 [ù u]r-ra-am še₂₀-ra-am a-na ši-bu-ut a-wa*-t[i*-šu li-ki-il] Traduction: Dis à ma reine  : ainsi parle Zimri-Dagan, ton serviteur. J’ai soumis à la contre-épreuve le présage que tu m’as fait porter. Pour la santé du roi, ça va  ! Dans ma contre-épreuve, la Frange était attachée à gauche  ; le Ventre était noir  ; en outre, le Sac était tout noir  ; en outre, la Base de la langue était noire  ; en outre, les Intestins… (Lacune.) Que le roi, mon Seigneur, fasse attention à ce fait et qu’il le garde en témoignage de cela. Notes: 3) Pour cette restauration, cf. ARM 26/1, p. 255 (avant collation  !). 6) Pour la pratique de la piqittum, cf. LAPO 18 p. 92. Cet emploi de paqâdum pour «  pratiquer la piqittum  » est rare. 10) La lettre comportait à partir de la l. 10 un passage technique dont l’état de conservation de la tablette rend la lecture fort incertaine, d’autant plus qu’elle recourait à la tradition propre de Mari  ; cf. ARM 26/1, p. 53 et p. 63-65. Pour la sissiktum, équivalent du «  regard  », cf. ARM 26/1, p. 64. 11) Le texte n’est pas sûr mais tel est l’attribut de la sissiktum, chaque fois qu’elle apparaît dans nos textes  ; cf. ex. gr. ARM 26/1 154  : 8. 12) Pour cette constatation, cf. ex. gr. ARM 26/1 98  : 2’-4’. 13) Pour la takaltum, cf. ARM 26/1 26  : 5’ et ibid. p. 300 n. e). 15-16) Le passage fait problème. L’observation de la «  base de la langue  » appartient à l’observation de l’«  oiseau ominal  » et semble déplacée ici, surtout si l’observation se poursuivait bien par l’observation des intestins. J. B. proposait ir-[tum, mais une telle observation appartiendrait à l’observation de l’«  oiseau  ». Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 163 Lettre de Yataraya à Šibtu (ana bêltiya). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°163); LAPO 18, 2000, p. 358 (n°1173) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na] be-el-ti-i[a] 2 [qí-b]í-m[a] [um-ma (munus)]ia-ta-ar-a*-[ia] 4 [GEME₂]-ki-m[a] [bu-u]l*-[ṭ]ì*-m[a* (…)] 6 (…) Traduction: Dis à ma Reine  : ainsi (parle) Yataraya, ta servante. Sois en bonne santé  ! (…) Notes: [JMD] l. 3 Translittération d'après la collation du texte. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 164 Lettre de […] à Šibtu (ana bêltiya). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°164); LAPO 18, 2000, p. 368-370 (n°1183) [trad.]. Reproduction: Tablette: [a-na] be-el-ti-ia qí-bi-ma 2 [um-ma o(?)-o(?)]-a*(?)-x-ia-an-ma [ÌR-ki]-ma 4 [na-aš-pa-ar-ta-ki ša] ta-aš-pu-ri-im [aš-šum ša a-na ṣe-r]i*-ki* 6 [x ki-ri-pa-tim].HI.A ša sú-ha-d[u* i-na li-bi-ši-na] [ša-ap-ku ú-ša-ba-l]a(?)-am lu eš*-[me] 8 [ki-ma na-aš-pa-ar-ti]-ki ù aš-t[a*-pa-ar] [x ki-ri-pa-tim(?) š]a i-na [li-ib-bi-ši-na] 10 (…) «  Les 2/3 manquent.  » R. [1(?) ki-ri-ip-pu-um šu-hu-úr-ra-tum] 2' [x s]í-pí-ri-tum i-na li-i[b*-bi-ši-na] [ša-ap-k]a-at 1 ki-ri-pu-um 4' [šu-h]u-úr-ra-tum 0,0.4 sú-ha-du* i-na li-ib-bi-ša ša-ap-ku 6' 1 ki-ri-ip-pu-um šu-hu-ra-tum 0,0.4 ki-iš-ši-nu i-na {LI}li-bi-ša T.8' [š]a-ap-ku 1 ki-ri-ip-pu-um šu-hu-ra-tum 10' 0,0.3 sà-mi-du-um i-na li-bi-ša ša-pí-ik TL.12' (…) «  2 l. disparues.  » Traduction: Dis à ma reine  : ainsi parle …, ton serviteur. Ta missive que tu m’as envoyée, pour que je fasse porter chez toi x cruches contenant du su’âdum, j’en ai assurément pris connaissance. Selon ta missive, hé bien  ! j’ai envoyé des gens  : — x kirippum à l’intérieur desquels… (Lacune des 2/3.) — 1 kirippum évidé dans lequel il y a du sippirîtum, — 1 kirippum évidé dans lequel il y a 40 qa de su’âdum, — 1 kirippum évidé dans lequel il y a 40 qa de kiššinum, — 1 kirippum évidé dans lequel il y a 30 qa de farine grossière. (Lacune.) Notes: 2)  [um-ma o(?)-o(?)]-a*-x-ia-an-ma ou [um-ma o(?)-o(?)]-⸢ha⸣*-x-ia-an-ma. 6) Le su’âdum est une plante aromatique (Cyprus esculentus, CAD S, p. 339b, pour des raisons d’étymologie), comportant des grains, dont on fait de la poudre ou de l’huile  ; cf. LAPO 16, p. 323 à emdum. Le terme est ici au pluriel, comme kiššinum, l. 7’. 2') C’est la plus haute attestation du terme. Une écriture sippirîtum indique une interprétation par «  Sipparéenne  », Sippar se disant effectivement Sippir à l’époque (cf. ARM  26 451  : 16, ARM  27 140  : 7 et 141  : 20). Il peut s’agir d’un produit sipparéen, non nommé. C’est à lui qu’il faudrait rapporter l’entrée hapax legomenon sippirû de Hh III 47 qui désigne une sorte de fruit (pomme ou abricot  : (giš)HAŠHUR.UD.[KIB.NUN(ki)]  ; cf. CAD S, p. 300a). Mais il est possible aussi que ce soit une étymologie populaire pour le sibbirrum, simbirrum, ou analogue, appellation d’un arbre aromatique et de son fruit (cf. CAD S, p. 230-231). 6') Le kirippum est compris comme un contenant à huile et n’est, pour l’heure, attesté que par la documentation de Mari. Sa formation (non akkadienne) semble être construite sur la racine qui a donné le nom du vase, karpatum (ou karpum). Ses attestations ne sont pas nombreuses  : M.18167 (contient des huiles pour onguents (ša te-li-i[l-tim], Ì pa-šu-tum°) énumérées avec un sac de saponnaire  : 1 (kuš)tu-uk-ka-nu, ša ú-hu-l[i])  ; ARM  22 314  : 5 où elles contiennent des huiles pour onguent  : Ì ŠU.ÚR.MÌN, Ì te-li-il*-tim, en complément de livraisons d’étoffes et d’arcs. Son épithète est ici šuhurratum que AHw, p. 1129a s. v. šaharru (et šuharru) et p. 1262a s. v. šuhurrum, traduit par «  poreux  » sans légitimation [cf. B. Landsberger, AoF 12, p. 138], le considérant comme un emprunt au sumérien (mais ŠAHAR₂ pourrait tout aussi bien venir de l’akkadien  !). En fait toutes ces formes devraient être ramenées à l’unité et non pas séparées, ce que semble d’ailleurs faire CAD Š/1, p. 80a, s. v. šaharru, («  qualifying clay pots  »). Elles représentent diverses adaptations akkadiennes (ša- formes du Nord, šu- formes du Sud) d’un schéma non akkadien à l’origine. Le premier point est que la finale de cet adjectif est longue, comme le montre ARM 10 136  : 13  : šu-hu-ur-re-[tum]  ; cf. la forme analogue d’Ugarit šu-har-re-tum ou telle du Ier    millénaire  : šu-har-ri-a-tum (cf. CAD). La racine ver-bale de référence devrait donc être ha/erûm, «  creuser  ». Un second point est que cette épithète de šaharrûm s’applique à des vases avec lesquels on peut émettre des sons  : «  Seigneur qui fait mugir la montagne comme si c’était un vase š.  » Cf. W.G. Lambert, Studies Albright, p. 345 r. 2. L’image se retrouve ailleurs (CT 17 25  : 21 et //). Il s’agit chaque fois d’un bruit sourd comme celui du tonnerre. On pense donc à un vase analogue à l’origine à la «  calebasse  », obtenue en évidant le gros fruit séché du calebassier. Cela rendrait compte, en tout cas, de l’épithète šuharrûm. Il manque toutefois à la démonstration que le kirippum puisse être aussi un fruit ou un légume, du genre d’une cucurbitacée. 7') kiššînum, ou kiššânum désigne une plante légumineuse, dont l’idéogramme sumérien signifie «  pois à moudre » (GÚ NÌ ÀR.RA). Plante cultivée, il en est fait effectivement surtout de la farine. Il est intéressant de voir qu’elle ne se trouve que dans le Nord du Proche-Orient  : depuis Alalakh sur l’Oronte (époques paléo- et médiobabyloniennes) jusqu’à Shemsharra, sur le Zagros. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 166 Lettre de Samiya à Sinenaya. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Šubat-Enlil. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°166); LAPO 18, 2000, p. 502-504 (n°1268) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)si-né-na-a-ia qí-bí-ma 2 um-ma sa-mi-ia-ma i-na pa-ni-tim ṭup-pa-am ú-ša-aṭ-ṭe₄-ra-am-ma a-na qa-a-at 4 (I)a-ia-a-hi-im ù a-hu-um-lu-mu ad-di-in-ma aṭ-ṭà-ar-da-aš-šu-nu-ti ù i-na KASKAL iṣ-ṣa-ab-tu-šu-nu-ti 6 i-na-an-na uš-ta-an-né-em-ma me-he-er ṭe₄-mi-im pa-ni-im i-na ṭup-pí-im ú-ša-aṭ-ṭe₄-ra-am-ma 8 uš-ta-bi-lam am-mi-nim ša É-ti-ki e-pé-ši-im ù ni-ši-ki bu-ul-lu-ṭim te-zi-bi-ma 10 i-na bi-ri-ki-na ta-áš-ta-ak-ka-ka at-ti a-wa-at sa-pí-ra-a-ia ta-áš-ta-na-ap-pa-ri-im 12 ù sa-p[í-r]a-a-ia a-wa-ti-ki iš-ta-na-ap-pa-ra-a[m] [ù i-na ši-ta-a]p*-pu*-r[i*-k]i*-na* an*-ni*-im* 14 (…) «  6 l. + 2(?) l. + 6 l. manquent.  » R. ta-aš-pu-ri-im ki-m[a] 3 MA.N[A x SU KÙ.BABBAR] 2' it-ti ri-iš-(d)UTU el-qé 18* S[U it-t]i*-šu* ù ŠE-em ma-an-ni-ki 6 ANŠE ma-an-ni-ki 10 ANŠE 4' ma-li ad-di-nu-šu ú-ul ú-ka-al a-ga-na ri-iš-(d)UTU ša-la-ma it-ti-šu šu*-ta-ah-ri-ṣa 6' ù ša-pí-il-tam KÙ.BABBAR lu-ša-bi-lam-ma ap-la-šu ù i-na pa-ni-tim 12 MA.NA KÙ.BABBAR a-na qa-a-at 8' a-ia-a-hi ad-di-in-ma* i-na KASKAL iš₇-ta*-ah-ṭú-šu ù sa-am-si-ia ki-a-am iš-pu-ra-am um-ma-a-mi 10' a-na ṣe-er mu-tu-ku-um-ri a-bu É-tim ša qa-ab-ra-a(ki) [š]u-pu-ur-ma še-em bu-rum ŠE.Ì.GIŠ É-tam 12' li-ip-qí-id i-na-an-na a-nu-um-ma ṭup-pa-tim a-na ṣe-er mu-tu-ku-um-ri ù sa-am-si-ia 14' uš-ta-bi-lam ṭup-pa-tim ši-na-ti i[ṣ*-ṣa-ab]-tu* ù me*-he*-er* ṭup-pa-ti-ia ša ub*-[lu-ki-im] T.16' an-ni-tam la an-ni-tam a-na ṣe-[ri-ia] šu-up-ri-i[m] Traduction: Dis à Sinenaya  : ainsi parle Samiya. Naguère, j’avais fait rédiger une tablette et l’avais remise à Ayya-ahum et Ahum-lumu, puis les avais expédiés. Or, en route, on s’est emparé d’eux. Maintenant, à nouveau, je fais écrire l’équivalent du sujet antérieur sur une tablette et te le fais porter. Pourquoi délaisses-tu le soin d’organiser ta maison et d’en vérifier les comptes pour vous bêcher mutuellement  ? Toi, tu ne me parles que de Sapiraya et Sapiraya ne me parle que de toi. Ce courrier sempiternel qui est le vôtre [me porte sur les nerfs. Assez  ! Cessez de vous bêcher mutuellement que je ne sois plus agacé  ! Occupe-toi de la garde de ta maison et de contrôler tes gens  !] (Lacune.) Tu m’as écrit que j’avais reçu 3 mines x sicles d’argent de Riš-Šamaš. Il y a 18 sicles qui sont chez lui. En outre, en grain, 6 ânées de-ci, 10 ânées de-là, tout ce que je lui ai donné, il ne le prend pas en compte  ! Allons, faites avouer Riš-Šamaš et soustrayez (tout cela) de lui  ! Alors, je veux bien lui faire porter le solde en l’argent pour que vous le payiez  ! Or, naguère, j’avais remis 12 mines d’argent à Ayya-ahum et on vient de le piller en route. Par ailleurs, Samsiya m’a envoyé le message suivant  : «  Écris chez Mutu-Kumri, l’intendant de Qabra, pour qu’il pourvoie la maison en grain, en burrum et en sésame.  » En fait, je venais d’envoyer des tablettes à Mutu-Kumri et Samsiya, mais on s’en est emparé. En outre, écris chez moi réponse quelle qu’elle soit aux tablettes que l’on t’a apportées. Notes: Note  : les deux lettres LAPO 18 1268 et 1269 ont une première partie rigoureusement identique. Ce n’est que la seconde qui actualise en fonction des personnalités ce que leur époux a à leur dire. 6-7) Ce passage est important pour montrer que l’on ne gardait pas copie du courrier envoyé, puisque l’on fait rédiger un mehrum du sujet (ṭêmum), non d’une tablette archivée  ; cf. D. Ch. FM 5. 10) Le français populaire «  bêcher  » qui signifie «  dénigrer qq’un, l’attaquer  » me paraît rendre parfaitement l’image de šakâkum qui signifie au propre «  herser  » (to harrow, CAD Š/1, p. 114a  ; le verbe anglais, lui-même, est susceptible d’un emploi figuré comme «  déchirer le cœur à qq’un  »). Ici le verbe est naturellement employé à la forme pronominale I/2. L’exemple paléo-assyrien de HUCA 39 27, à la forme emphatique I/3, est susceptible d’être interprété de la même façon  : «  Je l’ai retenu pour ne pas te mettre en colère, me disant (à moi-même)  : “Il ne faut pas qu’il trouve à redire  ! Je vais donc retenir le champ, jusqu’à ce qu’il vienne.”  » La personne qui trouverait à redire est, bien sûr, celle qu’on ne veut pas mettre en colère. 9) Pour ce sens de bulluṭum, préférable ici sans doute à «  empêcher de mourir de faim  », autre sens contextuellement possible, cf. MARI 3, p. 263. 14) Le parallélisme très étroit entre les deux lettres permet de restaurer les 6 l. manquantes sur la face de l’exemplaire destiné à Sinenaya  ; toute la face était donc consacrée aux récriminations de Samiya. 3') AHw, p. 1375, considère manniki comme du hourrite (cf. ARM 10, p. 285). Pourtant, l’union du hourrite manni, «  il existe  », et de «  la particule kî  », (du sémitique  ?), est peu vraisemblable. Il s’agit en fait de l’indéfini manni, bien attesté à El Amarna, suffixé par l’explétif -kî («  situatif  »), féminin parce que relatif à une femme. 4') Deux interprétations sont possibles  : soit une interro-négative (ûl ukâl, «  Ne détient-il pas…  ?  », soit (la meilleure) un sens de kullum, «  prendre en considération  ». 5') M. à m. «  interrogez  !  », mais šâlum signifie aussi «  presser de questions  », voire même «  punir  »  ; cf. LAPO 17, p. 141. 6') Noter la construction par apposition šapiltum kaspum. 10') Kumrum désigne certainement à Mari une fonction  ; cf. ARM 8 1. Après mutum, un toponyme (Kumar  ?) serait cependant meilleur. 11') Pour le burrum, cf. LAPO 16, p. 365. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 167 Lettre de Samiya à Sapiraya. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Šubat-Enlil. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°167); LAPO 18, 2000, p. 504 (n°1269) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a]-na (munus)sa-pí-ra-a-ia qí-bí-ma {X X} 2 [um]-ma sa-mi-ia-ma i-na pa-ni-tim [ṭup]-pa-am ú-ša-aṭ-ṭe₄-ra-am-ma a-na qa-a-at 4 [(I)a]-ia-a-hi ù a-hu-um-lu-mu ad-di-in-ma [aṭ-ṭ]à*-ar-da-aš-šu-nu-ti ù i-na KASKAL 6 [iṣ-ṣ]a-ab-tu-šu-nu-ti i-na-an-na uš-ta-aš-né-em-ma [me]-he-er ṭe₄-mi-im pa-ni-im i-na ṭup-pí-im 8 ú-ša-aṭ-ṭe₄-ra-am-ma uš-ta-bi-lam am-mi-nim ša É-ti-ki e-pé-ši-im ù ni-ši-ki bu-ul-lu-ṭì-im 10 te-zi-bi-ma i-na bi-ri-ki-na ta-áš-ta-ak-ka-ka at-ti a-wa-at si-né-na-a-ia ta-áš-ta-na-ap-pa-ri-im 12 ù si-né-na-a-ia a-wa-ti-ki iš-ta-na-ap-pa-ra-am ù i-na ši-ta-ap-pu-ri-ki-na* an-ni-im 14 ši-ri-ia tu-ša-az-za-qa e-ez-ba i-na bi-ri-ki-na [la t]a-áš-ta-n[a]*-ak-ka-ka ù a-na ṣe-ri-ia T.16 [la ta-áš-t]a-na-ap-pa-ra-nim [ù li-ib-b]i la i-ma-ar-ra-aṣ 18 [ša É-ti-k]i na-ṣa-ri-im ù ni-ši-ki [bu-ul]-lu-ṭì-im e-ep-ši R.20 [(munus)si-né]-na-a-ia ki-a-am iš-pu-ra-am [um-ma-mi] 32 ANŠE 1* še-em a-na sa-pí-ra-a-ia 22 [ki ma-ṣ]í* ad-di-in ki ma-ṣi [ad-di-in] ki-ma ša i-na ITI* 7.KÁM še-em 24 [an-né-em ta-a]g-mu-ri a-ga-na ṭup-pí° [ṣí-ta-ti-k]i šu-bi-lim-ma lu-mu-ur Traduction: Dis à Sapiraya  : ainsi parle Samiya. Naguère, j’avais fait rédiger une tablette et l’avais remise à Ayya-ahum et Ahum-lumu, puis les avais expédiés. Or, en route, on s’est emparé d’eux. Maintenant, à nouveau, j’ai fait écrire l’équivalent du sujet antérieur sur une tablette et l’ai fait porter. Pourquoi délaisses-tu le soin d’organiser ta maison et d’en vérifier les comptes pour vous bêcher mutuellement  ? Toi, tu ne me parles que de Sinenaya et Sinenaya ne me parle que de toi. Ce courrier sempiternel qui est le vôtre me porte sur les nerfs. Assez  ! Cessez de vous bêcher mutuellement que je ne sois plus agacé  ! Occupe-toi de la garde de ta maison et de contrôler tes gens  ! Sinenaya m’a écrit  : «  J’ai bien donné, oui, j’ai bien donné 32 ânées et demie de grain à Sapiraya.  » Comment as-tu fait pour dépenser ce grain en 7 mois  ? Allons  ! Fais moi porter la tablette de tes dépenses, que je m’en rende compte  ! Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 168 Lettre de Hammu-rabi à Šamšu-nittum. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Babilim. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°168); LAPO 18, 2000, p. 500-501 (n°1266) [trad.]. Reproduction: TCL 31, 1967 (n°168) [copie]. Tablette: F. a-na (munus)(d)UTU-šu-ni-it-tum 2 qí-bí-ma um-ma ha-am-mu-ra-bi 4 a-hu-ki-i-ma ṭup-pa-ki ša tu-ša-bi-lim eš-me 6 am-mi-[ni]m [šu-l]um-ki la ta-aš-pu-ri-im-ma [ù šu-ul-mi a-na-k]u* ⸢a*-na*-ad*-di⸣*-na-ak-ki-im 8 [ki-ma šu-lum-ki ta-ša-pa-ri]-im* [šu-ul-mi a-na-ad-di-na-ak-k]i-im 10 (…) «  9 l. + 3(?) l. + 7 l.  » R. [ù l]i-ib-ba-k[i l]a i-n[a-a'₄-'ì-id] 2' [ù] at-ti i-ir-ti sà-sí-ia [id-ri]-ma* š[a] ar-hi-iš e-bé-ri-šu ep-ši 4' [ù a-di ta-ri-šu a-na m]a-a-tim [šu-lum]-šu* [lu]-ú sa-di-ir 6' [ša-ni-tam] šu-lum-ki lu-ú ka-ia-an Traduction: Dis à Šamšu-nittum  : ainsi parle Hammu-rabi, ton frère. J’ai pris connaissance de la tablette de toi que tu m’as fait porter. Pourquoi, alors que tu ne m’as pas écrit de nouvelles de ta santé, t’en donnerais-je  ? Lorsque tu m’en écriras des tiennes, je t’en donnerai des miennes. (Longue lacune de 19 l.) Ne sois pas inquiète  ! En outre, toi, cajole Sasiya  ; fais en sorte que (le messager) traverse rapidement. Que des nouvelles de lui soient ininterrompues jusqu’à son retour au pays. Autre chose  : que des nouvelles de toi soient continues  ! Notes: Note  : écriture typique de Babylonie  ; la face est plus bombée que le revers. Une autre caractéristique est que le trait de ligne commence à droite et en retrait par rapport au premier signe de la ligne. 1) Il faut sans doute lire Šamšu-nittum, «  Ô Soleil, elle est nôtre  » ou «  C’est notre Soleil  », malgré la grande séparation sur la tablette entre UTU et ŠU. En ce qui concerne la forme féminine de nûm à Mari, les deux exemples donnés par CAD de ni’âtum sont à considérer comme le terme signifiant «  prairie  », désignant, en fait, un lieu-dit  ; cf. LAPO 17, p. 155 et 568. 2') Il n’y a pas beaucoup d’idiotismes avec irtum  ; j’ai supposé ici, sans parallèles, irtam edêrum «  se pendre au cou de quelqu’un  ». Historique: – 21/05/2008: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 22/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 169 Lettre de Hammu-rabi à Šamšu-nittum. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Babilim. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°169); LAPO 18, 2000, p. 501 (n°1267) [trad.]. Reproduction: TCL 31, 1967 (n°169) [copie]. Tablette: F. [a-na (munus)(d)UTU-šu-ni-it-tum] 2 [qí-bí-ma] [um-ma ha-am-m]u-ra-[bi] 4 [a-hu]-ki-ma [ṭup-pa-ki] ša tu-ša-bi-lim eš-me 6 [k]i-a-am ta-aš-pu-ri-im um-ma at-ti-ma 8 aš-šum mu-ur-ṣí-ka am-mi-nim la ta-aš-pu-ra-am T.10 i-ba-aš-ši-{I}ma ša a-na a-hi-šu 12 aš-šum mu-ur-ṣí-šu R. i-ša*-ap-pa-ru 14 bu-uš-šu-ur-ta-am a-ša-ap-pa-ar 16 um-ma-mi ma-ar-ṣa-ku [i-n]a-an-[na] ab-ta-lu-uṭ 18 [i-na-an-na a]-nu-um-ma [o o o o o i]m 20 (…) «  Possibilité de 3 + 3 l.  » Traduction: Dis à Šamšu-nittum : ainsi parle Hammu-rabi, ton frère. J’ai pris connaissance de la tablette de toi que tu m’as fait porter. Tu m’y écrivais : « Pourquoi ne m’as-tu pas écrit au sujet de ta maladie ? » Il y en a pour qui la maladie est un sujet de correspondance avec leur(s) frère(s). Moi, j’écris des nouvelles heureuses : « J’étais malade, maintenant, je suis en bonne santé. » Voilà que maintenant… Notes: 12-13) Pour cette nouvelle traduction, cf. déjà J. Sasson, p. 134. La politesse est de ne donner que de bonnes nouvelles. Historique: – 21/05/2008: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 22/03/2016: M. Béranger (lemmatisation) ARM 10 170 Lettre de Ibal-Addi à Paratum. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°170); LAPO 18, 2000, p. 416-417 (n°1213) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)pa-a-ra-tim 2 qí-bí-ma um-ma i-ba-al-(d)IŠKUR {MA A} 4 a-hu-ki*°-ma ša-al-ma-ku [šu]-ul-mi 6 a*-na* [ma-r]a*-[at] LUGAL [šu-bi-li-m]a(?) T.8 [š]u-ul-[mi a]-na i-ni-ib-LUGAL šu-bi-l[i] pa-an R.10 MUNUS um-mi-ia ù NIN≤-ia≥ ug-ba-ba-tim li-iṭ*-ṭú*-/AL* 12 ša-ni-tam a-nu-um-ma ki-ša-da-am ú-ša-bi-la-ak-ki 14 i-na ma-ha-ar (I)la*-wi*-na-i-il 16 [ù] ha-ni.MEŠ a*-li*-[š]a*-ma T. [az-za]-az 18 lu-[b]u-uš-{UT}te° TL. ù (túg)na-ah-la-ap*-tam* 20 šu-bi-li Traduction: Dis à Paratum : ainsi parle Ibal-Addu, ton frère. Je suis en bonne santé. Transmets mon salut à la fille du roi ! Transmets mon salut à Inib-Šarri. Qu’envers ma mère et ma sœur, les prêtresses-ugbabtum, elle soit déférente ! Autre chose  : voilà que je t’ai fait porter un collier. Je vais me présenter dans chaque ville en présence de La.hwi.na-Il et des Bédouins. Fais-moi porter un habit et un vêtement de dessus. Notes: 11) La lecture de ARM 10, p. 240  : li-ih(!)-[du] est peu vraisemblable. La graphie du signe qui suit le LI est matériellement correcte sur l’autographie de G. D. C’est un IT. Le dernier signe (indenté, omis sur l’autographie de G. D.  !) est presque sûrement un AL  ; le signe intermédiaire ne peut être qu’un DU  ; cf. l’autographie de G. D. L’expression pân NP naṭâlum «  regarder le visage de  » a été comprise comme équivalent à pân NP naplusum (cf. p. 109 et p. 282). «  Regarder la face de qq’un  » est «  se tenir à la disposition de, être aux ordres de…  »  ; cf. nâṭil pânî bêlî-šu MSL 12, p. 177  : 25,  etc. Il faut sans doute comprendre l’expression comme signifiant que la princesse habite, désormais, non plus les appartements féminins du palais mais la maison qu’Ibal-Addu possédait à Mari, avec la mère et la sœur de ce dernier. 15) Les Bédouins qui accompagnent Ibal-Addu sont conduits par un certain Lahwina-El («  El existe assurément  ») et doivent représenter l’escorte bensim'alite fournie par le roi de Mari. Les étoffes et habit réclamés devaient servir à «  paraître  » dans ces cérémonies. Vraisemblablement le jeune prince espérait se mettre «  à la mode de la capitale  ». Le roi de Mari, lui-même, est très soucieux de son apparence lors de semblables manifestations, où il porte tout particulièrement l’habit à appliques, le taddiâtum  ; cf. LAPO  16 136. 16) Il n’est pas possible de lire a-li-im-ma, «  les Bédouins de la ville  », car le signe devant MA se termine par une perpendiculaire. Il s’agit pour Ibal-Addu de faire le tour du royaume qui désormais est le sien pour recevoir l’allégeance des cités, une fois l’ancien roi Šadum-adal détrôné. Ce rituel est illustré de façon identique par LAPO 18 1221 à l’occasion de la présentation au royaume d’Ilan-ṣura, de la nouvelle reine Šimatum. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 171 Lettre de Yakun-Dagan à Akatiya. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°171); LAPO 18, 2000, p. 268-269 (n°1086) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a]-na (munus)a-ka-ti-ia be-el-ti-ia 2 qí-bí-ma um-ma ia-ku-un-(d)da-gan 4 ÌR-ki-[ma] aš-šum na-ṣa*-ar LUGAL ša* [ta-aš-p]u*-ri-im 6 [m]a-an-nu-um ša i*-sà*-a[n*-n]i*-q[ú*-šu]m*-ma mi-im-ma i-qa-ab-bu-šum 8 a-nu-um-ma am-ša-li T. (giš)ia₈-ši-bu-um 10 a-na BÀD(ki) ìs-ni-iq-ma 6 GI.HI.A BÀD(ki) R.12 id-di ù še-ep-rum [š]u*-⸢ú⸣* i-na til-la-ni 14 [ša-ki]-in-šum-ma [ṭe₄]-he-e-em ú-ul ni-id-di-in-šu 16 [i-na-a]n*-na* i*-nu*-ma a-lum(ki) [il-l]e*-eqₓ*-qí* 18 [a-na ṣe-er be]-el-ti-ia [a-ša-pa-ar]-ma T.20 be-el-ti i-il-la-kam Traduction: Dis à Akatiya, ma reine  : ainsi parle Yakun-Dagan, ton serviteur. Relativement à la protection du roi, objet de ta lettre, qui est donc à même de lui faire une remontrance et de lui dire quelque chose  ? Voilà qu’hier, le bélier s’est approché de la muraille et a jeté bas 6 cannes du mur. Donc, cet ouvrage se trouve en ruine, à sa disposition. Lui, nous ne l’avons pas laissé approcher. Maintenant, lorsque la ville aura été prise, j’écrirai à ma reine et elle pourra venir. Notes: 3) Ce NP est quasiment hapax (un autre individu de ce nom reçoit à une date indéterminée un cadeau à son retour de Babylone  ; dans ARM 8 34  : 1, le NP est bien Yasmah-Dagan et ce NP est documenté)  ; il est vraisemblable qu’il s’agit ici d’un général du royaume de Haute-Mésopotamie, des armées de Samsi-Addu, et qui écrit à la reine à propos de Yasmah-Addu depuis le cours du Balih où guerroie le jeune prince. 6) Pour ce sens de sanâqum, cf. LAPO 16, p. 78  ; 18, p. 676. 17) À la réflexion, cette lecture me paraît préférable à [it-t]a*-as*-har*, «  se sera rendue  », de MARI 4, p. 410, n. 153  ; AS et UG ne se distinguent pas à Mari  ! Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 14/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 172 Lettre de Šubnalu à Akatiya(?). Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°172); LAPO 18, 2000, p. 269-270 (n°1087) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-[na] (munus)a-k[a-ti-ia] 2 [qí]-bí-[ma] u[m]-ma šu-ub-na-lu-[ú] 4 ÌR-ki-[ma] m[i]-nu-u[m] ša be-e[l]-ti 6 iš-p[u]-ra-am-ma [ki]-ma* ⸢a⸣*-na-ku GIŠ.HI.[A] ak*-lu*-[ú …] 8 GIŠ 86 GIŠ x x […] T. GIŠ ÚS 26 […] 10 i-na iš*-ti-šu ša-da-a[q-di-im] 40 GIŠ GAL GIŠ 70 […] R.12 i-na ša-ni-[ti-šu ša-at-tam] 40 GIŠ.HI.[A…] 14 i-du-[…] ù x[…] 16 x […] Traduction: Dis à Akatiya  : ainsi parle Šubna-lu, ton serviteur. Qu’est-ce que ce message que m’a envoyé ma reine, selon lequel j’avais gardé les troncs d’arbres  ? (Texte lacunaire.) Une première fois, l’an passé, 40 grands arbres, des arbres de 70…  ; une seconde fois, cette année, 40 arbres… (…) Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 173 Lettre de Yasim-Dagan à Bahlatum. Lieu de découverte: Mari (?). Lieu de rédaction: Babilim. Date: -/-/-. Editions: ARM 10, 1978 (n°173); LAPO 18, 2000, p. 411-412 (n°1210) [trad.]; Sasson FMA, 2015, p. 326 [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)ba-ah-la-tim 2 qí-bí-ma u[m]-ma ia-si-im-(d)da-gan-ma 4 a-di-ni pa-an KASKAL-ia ú-ul a-mu-ur [m]i*-na-am lu-ur-ri-kam-ma 6 lu-ú-úš-pu-ra-ak-ki a-na e-pé-eš₁₅ É-ti-ki 8 [l]u-ú a-wi-il-tum at-ti T. [š]u-lum-ki ù šu-lum DUMU.MEŠ-ia 10 [š]u-up-ri-im [š]a-ni-tam aš-šum TÚG.HI.A* R.12 ša lu-bu-uš-ti-ia ša te₉-pé-ši-im* 14 1-šu 2-šu aq-bi-ki um-ma a-na-ku-m[a] TÚG.HI.A e-li ša i-na-an-na am-ma-a lu-ú G[ÍD*.DA] 16 TÚG.HI.A ša te₉-pé-ši lu-up-pu*-na*-ku a-nu-um-ma TÚG.HI.A š[a] ma-a-tim an-ni-t[im] 18 [u]b-ba-la-ak-ki-im-[m]a ta-am-ma-ri Traduction: Dis à Bahlatum  : ainsi parle Yasim-Dagan. Jusqu’à présent, je n’ai pas appris la destination de l’expédition. Que te dire de plus ? Montre-toi une digne femme pour l’organisation de ta maisonnée et envoie-moi des nouvelles de toi et de mes enfants. Autre chose : en ce qui concerne les coupons d’étoffes pour mon habillement que tu me fais, je te l’ai dit mainte fois : les étoffes doivent être plus longues d’une coudée que ce que (tu fais) en réalité. Les étoffes que tu me fais ne remplissent pas du tout mes besoins. Voilà que je vais te faire porter des étoffes de ce pays-ci ; tu te rendras compte. Notes: Note  : lettre envoyée depuis Babylone  ; cf. n. c). Ce texte prouve que le général Yasim-Dagan était marié à Bahlatum. 8) Awîltum a ici le sens moral (correspondant au masculin awîlum) de «  femme digne de ce nom  ». 15) Il n’y a pas ici de forme IV de malû, «  être saturé de…  »  ; am-ma-a-lu-ú serait d’ailleurs une graphie atypique. La graphie am-ma-a pour «  d’une coudée  » est courante à Mari  ; cf. ARM 23, p. 547. 15-16) La lecture sur l’original est sans problème. G. D. dans son autographie a omis le BU mais devant le KU sa copie montre très clairement un NA  ! Il s’agit donc du verbe lapânum, «  être pauvre, en manque de  ». CAD et AHw ne connaissaient que luppunum, «  rendre pauvre  ». En fait, il s’agit ici du permansif de l’adjectif luppunum, intensif de lapnum, «  pauvre  ». Il est vraisemblable que la lettre est expédiée depuis la Babylonie, grand centre producteur de textiles. Si l’on traduit TÚG ici par «  habit  », le sens serait burlesque. Bahlatum, épouse de Yasim-Dagan, devait parfaitement connaître la taille de son époux. En revanche, pour faire des habits à la façon dont on les portait à Babylone, il devait manquer de l’étoffe au coupon, sens fondamental de TÚG. Pour tous ces problèmes, cf. J.-M. D., MDBP I. Historique: – 12/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 09/03/2020: J. Mas (complément(s) bibliographique(s)) – 14/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 174 Lettre de Haqba-Hammu à Belassunu. Lieu de découverte: Mari. Lieu de rédaction: Qaṭṭara. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°174); LAPO 18, 2000, p. 385-386 (n°1193) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na (munus)be-la-sú-nu 2 qí-bí-ma [u]m-ma aq-bu-am-mu-ú ma-ru-ki-ma 4 [š]a-al-ma-ku ia₈-ta[r]-sa-lim š[a]-lim DUMU.MEŠ-ki ka-lu-š[u-n]u 6 ša-al-mu É-ki [š]a-lim T. a-nu-[u]m-ma 8 aš-šum ṭe₄-em a[t]-lu-ki-ni* 10 ṭup-pa-am a-na ⸢É⸣* R. be-li-ia uš-ta-bi-il 12 ù a-na ṣe-er a-bi-ia (I)ha-mu-ša-gi₅-iš uš-ta-bi-il 14 at-ti aš-ra-nu-um du*-ub-bi-bi*-ma 16 ⸢2⸣ LÚ.MEŠ a-mi-ru T. da[m]-qú-tum 18 it-ti ia-mu-ut-ha-ma-ad ar-hi-iš 20 [l]i-ih-mu-ṭú-nim Traduction: Dis à Belassunu  : ainsi parle (H)aqbu-(H)ammu, ton fils. Je suis en bonne santé. Yatar-Salim est en bonne santé  ; tous tes enfants sont en bonne santé  ; ta maison est en bonne santé. Au sujet de notre départ, je fais porter une tablette à la maison de mon Seigneur. En outre, j’en fais porter (une) chez mon père par (?) Hammu-šagiš. Toi-même, parle énergiquement que deux gentilshommes de qualité se dépêchent vite aux côtés de Yamud-Hamad. Notes: 4) Yatar-Salim était le frère de Haqba-Hammu, devin d’Asqur-Addu, à Qaṭṭara. 13) Sans doute «  mon père H.  » se dirait-il avec le NP antéposé. Le père de Haqba-Hammu est de toute façon connu  ; il s’agit de Himdi-Samas. Hammu-šagiš ne doit absolument pas être identifié à Hammi-šagiš (ARM 16/1, p. 101), messager mariote spécialisé dans les missions avec l’Ouest, surtout Qaṭna. 16) Pour âmirum, cf. LAPO 16, p. 620. Dans certains passages, un sens de guide semblerait convenir  ; cf. A.2941  : «  NP, le guide, qui a pris leur tête depuis NG  » (NP LÚ a-mi-rum…, ša ištu NG pa-ni-šu-nu i[ṣ-ba-tu])  ; cf. A.936  : «  Voilà qu’un guide de NG est celui qui avait pris les ovins de NP. Lui, a pris l’initiative dans l’affaire. A son arrivée, qu’on lui crève les yeux ou qu’on le mutile aussitôt  ! (a-nu-um-ma 1 LÚ a-mi-rum, é-kál-la-ta-yu(ki), ša UDU.HI.A ṣú-ra-ta-nim il-qú-ú, ù šu-[m]a pa-an a-wa-tim ṣa-bi-it, ki-ma ka-ša-di-[šu], ú-lu-ma i-[n]a-[ti-šu li-i]h-pu-t[u], ú-lu-ma qa-tam a-na qa-tim, li-ka-aṣ-ṣí-ṣú-šu). ARM 22 146 (NP, LÚ a-mi-ru LÚ ter-qa-yu(ki)) montre qu’il qualifie un individu de façon permanente. Mais il est vrai qu’un sens de «  chef, noble  », analogue à celui de l'“amîru” arabe serait tout aussi envisageable, non pas à partir d’amârum «  voir  » (akkadien), mais d’amârum «  dire  ». L’âmirum damqum pourrait être donc une désignation sociale, non un métier, analogue à mârû damqûtim, «  bourgeois aisé  ». Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 175 Lettre de Inib-Šamaš à Ili-Lim et à Yataraya. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°175); LAPO 18, 2000, p. 496-498 (n°1264) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-na ì-lí-[li-im] 2 ù (munus)ia-⸢tar⸣*-a*-[ia] qí-bí-[ma] 4 um-ma i-ni-ib-(d)UTU-ma a-nu-um-ma ṭup-pí (d)EN.ZU-i-dí-nam 6 aš-šum še-em na-da-nim iš-tu É-ti-šu uš-ta-bi-la-ku-nu-ti ṭup-pí 8 [(I)](d)EN.ZU-i-dí-nam a-na É-ti-šu [(I)ì-l]í-li-im li-bi-i[l-m]a 10 [(I)]mu*-ut*-[…] T. ul-ki-[…] 12 ṣí-ir-ma-m[a…] R. še-em ša-a-[t]u* šu*-[bi-la-nim] 14 a-nu-um-ma i[a-šu-ub-li-im] a-mi-ru-um i-l[a*-ak-ma] 16 ṭu[p-p]í ù ṭup-pí [(d)EN.ZU-i-dí-nam] a-n[a-ku]-ma aš-pu-ra-ku-nu-[š]i 18 KÙ.BA[BBAR] ša i-na ku-nu-ki{ṬUP}-ia{IA} k[a]-an{NU}-ku pé-te₉-ma 20 še-em ša-a-ma pa-nu ša ni-ši la i-ṣa-[l]i*°-ma 1 TÚG 1* GÚ.È.A 22 ⸢a⸣*-na qa-at ia-šu-ub-li-im T. a-mi-ri-im šu-bi-la-nim 24 ù 1/2 MA.NA URUDU a-na qí-iš-ti-šu [i]d-na-šu šu-l[um-ku-nu] TL.26 ù šu-lum É-ti šu-up-ra-nim Traduction: Dis à Ili-Lim et Yataraya  : ainsi parle Inib-Šamaš. Voici que je vous charge de porter la tablette de Sin-iddinam, concernant une livraison de grain sur sa maison. Il faut qu’Ili-Lim porte la tablette de Sin-idinnam à sa maison et que Mut-… en prenne connaissance. Faites tous vos efforts à faire porter le grain. Voici que le notable Yašub-Lim fait le déplacement. Pour ma part je vous ai envoyé une tablette de moi avec celle de Sin-iddinam  : ouvrez (le coffre de) l’argent qui est scellé de mon sceau et donnez le prix du grain. Il ne faut pas que les gens aient des motifs de mécontentement  ! Faites-moi porter 1 étoffe et 1 chemise par Yašub-Lim, le notable. Donnez-lui 1/2 mine de cuivre comme son dédommagement. Écrivez-moi des nouvelles de vous et de la maison. Notes: Note  : Sin-iddinam qui a des réserves de grain a accepté d’en vendre à Inib-Šamaš, le devin bien connu de l’époque de Zimri-Lim  ; cf. ARM 26/1, p. 242-243. Ce dernier envoie donc au couple formé par Ili-Lim et dame Yataraya un billet de Sin-iddinam à l’ordre de son intendant Mut-… Il y joint un billet à lui (sans doute la présente lettre) permettant d’ouvrir ses réserves en argent pour payer le grain que doit livrer Mut-… Il demande par la même occasion qu’on lui envoie des tissus. Ili-Lim et dame Yataraya sont donc au service du devin, ou de proches parents à lui. Le «  prince du Haut-Pays  » que voudrait retrouver ici ARM 16/1, p. 121, n’existe pas. Dans LAPO 16 369, il s’agit de Qarni-Lim. Il ne s’agit pas ici à proprement parler de correspondance féminine (G. D. dans son résumé de présentation des planches de ARM 10 croyait que dame «  Yaza…  » avait écrit la lettre d’où, sans doute, l’inclusion de ce document dans ARM 10  !). 7) La traduction de ARM 10, p. 245  : «  je vous fais porter…  » suppose un texte uštâbilakkunûši. En fait c’est bien Ili-Lim qui portera la lettre à Mut-… 15) Pour le titre d’âmirum, cf. commentaire à LAPO 18 1195 n. c) et LAPO 16, p. 620 ainsi que LAPO 17, p. 156 et 268. Un sens de «  guide  » ne convient pas ici. C’est apparemment celui qui est chargé d’apporter les lettres et de rapporter le grain et les habits. On s’attendrait à trouver ici le simple LÚ = awîlum, «  l’honorable  ». 20-21) Cette expression est sans doute de valeur générale et revient à dire  : «  Faites l’affaire correctement, qu’il n’y ait pas ensuite de problèmes  !  » 24) Emploi rarissime à Mari de cuivre pour stipendier quelqu’un. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 14/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 176 Lettre de Dariš-libur à […]. Lettre écrite à cette femme sur l'ordre du roi. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Zimri-Lim -. Editions: ARM 10, 1978 (n°176); LAPO 18, 2000, p. 407 (n°1207) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na (munus)o-o-o-ti]m(?) 2 [qí-bí-ma] [um]-ma [da-ri-iš-l]i*-bur*-ma 4 a-na (munus)*[o-o-o] ša* ma-ha-ar (I)(munus)i-ni-ib-šu-nu wa-aš-b[a]-at 6 a-wa-tam ki*-a-am ṣa-ab-ti-ši um-ma at-ti-ma T.8 a-di (munus)me-en₆-na-a a-na a-la-ah-tim(ki) 10 il-li-ku LÚ.TUR.MEŠ R. ša i-na a-la-ah-tim(ki) 12 wa-aš-bu 3-ma LÚ.TUR.MEŠ i-na-an-na LÚ.TUR.MEŠ ur-ta-ad-du-ú 14 a-na a-la-ah-tim(ki) al-ki-ma [i]t-ti (munus)me-en₆-na-a a-ha-ti-/ki 16 ši-bi ù LÚ.TUR.MEŠ ru-ub-bi {ma} šum-ma a-na a-la-ki-im 18 ha-de-et a-na qa-at wa-bi-il ṭup-pí-ia an-ni-im pí-iq-di T.20 ú-la-šu-ma ú-ul li-ib-ba-ša [l]a-a i-la-k[am] 22 [ṭup]-pí an-né-e-em TL. [i-n]a qa-bé-e LUGAL 24 ú-ša-bi-la-ak-ki-im Traduction: Dis à …-tum  : ainsi parle Dariš-libur. Adresse-toi à dame… qui se trouvait au service d’Inibšunu en ces termes  : «  Jusqu’à ce que Menna aille à Alahtum, les enfants qui s’y trouvaient n’étaient que 3. À présent, il y a des enfants supplémentaires. Va à Alahtum et vis avec Menna, ta sœur. Assure alors l’éducation des enfants  !  » Si cela lui plaît d’aller, confie-la au porteur de ma tablette. Sinon, si cela ne lui agrée pas, qu’elle n’aille pas. Je t’écris cette tablette sur l’ordre du roi. Notes: 1)  [a-na (munus)…-ti]m* ou (d)IŠK]UR*  ? 8) Le NP Menna est très bien attesté  ; moins souvent, sa variante akkadisée Mennatum. 10) La compréhension de LÚ.TUR par «  enfant  » découle de l’emploi de rubbî, l. 16. Ce texte est étonnant  : de qui parle-t-on  ? Serait-il possible que les enfants royaux de Mari, ou une partie de ceux du harem, aient été domiciliés à Alahtum  ? Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte) – 14/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 10 178 Lettre de Yasmah-Addu à Akatiya. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Samsi-Addu -. Editions: ARM 10, 1978 (n°178); SJAC 1, 1994, p. 113; LAPO 18, 2000, p. 268 (n°1085) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. a-n[a] a-ka-ti-ia-a 2 q[í]-bí-ma [um]-ma ia-ás-ma-ah-(d)IŠKUR 4 [ma-r]u**-ki-ma [(I)]la-ri-im-nu-ma-ha-a 6 [LÚ a]-pá-ar-ha-iu(ki) [it-t]i 3 li-mi-im ṣa-bi-im 8 [iš]-hi-iṭ-ma [a-l]am sí-ih-la-lam(ki) 10 [i]ṣ-ba-at ki-ma ṭe₄-ma-am [ša-a-t]i eš-mu-ú ṣa-ba-am 12 [š]a a-ah-(i₇)UD.KIB.NUN.NA T. al-pu-ut-ma 14 qa-du-um gi-me-ra-ti-ia an-ha-ri-ir-ma R.16 i-na-an*-[na a-nu-um-ma] [ṣa]-bu-u[m šu-ú] 18 [a]-hu-[na-a(ki) iṣ]-ba-at [o] ù [o o o]-nim* 20 […] […] 22 […]-šu […-i]D-ma 24 […] […] 26 […] […]-ma TL.28 [o o o] x […] [o o o …] 30 [o o o]-ma […] [mi]-im-ma l[i*-ib-ba-ki la i-na-a'₄-'ì-i]d* 32 [šu]-lum* a*-[ad-da šu-lum-ki] [k]a*-i[a-an-tam a-na ṣe-ri-ia] 34 [lu-ú] x x x […] Traduction: Dis à Akatiya  : ainsi parle Yasmah-Addu, ton fils. Larim-Numaha d’Aparha a lancé un raid avec 3  000 hommes et il a pris la ville de Sihlalum. Aussitôt que j’ai entendu cette nouvelle, j’ai levé les troupes des Bords-de-l’Euphrate, et avec toutes mes forces je suis parti en renfort. Maintenant, voilà que cette armée a pris Ahuna… (Texte lacunaire.) Que ton cœur ne s’inquiète en rien. Que des nouvelles de mon père et des nouvelles de toi soient continues chez moi. Notes: 3) Cf. introduction, p. 267. Historique: – 10/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 01/09/2014: A.-I. Langlois (lemmatisation; traité pour HIGEOMES) ARM 10 179 Lettre de […] à […]. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Indéterminé -. Editions: ARM 10, 1978 (n°179); LAPO 18, 2000, p. 488 (n°1257) [trad.]. Reproduction: Tablette: F. [a-na (munus)…] 2 [qí-bí-ma] [um-ma …] 4 [a-hu(?)-ki]-ma bu-ul-ṭi ša-al-ma-ku 6 šu-lum-ki a-na mi-nim ma-ti-ma ú-ul ta-aš-pu-ri-[im] T. i-na pa-ni-tim ki-a-am ta-[a]q-bi-i 8 um-ma at-ti-ma a-li-ka-[a]m a-li-kam-ma a-ša-pa-ra-kum 10 i-na-an-na iš-tu u₄-mi-[i]m R. ša ni-in-na-am-ru 12 a-na mi-nim ma-t[i]-m[a] šu-[lum]-ki ú-u[l]* t[a*-aš-pu-ri-im] 14 ma-di-iš-ma mi-i-ša-t[i*-ni] ù a-na hi-ši-ih-ti-k[i] 16 ú-ul ta-ša-pa-ri-im i-na-an-n[a at-t]i-ma mi-im-ma 18 [hi-ši-i]h*-[ta-ki šu-u]p-ri-im-ma [lu-ša-bi-il-ki]-im Traduction: Dis à NP  : ainsi parle NP₂, ton frère/ta sœur. Porte-toi bien  ; je suis en bonne santé. Pourquoi ne m’as-tu jamais écrit de tes nouvelles  ? Naguère tu m’avais dit  : «  Un messager, oui un messager, je t’enverrai  !  » En fait, depuis le jour où nous nous sommes vus, pourquoi ne m’as-tu jamais écrit de tes nouvelles  ? Tu as bien grand dédain de moi  ! En outre, tu ne m’écris pas pour un désir de toi  ! Maintenant, toi, quel que soit ton désir, écris-le moi que je te le fasse porter. Notes: 4)  [a-hu-ki]-ma ou [a-ha-at-ki]-ma. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 13/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 13/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 14/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) ARM 34 12 [A.1975] Lettre de Atrakatum à son seigneur (= Zimri-Lim). Elle est sous étroite surveillance ainsi que ses servantes. Renseignements sur la correspondance avec Dâdî-hadun, lequel promet son aide à ses « frères » qui projettent de faire la guerre, bien malgré eux. Zimrî-Lîm ne doit pas s'exposer à un mauvais coup. Entrevue nocturne de son époux avec un cheikh bédouin. Addu-dûrî doit servir d'intermédiaire pour le courrier. Lieu de découverte: Mari. Date: -/-/Ep. . Editions: ARM 10, 1978 (n°91); LAPO 18, 2000, p. 376-377 (n°1186) [trad.]; ARM 34, 2023, p. 26-28 (n°12). Reproduction: Archipix, 54548K9955.pdf [photo]. Tablette: F. a-na be-lí-ia 2 qí-bí-ma um-ma (munus)at-ra-ka-tum 4 GEME₂-ka-a-ma aš-šum ṭup-pí ši-pí-ir-ti ú-lu DUMU ši-ip-ri-ia 6 a-na ṣe-er be-lí-ia ú-ul i-il₅-la-ak° be-lí li-ib-ba-ti-ia l[a i-ma-al]-la 8 i-nu-ma a-na pa-an a-bu-ul [mi-iš-la-an(ki)] eṭ-he-em a-na wa-ṣí-im a-na pa-a[n be-lí-i]a al-la-ak 10 i-na qa-ab-li-it sú-qí-[im iṣ-ba]-tu-ni-in-ni-ma a-na é-kál-lim la-bi-ri-im [it-ti] GEME₂.MEŠ-ia 12 uš-te-ri-bu-ni-in-ni ba-ba-[am a-n]a pa-[n]i-ia ik-nu-ku-ma a-di ša be-lí uš-te-še₂₀-ru [ú]-ul ú-wa-še₂₀-ru-ni-ni₅ 14 ù i-na-an-na GEME₂.MEŠ-ia a-bu-ul-la-tim šu-da-a ù a-ia-ši-im a-na la ša-pa-ri-im a-na ṣe-er be-lí-ia 16 i-num° ša-ak-na-at ṣe-eh-rum ù ra-bu-um šu-hu-uz-ma a-wa-at pí-i-ia i-na-aṣ-ṣa-ru 18 a-na an-ni-tim be-lí ar-ni la i-ša-ak-ka-an i-na-an-na LUGAL.MEŠ ša DUMU i-mi-in ah-hu-šu 20 ke-em iš-pu-ru-ni-iš-šum um-ma šu-nu-ma a-na ni-iš DINGIR za-ka-ri-im a-na zi-im-ri-li-im 22 ni-iš-ta-na-pa-ar-ma ú-ul i-ma-ga-ra-an-né-ti a-la-ni-ni₅ nu-da-an-na-an sa-ma-nam(ki) ni-ip-pé-eš-ma 24 i-na pu-ha-ri-ni ni-il₅-la-ak-ma a-mi-ia-an(ki) ni-ip-pé-eš 26 [ù] at-ta a-al-ka du-un-ni-in T. ù šum-ma a-na a-la-[ni-ni₅] du-un-nu-nim 28 ú-up-pa-sà-an-né-ti ù ṭú-bi i-iz-zi-ib-ma R.30 ta-ak-la-tim i-ṣa-ab-ba-ta-an-né-[š]i a-na (giš)TUKUL.HI.A ni-qa-ad-du-us-su-um-ma 32 (giš)TUKUL.HI.A ni-ip-pé-eš₁₅ ù at-ta ṣí-di-it-ka ù (giš)TUKUL-ka lu-ú ku-ú-un 34 i-nu-ma ni-ša-ap-pa-ra-kum ha-am-ṭi₄-iš at-la-kam an-ni-tam iš-pu-ru-ni-iš-šum ù da-di-ha-du-un 36 ke-em iš-pu-ra-aš-šum um-ma-mi qa-du-um 3 li-mi ṣa-bi-im ás-di-ia ù 1 li-im ṣa-bi-im 38 ha-ab-ba-tim ia-am-ha-di-im i-na 4 li-mi ṣa-bi-im ak-ta-áš-dam la ta-ha-aš 40 an-ni-tam da-di-ha-du-un iš-pu-ra-aš-šum i-na-an-na as-sú-ur-re LÚ.MEŠ a-na (giš)TUKUL.HI.A i-qa-du-du-ni-kum 42 ki-ma ša am-ša-li i-nu-ma a-na a-bu-ul mi-iš-la-an(ki) iṭ-he-em be-lí la i-ip-pé-eš i-na pu-ut ṣa-bi-im be-lí 44 la iz-za-az i-na a-bu-un-na-at ṣa-bi-šu be-lí li-iz-zi-iz-/ma LÚ AGA.ÚS.MEŠ li-im-ta-ha-aṣ ù be-lí li-ip-pa-li-is-ma 46 a-na mu-da-mì-qí-im qí-iš-tam li-id-di-in ù be-lí pa-ga-ar-šu li-iṣ-ṣur 48 i-na-an-na mi-iš-la-an(ki) še-šu ik-mi-ìs uš-te-re-eb ù a-na BÀD(ki) e-pé-ši-im ir-gu-um 50 [ù wa-a]r-⸢ka⸣ še-em i-ka-am-mi-sa-am ú-še-re-ba-am a-na BÀD(ki) e-pé-ši-im qa-tam i-ša-ka-an 52 be-lí an-ni-tam lu-ú [i-di] ša-ni-tam LÚ HA.NA su°-ga-gu-um ša 1-šu be-lí 54 a-na su-mu-da-bi iš-pu-ra-aš-šu≤-ma≥ 1 TÚG.BA il₅-ta-ba-aš [u]₄-ma-am iš-te-et i-na qa-ab-li-tim ša mu-ši-im 56 [i-r]u-ba-am ṭe₄-ma-am ga-am-ra-am m[a-a]l da-ba-bi/-im T. [a]-na su-mu-da-bi id-bu-u[b] 58 [i-n]u-ma it-ti be-lí-ia an-na-am-ma-[r]u a-wa-tim ma-la id-bu-bu a-na be-lí-ia 60 a-da-ab-bu-ub ú-la-šu-ma a-wa-tum i-na li-ib-bi be-lí-ia i-sà-a[n-ni-iq] 62 an-ni-tam la an-ni-tam be-lí li-iš-pu-ra-am [ṭe₄-m]a-am ga-am-ra-am ma-la LÚ šu-ú 64 [id]-bu-bu i-na ṭup-pí-i[a] lu-ša-áš-ṭe₄-er-ma [a-n]a ṣe-er be-lí-ia lu-ša-bi-il₅ 66 ù mi-hi-ir ṭup-pí-ia ša be-lí ú-ša-ab-ba-lam qa-tam i-ia-at-tam-ma a-na ma-ri(ki) a-na (d)IŠKUR-du-ri 68 li-ib-la-šu-ma (I)(d)IŠKUR-du-ri a-na ṣe-ri-ia li-ša-bi-la-aš-šu Traduction: 1-4) Dis à mon seigneur : ainsi (parle) Atrakatum, ta servante. (5) Du fait qu’une missive de moi ou qu’un messager de moi (6) ne va pas chez mon seigneur, (7) mon seigneur ne doit pas m'en tenir rigueur. (8) Lorsque je me suis approchée de la grand porte de Mišlân, (9) j'allais pour sortir au devant de mon seigneur. (10) On s'est saisi de moi en pleine rue et (12) on m'a fait entrer (11) dans le vieux palais avec mes servantes. (12) On en a scellé devant moi la porte. (13) Tant que mon époux ne l'aura pas décidé, on ne me rendra pas ma liberté de mouvement. (14) Maintenant, d'une part, mes servantes sont consignées, (15) d'autre part, (16) je suis sous surveillance (15) pour que je n'envoie pas de message(r) chez mon seigneur. (16) Petit et grand, (17) sur incitation, surveillent les propos que je tiens. (18) Mon seigneur ne doit pas m'accuser de cet état de choses. (19) Maintenant, les rois des Mâr yamîna, ses frères, (20) lui ont envoyé ce message-ci, disant : « (22) Nous ne cessons d'envoyer des message(r)s (21) à Zimrî-Lîm pour prêter serment par le Dieu (22) mais il n’est pas d’accord avec nous. (23) Nous allons fortifier nos villes. Nous allons mettre en état de défense Samanum et, (24) ensemble, nous irons (25) mettre en état de défense Amiyân. (26) Donc, toi, fortifie ta ville. (27) S’(28) il nous cause des ennuis (27) pour (ce qui est de) fortifier nos villes, (29) alors, il abandonnera (son) attitude hypocrite et (30) aura à notre égard un langage clair. (31) Nous en viendrons à combattre contre lui et (32) nous combattrons. Quant à toi, ton ravitaillement (33) et ton armement doivent être prêts. (34) Lorsque nous t'enverrons un message(r), pars rapidement. » (35) Voilà ce qu'ils lui ont signifié. Alors, Dâdî-hadun lui (36) a envoyé ce message-ci, disant : « (39) Vu que j’arrive(rai) (36) avec (37) trois mille guerriers à moi et un millier (38) de mercenaires d'Alep, (39) (ce qui fait) dans les quatre mille hommes, (39) n'aie crainte ! » (40) Voilà ce que Dâdî-hadun lui a envoyé comme message.(41) Maintenant, il est à craindre que les hommes n'en viennent aux armes avec toi. (43) Mon seigneur ne doit pas faire (42) comme hier lorsqu'il (43) s'est approché (42) de la grand porte de Mišlân. Mon seigneur (44) ne doit pas se tenir (44) sur le front de l'armée. Mon seigneur doit se tenir dans l'« ombilic » de ses troupes. (45) L’affrontement doit être l'œuvre des soldats. D'une part, il faut que mon seigneur soit spectateur (46) pour donner un présent à qui se sera distingué, (47) d'autre part, il doit assurer sa protection. (48)À l'heure actuelle, Mišlân a rassemblé son grain. Elle va (l')engranger. (49) En outre, elle a convoqué (la population) pour mettre en état de défense la muraille. (50) Mais ce n’est qu’après qu’elle aura amassé le grain (et l’)aura engrangé, (51) qu’elle s'occupera de mettre en état de défense la muraille. (52) Mon seigneur est maintenant au courant. (53) Autre chose : un bédouin, le cheikh qu'une fois mon seigneur (54) avait envoyé (54) à Sumu-dabî et qu’il avait vêtu d'une étoffe, (55) le premier (du mois), au milieu de la nuit, (56) est entré. (57) Il a tenu à Sumû-dabî (56) avec détails toutes sortes de propos. (58) Lorsque je me rencontrerai avec mon seigneur, (60) je dirai (59) à mon seigneur tout ce qu’il a dit. (60) Ou bien, si (61) l'affaire presse pour mon seigneur, (62) que mon seigneur me fasse savoir ce qu'il en est. (64) Je ferai écrire sur une tablette de moi (63) en détails tout ce que cet individu a dit (64) et (65) (la) ferai porter chez mon seigneur. (66) En outre, la réponse à ma tablette que mon seigneur me fera porter, (67) tout comme je l'ai fait moi-même, (68) qu'il la porte (67) à Mari, à Addu-dûrî pour que cette dernière (69) la fasse porter chez moi. Notes: l. 5 : On comprendra ṭuppum šipirtum (donc ṭuppî šipirtî) en juxtaposé, non ṭuppi šipirti ou ṭuppi šipirti(m). l. 11 : Le « vieux palais » représente ici une structure de Mišlân. Sans doute, comme cela s'est passé à Mari, les chefs mâr yamîna se sont-ils installés dans des villes qui avaient des structures d'habitation qui ne correspon¬daient pas à leurs modes de vie. Le palais de Mislân est dit « vieux » par rapport à la nouvelle structure où s'était installé Sumu-dabî. Cela montre la complexité de l'habitat dans le monde des Bédouins sédentarisés. l. 17 : Pour ce sens de šûhuzum cf. CAD A/1, p. 181 a-b. l. 20 : La lettre montre que « lui » désigne ici Dâdî-hadun qui, étant loin, ne doit pas participer aux discussions des autres chefs mâr yamîna. En revanche, l. 27, « il » désigne le roi de Mari. l. 23 Ce terme explicite de dunnunum est celui qui sera repris dans tout le dossier afférent (cf. cette même ligne 17') par le neutre epêšum, montrant le sens du verbe dans âlam epêšum, qui n'est pas l'équivalent d’âlam banûm. l. 24 : Ce terme de puhârum qui représente la réunion (pour la guerre ou des travaux) des différents clans n'est pas mentionné dans les dictionnaires. Il est bien connu à Mari et dans des contextes qui ne sont pas uniquement militaires, comme le montrent les textes [A.231] 8 : DUMU.ME.EŠ iamîna ina NG iphurû, allik-ma i-[n]a pu-ha-ri-šu-nu etbi … adbub « les Mâr yamîna se sont mobilisés à NG ; je suis allé et, m'étant levé, j'ai dit dans leur rassemblement » & DBP (A.1265+ 7), awâtum uṣêm ana NG tallik-ma [p]u-ha-ra-am ta-aš-ku°-ma : « il s'est dit que tu es allé à NG et as réuni les gens (puhâram šakânum) …». l. 30 : ṭûbû représente le pluriel de ṭûbum avec le sens de « manifestations d’amitié ». Des exemples sont enregistrés dans CAD Ṭ, p. 117-118. Le sens confine souvent à celui d’hypocrisie. Il s’oppose à takiltum, et le pluriel taklâtum représente des sentiments dont on peut être sûr. Le terme takiltum a été enregistré dans le CAD T, p. 401a, comme tikiltu avec le sens d’encouraGEMEnt. En fait le sens est « crédibilité » et peut ainsi désigner des signes ominaux fiables, ou le crédit que possède une personne. l. 31 : En m. à m. « nous nous pencherons vers les armes ». Qadâdum est un verbe en (u) comme les verbes de mouvement ; cf. l. 41. l. 35 : Le discours qui concerne tous les chefs mâr yamîna se limite en fait à un dialogue entre deux personnes qui doivent être Dâdî-hadun et Sumu-dabî, comme si ce dernier était le seul à écrire. Cela pourrait montrer sa préséance, au moins pour ce qui se passe à Mišlân. l. 37 : Asdum est le terme courant à l’époque pour « soldat » sur les bords de l’Euphrate. l. 38 : Il existe un terme habbâtum, sur √ḪBT, qui signifie « le pillard » et un autre, habbatum sur √ḤBB qui signifie « la troupe qui vient à l’aide » et désigne dans la majorité des cas, des soldats aleppins, dont c’était peut-être la désignation officielle. Ici, comme il ne s’agit manifestement pas d’armée régulière, le terme a été traduit par « mercenaire ». l. 44 : Pour ce vocabulaire, cf. N. Ziegler, « L’armée, quel monstre !», FM III, p. 145 sq. l. 46 : Pour mudammiqum qui désigne « celui qui se distingue par sa bravoure », cf. LAPO 18, index, p. 569 b). l. 50 : On attendrait warki, mais warka est employé par le Codex de Hammu-rabi avec le sens de « après que ». l. 51 : Pour cette notation de Dunnum par l’idéogramme BÀD, cf. J.-M. D., « Notes sur l’histoire de Larsa », RA 71, 1977, p. 21, n. 1. Il s’agit d’une ville de rive gauche, de l’alvéole de Mari, de la tribu benjaminite des Yahruréens, donc de ceux qui avaient leur capitale à Mišlan. Il est vraisemblable qu’Atrakatum transmettait dans cette lettre des renseignements sur les travaux de fortifications que les princes benjaminites entreprirent pour protéger leurs villes lorsque leurs relations se gâtèrent avec leur suzerain mariote. Cette ligne est celle du raccord entre les deux fragments et le début de la ligne est mal conservé. l. 53 : « Bédouin » doit ici signifier « benjaminite ». Cette visite impromptue en pleine nuit doit s’inscrire, elle aussi, dans les prodromes de la rébellion. l. 56 : En m. à m. « tout ce qu’il y avait à dire » ; sans doute un catalogue de doléances diverses. l. 61 : En mot à mot « est proche (= important) dans le cœur (= l’esprit) ». Le texte est cependant fragmentaire et l’expression ina libbim sanâqum ne m’est pas documentée ailleurs. l. 67 : Qâtam iattam-ma = « tout comme moi » rappelle le qâtam-ma courant dans les textes de Mari mais ne semble pas de l’akkadien standard. l. 68 : L’expression peut indiquer qu’au moment où les troubles commençaient Addu-dûrî n’habitait plus au palais, mais dans une maison particulière. Historique: – 15/06/2011: D. Charpin (saisie de la fiche) – 12/03/2013: A.-I. Langlois (mise aux normes de la transcription; analyse des lignes du texte; traité pour HIGEOMES) – 12/03/2013: J.-M. Durand (transcription informatisée) – 08/09/2020: I. Arkhipov (lemmatisation) – 12/01/2023: F. Nebiolo (mise aux normes de la transcription; mise aux normes de la traduction; entrée dans Archipix; complément(s) bibliographique(s); note(s))